Ferrari P

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Les Ferrari P étaient des voitures de Sport-Prototypes des années 1960 et début 1970 engagées en championnat du monde des Sport-prototypes de 3l de cylindrée (du moins au début).

Bien qu'Enzo Ferrari résiste à la domination de Cooper en Formule 1, Ferrari commence à produire des voitures de courses à moteur central (utilisation du principe de la propulsion) en 1960 avec la Formule 2 156 à moteur V6 Ferrari Dino, principe repris sur la Formule 1 victorieuse en 1961.

Les voitures de sport suivent en 1963. Bien qu'elles partagent leur dénomination, basée sur la cylindrée du moteur, avec des modèles routiers, elles en sont totalement différentes. Le premier moteur central-arrière sur une Ferrari de route est apparaît sur laFerrari Dino de 1967 et il faut attendre 1971 pour voir un moteur (12 cylindres à plat) Ferrari placé à l'arrière du conducteur avec la 365 GT4 BB.

250 P[modifier | modifier le code]

La 250 P est un prototype de course produit en 1963 qui a gagné les 12 heures de Sebring, les 24 heures du Mans, et le Championnat du monde des constructeurs. Elle est propulsée par un moteur V12 de 3l à simple arbre à cames issu de la 250 Testa Rossa.

250 LM[modifier | modifier le code]

250 LM de 1964
Article détaillé : Ferrari 250 LM.

Les 250 P ont été adaptées pour les rendre commercialisables auprès des écuries privées et deviennent les 250 LM. Présentée à Paris en novembre 1963, la LM a beaucoup de succès auprès d'écuries privées à travers le monde. 32 modèles ont été construits en 1964 et 1965 et propulsés par un moteur 3,3 l de 320 cv (sans changement de dénomination malgré l'augmentation de cylindrée). Une suspension à double triangle indépendante a été développée pour ce modèle, ainsi qu'une direction à pignon-crémaillère et 4 freins à disques.

275 P[modifier | modifier le code]

Les 275 P et 330 P sont des évolutions de la 250 P avec des cylindrées de respectivement 3,3 l et 4l. Ces voitures ont couru en 1963 et 1964.

330 P2[modifier | modifier le code]

330P2 de 1964

Une voiture nouvelle, la 330 p. 2, est produite en 1965. Elle est construite autour d'un châssis surbaissé plus léger et plus aérodynamique, propulsée par un moteur V12 de 410 cv dérivé de la 330. Elle est engagée la même année pour la première fois en course par le North American Racing Team (NART) de Luigi Chinetti lors des 24 heures de Daytona. Certaines voitures du NART ont également utilisé un moteur de 4,4 l et ont été appelées alors 365 p. 2. La p. 2 n'est pas une grande réussite pour Ferrari, et elle est remplacée par la p. 3 en 1966.

330 P3[modifier | modifier le code]

330 p. 3

La 330 p. 3 de 1966 introduit l'injection dans les moteurs Ferrari. Elle utilise une transmission p. 3 (Type 593) peu fiable et est remplacée par une transmission ZF quand les p. 3 no  de châssis 0844 et 0848 ont été convertis en 412 P, le temps d'une saison quand les transmissions ZF seront remplacées par des transmissions 603R p. 4 sur toutes les 412 P.

412 P[modifier | modifier le code]

La Ferrari 412 P est une version-client de la 330 p. 3, construite pour les équipes privées comme le NART (0844), la Scuderia Filipinetti (0848), Francorchamps (0850) et Maranello Concessionnaires (0854). Ces voitures étaient équipées de moteur à carburateurs au lieu des injecteurs Lucas des voitures d'usine.

Seules deux voitures (no  de châssis 0850 et 0854) sont d'origine construite comme des 412 P. Elles possèdent un châssis de p. 3, un moteur type p. 3 avec des carburateurs à la place des injecteurs, des suspensions p. 4 avec un empattement de p. 3 : 2 412 mm contre 2 400 mm (p. 4 et p. 3/4 0846).

