Begum Samru

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Portrait de la Begum Samru (à Sardhana)

La Bégum Sumru (ou Samru, Sumroo, Sombre), née Farzana vers 1750 à Kotana, Uttar Pradesh (Inde) et décédée le 2 janvier 1836 à Sardhana, était une courtisane qui devint la femme de Walter Reinhardt Sombre, et après lui, souveraine de la principauté de Sardhana. Femme de grand compétence diplomatique et militaire elle parvint à maintenir l’indépendance de sa principauté de Sardhana jusqu’à sa mort (1836).

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de son père (vers 1759) un noble d’origine arabe installé à Kotana, Farzana et sa mère émigrent à Delhi. À 15 ans, comme danseuse intelligente et éduquée, Farzana attire l’attention de Walter Reinhardt, alors général au service du raja de Bharatpur. Reinhardt abandonne sa femme (dont il avait un enfant) pour prendre Farzana comme épouse. Elle est depuis lors connue comme la Begum Sumru (Begum Sombre).

Walter Reinhardt Sombre meurt en 1778. Ses officiers et sa troupe (quelque 4000 soldats) demandent à l'empereur Shah Alam II que sa femme, la Begum Sumru, soit installée comme son successeur à la tête de la principauté de Sardhana. Déjà connue pour son intelligence et courage - et à l’aise en milieu européen comme indien - la Begum Sumru prend également la tête de l’armée de son mari, lorsque, Louis Balthazar, le fils du premier mariage de Reinhardt, se révèle incompétent.

La Begum Samru entourée des membres de sa cour: européens et indiens

En 1781 la Begum Sumru est reçue dans l’Église catholique avec le fils de son mari qu’elle avait adopté. Elle est baptisée le 7 mai à Âgrâ et prend le nom de Yohanna, peut-être en honneur de Jeanne d’Arc dont elle a entendu parler. Elle est en contact avec Benoît de Boigne, aventurier militaire savoyard, et surtout l’Irlandais George Thomas, un autre aventurier, qui, à partir de 1787, est à son service et commande ses troupes. En 1787 l’intervention militaire de la Begum contribue à libérer l’empereur Shah Alam II, assiégé à Delhi par un de ses vassaux, Ghulam Qadir. Il lui en restera reconnaissant et lui donne le titre de Zeb-ul-Nisa (Joyau féminin). À la tête de ses troupes elle intervient une seconde fois en 1788 pour sauver l’empereur. Sa réputation militaire n’est plus à faire.

En 1790 Armand Le Vasseur (ou Le Vaisseau), autre aventurier militaire français, supplante George Thomas et entre au service de la Begum Sumru. Une idylle se noue qui aboutit à un mariage secret en 1793. Lorsque, en 1795, les troupes de Sardhana se rebellent contre l’impopulaire Le Vasseur, celui-ci se suicide. Louis Balthazar prend le pouvoir à Sardhana. C’est Georges Thomas revenant de Delhi qui le chasse et libère la Begum Sumru (juin 1796).

En 1803 la défaite de Maharajhi Sindhia et des Marathes consacre la suprématie des anglais en Inde. Contrairement à d’autres principautés la Begum Sumru parvient à garder son trône, l’accord stipulant que seulement à sa mort Sardhana serait annexée à l’empire des Indes. La begum se consacre alors surtout au bien-être de ses sujets et au développement de son royaume. Un visiteur, le Major Archer écrit en 1828 : «Her fields look greener and more flourishing and the population of her villages appear happier and more prosperous than those of the East India Company’s provinces. Her care is unremitting and her protection sure"[1].

Sa générosité est proverbiale. Depuis sa conversion au catholicisme la Begum nourrit le projet de construire une église ‘digne du service divin’. Le chantier est ouvert en 1809 et l’église dédiée à Notre-Dame est consacrée en 1822. Elle écrit au pape Grégoire XVI : «Je suis fière de pouvoir dire que cette église est, sans exception, reconnue comme étant la plus belle de toute l’Inde». Avec l’appui d’un généreux don au pape la Begum obtient également que son aumônier personnel, le père Julius Caesar Scotti, soit consacré évêque et que Sardhana devienne diocèse ! Une autre église et presbytère sont construits à Meerut (1834) pour les soldats anglais. Des palais sont construits à Meerut et Delhi (Chandni Chowk).

Statue de la Begum Samru, dans la basilique de Sardhana

Raffinée et distinguée la Begum était à l’aise aussi bien en milieu européen qu'indien. Elle avait son groupe de musiciens européens et son coche anglais. Pour les audiences elle suivait le protocole des princesses indiennes, recevant, voilée et derrière un purdah, un voile qu’elle retirait cependant lorsqu’en présence d’européens.

Son long règne de 55 ans arriva à terme lorsque, après une courte maladie, elle mourut dans son palais de Sardhana le 27 janvier 1836, à l’âge de 83 ans. Son aumônier-évêque l’accompagna dans ses derniers moments. Une grande foule assista à ses funérailles. La Begum Sumru est enterrée dans une chapelle latérale de sa ‘cathédrale’ de Sardhana. En 1870, un monument funéraire, en marbre importé d’Italie, y fut érigé pour recevoir sa dépouille.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B.N.Banerjee: Begam Samru, Calcutta, 1925.
  • Father Patrick: Sardhana; its Begum, iits shrine, its basilica, Meerut, 1987.
  • Veera Chatterjee: All this is ended: the life and times of H.H.Begum sumroo, Delhi, 1979.

Fiction:

  • Le roman de Jules Verne, les 500 millions de la Begum prend pour point de départ la longue dispute légale qui fit rage autour de l'héritage de la Begum Samru.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Major Archer, dans son livre Tours in Upper India, 1828