Dogmazic

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Le logo Dogmazic

Dogmazic, anciennement appelé musique-libre.org (ou MLO), est un site Web d’écoute et de téléchargement musical qui a motivé la création d’une archive de titres et d’albums de musique alimentés par des auteurs, compositeurs, interprètes et labels indépendants utilisant des licences ouvertes. C’est un laboratoire d’expérimentation de la nouvelle forme que pourrait éventuellement prendre la circulation de la musique qui s’affranchirait ouvertement et explicitement des circuits traditionnels, essentiellement marchands.

Le site est géré par l’association Musique Libre !, basée initialement à Bordeaux, puis depuis novembre 2011 à Lyon, qui est l’un des principaux acteurs du mouvement des musiques libres en France[1].

Présentation de l’association Musique Libre![modifier | modifier le code]

L’association Musique libre! est créée fin décembre 2004 à Bordeaux[2], suivie en 2006 de l’ouverture d’une antenne à Lyon[3], devenue par la suite l'association Artischaud[4] en 2008. L'Association Musique Libre! s'est ensuite relocalisée en novembre 2011 à Lyon. Musique Libre! s’est donné pour objectif de promouvoir et diffuser des artistes indépendants dans le cadre des licences libres et ouvertes. Cette association milite pour la gestion individuelle des droits d'auteur auprès des sociétés civiles, des artistes, de l’industrie du disque et des institutionnels et pouvoirs publics. Elle souhaite aussi informer les artistes et le public sur les licences ouvertes, et les nouvelles méthodes de diffusion qu'Internet a rendu possibles.

Musique Libre! rassemble des artistes et des labels du monde entier ayant choisi de diffuser leurs travaux sous licences ouvertes afin d’une part de faire face à une monopolisation toujours grandissante de l’économie de la musique par un cercle très restreint de maisons d'édition et de production, et d’autre part, de s’adapter à l’ère numérique contribuant à réfléchir sur de nouvelles méthodes de diffusion de la musique. L’association s’inscrit donc dans le mouvement de la culture libre en général[5], un mouvement qui s’oppose aux schémas classiques de l’industrie du disque ; industrie accusée de traiter trop souvent les artistes comme des produits de consommation et le public comme un simple consommateur.

L’association Musique Libre! a aussi pour objectif de promouvoir une forme de commerce équitable de la musique, afin que les artistes soient les principaux bénéficiaires des fruits de leur art, que le public ait un accès libre à la création musicale et donc que la culture demeure un bien commun dans la société.

En France, la récente arrivée et le rapide succès de l’association a créé une situation de début de conflit entre elle et la SACEM, société de gestion collective des droits d’auteurs, qui jouissait jusqu’à l’arrivée des licences ouvertes d’une situation de monopole dans l’économie de la musique et qui, jusqu’à aujourd’hui, refuse l’utilisation de ces nouvelles licences à ses sociétaires[6]. Certains acteurs du mouvement souhaiteraient voir la SACEM s’ouvrir aux licences ouvertes afin d’arriver peu à peu à une fusion et une cohabitation pacifique entre la gestion individuelle et la gestion collective des droits d’auteur, d’autres préfèreraient garder au mouvement des licences ouvertes une certaine indépendance par rapport au circuit classique de l’industrie du disque qu’est la SACEM associée aux maisons de disques.

L’association se range plutôt dans la dernière catégorie, dans la mesure où ses efforts se concentrent sur la volonté de faire émerger une gestion individuelle des droits d’auteur opérationnelle.

La gestion collective favorise dans la pratique une concurrence acharnée entre artistes, par une vision strictement marchande de la musique. La question de la rémunération des artistes - sans cesse présentée comme un argument à charge contre la musique libre et les licences ouvertes - est plus complexe qu’il n’y parait. Le fait le plus visible et sans conteste le plus alarmant pour l’avenir de la culture indépendante est le trop faible nombre d’artistes à être rémunérés, médiatisés - donc visibles -, et à avoir la possibilité de se produire en public dans des conditions décentes.