Les 0844 et 0848 étaient quant à elles à l'origine des p. 3 de l'équipe de course officielle. Quand la Scuderia Ferrari les a vendues, elle a remplacé les injecteurs Lucas par des carburateurs Weber qui ont réduit leur rendement : Ferrari voulait bien qu'elles gagnent des points au championnat constructeur mais ne battent pas ses voitures d'usine (p. 3/4 no 0846 et les p. 4 no 0856, no 0858, et no 0860).

Le p. 3 et le 412P possèdent le même bloc moteur de 4 litres (différent du bloc 4l de la p. 4) et un châssis p. 3. La p. 3/4 no 0846 est un modèle unique qui, après modification par Ferrari pour la saison 1967, possède un châssis p. 3 avec un moteur p. 4.

Les 412P, les 330 p. 3/4, et les 330 p. 4, toutes équipées de moteurs 4 litres, n'étaient plus à même de disputer les grandes courses comme le Mans après 1967. De plus, Ferrari n'a pas produit suffisamment d'exemplaires de 412 P, de 330 p. 3/4, ou de p. 4 pour s'engager en catégorie Sport 5 000 cm3 (qui exige la production d'au moins 25 voitures identiques). Le nombre réduit de 412 P, de 330 p. 3/4, et de p. 4 a signifié qu'elles étaient encore classés en tant que « prototypes » et a eu pour conséquence leur retrait de la compétition parce que la cylindrée du moteur dans cette classe a été limitée à 3 litres.

Quatre 412 P ont été construite:

  • 0844 qui est une p. 3 convertie (412 p. 3/p. 4)
  • 0848 qui est une p. 3 convertie
  • 0850
  • 0854

330 P3/4 et P4[modifier | modifier le code]

1967 voit la dernière évolution des 330 P[1]. Avec 3 soupapes par cylindre empruntées aux moteurs victorieux des GP de Formule 1 et alimenté par le système d'injection p. 3, la puissance des moteurs atteint les 450 ch.

Les 330 p. 4 électrisent le monde de la course automobile quand une p. 3/4, une p. 4 et une 412P passent la ligne d'arrivée en 1re, 2e et 3e position aux 24 heures de Daytona 1967, ce triplé devenant le symbole de victoire contre les Ford GT40.

Récemment, plusieurs composants de la p. 3/4 0846 ont refait surface en la possession du collecteur de voiture James Glickenhaus, un ancien directeur de film et magnat des valeurs boursières. Bien que David Piper (à qui il a acquis la voiture) et lui-même aient pensé qu'elle était l'un de quatre châssis des répliques construites avec la bénédiction d'Enzo Ferrari vers la fin des années 1960, il s'avère que presque tout le châssis tubulaire et quelques autres composants de la p. 3/4 détruite ont été employés dans cette voiture[2]. Cette découverte invraisemblable a remué beaucoup de controverses[3] parmi des fervents de Ferrari, et la Scuderia Ferrari est incapable ou peu disposée à identifier officiellement la voiture, excepté pour noter que leurs enregistrements sont détruits. Cette armature tubulaire semble être un p. 3 modifié pour tenir un moteur p. 4, comme c'était le cas pour la 0846 exclusivement, et les dommages de deux accidents de courses contemporaines apparaissent bien sur l'armature. La transmission de la voiture, les culasses du moteur, et le support de direction incluent également des marquages de contrôles du Mans, les liant à la p. 3 0846 et à la p. 3/4 0846 de 1966 et de 1967. La p. 3/4 a été très endommagé dans un accident au Mans et a été ferraillé par Ferrari[4].

Une seule 330 p. 3/4 et trois 330 p. 4 ont été construites au total:

  • 0846 (détruite)
  • 0856
  • 0858
  • 0860

Ferrari a autorisé David Piper à construire des répliques officielles des 330 dans les années 1960 :

  • 0900/0900a, ...

