Grand Prix automobile de France 1950

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Grand Prix de France 1950

Tracé de la course

Drapeau Circuit de Reims-Gueux

Données de la course
Nombre de tours 64
Longueur du circuit 7,816 km
Distance de course 500,224 km
Résultats
Vainqueur Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio,
Alfa Romeo,
h 57 min 52 s 8
(vitesse moyenne : 168,729 km/h)
Pole position Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio,
Alfa Romeo,
min 30 s 6
(vitesse moyenne : 186,837 km/h)
Record du tour en course Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio,
Alfa Romeo,
min 35 s 6
(vitesse moyenne : 180,833 km/h)

Le Grand Prix automobile de France 1950 (XXXVIIe Grand Prix de l'A.C.F.), disputé le 2 juillet 1950 sur le circuit de Reims-Gueux, est la sixième épreuve du championnat du monde de Formule 1.

Contexte avant le Grand Prix[modifier | modifier le code]

Le championnat du monde[modifier | modifier le code]

Sixième et avant-dernière épreuve du championnat, ce Grand Prix organisé par l'A.C.F. se dispute deux semaines après le Grand Prix de Belgique, qui fut, à l'image de cette saison, dominé par les pilotes Alfa Romeo, malgré l'héroïque résistance de la Talbot de Raymond Sommer sur le circuit ardennais. Leader du championnat, Giuseppe Farina se présente ici avec vingt-deux points et deux victoires, devançant ses coéquipiers Luigi Fagioli (dix-huit points, trois secondes places) et Juan Manuel Fangio (dix-sept points, deux victoires).

Le circuit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Circuit de Reims-Gueux.
Reims-Gueux
Vue des stands (restaurés en 2007) sur la D27 (au fond, le virage de Thillois).

Situé à quelques kilomètres de Reims, ce circuit est utilisé depuis 1926, année où il accueillit le deuxième Grand Prix de la Marne, remporté par la Bignan de Pierre Clause à la moyenne de 102 km/h[1]. Le Grand Prix de France y est organisé depuis 1938. Empruntant la nationale 31 (Reims-Soissons) et les départementales D26 et D27, cette piste triangulaire développant 7,816 km est très large et autorise des moyennes élevées (184 km/h au tour pour la Mercedes-Benz de Lang en 1939, actuel record en course). Elle compte trois virages lents : le premier dans le village de Gueux, traversé en partie (les monoplaces frôlant les murs de briques), le virage de la Garenne et le virage de Thillois, ainsi que quelques courbes rapides qui se négocient à près de 240 km/h. Par sécurité, les arbres bordant auparavant la RN31 ont été abattus[2].

Monoplaces en lice[modifier | modifier le code]

  • Alfa Romeo 158 "Usine"

L'équipe dominatrice du championnat est présente avec trois Alfetta pour ses pilotes habituels : Giuseppe Farina, Luigi Fagioli et Juan Manuel Fangio, largement favoris sur ce circuit qui leur permet d'exploiter pleinement les 350 chevaux du huit cylindres à double compresseur.

  • Ferrari 275 F1 "Usine"

La Scuderia Ferrari avait initialement engagé deux voitures pour ses pilotes habituels Luigi Villoresi et Alberto Ascari, mais n'a finalement amené qu'une seule monoplace de Grand Prix : la 275 F1, modèle de transition à moteur atmosphérique 3,3 litres avec lequel Ascari a terminé cinquième du Grand Prix de Belgique. C'est cette fois Villoresi qui en est le pilote attitré, mais Ascari est également présent car tous deux participent à l'épreuve de formule 2 sur des Ferrari 166.
On note aussi l'engagement du pilote britannique Peter Whitehead, sur sa Ferrari 125 personnelle, modèle à simple compresseur.

  • Maserati 4CLT "Usine"

Les deux 4CLT/48 officielles de Louis Chiron et Franco Rol sont présentes. Ces voitures sont à court de développement, et les 260 chevaux du quatre cylindres à double compresseur seront insuffisants pour espérer lutter avec les surpuissantes Alfa Romeo. La Scuderia Ambrosiana et la Scuderia Achille Varzi alignent des voitures identiques, tandis que la Scuderia Milano engage une évolution plus puissante (280 chevaux environ) pour l'Italien Felice Bonetto.

  • Talbot-Lago T26C "Usine"
Photo d'une Talbot-Lago T26C.
Huit Talbot-Lago sont présentes à Reims.

