Haie

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Une haie est une structure végétale linéaire associant arbustes et arbres généralement plantés et entretenus pour former une clôture. La faible épaisseur de la haie, inférieure à 4m, en fait un écosystème particulier, associant une face ombrée, un cœur stable et dense et une face ensoleillée. Les haies sont usuellement disposées en limites de parcelle pour assurer la séparation des propriétés ou la protection contre l'intrusion.

Haies dans le bocage anglais, North York Moors
Haie de saules incorporant des fascines en fagots pour stabiliser des terrains soumis au ruissellement, Pas-de-Calais, France

Dans le paysage rural de bocage, composé de pâtures encloses de haies, elles assurent diverses fonctions : frontière, rétention/infiltration des eaux de ruissellement, source de bois-énergie ou de construction, de baies et fruits… protection microclimatique contre les chaleurs excessives ou le vent avec les haies brise-vent (en). On leur reconnaît aujourd'hui aussi un rôle d'abri pour de nombreux auxiliaires de l'agriculture et de corridor biologique.

La haie végétale est moins répandue dans les régions aux sols pauvres et acides et/ou fortement soumises aux embruns et vents littoraux, là où toute végétation ligneuse élevée a du mal à se développer. Elle y est alors remplacée par des murets ou des haies murées.

  • La haie naturelle est constituée d'espèces et essences locales et variées, à la différence des plantations artificielles et uniformes de thuyas, de lauriers ou de troènes, plus sensibles aux maladies et aux sécheresses, et presque désertées par la faune.
  • La haie vive est une haie large et touffue où les arbres ne sont pas taillés (à la différence de la « haie basse »)
  • L'émondage est une des techniques traditionnelles d'entretien des haies. En taillant de manière répétée (tous les 7 ans par exemple) un arbre bas, il permettait d'entretenir de très vieux arbres têtards produisant des piquets[réf. nécessaire], des perches ou du fourrage. Avec l'élagage drastique et répété des troncs verticaux et hauts, il produisait (par exemple dans le bocage breton ou normand) de grands troncs solides qui servaient autrefois à faire des poutres.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot haie a pu désigner originellement autre chose qu'une rangée d'arbre, puisqu'on le trouve dans le sens de « lisière de forêt » sous la forme ancienne haye en toponymie (Cf. La Haye-Aubrée, etc.), voire par extension des massifs forestiers eux-mêmes. Cependant, le sens actuel est clairement attesté dans le Psautier de Cambridge au XIIe siècle : « clôture faite d'arbres d'arbustes servant à protéger un champ ou un jardin. »

Le terme haie est issu du germanique *hagja qui a déjà le même sens[1] reconstitué d'après le moyen néerlandais hegge, haie, clôture. On le trouve en latin médiéval sous la forme haja dès le IXe siècle. Le même étymon indoeuropéen *khag-, "entouré de" a donné le celtique *kagio- qu'on trouve sous les formes caïo, cagio, cagium en bas latin[2], à l'origine des termes quai (forme normano-picarde) et chai (forme du français central)[3],[4].

De nombreux toponymes forestiers utilisent ce terme, où il désigne bien la forêt.

En France, la plus célèbre est la forêt de Haye, qui couronne Nancy. Moins connue, la forêt de Front de Haye, où se déroulèrent des combats au cours du premier conflit mondial. Au nord d'Avesnes-sur-Helpe, une forêt linéaire formant un arc de cercle (autrefois un cercle complet, avec une extension vers l'est) est la Haie d'Avesnes. Toute la Thiérache était constellée de haies, dont certaines existent encore : la haie de Fourmies, qui est de forme massive et non linéaire (ce mot désigne donc bien une forêt); les haies de Cartignies, d’Aubenton et Rumigny, de Bohain et Beaurevois, d’Hargnies ou de Gommegnies. Une structure comparable a existé en Champagne, la Haie de Nangis. Ces forêts linéaires, selon certains auteurs, auraient eu un rôle défensif, à l'instar des « zassieka » (voir à ce sujet : ru:Засечная черта) qui protégeaient l'État de Moscou des attaques de cavalerie notamment entre les XVIe et XVIIIe siècles.

