François-Xavier-Antoine Labelle

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Antoine Labelle en 1864 (photographie par William Notman)
Statue du curé Antoine Labelle, à Saint-Jérôme

Antoine Labelle (né le à Sainte-Rose, mort le à Québec) est un homme d'Église québécois, le responsable de la colonisation des Laurentides. Il est mieux connu simplement comme le curé Labelle. Il a aussi parfois été surnommé le roi du Nord.

Le fonds d'archives d'Antoine Labelle est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1833, il est le seul fils[2]d'Angélique Maher et d'Antoine Labelle, cordonnier[3]. Il étudie au séminaire de Sainte-Thérèse. Les premières années de sa vie sont mal connues, mais on sait qu'il aimait lire Auguste Nicolas et Joseph de Maistre. Il ajoute François-Xavier à son prénom car il s'inspire de saint François-Xavier. Il est ordonné prêtre le 1er juin 1856 après une brève formation théologique de 1852 à 1855. Il est doté d'un physique imposant : il mesure 1 m 80 cm et pèse 140 kilos[4].

D'abord nommé vicaire à Sault-au-Récollet par l'évêque Ignace Bourget, il devient curé à la paroisse de Saint-Antoine-Abbé, près des États-Unis, où il exerce son ministère jusqu'en 1863. Ensuite, il est prêtre à Saint-Bernard-de-Lacolle. Il se présente aussi comme volontaire pour lutter contre l'invasion des Féniens. Vers 1867, il exprime un épuisement, demandant d'être transféré dans un diocèse américain ou dans un monastère. L'évêque Bourget le somme de rester, lui accordant la paroisse nombreuse de Saint-Jérôme.

Labelle trouve de grands besoins à combler dans sa nouvelle communauté, et il cherche immédiatement à faire développer le chemin de fer dans la région pour encourager le développement économique. Un de ses objectifs est de faire cesser l'émigration des Canadiens français vers les États-Unis.

Son action sociale est reconnue, et il est comparé à Auguste-Norbert Morin, qui a fondé Sainte-Adèle. Au total, il fait venir cinq mille habitants dans le sol colonial. Le gouvernement élu à la suite de la confédération canadienne accorde de larges subventions à son grand projet. Hugh Allan et John Joseph Caldwell Abbott lui rendent hommage en 1873, et lorsque le premier tronçon du chemin Montréal-Saint-Jérôme est inauguré le 9 octobre 1876, une des locomotives porte son nom.

En 1879, Arthur Buies se joint à sa cause. Le coureur des bois Isidore Martin lui prête également main forte. Labelle fonde la société de colonisation du diocèse de Montréal, ainsi qu'une loterie pour la colonisation. Cette même année, il souhaite que le diocèse d'Ottawa puisse devenir un archidiocèse.

En 1887, il demande l'érection canonique du diocèse de Saint-Jérôme. Le 16 mai 1888, il est appelé par Honoré Mercier pour occuper le poste de sous-commissaire au département de l'agriculture et de la colonisation. Il tente de faire venir des immigrants français dans les diocèses canadiens.

La fin de sa vie est marquée par des difficultés avec le parti conservateur, qui fait pression auprès de Mgr Édouard-Charles Fabre, car Labelle est devenu trop libéral à son goût. Labelle avait en effet combattu les ultramontains, quelques années après avoir soutenu la campagne de Joseph-Adolphe Chapleau.

Nommé protonotaire apostolique, ses projets de reconquête spirituelle et économique du Canada gênent son évêque et la curie romaine, et il doit ultimement abandonner son projet. Mercier refuse sa démission en tant que sous-ministre. Avant de mourir, il voulait se rendre à Rome, mais il meurt avant d'avoir pu le faire, le 4 janvier 1891 à l'âge de 57 ans.

Un grand monument, œuvre du sculpteur Alfred Laliberté, a été érigé en son honneur devant la cathédrale de Saint-Jérôme. Sa vie a fait l'objet d'un feuilleton télévisé populaire appelé Les Belles Histoires des pays d'en haut. Le boulevard Curé-Labelle, la municipalité de Labelle, la municipalité régionale de comté d'Antoine-Labelle et la réserve faunique de Papineau-Labelle [5]sont nommés en son honneur. En 1961, une école secondaire est construite à Laval qui portera le nom Curé-Antoine-Labelle, tout près du parc et du boulevard qui portent son nom : le parc Roi-Du-Nord et le Boulevard Roi-Du-Nord. L'école accueille aujourd'hui plus de 2600 élèves et plus de 200 membres du personnel[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Antoine Labelle (P774) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
  2. Ses parents auront aussi une fille en 1941, mais elle meurt à l'âge de quatre ans. Robert Lévesque, Labelle et Camillien : deux figures du populisme canadien-français, VLB éditeur, Montréal, 2009, 332 pages, (ISBN 978-2-89649-074-5), page 24
  3. Lévesque, op. cit., page 23
  4. Gabriel Dussault, « Labelle, François-Xavier-Antoine », sur L'Encyclopédie canadienne, Historica-Dominion,‎ 2010 (consulté le 29 mars 2010)
  5. Sepaq – Réserve faunique de Papineau-Labelle
  6. Commission scolaire de Laval – École Curé-Antoine-Labelle

Blason[modifier | modifier le code]

Blason de la famille Labelle