La Païva

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Esther Lachmann, marquise de Païva, dite « la Païva », (7 mai 1819 à Moscou - 21 janvier 1884 à Neudeck) est une célèbre salonnière, « courtisane », demi-mondaine et grande amatrice de diamants du XIXe siècle.

Sommaire

Biographie [modifier]

Origines, enfance et premiers mariages [modifier]

Elle naît à Moscou, en 1819, de parents juifs polonais réfugiés en Russie. À l'âge de seize ans[1], son père pauvre drapier du ghetto et sa mère Anna Maria, accordent sa main à Antoine Villoing, un modeste tailleur français.

Elle lui donne un fils, et, très vite (vers 1838) s'ennuyant au logis, disparaît subrepticement et fuit Moscou et la misère pour suivre un bel inconnu qui après un long périple l'accompagne jusqu'à Paris, où elle change son prénom en Thérèse et rencontre le riche pianiste Henri Herz qui lui fait connaître les artistes de son temps, Franz Liszt, Richard Wagner et des écrivains tels que Théophile Gautier, Émile de Girardin.

De cet amour naît une petite fille qui est aussitôt confiée aux parents de Hertz[2].

Vie mondaine à Paris et à Londres [modifier]

Toile représentant Une Soirée Chez La Païva, peinte par Adolphe Joseph Thomas Monticelli.

Elle s'affirme comme une des femmes parmi les plus élégantes, les plus en vue de Paris. Après quelques années et des revers de fortune, le couple se sépare. Elle quitte Paris pour Londres et rencontre Lord Stanley au Covent Garden, qui la comble de présents.

D'autres nobles lords succèdent à Stanley et à la fin de 1848 elle regagne Paris et épouse un noble portugais, Albino Francisco, marquis de Paiva Araújo en 1851, dont elle portera le nom, « qui sonne bien », mais elle s'en sépare peu après leur mariage.

Le marquis de Païva revient des Amériques après la guerre de 1870, mais vieilli et ruiné, il se suicide[3].

Veuve à nouveau, elle épouse en 1871 son amant le comte Guido Henckel von Donnersmarck, richissime Silésien, cousin de Bismarck, bientôt gouverneur de la Lorraine annexée, qui lui offre un hôtel 28, place Saint-Georges.

Il lui fait construire ensuite à grands renforts d'argent (dix millions or), par l'architecte Pierre Manguin, l'hôtel de la Païva de style Renaissance au 25, avenue des Champs-Élysées, qui abrite aujourd'hui le club The Travellers, avec son grand escalier d'onyx jaune et sa salle de bains de style mauresque et ses sculptures, peintures, ses plafonds de Paul Baudry.

Déjà en 1857 il lui avait offert le château de Pontchartrain où elle allait en villégiature[4] et y reçoit des personnalités politiques comme Gambetta[5].

Elle est également la maîtresse du duc de Gramont.

Fuite en Allemagne [modifier]

En 1877, soupçonnée d'espionnage, elle doit quitter la France et se retire en Silésie au château de Neudeck (aujourd'hui Świerklaniec) où elle décède le 21 janvier 1884, âgée de soixante-cinq ans.

Bijoux [modifier]

Anecdotes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Paul Gordeaux, La Païva, Éditions J'ai Lu/Minerva, Coll. Les Amours Célèbres, 1970
  • Janine Alexandre-Debray, La Païva, 1819-1884 : ses amants, ses maris, Paris, Perrin, 1986
  • Gabrielle Houbre, « Courtisanes sous surveillance », in Dans les secrets de la police, éditions l'Iconoclaste, 2008 (ISBN 9782913366206)

Notes et références [modifier]

  1. Parisis (Blavet, Émile) : La vie parisienne; la ville et le théâtre ; Préface de François Coppée Éditeur : L. Boulanger (Paris) Date d'édition : 1885, pp. 46-47
  2. Historia, janvier 1984, n°446, p. 76
  3. Historia, janvier 1984, n°446, page 76
  4. Viel-Castel, Horace de : Mémoires sur le règne de Napoléon III (1851-1864). [4] ; préface par L. Léouzon Le Duc, Éditeur : chez tous les libraires (Paris) édition : 1883-1884, p68
  5. Revue catholique des institutions et du droit Éditeur : [s.n.?], Paris, publication en série imprimée (Français), 1872, p. 266
  6. Gabrielle Houbre, Courtisanes sous surveillance in Dans les secrets de la police
  7. Émission "la marche de l'Histoire" du 3 janvier 2013 sur Radio France.

Liens externes [modifier]