Marie François Xavier Bichat

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Xavier Bichat.
Portrait par Godefroy Engelmann
Statue par David d'Angers dans la cour de l'Université Paris Descartes

Marie François Xavier Bichat, né le à Thoirette (Jura) et mort le à Paris, est un médecin biologiste et physiologiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il commença ses études médicales à Lyon, sous Antoine Petit, et vint, lors du siège de cette ville (1793), les terminer à Paris. Pierre-Joseph Desault, dont il suivait assidûment les leçons ne tarda pas à le distinguer ; Bichat devint son ami, l'aida dans ses travaux et après sa mort (1795), publia et acheva ses œuvres.

Il entra en 1797 dans la carrière du professorat et fut bientôt entouré d'auditeurs. En 1800, il fut nommé médecin de l'Hôtel-Dieu, quoiqu'à peine âgé de 29 ans. En même temps qu'il remplissait ses doubles fonctions, il faisait d'immenses recherches anatomiques et publiait de grands ouvrages, notamment Anatomie descriptive pour lequel il a disséqué près de 600 cadavres et été surpris de nuit à violer des sépultures dans le cimetière St Roch afin de s'approvisionner[1]. Tous ses travaux avaient déjà fortement altéré sa santé lorsqu'il fit, sur l'escalier de l'Hôtel-Dieu, une chute violente qui entraîna sa mort (1802) alors qu'il n'avait que 30 ans.

Rénovateur de l'anatomie pathologique, Bichat étudie, à travers l'autopsie et l'expérimentation physiologique, le rôle des tissus comme unités anatomiques fondamentales pour l'explication des propriétés physiologiques et des modifications pathologiques de l'organisme.

Les boules graisseuses de Bichat sont nommées d'après lui. En anglais, on les appelle Bichat's fat pads. Il s'agit de deux boules dans chaque joue, particulièrement développées chez les bébés et constituées de tissu adipeux (graisse). Elles sont situées entre les muscles superficiels et profonds de la joue, à savoir entre les muscles du masséter et du buccinateur. Ce sont les boules de Bichat qui donnent aux joues leur forme arrondie. Mais elles n'ont pas seulement une fonction esthétique (qui fait que nous trouvons les bébés "mignons"), mais jouent un rôle important dans le maintien du vacuum dans la bouche du bébé lors de la tétée; elles confèrent une stabilité latérale à la bouche du bébé lorsqu'il est au sein.

Publications[modifier | modifier le code]

Père de l'histologie moderne, il lègue à la postérité quatre ouvrages fondamentaux :

  • un Traité des membranes (1800)
  • des Recherches physiologiques sur la vie et la mort (1800), où il décrit de manière saisissante la manière dont la mort se propage entre les organes, et dont on retient l'aphorisme « La vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort »
  • Anatomie générale appliquée à la physiologie et à la médecine, 4 volumes in-8, 1801
  • Anatomie descriptive, 1801-1803, 5 volumes in-8, dont les trois derniers furent publiés après sa mort par Matthieu-François-Régis Buisson[2] et Philibert Joseph Roux.

Il a en outre laissé des manuscrits dont l'Académie de médecine a fait l'acquisition en 1833.

Bichat adopta les idées de Théophile de Bordeu et de Paul Joseph de Barthez sur la force vitale, mais en distinguant la vie animale de la vie organique : il plaça spécialement cette dernière dans les tissus qui enveloppèrent les viscères et rechercha le mode de vitalité propre à chaque tissu.

François Magendie a recueilli ses Opuscules, 1827.

Commentaire sur son œuvre[modifier | modifier le code]

Statue par David d'Angers, 1843. Plâtre exposé à la Galerie David d'Angers

« Le physiologiste Bichat, gloire de l'École de Paris (1771-1802), n'était pas romantique, mais vitaliste ; en réaction contre le physicalisme matérialiste ambiant, il professait la spécificité irréductible de la vie, faussée par la méthode d'analyse et le vocabulaire utilisé pour l'étude des phénomènes vitaux. « La science des corps organisés doit être traitée d'une manière toute différente de celles qui ont les corps inorganiques pour objets. Il faudrait, pour ainsi dire, y employer un langage différent ; car la plupart des mots que nous transportons des sciences physiques dans celles de l'économie animale ou végétale nous y rappellent sans cesse des idées qui ne s'allient nullement avec les phénomènes de cette science. Si la physiologie eût été cultivée par les hommes avant la physique, comme celle-ci l'a été avant elle, je suis persuadé qu'ils auraient fait de nombreuses applications de la première à la seconde, qu'ils auraient vu des fleuves coulant par l'excitation tonique de leurs rivages, les cristaux se réunissant par l'excitation qu'ils exercent sur leur sensibilité réciproque, les plantes se mouvant parce qu'elles s'irritent réciproquement à de grandes distances, etc. (...) La physiologie eût fait plus de progrès si chacun n'y eût pas porté des idées empruntées des sciences que l'on appelle accessoires, mais qui en sont essentiellement différentes. La physique, la chimie, etc., se touchent, parce que les mêmes lois président à leurs phénomènes ; mais un immense intervalle les sépare de la science des corps organiques, parce qu'une énorme différence existe entre ces lois et celles de la vie. Dire que la physiologie est la physique des animaux c'est en donner une idée extrêmement inexacte ; j'aimerais autant dire que l'astronomie est la physiologie des astres[3]. » Bichat, mort en 1802, ne peut pas savoir que le parti pris antiphysicaliste dont il évoque la possibilité est justement celui qu'adopte à la même époque la Naturphilosophie romantique à l'école de Schelling. »

Hommages[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille posthume à l'effigie de Bichat a été réalisée par le graveur L. Dubour dans la première moitié du XIXe siècle. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 181).

Sources partielles[modifier | modifier le code]

  • Georges Gusdorf, L'homme romantique, Paris, Payot, 1984, p. 78-79 (Les sciences humaines et la pensée occidentale XI)
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Marie François Xavier Bichat » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  • Jean-Marie Thiébaud Vie et Œuvre de Marie François Xavier Bichat (1771-1802), 302 p., thèse de doctorat en médecine, Faculté de Médecine et de Pharmacie de Besançon, février 1974)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Clément Martin, émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, 22 mars 2013, 27 min 05 sec
  2. Mathieu Buisson (1776-1804) était le cousin de Bichat
  3. Xavier Bichat, Recherches physiologiques sur la vie et la mort, 1800, 1e partie, article 7, par. 1 ; réédition 1852, p. 58-59.
  4. Célébrations nationales, 2002, Ministère de la Culture et de la Communication.