En France, dans la région du charolais, les haies qui délimitent les champs et prés sont appelées des « trasses », le terme de « bouchure » est également utilisé en Allier et en Saône-et-Loire.

Origine[modifier | modifier le code]

Les haies ont été plantées en Europe et en France dès l'antiquité : Jules César, dans la Guerre des Gaules, parle des haies défensives utilisées par les Nerviens. Au Moyen Âge, elles ont permis aux paysans d'avoir accès au bois, alors que les seigneurs détenaient l'accès à certaines forêts (Silva Forestis), notamment pour la chasse, et qui étaient interdites de défrichement. Les haies fournissaient le bois de chauffage, indispensable à la cuisine, ainsi qu'un complément appréciable d'alimentation grâce aux fruits et aux petits animaux qu'elles abritaient.

On les retrouve plus fréquemment à partir du XVIe et du XVIIe siècles, accompagnant un processus d'appropriation des sols par une bourgeoisie urbaine. On les utilisait alors pour clore son terrain et délimiter sa propriété mais également pour empêcher les autres paysans de venir faire paître leurs troupeaux. Des modes de taille et d'entretien comme le plessage renforçaient leur caractère infranchissable[5]. À cette époque, au gré du développement des villages, la mise en place de haies s’est progressivement intensifiée pour donner la tradition bocagère qui a façonné le paysage rural jusqu'à la révolution industrielle. En Bourbonnais, à l'époque contemporaine, certains baux de métayage stipulaient l'obligation de planter chaque année une certaine longueur de haie [6].

À la fin du XVIIIe siècle, l'Académie française[7] définit la haie comme une « clôture faite d'épines, de ronces, de sureau, &c. ou seulement de branchages entrelacés », en précisant qu'appelle « haie vive, une haie d'épines, ou d'autres plantes de même espèce qui ont pris racine ». En 1798, les académiciens ajoutent qu'on appelle « haie morte ou sèche, celle qui est faite d'épines ou d'autres bois morts entrelacés. »

État des lieux[modifier | modifier le code]

Le bocage et les haies sont un patrimoine semi-naturel en nette régression depuis le XIXe siècle, hormis les petites haies de clôtures de l'habitat périurbain.
Les remembrements ont causé la perte de dizaines de milliers de kilomètres de haies : 45 000 km de haies ont disparu de 1975 à 1987 en France selon l'IFEN, alors qu'environ 2 000 km ont été replantées dans les années 1990-2000. Au total, le bocage français a régressé de 2 millions de km. Emblématique de ce désintérêt, l'enseignement du bocage est facultatif dans les lycées agricoles.
Diverses aides existent pour la plantation de haies et parfois pour la restauration de véritables corridors boisés, dans le cadre de la trame verte promue par les régions ou le Grenelle de l'environnement[8].
Certains départements, comme le Pas-de-Calais ou l'Allier, se sont dotés de plans de gestion pluriannuels de leur patrimoine bocager. Premier département bocager d'Auvergne avec 16 000 km de haies, l'Allier, à travers son Conseil Général et avec le soutien de la Mission Haies d'Auvergne, s'est engagé dans une politique de préservation et de sensibilisation aux enjeux écologiques mais aussi économiques des haies. La fabrication de plaquettes forestières, pour le chauffage ou la litière des animaux, fait de ce département le premier utilisateur de plaquettes bocagères avec un coût à la tonne de 64€. Alternative à la paille, qui a atteint 100€ la tonne lors de la sécheresse de 2011, cette technique permet à la fois aux agriculteurs de gagner en autonomie et assure la préservation du bocage[6].

Avantages[modifier | modifier le code]

Exemple de bocage mêlant haies vives et basses, champs et prairies, d'un grand intérêt paysager et écologique.
Haies de type néobocage, protégeant des champs de l'érosion et du vent (Nord Dakota, 1997, USA). Pauvre en biodiversité parce que presque monospécifique, d'une même classe d'âge et soumise aux apports de pesticides, cette haie sera néanmoins une source importante de bois, et éventuellement de BRF, dans un système dit d'agro-sylviculture.
Ce néobocage est moins géométrique, mais monospécifique (une seule espèce) et reste très artificiel (Açores, Portugal)

La haie et le bocage, et notamment les réseaux de haies vives constituées d'espèces autochtones adaptées aux stations présentent de nombreux intérêts pour les cultures et plus généralement sur l’environnement. Les agriculteurs appréciaient autrefois leurs capacité à délimiter les parcelles, en fournissant du bois d'œuvre et de chauffage et des perches, tout en protégeant les cultures du vent (fonction brise-vent) et de l'érosion, en abritant le bétail et en servant de refuge à de nombreuses espèces utiles comme auxiliaires de l'agriculture.