Ce ne sont que quelques élus, une microscopique famille d’artistes choisis par les maisons de disques pour leur potentiel économique, et quelques rares indépendants, qui bénéficient de toutes les attentions et même de mannes financières prélevées sur le contribuable.

Ainsi, il n’est pas du tout question de songer à rémunérer les artistes dans leur ensemble, mais juste quelques-uns, qu’il est assez difficile d’éviter dans les médias, et qui gagnent par ailleurs déjà fort bien leur vie… Et cela au détriment de la majorité des autres, qui sont totalement gommés des médias, à part sur le web.

Pour tenter de sortir de ce paradoxe de la gestion collective, l’association fait le pari d’une gestion individuelle soutenue par l’esprit communautaire qu’induisent les licences ouvertes, favorisant les collaborations entre artistes et l’émergence de nouvelles conceptions de la pratique comme de la dissémination de la musique qui n’exclut pas la dimension économique, mais la questionne.

La plate-forme Dogmazic[modifier | modifier le code]

Lancé le 10 juin 2004, le site internet de l'association s'appelait musique-libre.org jusqu'à septembre 2006 où il a pris le nom actuel de Dogmazic.net. C'est une plate-forme de téléchargement de diverses musiques sous licences ouvertes. Le site propose aux artistes de venir y diffuser leurs créations, à la condition que ces œuvres soient couvertes par l'une des licences ouvertes applicables à la musique, dont les plus utilisées sont les Licences Creative Commons et la Licence Art Libre[7]. Les labels faisant la promotion des artistes du libre peuvent aussi s'inscrire sur le site pour faire découvrir leurs catalogues. Le public peut librement écouter et/ou télécharger le catalogue de 51066 morceaux par 4406 groupes et 325 labels sous 35 licences ouvertes (en novembre 2011)[8], provenant de tous les styles de musique et de tous les pays, la France étant plus largement représentée du fait de la nationalité du site. Il est possible ensuite d'écouter et télécharger les œuvres de certains des artistes par l’intermédiaire des bornes de téléchargement Automazic présentes en médiathèques et bibliothèques par le biais de Pragmazic, distributeur de musique libre dont nous parlons ci-dessous.

Le site propose aussi un répertoire de webradios diffusant de la musique libre. On peut y suivre l'actualité de la musique et de la culture libre en France et ailleurs par l'intermédiaire de Dogmazine[9], le webzine de Dogmazic. Les concerts à venir des artistes membres sont répertoriés aussi sur le site. Le forum de Dogmazic, particulièrement actif, rassemble certains des acteurs les plus impliqués dans la musique libre en France.

Plus de 100 million de téléchargements ont été effectués depuis les débuts du site Internet[8].

Pragmazic[modifier | modifier le code]

Pragmazic conçoit, fabrique et commercialise des bornes de partage culturel.

Elles permettent la consultation et la copies d'œuvres "libres" :

  • œuvres musicales issues du site Dogmazic.net (en mp3) ;
  • œuvres littéraires issues du site InLibroVeritas (en pdf).

En 2011, 40 bornes sont réparties dans les médiathèques du territoire métropolitain.

3 types de bornes sont développés : Automazic, Minimazic et Minimazic Duo.

Automazic[modifier | modifier le code]

Automazic est une borne interactive donnant accès à la musique présente sur le site de Dogmazic. Son premier prototype a été installé le 3 novembre 2007 à la médiathèque de Gradignan[10].

Cette borne, créée par des membres de Dogmazic en concertation avec certains responsables des médiathèques de France[11] peut être installée dans tous lieux publics, et particulièrement dans les médiathèques, afin d'enrichir le répertoire musical de ces institutions, en mettant à disposition du public et des artistes un nouveau moyen de consultation et de diffusion de la musique disponible sur Dogmazic.