En raison de sa grande renommée et son esthétique, plus d'une centaines de réplique de p. 4 de conception diverse ont été construites. Une réplique de p. 4 de haute qualité établie avec un véritable moteur Ferrari (par exemple un 400i V12) peut être commandé pour au 200 000 dollars, mais les plus simples (souvent avec des moteurs Rover et des boîtes de vitesse Renault) peuvent être vendues pour 50 000 dollars.

312 P[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ferrari 312 P.
La 312P de Jacky Ickx

Après avoir boycotté les sports-proto en 1968 pour protester contre le changement de règlement, Ferrari construit un nouveau prototype 3l en 1969 appelé 312 P. Les 312P Barchetta et 312P Berlinetta sont à peine plus que des Ferrari 312 (Formule 1 de 3 l) recarrossées en proto. Aux 12 heures de Sebring, la Barchetta finit 2e derrière la Ford GT40 de JWA Gulf. Aux 500 miles de Brands Hatch, la même Barchetta est 4e derrière 3 Porsche 908-01. Aux 1 000 kilomètres de Monza, Chris Amon réussit la pole position avec la Barchetta, devant la 908-01 de Jo Siffert, mais doit se retirer en course. Aux 1 000 kilomètres de Spa-Francorchamps, une 312 P est seconde derrière la 908-01LH de Siffert-Redman. Au Mans, deux Berlinetta, 5e et 6e sur la grille de départ, abandonnent après 1 heure et 16 heures de course. À la fin de la saison 1969, les 312 P sont vendus à la NART, l'importateur Ferrari américain Luigi Chinetti.

512 S et 512 M[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ferrari 512 S.
512M
512S

Ces prototypes ne sont pas désignés avec un P car elles n'ont pas été construites pour la catégorie des prototypes de 3 000 cm3, mais avec un S pour les voitures inscrites en catégorie sport de 5 000 cm3. Porsche avait fait ce choix d'engagement début 1969 avec sa nouvelle Porsche 917 et Ferrari répond avec la 512 S présentée en 1970 avec un V12 à double arbre à cames en tête et une culasse à 48 soupapes développant 550 cv, mais sans succès.

25 exemplaires seulement sont construits afin de répondre à la réglementation pour une homologation en catégorie Sport. Quelques mois plus tard, les 512 S sont modifiées en 512 M (pour Modificato), moins lourdes, plus aérodynamiques et plus puissantes avec 640cv, toujours sans succès.

312 PB[modifier | modifier le code]

312PB de 1972

En 1971, un changement de règlement est annoncé pour 1972 qui conduit Ferrari à abandonner le développement des 512 afin de se polariser sur un nouveau prototype 3l extrapolé de la 312 de Formule 1.

Cette Ferrari 312 PB qui dispose d'un moteur V12 boxer est très réussie et gagne toutes les courses du championnat du monde des voitures de sport dans laquelle elle est engagée. Toutefois Ferrari n'a pas voulu participer aux 24 heures du Mans parce que le bloc moteur dérivé de la Formule 1 n'était pas fiabilisé pour une si longue épreuve.

Trois 312 PB sont présentes aux 24 heures du Mans 1973 mais une seule termine l'épreuve, à la deuxième position derrière Matra, avec le même résultat dans le championnat du monde. À la fin de la saison 1973, Ferrari abandonne les courses de voitures de Sport-Prototypes afin de se concentrer sur la Formule 1.

333 SP[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ferrari 333 SP.

De 1993 à 2002, la Ferrari 333 SP a été construite pour le compte de clients Ferrari. Elle n'a jamais pris part à une compétition pour la Scuderia Ferrari.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ferrari 330/P4 », Road & Track, no Mai 1967,‎ 1967, p. 114–116
  2. [PDF] « Ferrari P3/4 Châssis 0846 », James Glickenhaus (consulté le 31 juillet 2006)
  3. « l'unique 0846 debat thread », Ferrarichat.com (consulté le 31 juillet 2006)
  4. « 330 P3/4 Chassis 0846 », Veloce Today (consulté le 1er août 2006)