Régulation climatique[modifier | modifier le code]

La haie joue un rôle de régulateur microclimatique : en été, elle offre de l’ombre, et son évapotranspiration augmente la sensation de fraîcheur et la formation plus durable de rosée. La nuit et en hiver, elle offre une protection contre les vents froids.

Le potager, le jardin ou la maison sont protégés des coups de vents violents. La modération micro-climatique peut être de +/- 5 °C à l'abri d'une haie vive et suffisamment dense mais non étanche au vent. Derrière un « mur végétal » composé par exemple de conifères exotiques densément plantés (thuyas, cyprès…), le vent se heurte à l’obstacle et l’impression de froid peut augmenter à cause des turbulences plus importantes. Ces haies sont par ailleurs plus sensibles aux tempêtes. Du printemps à l'automne, en climat tempéré, la haie naturelle a un effet tampon, capte la chaleur pour la restituer progressivement

Régulation hydraulique et protection des sols[modifier | modifier le code]

S'opposant au ruissellement et favorisant l’infiltration de l’eau le long de ses racines, la haie contribue à améliorer l’alimentation des nappes phréatiques et à limiter à la fois les risques et effets des phénomènes de sécheresses/inondations. De plus, elle ralentit fortement l’érosion éolienne ou hydrique des sols. En effet, une haie de 1 m de haut protège du vent les 10 m de sol suivants.

Régulation des ravageurs agricoles, sylvicoles et des vergers[modifier | modifier le code]

Les haies et leur strate herbacée ont une fonction de conduction (Corridor biologique) pour plusieurs espèces dites "utiles", jouant notamment un rôle dans la régulation des populations de ravageurs[9],[10]. Les prédateurs insectivores forestiers peuvent grâce aux haies continues accéder à une partie du paysage agricole semi-ouvert et aux vergers où ils peuvent jouer un rôle d'auxiliaire de l'agriculture[11].

Par ailleurs, les haies composées d’arbres fourragers (frênes, robiniers, ormes, érables, mûriers) peuvent apporter, en plus du gîte, un complément appréciable pour l’alimentation des prédateurs s'attaquant aux ravageurs[12].

Contribution à la préservation et restauration de la biodiversité[modifier | modifier le code]

Dans le contexte actuel de forte réduction de la biodiversité, la haie contribue à préserver ce qui peut encore l’être, notamment grâce à ses fonctions de remaillage des écosystèmes soumis à une fragmentation croissante.

Les réseaux de haies vives forment des corridors écologiques permettant de relier des sites boisés ou systèmes de lisières ou clairières utiles ou nécessaires au déroulement des cycles biologiques de la faune : sites de nourrissage, de repos, d’hibernation, de reproduction, etc. La haie est aussi un corridor essentiel pour certains champignons forestiers et pour des plantes forestières (soit par le transfert de leurs fruits ou graines par des animaux circulant dans les haies, soit par un bon transfert de pollen de certaines espèces[13]), malgré le caractère « linéaire  » de la haie (par ex pour Trillium grandiflorum, étudié au Canada)

Les haies plantées en privilégiant les espèces locales et génétiquement diversifiées participent à la conservation de la diversité génétique.

En outre, la biodiversité nécessitant à la fois une intégrité écologique, une certaine hétérogénéité écopaysagère et une complexité des écosystèmes ; la haie différencie des zones plus ou moins abritées des intempéries, et des zones d'ombre et de soleil, plus sèches ou plus fraîches et humides, aux sols moins colmatés, etc. Elle offre à un grand nombre d’espèces le minimum de complexité écopaysagère nécessaire à leur survie.