Pour son Grand Prix national, la firme française a amené quatre voitures : les habituelles T26C-DA pour Philippe Étancelin, Yves Giraud Cabantous et Louis Rosier, ainsi qu'une biplace (similaire au modèle vainqueur au Mans à l'éclairage près) pour Raymond Sommer. Quatre autres sont engagées à titre privé, dont la monoplace personnelle de Rosier qui sera pilotée par Charles Pozzi.

  • Simca-Gordini T15 "Usine"

L'équipe Gordini est présente à Reims pour l'épreuve de formule 2, mais « Le Sorcier » a également tenu à préparer spécialement une monoplace pour le Grand Prix, estimant que les qualités de freinage, de tenue de route et de sobriété de la petite T15 peuvent combler une partie du handicap de puissance du petit 1500 à compresseur basse pression[3]. Disposant d'environ 200 chevaux de moins que les Alfa, Robert Manzon ne peut cependant espérer se mêler à la lutte en tête.

Coureurs inscrits[modifier | modifier le code]

Liste des pilotes inscrits[4]
no  Pilote Écurie Constructeur Châssis Moteur Pneumatiques
2 Drapeau de l'Italie Giuseppe Farina Alfa Romeo SpA Alfa Romeo Alfa Romeo 158 Alfa Romeo L8s P
4 Drapeau de l'Italie Luigi Fagioli Alfa Romeo SpA Alfa Romeo Alfa Romeo 158 Alfa Romeo L8s P
6 Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio Alfa Romeo SpA Alfa Romeo Alfa Romeo 158 Alfa Romeo L8s P
8 Drapeau de l'Italie Luigi Villoresi Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 275 Ferrari V12 P
10 Drapeau de l'Italie Alberto Ascari Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 275 Ferrari V12 P
12 Drapeau de la France Raymond Sommer Automobiles Talbot-Darracq SA Talbot-Lago Talbot-Lago T26C-GS Talbot L6 D
14 Drapeau du Royaume-Uni Peter Whitehead Privé Ferrari Ferrari 125 Ferrari V12s D
16 Drapeau de la France Philippe Étancelin Automobiles Talbot-Darracq SA Talbot-Lago Talbot-Lago T26C-DA Talbot L6 D
18 Drapeau de la France Yves Giraud Cabantous Automobiles Talbot-Darracq SA Talbot-Lago Talbot-Lago T26C-DA Talbot L6 D
20 Drapeau de la France Louis Rosier Automobiles Talbot-Darracq SA Talbot-Lago Talbot-Lago T26C-DA Talbot L6 D
22 Drapeau de la France Pierre Levegh Privé Talbot-Lago Talbot-Lago T26C-DA Talbot L6 D
24 Drapeau de la France Eugène Chaboud Ecurie Lutetia Talbot-Lago Talbot-Lago T26C-GS Talbot L6 D
26 Drapeau de la France Charles Pozzi Ecurie Rosier Talbot-Lago Talbot-Lago T26C Talbot L6 D
28 Drapeau de l'Italie Franco Rol Officine Alfieri Maserati Maserati Maserati 4CLT-48 Maserati L4s P
30 Drapeau de Monaco Louis Chiron Officine Alfieri Maserati Maserati Maserati 4CLT-48 Maserati L4s P
32 Drapeau du Royaume-Uni Reg Parnell Scuderia Ambrosiana Maserati Maserati 4CLT/48 Maserati L4s D
34 Drapeau du Royaume-Uni David Hampshire Scuderia Ambrosiana Maserati Maserati 4CLT/48 Maserati L4s D
36 Drapeau de l’Argentine José Froilán González Scuderia Achille Varzi Maserati Maserati 4CLT/48 Maserati L4s P
38 Drapeau de l'Italie Gianfranco Comotti Scuderia Achille Varzi Maserati Maserati 4CLT/48 Maserati L4s P
40 Drapeau de l'Italie Felice Bonetto Scuderia Milano Maserati Maserati Milano 4CLT-50 Maserati L4s P
42 Drapeau de la Belgique Johnny Claes Écurie Belge Talbot-Lago Talbot-Lago T26C Talbot L6 D
44 Drapeau de la France Robert Manzon Equipe Gordini Simca-Gordini Simca Gordini T15 Gordini L4s E

Qualifications[modifier | modifier le code]

