Espèce pionnière

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Le premier stade pionnier est celui du biofilm bactérien et algual. Ici sur un sable fin acide et oligotrophe, mais dans une zone à demi entourée d'arbres. On distingue la croute qui protège déjà le sol de la pluie et de l'érosion éolienne. La couleur grise montre un début d'accumulation de matière organique
De nombreux lichens sont des pionniers sur milieux xériques. Leur association symbiotique algue-champignon leur permet d'y survivre, grâce aux nutriments trouvés dans l'air et sur le substrat, même sur des milieux hostilex pour les autres formes de vie
Sur substrat sableux, acide et très pauvre (oligotrophe), on distingue ici l'impact du broutage par les lapins et l'arrivée des ajoncs, légumineuses qui vont enrichir le sol en azote et permettre l'apparition de graminées puis d'arbres, si le manque d'eau ne les élimine pas régulièrement suite aux incendies
Sur le même sol que celui de la photo ci-dessus, un autre stade sub-pionnier se manifeste, avec le développement presque monospécifique de graminées (un ajonc est visible au centre), sur un sol sableux et acide importé
Ici, sur sol calcaire et caillouteux (bien que pollué par des métaux), c'est une colonie de nostoc qui prospère en protégeant le sol et y prépare la formation d'une couche superficielle de matière organique.
Le bouleau est des essences pionnières les plus efficace, ici sur lave et sol érodé
certaines espèces spécialisées interviennent aussi dans le début de la décomposition des cadavres animaux (dont colonies bactériennes et/ou fongiques, ici orangées, blanches ou grise). Dans ce cas il s'agit du cadavre naturellement momifié d'un rat empoisonné par un raticide (anticoagulant)

L'expression Espèces pionnières désigne dans le domaine de l'écologie, le premier type et stade de colonisation d'un néo-milieu (île volcanique émergeant de l'océan, mur ou objet construit, sol ou flanc de carrière, etc.) ou des milieux fraichement « perturbés » (éboulis, sol mis à nu par l'érosion, un glissement de terrain ou un incendie, par surpiétinement, trouée forestière due à un chablis botanique, etc.).

Stades pionniers et espèces[modifier | modifier le code]

Divers groupes d'espèces pionnières contribuent conjointement à la colonisation ou recolonisation d'un milieu.

Dans le domaine terrestre[modifier | modifier le code]

Sur les milieux émergés, et sur les milieux construits démuni de matière organique biodisponible, le processus de colonisation commence généralement et en principe de la manière suivante (de nombreuses variantes ou raccourcis existent selon le type de milieu, la présence d'oiseaux, de vents ou d'inondations susceptibles d'apporter des graines, etc. :

  • apparition primaire d'un biofilm bactérien et/ou algual (sur le néosubstrat, ou sur particules accumulées dans les creux). À ce stade sont essentiellement des organismes autotrophes, c'est-à-dire produisant leur propre matière organique à partir de sels minéraux puisés dans l'air, le substrat et l'eau, grâce à l'énergie solaire via la photosynthèse. Mais si le milieu était riche en matière organique (cadavre, bois mort, construction en bois..), ce sont alors des communautés d'organismes saprophytes ou saproxylophages qui constitueront le « stade pionnier » (bactéries et champignons et micro-invertébrés ou insectes xylophages..)
  • apparition de nostocs (colonies bactériennes)
  • apparition (primaire ou secondaire, selon le contexte) de lichens
  • apparition de mousses,
  • complexification des communautés vivantes, avec colonisation et/ou consommation de cette flore par des invertébrés microscopiques ou macroscopiques, avec nombre croissant d'espèces, dont micro-prédateurs..).
  • stade terminal amorçant une succession écologique conduisant à un stade théorique dit « climacique » et la production d'humus.

c'est la nécromasse laissée par les organismes pionniers après leur mort, ainsi que les excréments des animaux présent dans ces « écosystèmes pionniers », recyclés par les détritivores qui amorcent la production continue et croissante d'un substrat colonisable par des champignons plus complexes et les racines de plantes dites supérieures,

On accorde une grande importance aux plantes pionnières montagnardes, pour leur biodiversité, mais aussi pour leur valeur fixatrice des sols, qu'elles protègent de l'érosion, en limitant les avalanches, coulées de boues et autres glissements de terrain. Elles ont aussi une valeur utilitaire (nutritive pour les troupeaux, médicinale, foin, etc) [1], sur des roches siliceuses[2] ou autres.

Quelques lianes se comportent en pionnières (dans les grandes coupes rases forestières ou en lisière par exemple) ; en zone tempérée, c'est le cas de la clématite Clematis vitalba L.

Le processus de recolonisation ou colonisation d'un milieu par les espèces pionnières est un élément important de la résilience écologique des écosystèmes face aux aléas anthropiques ou naturels. Il inspire certaines techniques de génie écologique ou de sylviculture (Prosilva, Akira Miyawaki)

Autres milieux[modifier | modifier le code]

L'expression est moins utilisée pour les milieux sous-marins, mais la végétation pionnière peut-être littorale[3],

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Sites du réseau Natura 2000 Formations pionnières alpines du Caricion bicoloris-atrofuscae - 7240
  2. (fr) Sites du réseau Natura 2000 Roches siliceuses avec végétation pionnière du Sedo-Scleranthion ou du Sedo albi-Veronicion dillenii - 8230
  3. (fr) Sites du réseau Natura 2000 Végétations pionnières à Salicornia et autres espèces annuelles des zones boueuses et sableuses - 1310