Pour augmenter encore le potentiel écologique de la haie, on peut y introduire et/ou conserver des arbres sénescents, têtards et du bois mort afin d’offrir aux insectes xylophages la nourriture et l'habitat dont ils ont besoin et aux oiseaux et mammifères cavernicoles les abris et la nourriture qui leur sont vitaux. Selon le contexte, on pourra aussi utilement lui associer une bande enherbée, un fossé, un réseau de mares et/ou des talus

Protection visuelle et de l'intimité[modifier | modifier le code]

Une haie bien fournie peut être très efficace pour préserver une propriété du regard des voisins, ou de la vue d'une route ou d'un paysage peu intéressant.

Préservation du paysage bocager[modifier | modifier le code]

Le paysage bocager est de plus en plus menacé. Les haies représentent, au regard d’une politique productiviste, une surface agricole non exploitée. Il est donc fréquent qu’elles soient rasées sans autre forme de procès. En replantant les haies, et en tentant de recréer un réseau, on contribue efficacement au maintien de ce paysage traditionnel des campagnes.

Valorisation du paysage[modifier | modifier le code]

Une haie bien pensée confère au terrain un potentiel esthétique non négligeable. En plantant des arbres à fleurs ou à baies, on peut apprécier, à chaque saison, une nouvelle palette de couleur. De plus, certaines espèces sont particulièrement odorantes, le chèvrefeuille par exemple, donnera une touche agréablement parfumée à la haie.

Productions utiles à l’Homme[modifier | modifier le code]

Les haies apportent des fruits et des baies (noisettes, prunelles, mûres…), elles sont également source de plantes médicinales. Les produits de la taille offrent du bois de chauffage et les résidus peuvent être compostés.

Les haies « pièges à carbone »[modifier | modifier le code]

Les haies comportant des arbres (frêne, charme, chêne, saule, etc.) taillés en têtard constituent une source renouvelable de bois-énergie. Le chauffage au bois n’émet que 40 kg de CO2 par MWh de chaleur utile alors qu’un chauffage au gaz en émet 222 kg, au fioul 466 kg et à l’électricité 180 kg. De plus, le bois-énergie ne produit pas de soufre (Devuyst, 2010)[Passage problématique].

Conception d'une haie[modifier | modifier le code]

Grands types de haies[modifier | modifier le code]

On classe généralement les haies en cinq grandes familles :

  • La haie taillée
Haie taillée en Allemagne

La haie taillée sur les trois côtés est une association d'arbustes à feuilles caduques ou persistantes, adaptés à la taille sévère en « mur végétal ». Elle sert traditionnellement de clôture. Sa hauteur est généralement comprise entre 1 m et 1,5 m. Elle pourra toutefois être plus haute, pour accueillir plus d'animaux et offrir une meilleure protection.

  • La haie libre ou haie vive

La haie libre associe des arbustes à feuilles caduques ou persistantes. Elle est généralement composée de 4 à 8 espèces, choisies pour leur floraison, leur fructification ou leur feuillage automnal décoratif. La taille permet d’équilibrer les différents végétaux entre eux et de limiter un développement excessif.

Plantation d'une haie libre, Angleterre.
Haie libre en cours de régénération dans le Kent. Le charme, le noisetier, le houx, le sorbier et l'aubépine sont couramment utilisés
  • La haie composite brise-vent

La haie brise-vent est une haie haute de plus de trois mètres. Elle est efficace pour protéger les cultures en augmentant la productivité d'une parcelle dans les premiers mètres après la haie. Ces haies présentent de nombreux intérêts pour les cultures en abritant aussi des auxiliaires de l'agriculture[14]. La haie composite est constituée d'espèces de haut jet, de bourrage haut et de bourrage bas[15].

  • La bande arbustive

La bande arbustive est une haie d'au moins deux mètres de large composée d'arbres et d'arbustes en mélange. C'est en fait un petit bois allongé, idéal pour le fond des grands jardins. Sa hauteur varie de 6 à 20 mètres.

  • La haie fruitière

La haie fruitière[16] est une haie qui allie plusieurs avantages : brise-vent, délimitation, production fruitière. Sa hauteur avoisine 2 à 5 mètres.

À ces cinq types de haies, on peut ajouter d’autres arrangements végétaux comme les bandes boisées, les bosquets ou les allées boisées, qui se rapprochent plus du boisement que de la haie.

Haies de Benjes.

