Absoute

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L'absoute est un rite et une prière de la liturgie catholique qui termine la cérémonie des funérailles à l’église. Il comporte un chant qui implore la totale délivrance des péchés du défunt, puis une aspersion et un encensement du corps. Un rite analogue peut se dérouler au cimetière[1]. Elle inclue dans le rite traditionnel une dernière demande d'absolution des péchés. Le nouveau rituel, adopté après Vatican II, parle plutôt de Dernier adieu (qui n'inclut pas de demande d'absolution).

Dernier adieu à Jean-Paul II (encensement du cercueil)

Origine[modifier | modifier le code]

Le mot absoute donné aux prières pour le défunt provient de la dernière oraison qui les terminait souvent : « Absolve, quaesumus Domine, animam famuli tui »[2]. Il s'agit d'une prière sacerdotale demandant à Dieu d'absoudre un défunt de ses péchés : il n'y a pas rémission des péchés, mais une demande de rémission. Il ne s'agit pas d'un sacrement, mais d'un sacramental[3].

Jusqu'au concile de Trente, les rituels furent nombreux. Une forme unique du pontifical romano-germanique fut élaborée à l'usage de Rome puis diffusée par les franciscains à partir du XIIIe siècle. Paul V publia en 1614 un Rituel romain dont les oraisons pour les défunts remontent pour leur quasi-totalité aux VIe et VIIe siècles[4]. Il se diffusa progressivement dans tous les diocèses. Un nouveau rituel Ordo exsequiarum fut promulgué par Paul VI le 15 août 1969. L'absoute est alors également dénommée Dernier adieu[5].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le déroulement de l'absoute est différent selon qu'il s'agit du rite issu de la réforme liturgique de Vatican II et promulgué par Paul VI en 1969 ou du rite traditionnel (forme extraordinaire) libéralisé par Benoît XVI.

Forme ordinaire du rite romain[modifier | modifier le code]

Le Dernier adieu ne se célèbre qu'en la présence du corps du défunt[6].

Le Dernier adieu a lieu généralement dans l’église, à la fin d’une célébration de funérailles (avec rite eucharistique ou pas). Le prêtre et ses assistants se placent autour du cercueil, et dans une première prière confient ‘avec respect et affection’ le défunt à Dieu.

Suit un moment de recueillement avec silence et chant d’adieu (« Sur le seuil de sa maison notre Père t’attend… »). Des invocations sont faites, rappelant la personne défunte, son baptême, son amour, et lui souhaitant un ‘à-Dieu’ serein, auxquelles tous répondent : « Prends avec toi, Seigneur, celui que nous aimons… » (ou autre texte semblable).

Le corps (ou cercueil) est encensé : ultime marque de respect pour ce corps qui fut durant de nombreuses années une ‘‘demeure de l’Esprit’’.( 1Cor. 3:16 : « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu, et que l'esprit de Dieu habite en vous ? »). Et pour rappeler l’eau qui purifia le défunt lors de son baptême, le prêtre asperge d’eau bénite le cercueil. Parents et amis qui le souhaitent peuvent faire le même geste à sa suite.

Le cercueil est ensuite emporté hors de l’église vers le cimetière où, autour de la tombe ouverte, un dernier moment de silence et recueillement est observé. Une nouvelle prière (« Qu’il trouve auprès de toi la paix et la joie…») est suivie d’un Notre-Père et d’un Ave Maria.

Lorsque le cercueil est descendu dans la tombe : « Ami, ici s’achève ton chemin parmi nous. Mais ici, nous reviendrons pour nous souvenir. (…) Et maintenant Seigneur Jésus, c’est vers toi que nous regardons, Toi, l’un de nous ».

Forme extraordinaire du rite romain[modifier | modifier le code]

L'absoute peut se célébrer en présence ou en l'absence du corps du défunt.

La messe achevée, le clergé et les fidèles se rendent auprès du cercueil ou du catafalque et le célébrant dit l'oraison Non Intres in judicium. Tous chantent ensuite le Libera me, Domine:

« Libera me, Domine, de morte æterna, in die illa tremenda, quando coeli movendi sunt et terra, dum veneris iudicare sæculum per ignem. Tremens factus sum ego et timeo, dum discussio venerit atque ventura ira. Dies illa, dies iræ, calamitatis, et miseriæ, dies magna et amara valde. Requiem æternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis. »
« Délivre-moi, Seigneur, de la mort éternelle, en ce jour redoutable:où le ciel et la terre seront ébranlés, quand tu viendras éprouver le monde par le feu.Voici que je tremble et que j'ai peur, devant le jugement qui approche, et la colère qui doit venir.Ce jour-là doit être jour de colère, jour de calamité et de misère, jour mémorable et très amer. Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière brille à jamais sur eux. »

Puis pendant la récitation du Pater, le prêtre fait le tour du cercueil ou du catafalque en l'aspergeant, puis en l'encensant. Si le corps n'est pas immédiatement transporté au cimetière, on chante sur place l'antienne In Paradisum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Trois prières latines sont particulièrement associées à la conclusion de la célébration liturgique de funérailles :

– le Pie Iesu ;
– le répons Libera me ;
– l'antienne In Paradisum.