Corylus avellana

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Le Noisetier ou Coudrier (Corylus avellana) est un arbrisseau de 3 à 8 mètres de hauteur et appartenant à la famille des Bétulacées[1].

C'est une plante des bois, des haies et des jardins qui donne un fruit comestible apprécié, la noisette. Il a un bois souple. Il est parfois appelé Avelinier.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Corylus vient de Corolus, nom latin du noisetier qui dériverait du grec Korus, « casque », en référence à la forme des cupules membraneuses et frangées qui entourent la noisette.

Avellana se rapporterait à la ville italienne d'Avella, dans la province d'Avellino, dont les noisettes étaient réputées[2], à moins qu'il ne dérive du gaulois Aballo, « pomme »[3]. Une « aveline » est une grosse noisette presque ronde[4] et « avelinier » le nom ancien de cette sorte de noisetier[5].

Description[modifier | modifier le code]

Inflorescences du noisetier (chatons)
Noisettes
Port d'un noisetier cultivé. Débourrement à la fin du mois d'avril

L'arbrisseau forme une touffe de 10 à 12 branches pouvant atteindre 3 à 4 m de haut, multigaule (composé de plusieurs troncs fins).

Son écorce est marron et peut se détacher en fines lamelles selon les variétés.

Ses feuilles cordiformes caduques sont dentées avec un sommet en pointe. Les fleurs mâles, jaunâtres, forment des épis pendants ou chatons de 6 cm, et les fleurs femelles, très condensées, forment des épis dressés.

La noisette est un akène doté d’un péricarpe ligneux appelé « écale » et renfermant une seule graine (l'amande) qui occupe toute la cavité interne du péricarpe. Ce fruit à coque, de forme plus ou moins ovoïde, peut atteindre 3 cm de long et 2 de diamètre; il est protégé avant maturité complète par une enveloppe de forme tubulaire, l’involucre (bractée), d’aspect foliacé et divisée en lobes irréguliers à son extrémité, elle est plus ou moins enveloppante selon les variétés.

Trois noisettes jeunes dans leurs involucres
Noisette mûre dans son involucre

Biologie[modifier | modifier le code]

Le noisetier fleurit de janvier à mars (selon les variétés et les régions). Il est autostérile ce qui nécessite une fécondation croisée.

Les noisettes sont généralement groupées en petites grappes appelées « trochets » formées de deux ou trois fruits. Peu avant la maturité du fruit, l’involucre s’assèche et s’ouvre à une extrémité, exposant le péricarpe à l’air où il va durcir et se colorer, pendant que la graine se concentre en sucres, en huile et en minéraux. Cette maturation a lieu en automne, et la cueillette peut avoir lieu entre la fin du mois d’août et en septembre, lorsque les trochets se détachent facilement des branches.

Les fruits sont sensibles au balanin des noisettes et aux pucerons (puceron jaune du noisetier et puceron vert du noisetier).

Habitat[modifier | modifier le code]

Le noisetier est très rustique et commun dans toute la France sauf au littoral méditerranéen. On le rencontre le plus souvent en lisière des bois, dans les taillis et les haies. Sur les terrains carbonatés et acides. Espèce de plaine, collines et montagnes jusqu'à 1 700 mètres d'altitude.

Il est cultivé en Europe (notamment : Espagne, Italie, Portugal, Grèce et France) pour ses noisettes, le premier producteur et exportateur mondial est la Turquie.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Le noisetier se multiplie par marcottage ou drageonnage, ou bouturage, il est en pleine production à partir de l'âge de 8-12 ans et peut vivre jusqu'à 60 ans.

En Europe, les écureuils sont un élément important dans la reproduction du noisetier. Ils enterrent les noisettes loin de l'arbre, afin de se faire des réserves alimentaires, mais semblent oublier fréquemment l'emplacement de ces réserves.

L'autostérilité de cette espèce est due à un phénomène de protandrie. Lors de la culture domestique du noisetier, il est donc conseillé de planter différentes variétés de noisetiers, à des distances réduites, afin de multiplier les chances de pollinisation, et ainsi multiplier le nombre de noisettes.