Hermann Benjes a décrit à la fin des années 1980 une technique originale, proche du plessage mais réalisée avec du bois mort. Les "haies de Benjes"[17] sont des haies constituées de branches de bois mort disposées à l'horizontal sur le sol. Elles servent d'abri et de réserves de nourriture aux oiseaux et autres animaux. Ceux-ci déposent leurs déjections sous ces monticules de bois donnant ainsi naissance en quelques années à une haie naturelle.

Le choix des essences[modifier | modifier le code]

Le choix des essences sera déterminé par un grand nombre de facteurs, parmi lesquels on peut citer la composition du sol, l’exposition du terrain, l’espace disponible, ou encore la forme, le style ou le but recherché. Un grand terrain permettra de planter la haie sur deux rangs en quinconce, pour offrir aux animaux plus d'espace. Il est important d'utiliser des espèces indigènes en mélange et de les alterner tous les trois ou quatre pieds. On peut mélanger les espèces à feuilles caduques, persistantes et celles au feuillage marcescent. En effet, les arbres persistants resteront verts toute l'année, alors que les arbres à feuilles caduques perdent leurs feuilles en hiver, mais prennent des teintes très variés en fonction des saisons. Les arbres à feuillage marcescent ont leurs feuilles qui flétrissent pendant l'hiver mais sans tomber.

Les tableaux ci-dessous donnent quelques exemples des espèces indigènes que l'on peut planter en France, et plus généralement en Europe occidentale. Pour les espèces indigènes au Canada, voir le site d'Evergreen