Comme prévu, dès le début des essais, les trois Alfa Romeo 158 écrasent la concurrence. Avec un tour en 2 min 30 s 6, à 186,8 km/h de moyenne, Juan Manuel Fangio, très à l'aise sur ce circuit, se rapproche des temps réalisées en 1939 par les Mercedes-Benz développant près de cinq cents chevaux. Il devance nettement ses coéquipiers Giuseppe Farina et Luigi Fagioli. Derrière les inaccessibles Alfetta, la meilleure Talbot, pilotée par Philippe Étancelin, est reléguée à plus de huit secondes de la pole position. Elle devance cependant l'unique Ferrari officielle : la 275 F1 est engagée pour Luigi Villoresi, c'est cependant Alberto Ascari (inscrit pour l'épreuve de formule 2) qui se montre le plus assidu à son volant, réalisant le cinquième meilleur temps, toutefois à près de douze secondes de celui de Fangio. Jugeant que cette voiture manque de mise au point, la Scuderia Ferrari préfère déclarer forfait pour la course[5]. Sa place en deuxième ligne sera prise par la Talbot d'Yves Giraud Cabantous, sixième temps à l'issue des deux journées d'essais.
Les autres concurrents sont tous à plus de quinze secondes du meilleur temps réalisé par Fangio. Peter Whitehead est arrivé après la fin des essais officiels, mais sera néanmoins autorisé à prendre le départ en dernière position, au volant de sa Ferrari 125 privée[6]. On note également un changement de pilotes chez Talbot : Louis Rosier, qui devait s'élancer à la corde de la troisième ligne avec la T26-C n°20, prendra finalement le départ sur la Talbot biplace n°12 engagée pour Raymond Sommer, ce dernier bénéficiant de la voiture et du temps de qualification de Rosier[5].

Résultats des qualifications
Pos. no  Pilote Écurie Temps Écart Note
1 6 Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio Alfa Romeo 2 min 30 s 6 - Utilisation d'un moteur expérimental aux essais[7]
2 2 Drapeau de l'Italie Giuseppe Farina Alfa Romeo 2 min 32 s 5 + 1 s 9
3 4 Drapeau de l'Italie Luigi Fagioli Alfa Romeo 2 min 34 s 7 + 4 s 1
4 16 Drapeau de la France Philippe Étancelin Talbot-Lago 2 min 39 s 0 + 8 s 4
5 18 Drapeau de la France Yves Giraud Cabantous Talbot-Lago 2 min 42 s 7 + 12 s 1
6 20 Drapeau de la France Louis Rosier Talbot-Lago 2 min 46 s 0 + 15 s 4 voiture attribuée à Raymond Sommer pour la course
7 28 Drapeau de l'Italie Franco Rol Maserati 2 min 46 s 7 + 16 s 1
8 36 Drapeau de l’Argentine José Froilán González Maserati 2 min 48 s 0 + 17 s 4
9 22 Drapeau de la France Pierre Levegh Talbot-Lago 2 min 49 s 0 + 18 s 4
10 24 Drapeau de la France Eugène Chaboud Talbot-Lago temps non communiqué -
11 40 Drapeau de l'Italie Felice Bonetto Maserati-Milano temps non communiqué - temps de 2 min 51 s 0 (officieux)
12 32 Drapeau du Royaume-Uni Reg Parnell Maserati temps non communiqué - temps de 2 min 54 s 0 (officieux)
13 44 Drapeau de la France Robert Manzon Simca-Gordini temps non communiqué - temps de 2 min 55 s 5 (officieux)
14 26 Drapeau de Monaco Louis Chiron Maserati temps non communiqué - temps de 2 min 55 s 9 (officieux)
15 42 Drapeau de la Belgique Johnny Claes Talbot-Lago temps non communiqué - temps de 2 min 57 s 4 (officieux)
16 26 Drapeau de la France Charles Pozzi Talbot-Lago temps non communiqué - temps de 2 min 58 s 0 (officieux)
17 12 Drapeau de la France Raymond Sommer Talbot-Lago temps non communiqué - temps de 2 min 59 s 3 (officieux)
voiture attribuée à Louis Rosier pour la course
18 34 Drapeau du Royaume-Uni David Hampshire Maserati temps non communiqué - temps de 2 min 59 s 5 (officieux)
19 14 Drapeau du Royaume-Uni Peter Whitehead Ferrari Pas de temps -
Np. 8
10
Drapeau de l'Italie Luigi Villoresi
Drapeau de l'Italie Alberto Ascari
Ferrari 2 min 42 s 4 + 11 s 8 voiture partagée aux essais - meilleur temps réalisé par Ascari