Variétés cultivées[modifier | modifier le code]

On distingue de nombreuses variétés de noisetiers, d'après la taille et la forme du fruit, dont :

  • Corylus avellana
    • Bergeri ou « Louis Berger » ou « Noisette bergère », origine belge.
    • Blanche longue (synonymes : Aveline à pellicule blanche - Blanche de Lombardie - Franche blanche), origine des régions méditerranéennes.
    • Butler, origine américaine.
    • Casina, origine américaine.
    • Corabel, sélection française.
    • Coxford (synonymes : Cosford - Prolifique à coque tendre), origine anglaise.
    • Daviana ou Davidiana, floraison précoce
    • Ennis, origine américaine.
    • Fertile de Coutard (synonymes : Aveline d’Alger - Aveline de Provence - Barcelona - Commun à fruits striés - Grosse romaine - Pellicules blanches - Rouge ronde - White Filbert) origine française.
    • Gunslebert (synonymes : Gunslegen - Gunslegener - Zellernuss), floraison précoce.
    • Hall's giant, origine américaine.
    • Impératrice Eugénie, floraison tardive.
    • Impériale de Trébizonde (synonymes : Fondouk de Trébizonde - Kargalak), origine turque.
    • Jemtegaard, variété pollinisatrice.
    • Longue d'Espagne .
    • Merveille de Bolwiller (synonymes : Géante des halles - Hallesche Riensen), origine de la variété Alsace, floraison tardive.
    • Negret (synonymes : Alforga - La Maso - La Selva - Montroig - Pobla de Mafumet), origine espagnole, floraison précoce.
    • Noisetier tortueux ou noisetier tortillard, Corylus avellana contorta avec ses rameaux tortueux et enchevêtrés (1,5 à 2,5 m).
    • Nottingham.
    • Pauetet ou Pawetet, sélection française, résistant.
    • Ronde du Piémont (synonymes : Aveline de Piémont - Tonda gentile delle Langhe - Aveline du Piémont - Ronde gentille des Langhes - Gentile del Langhe), origine italienne.
    • Rouge longue Synonymes : Aveline à pellicule rouge - Rouge de Lombardie
    • Segorbe, vigoureux et rustique, du sud-ouest de la France.
    • Tonda di Giffoni, Floraison précoce, origine sud de l'Italie.
    • Tonda Romana, Floraison précoce, origine région du nord de Rome.

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

Coupe d'une tige de noisetier commun mettant en évidence les cernes et la structure du bois (vaisseaux et rayons ligneux).

Les racines du noisetier vivent en symbiose avec des champignons, notamment la truffe. Le chêne est parfois préféré au noisetier pour la culture des truffes.

Les branches souples du coudrier servent aux sourciers pour détecter la présence de l'eau.

Bois facile à tailler, flexible et résistant. Utilisé autrefois en vannerie, en tonnellerie, fabrication de cannes et traverses.

Avec son port buissonnant, il peut former de très belles haies utiles dans les vergers. En effet, ils ont l'avantage de servir d'excellents remparts contre le vent, de refuge aux petits animaux tout en leur fournissant une alimentation de qualité grâce à ses noisettes. Le noisetier, comme le sureau, est l'hôte d’un puceron spécifique. Ces pucerons n’infestent pas les autres arbres fruitiers mais nourrissent une population diversifiée d’auxiliaires potentiellement actifs contre les parasites des vergers.

Il a des usages médicinaux (feuilles, chatons, écorce, fruits ou rameaux) pour des propriétés réputées être amaigrissantes, antihémorragiques, antisudorales, dépuratives, astringentes, fébrifuges, vaso-constrictrices. Il a donc été utilisé contre les fièvres, l'obésité, les varices, la phlébite, l'oedème, l'épistaxis, certains problèmes de peau et pour soigner les plaies.

Lépidoptères hôtes du noisetier[modifier | modifier le code]

Les chenilles des papillons de nuit (hétérocères) suivants se nourrissent des feuilles du noisetier :

Noisetier dans la forêt près de Kiev en hiver.

Symbole[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier républicain français, le 14e jour du mois de Pluviôse était officiellement dénommé jour de l'avelinier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sous-famille des Coryloïdées (certains auteurs classent le noisetier dans la famille des Corylacées)
  2. Aline Raynal-Roques, Agenda botanique 2010, Belin, 2009 (ISBN 978-2-7011-5361-2)
  3. Jean-Claude Rameau et al., Flore forestière française : guide écologique illustré, tome 2 : Montagnes, coéd. Paris, Institut pour le développement forestier : Direction de l'espace rural et de la forêt - Nancy, École nationale du génie rural des eaux et des forêts, 1993 (ISBN 2-904740-41-4), p. 509 (aperçu en ligne sur Google Livres)
  4. Article « Aveline » du TLFi sur le portail lexical du CNRTL
  5. Article « Avelinier » du TLFi

Liens externes[modifier | modifier le code]

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