  • Haie taillée
Type de sol Type de milieu Caractéristique Commentaires
Aubépines
Crataegus laevigata
et Crataegus monogyna
Tous sol Montagne et plaine Caduc Baies rouges en automne-hiver
fleurs blanches
Bourdaine
Frangula alnus
Sol humide, acide Plaine Caduc Baies rouges toute l'année
fleurs jaunes
Buis
Buxus sempervirens
Sol sec, calcaire Montagne et plaine Persistant fleurs jaunes
Charme commun
Carpinus betulus
Tous sol Plaine Marcescent
Chèvrefeuille des bois
Lonicera periclymenum
Sol sec, humide Plaine Caduc Baies rouges en automne-hiver
fleurs blanches, grimpant
Cornouiller sanguin
Cornus sanguinea
Sol humide, calcaire Montagne et plaines Caduc Baies noires en automne-hiver
fleurs blanches
Cotinus
Cotinus coggygria
Sol sec, calcaire Plaine Caduc
Érable champêtre
Acer campestre
Sol sec, humide, calcaire Montagne et plaine Caduc
Fragon petit houx
Ruscus aculeatus
Tous sol Persistant Baies en automne-hiver
Genêt à balais
Cytius scoparius
Sol sec, acide Montagne et plaine Persistant fleurs jaunes
Houx vert
Ilex aquifolium
Sol sec, humide, acide Montagne et plaine Persistant Baies rouges en automne-hiver
Nerprun alaterne
Rhamnus alaternus
Sol sec, calcaire Plaine Persistant Baies noires en automne-hiver
Nerprun purgatif
Rhamnus cathartica
Sol sec, humide, calcaire Montagne et plaine Caduc Baies noires en automne-hiver
fleurs blanches
Noisetier ou Coudrier
Corylus avellana
Sol humide, calcaire Montagne et plaine Caduc Graines en automne-hiver
Prunellier
Prunus spinosa
Tous sol Montagne et plaine Caduc Baies noires en automne-hiver
fleurs blanches
Troène commun
Ligustrum vulgare
Tous sol Plaine Persistant fleurs blanches
  • Haie libre
Type de sol Type de milieu Caractéristique Commentaires
Amélanchier
Amelanchier ovalis
Sol sec, calcaire Montagne et plaine Caduc Baies rouges en été
fleurs blanches
Argousier
Hippophae rhamnoïdes
Sol sec, calcaire Plaine Caduc Baies orange toute l'année
Chèvrefeuille des haies
ou Camérisier à balais
Lonicera xylosteum
Sol sec, calcaire Montagne et plaine Caduc Baies rouges en été
fleurs blanches
Cerisier de Sainte Lucie
Prunus mahaleb
Sol sec, calcaire Plaine Caduc Baies noires en été
fleurs blanches
Cornouiller mâle
Cornus mas
Sol sec, calcaire Plaine Caduc Baies rouges en été
fleurs jaunes
Épine-vinette
Berberis vulgaris
Sol sec, calcaire Montagne et plaines Caduc Baies rouges en automne-hiver
Érable de Montpellier
Acer monspessulanum
Sol sec Plaine Caduc Graines en automne-hiver
Fusain d'Europe
Euonymus europaeus
Sol sec, calcaire Montagne et plaine Caduc Baies rouges en automne-hiver
fleurs blanches
Groseillier des Alpes
Ribes alpinum
Sol sec, humide Montagne Caduc Baies rouge en été
Néflier
Mespilus germanica
Sol sec Plaine Caduc Baies en automne-hiver
fleurs blanches
Poirier sauvage
Pyrus pyraster
Sol sec Montagne et plaine Caduc Baies en été
Pommier sauvage
Malus sylvestris
Sol humide Montagne et plaine Caduc Baies en automne-hiver
Sureau noir
Sambucus nigra
Sol humide, calcaire Montagne et plaine Caduc Baies noires en été
fleurs blanches
Les sureaux à grappes
Sambucus racemosa
Sol humide, acide Montagne Caduc Baies rouges en été
Viorne lantane
Viburnum lantana
Sol sec, calcaire Montagne et plaine Caduc Baies rouges en été
fleurs blanches
Viorne obier
Viburnum opulus
Tous sol Plaine Caduc Baies rouges en été
  • Haie brise-vent
Type de sol Type de milieu Caractéristique Commentaires
Alisier blanc ou Allouchier
Sorbus aria
Sol calcaire Plaine Caduc Baies rouges en automne-hiver
fleurs blanches
Aulne glutineux
Alnus glutinosa
Sol humide Plaine Caduc Graines en automne -hiver
Cerisier à grappes
Prunus padus
Sol humide Plaine Caduc Baies noires en été
fleurs blanches
Châtaignier
Castanea sativa
Sol sec, acide Plaine Caduc Graines en automne-hiver
Chêne pubescent
Quercus pubescens
Montagne et plaine Marcescent Graines en automne-hiver
Érable champêtre
Acer campestre
Sol sec, humide, calcaire Montagne et plaines Caduc
Frêne commun
Fraxinus excelsior
Sol humide, calcaire Montagne et plaine Caduc Graine en automne-hiver
Hêtre
Fagus silvatica
Sol humide, calcaire, acide Montagne Marcescent Graines en automne-hiver
Mélèze d'Europe
Larix decidua
Sol sec Montagne Caduc
Merisier
Prunus avium
Sol humide, calcaire, acide Caduc Baies rouges en été
Mûrier blanc
Morus alba
Sol calcaire Plaine Caduc Baies en été
Noyer commun
Juglans regia
Sol humide, calcaire Plaine Caduc Graines en automne-hiver
Orme champêtre
Ulmus minor
Sol humide Montagne et plaine Caduc
Sorbier des oiseleurs
Sorbus aucuparia
Sol sec Montagne Caduc Baies en automne-hiver
Tilleul à grandes feuilles
Tilia platyphyllos
Sol humide, calcaire Plaine Caduc
Résineux persistant
Persistant

Pourquoi planter des espèces indigènes[modifier | modifier le code]

Une espèce indigène est une espèce qui croît naturellement dans une zone donnée de la répartition globale de l'espèce et dont le matériel génétique s'est adapté à cet endroit en particulier Une espèce indigène est donc particulièrement adaptée au climat, à la faune et à la flore qui l’entoure. Planter une espèce indigène permet de maintenir les équilibres écosystémiques de la région.

  • Une espèce indigène est adaptée aux conditions du milieu, au type de sol, etc. Elle n’aura donc pas besoin de soin spécifique, l’arrosage, les engrais ou les pesticides ne seront pas nécessaires.
  • Une espèce indigène a évolué en même temps que la faune du milieu. La flore indigène répond donc parfaitement aux besoin de la faune, en termes de nourriture, d’habitats, etc.
  • Les espèces locales ont de plus en plus tendance à disparaître. On les remplace fréquemment par des espèces exotiques plus colorées, mais bien souvent parfaitement inadaptées au milieu. Cultiver des espèces indigènes permet de maintenir un réservoir génétique de semences locales.
  • En plantant les espèces locales, on favorise la mise en place de corridors écologiques et on contribue à rétablir les interconnexions entre les différents milieux.