Légende:

  • Np.=Non partant

Grille de départ du Grand Prix[modifier | modifier le code]

Photo d'une Talbot-Lago T26C GS.
Le pilote français Louis Rosier s'élancera au volant de la Talbot-Lago T26C GS (biplace), initialement dévolue à Raymond Sommer.
Grille de départ du Grand Prix et résultats des qualifications[6]
1re ligne Pos. 3 Pos. 2 Pos. 1
Drapeau de l'Italie
Fagioli
Alfa Romeo
2 min 34 s 7
Drapeau de l'Italie
Farina
Alfa Romeo
2 min 32 s 5
Drapeau de l’Argentine
Fangio
Alfa Romeo
2 min 30 s 6
2e ligne Pos. 5 Pos. 4
Drapeau de la France
Cabantous
Talbot-Lago
2 min 42 s 7
Drapeau de la France
Étancelin
Talbot-Lago
2 min 39 s 0
3e ligne Pos. 8 Pos. 7 Pos. 6
Drapeau de l’Argentine
González
Maserati
2 min 48 s 0
Drapeau de l'Italie
Rol
Maserati
2 min 46 s 7
Drapeau de la France
Sommer*
Talbot-Lago
2 min 46 s 0
4e ligne Pos. 10 Pos. 9
Emplacement
vide
Drapeau de la France
Levegh
Talbot-Lago
2 min 49 s 0
5e ligne Pos. 13 Pos. 12 Pos. 11
Drapeau de la France
Manzon
Simca-Gordini
Pas de temps
Drapeau du Royaume-Uni
Parnell
Maserati
Pas de temps
Drapeau de l'Italie
Bonetto
Maserati
Pas de temps
6e ligne Pos. 15 Pos. 14
Drapeau de la Belgique
Claes
Talbot-Lago
Pas de temps
Drapeau de Monaco
Chiron
Maserati
Pas de temps
7e ligne Pos. 18 Pos. 17 Pos. 16
Drapeau du Royaume-Uni
Hampshire
Maserati
Pas de temps
Drapeau de la France
Rosier*
Talbot-Lago
Pas de temps
Drapeau de la France
Pozzi
Talbot-Lago
Pas de temps
8e ligne Pos. 19
Drapeau du Royaume-Uni
Peter Whitehead
Ferrari
Pas de temps
  • Une place en quatrième ligne est restée vacante suite au forfait de Chaboud, qualifié dixième sur sa Talbot[5].
  • Louis Rosier (qui aurait dû partir en 3e ligne) et Raymond Sommer (qui aurait dû partir en 7e ligne) ont échangé leurs voitures (et conséquemment leurs positions de départ) pour la course.

Déroulement de la course[modifier | modifier le code]

Les Alfa Romeo, Ferrari et Maserati vont devoir ravitailler deux fois pour effectuer les cinq cents kilomètres de l'épreuve, les Talbot ayant suffisamment d'autonomie pour accomplir l'entièreté de la distance. Temps très chaud et ensoleillé. Dix-huit voitures seulement se présentent au départ, donné à 13 h 30, il manque la Talbot d'Eugène Chaboud (son emplacement en quatrième ligne sur la grille est donc vide).

Comme prévu, les trois Alfetta s'échappent dès le départ, emmenées par Giuseppe Farina, suivi de très près par ses coéquipiers Juan Manuel Fangio et Luigi Fagioli. Felice Bonetto suit à distance, devant le peloton des Talbot. En ce début de course, les Alfa effectuent un véritable démonstration, d'autant que très rapidement leurs principaux adversaires sont décimés : au bout de quinze tours, soit à peine le quart de la course, les six Maserati ont abandonné sur problème de moteur. Quant aux Talbot, elles souffrent de la chaleur et après douze tours trois d'entre elles (dont celle de Louis Rosier, jusqu'alors bien placé) se sont déjà retirées (surchauffe moteur). Rosier reprend néanmoins la course sur sa T26C personnelle, pilotée jusqu'alors par Charles Pozzi.

