Valtesse de La Bigne

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Valtesse de La Bigne, par Henri Gervex, Paris, Musée d'Orsay.

Lucie Émilie Delabigne, dite Valtesse de La Bigne, est une demi-mondaine née en 1848 et morte le 29 juillet[réf. nécessaire] 1910. Son corps repose à Ville-d'Avray.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Paris et fille d'une lingère normande qui exerçait le métier de la galanterie, elle se prostitua très jeune et débuta sur scène dans le rôle d'Hébé dans Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach. Un critique la jugea alors aussi rousse et timide qu'une vierge du Titien. Mais elle ne tarda pas à se lancer dans la courtisanerie de haut vol. Elle prit d'abord pour amant le prince Lubomirski, puis le prince de Sagan qui se ruina en finançant le magnifique hôtel particulier construit par Jules Février de 1873 à 1876 au 98, boulevard Malesherbes, à l'angle de la rue de la Terrasse.

En 1876, Valtesse publie chez Dentu, son roman autobiographique, Isola signé Ego par fidélité à sa devise.

La chambre de Valtesse, en particulier son lit, inspira Émile Zola pour décrire la chambre de Nana. Voici comment Zola décrit le lit : « Un lit comme s'il n'en existait pas, un trône, un autel où Paris viendrait admirer sa nudité souveraine (...) Au chevet, une bande d'amours parmi les fleurs se pencherait avec des rires, guettant les voluptés dans l'ombre des rideaux. »

Henri Gervex la prit pour modèle pour l'épouse dans son tableau Le Mariage civil, qui décore la salle des mariages de la mairie du XIXe arrondissement de Paris. Elle aurait également inspiré l'héroïne du roman d'Hugues Rebell, La Nichina. Elle fut aussi le personnage d'Altesse du roman Idylle saphique de son amie Liane de Pougy.

Elle fut l'amie, et parfois davantage, d'Édouard Manet, Henri Gervex, Édouard Detaille, Gustave Courbet, Eugène Boudin, Alphonse de Neuville, ce qui lui valut le surnom de « l'Union des Peintres ».

Elle amassa une vaste collection d'art, dont elle ne donna au musée des arts décoratifs de Paris que son remarquable lit de parade en bronze créé en 1877 par Édouard Lièvre et toujours visible au musée depuis 1911.

Portraits[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]