L'installation de bornes Automazic est aussi l'occasion d'informer le grand public sur les enjeux de ces nouveaux rapports entre artistes et publics que permettent les licences ouvertes[12].

Dogmazic et la loi DADVSI[modifier | modifier le code]

Pendant les débats concernant l'adoption de la loi DADVSI durant l'année 2006, l'association a participé à la rédaction d'un livre blanc[13] afin d'apporter son point de vue quant à la manière de gérer les réseaux pair à pair. L'association Musique Libre! soutient dans ce texte transmis à tous les parlementaires concernés, que la loi DADVSI créé un « déséquilibre croissant, au détriment des auteurs comme du public, au profit d’industries dont la volonté d’instrumentaliser la loi à leur bénéfice exclusif est publique, patente. (...) La loi DADVSI doit en tout état de cause prendre acte des évolutions nécessaires du droit d’auteur, dont les licences libres ouvertes sont un élément exemplaire. Sur le peer to peer (P2P), la position des auteurs est très claire : le P2P qui est une technologie consubstantielle à l’Internet, légale en elle-même, est un outil de diffusion et d’échange irremplaçable. Il est hors de question d’accepter la criminalisation d’un outil et de ses utilisateurs pour le bénéfice supposé de quelques-uns. ». En réaction, une compilation de musique a été créée : NO DADVSI MIX CONTEST.

Dogmazic et les autres acteurs du « libre »[modifier | modifier le code]

Naturellement, Dogmazic est en lien avec les autres acteurs de la musique libre. Cependant ces liens sont plus ou moins étroits selon la philosophie de chacun de ces acteurs. Pour certaines raisons éthiques, et aussi par volonté de favoriser l'émergence d'une "nouvelle" économie pour la musique libre, basée sur d'autres règles que celles du circuit « classique » ou du web commercial, Dogmazic refuse totalement le financement de sa structure (et de chacun de ses projets) par la publicité, préférant l'autofinancement par les membres de la communauté et par les dons des visiteurs, combinés au développement parallèle de projets ayant un volet économique, comme Pragmazic et Automazic.

Dogmazic a signé la Charte Zone Libre[14], un réseau de sites Internet respectant une éthique, qui refuse par exemple le financement par un certain type de publicité.

De même, Dogmazic est assez proche du mouvement des logiciels libres et particulièrement des acteurs français comme par exemple Framasoft. L'association a récemment collaboré à la dernière version de la distribution Kaella[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En témoigne la participation de l’association à la rédaction du P2P livre blanc, lors des débats concernant le vote de la loi DADVSI et la couverture médiatique relativement large dont a fait l’objet Dogmazic depuis ses débuts, voir notamment la revue de presse de Dogmazic
  2. Association Musique libre!: présentation de l’association sur le site de Dogmazic
  3. Voir le site de Dogmazic Lyon
  4. Voir le site de Artischaud
  5. Afin d’avoir un aperçu plus général du mouvement de la culture libre, consulter l’ouvrage Du bon usage de la piraterie de Florent Latrive, contenant une préface de Lawrence Lessig, président du conseil d’administration de Creative Commons.
  6. Musique gratuite : qui paie ?: débat organisé sur le site lesechos.fr entre des internautes et Catherine Kerr-Vignale, membre du directoire de la Sacem. Durant ce débat, Catherine Kerr-Vignale s’inquiète au sujet du mouvement des musiques libres, voyant « beaucoup de dangers dans les licences "Creative Commons" »
  7. voir à ce sujet le tableau comparatif des licences
  8. a et b voir les chiffres sur la page d'accueil de Dogmazic
  9. voir le site de Dogmazine
  10. Voir à ce propos les photos de l'inauguration de la borne à Gradignan
  11. voir le portail de l'ACIM
  12. pour en savoir plus sur Automazic, consulter le site d'Automazic
  13. consulter en ligne le livre: P2P livre blanc
  14. voir le site de la Charte Zone Libre
  15. On peut voir la contribution de Dogmazic en suivant ce lien

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]