On s’approche de la première vague de ravitaillement, avec Farina toujours en tête devant Fangio et Fagioli. En quatrième position on trouve la Talbot de Philippe Étancelin, suivi de la Ferrari privée de Peter Whitehead (partie de la dernière ligne) et de la surprenante Simca-Gordini de Robert Manzon qui se comporte très bien malgré son gros handicap de puissance. Au dix-septième tour, Farina est le premier à s'arrêter ravitailler, mais, retardé par des problèmes d'alimentation moteur, il reste immobilisé durant sept minutes, avant de repartir en huitième position. L'arrêt des deux autres Alfa Romeo se déroule sans incident, Fangio et Fagioli ressortent des stands avec une avance confortable sur la Talbot de Philippe Étancelin, désormais troisième. Malheureusement pour lui, le pilote normand est contraint de s'arrêter après vingt-six tours, une jambe sérieusement brûlée par des projections d'huile. Chaboud le remplace, s’étant au préalable couvert de protections, mais la voiture a désormais perdu trop de temps pour espérer une place sur le podium.

Le reste de la course se déroule sans incident pour les deux Alfa de tête, qui comptent plus d'un tour d'avance sur leurs poursuivants. Leur second ravitaillement n'est qu'une formalité pour elles. Farina est moins chanceux : remonté en troisième position, son deuxième arrêt lui coûte deux minutes, toujours à cause de problèmes de pompe à essence. Attaquant de plus belle, il parvient néanmoins à reprendre la troisième place à Whitehead au cinquantième tour, mais devra s'arrêter définitivement à la fin du cinquante-cinquième. Fangio l'emporte une nouvelle fois devant Fagioli, Whitehead et sa Ferrari privée terminant troisième à trois tours, non sans avoir été menacé par un étonnant Manzon, quatrième sur la petite Simca-Gordini ne développant que 165 chevaux.

Classements intermédiaires[modifier | modifier le code]

Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, seizième, vingtième, trente-deuxième et cinquantième tours[1].

Classement de la course[modifier | modifier le code]

Classement de la course
Pos. no  Pilote Voiture Tours Distance Temps/Abandon Grille Points
1 6 Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio Alfa Romeo 64 500,224 km 2 h 57 min 52 s 8 1 9
2 4 Drapeau de l'Italie Luigi Fagioli Alfa Romeo 64 500,224 km 2 h 58 min 18s 5 (+ 25 s 7) 3 6
3 14 Drapeau du Royaume-Uni Peter Whitehead Ferrari 61 476,776 km 2 h 59 min 30 s 3 (+ 3 tours) 19 4
4 44 Drapeau de la France Robert Manzon Simca-Gordini 61 476,776 km 3 h 00 min 43 s 5 (+ 3 tours) 13 3
5 16 Drapeau de la France Philippe Étancelin
Drapeau de la France Eugène Chaboud
Talbot-Lago 59 461,144 km 3 h 00 min 09 s 8 (+ 5 tours) 4 1
1
6 26 Drapeau de la France Charles Pozzi
Drapeau de la France Louis Rosier
Talbot-Lago 56 437,696 km 2 h 58 min 15 s 2 (+ 8 tours) 16  
7 2 Drapeau de l'Italie Giuseppe Farina Alfa Romeo 55 429,880 km 2 h 38 min 13 s 7 (Abd. : pompe à essence) 2  
8 18 Drapeau de la France Yves Giraud Cabantous Talbot-Lago 52 406,432 km 2 h 58 min 19 s 6 (+ 12 tours) 5  
Abd. 22 Drapeau de la France Pierre Levegh Talbot-Lago 36 281,376 km Moteur 9  
Abd. 40 Drapeau de l'Italie Felice Bonetto Maserati 14 109,424 km Moteur 11  
Abd. 42 Drapeau de la Belgique Johnny Claes Talbot-Lago 11 85,976 km Surchauffe moteur 15  
Abd. 12 Drapeau de la France Louis Rosier Talbot-Lago 10 78,160 km Surchauffe moteur 17  
Abd. 32 Drapeau du Royaume-Uni Reg Parnell Maserati 9 70,344 km Moteur 12  
Abd. 28 Drapeau de l'Italie Franco Rol Maserati 6 46,896 km Moteur 7  
Abd. 30 Drapeau de Monaco Louis Chiron Maserati 6 46,896 km Moteur 14  
Abd. 34 Drapeau du Royaume-Uni David Hampshire Maserati 5 39,080 km Moteur 18  
Abd. 20 Drapeau de la France Raymond Sommer Talbot-Lago 4 31,264 km Surchauffe moteur 5  
Abd. 36 Drapeau de l’Argentine José Froilán González Maserati 3 23,448 km Moteur 8  

Légende:

  • Abd.=Abandon

Pole position et record du tour[modifier | modifier le code]

Tours en tête[modifier | modifier le code]

Classement général à l'issue de la course[modifier | modifier le code]

Classement des pilotes
Pos. Pilote Écurie Points Drapeau du Royaume-Uni
GBR
Drapeau de Monaco
MON
Drapeau des États-Unis
500
Drapeau de la Suisse
SUI
Drapeau de la Belgique
BEL
Drapeau de la France
FRA
Drapeau de l'Italie
ITA
1 Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio Alfa Romeo 26 - 9* - - 8 9*
2 Drapeau de l'Italie Luigi Fagioli Alfa Romeo 24 6 - - 6 6 6
3 Drapeau de l'Italie Giuseppe Farina Alfa Romeo 22 9* - - 9* 4* -
4 Drapeau de la France Louis Rosier Talbot-Lago 10 2 - - 4 4 -
5 Drapeau des États-Unis Johnnie Parsons Kurtis Kraft 9 - - 9* - - -
6 Drapeau de l'Italie Alberto Ascari Ferrari 8 - 6 - - 2 -
7 Drapeau des États-Unis Bill Holland Deidt 6 - - 6 - - -
8 Drapeau de Thaïlande Prince Bira Maserati 5 - 2 - 3 - -
9 Drapeau du Royaume-Uni Reg Parnell Alfa Romeo 4 4 - - - - -
Drapeau de Monaco Louis Chiron Maserati 4 - 4 - - - -
Drapeau des États-Unis Mauri Rose Deidt 4 - - 4 - - -
Drapeau du Royaume-Uni Peter Whitehead Ferrari 4 - - - - - 4
13 Drapeau de la France Yves Giraud-Cabantous Talbot-Lago 3 3 - - - - -
Drapeau de la France Raymond Sommer Ferrari 3 - 3 - - - -
Drapeau des États-Unis Cecil Green Kurtis Kraft 3 - - 3 - - -
Drapeau de la France Robert Manzon Simca-Gordini 3 - - - - - 3
17 Drapeau de l'Italie Felice Bonetto Maserati 2 - - - 2 - -
18 Drapeau des États-Unis Joie Chitwood Kurtis Kraft 1 - - 1 - - -
Drapeau des États-Unis Tony Bettenhausen Kurtis Kraft 1 - - 1 - - -
Drapeau de la France Philippe Étancelin Talbot-Lago 1 - - - - - 1
Drapeau de la France Eugène Chaboud Talbot-Lago 1 - - - - - 1
  • attribution des points : 8, 6, 4, 3, 2 respectivement aux cinq premiers de chaque épreuve et 1 point supplémentaire pour le pilote ayant accompli le meilleur tour en course (signalé par un astérisque)
  • Le règlement permet aux pilotes de se relayer sur une même voiture, les points éventuellement acquis étant alors partagés. Joie Chitwood et Tony Bettenhausen marquent chacun un point pour leur cinquième place à Indianapolis, Philippe Étancelin et Eugène Chaboud marquent chacun un point pour leur cinquième place en France.

À noter[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Edmond Cohin, L'historique de la course automobile, Editions Larivière,‎ 1982, 882 p.
  2. Jean-Paul Delsaux, 1950, Editeur : Bruno Alfieri,‎ 1993, 254 p. (ISBN 88-7960-029-X)
  3. Christian Huet, Gordini Un sorcier une équipe, Editions Christian Huet,‎ 1984, 485 p. (ISBN 2-9500432-0-8)
  4. (en) Bruce Jones, The complete Encyclopedia of Formula One, Colour Library Direct,‎ 1998, 647 p. (ISBN 1-84100-064-7)
  5. a, b et c Pierre Abeillon, « Les Talbot en course », Revue Auto passion, no 23,‎ mai 1989
  6. a et b (en) Mike Lang, Grand Prix volume 1, Haynes Publishing Group,‎ 1981, 288 p. (ISBN 0-85429-276-4)
  7. Gérard Crombac, 50 ans de formule 1 - Les années Fangio, Editions E-T-A-I,‎ 1999, 224 p. (ISBN 2-7268-8336-2)