À titre indicatif, le tableau suivant nous renseigne sur la richesse comparée des communautés d'Invertébrés abrités par des espèces végétales indigènes et exotiques en Europe occidentale.

Espèces Indigènes Nombre d'espèces d'insectes associés
Saule (5 espèces) 358
Chêne 353
Bouleau
(2 espèces)
281
Aubépine 179
Peuplier
(4 espèces)
143
Prunellier 131
Pin 131
Pommier sauvage 118
Aulne 115
Orme 103
Noisetier 89
Hêtre 81
Frêne 54
Tilleul 44
Sorbier des oiseleurs 43
Charme 39
Érable champêtre 38
Genévrier 32
Frêne des montagnes 28
Houx 8
If 3
Moyenne 113
Espèces exotiques Nombre d'espèces d'insectes associés
Épicéa 53
Érable sycomore 29
Mélèze 27
Châtaignier 8
Marronnier d'Inde 6
Marronnier 4
Chêne vert 3
Acacia 1
Platane 0
Moyenne 14

Préparation de la plantation[modifier | modifier le code]

Règlementation[modifier | modifier le code]

En Europe, dans le cadre de l'écoéligibilité de la nouvelle Politique agricole commune (PAC), les bandes enherbées et quelques autres éléments paysagers semi-naturels d'intérêt agroécologique et écologique sont éligibles au dispositif des « surfaces équivalentes topographiques ».

Article détaillé : surface équivalente topographique.

En France, de nombreux textes règlementent la plantation des haies. Ces textes règlementent notamment la distances des plantations (Code civil art. 671/1), l’entretien et la responsabilité du propriétaire (Code civil art. 673), les haies mitoyennes (Code civil art. 666 à 670 et art. 1322) ou l’entretien des haies mitoyennes (Code civil art. 667). Des informations légales sont disponibles sur le site Legifrance, ou auprès des services technique des mairie et des Directions de l'Agriculture.

Cette règlementation se borne cependant aux haies urbaines. Contrairement aux forêts, il n'existe aucune règlementation en matière d'arrachage ou de plantation des haies bocagères qui dépendent de la volonté individuelle de propriétaires fonciers[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Boutefeu Emmanuel, Rotheval Jean-Pierre, Centre d'études sur les réseaux, l'urbanisme et les constructions publiques (France), Composer avec la nature en ville, France, Documents officiels, 2001, 375 p., (ISBN 2-11-090866-1)
  • Cogneaux Christian, Gambier Bernard, Plantes des haies champêtres, éd Rouergue, (ISBN 978 2 8126 0033 3) (Prix Redouté 2010)
  • Conseil général de l'Isère - Service Environnement, Planter des haies champêtres en Isère, 2004, 27 p.
  • Debras J-F., Rôles fonctionnels des haies dans la régulation des ravageurs : le cas du psylle Cacopsylla pyri L. dans les vergers du sud-est de la France - Thèse de doctorat - Université d'Avignon - 2007.
  • Devuyst, P., La forêt, l’or vert des hommes ? Athéna, 265 : 30-33, 2010.
  • Dubois J.-J., « Les haies forestières de l’Avesnois Thiérache : un exemple de « forêt-frontière » ? », Hommes et Terres du Nord, 1983-4, p. 6-15, Lille, Institut de géographie, Faculté des lettres de Lille, 1983.
  • Higounet C., « Les grandes haies forestières de l’Europe médiévale », Revue du Nord, tome LXII, no 244, janvier – mars 1980, p. 213- 220, Lille, Université de Lille III, Faculté de Sciences Humaines, 1980.
  • Hüffel G., « La Haye, étude de sémantique, de géographie et d’histoire forestière », Revue des Eaux et Forêts, p. 757-769 et 848-860, Nancy, Breger-Levrault Éditeurs, 1933.
  • IDF, État des lieux 1996 Haies et talus de Bretagne, Paris, IDF, 1995.
  • Jalmain M.-D., « La haie de Nangis », dans les Actes du Colloque « Frontières en Gaule », Caesarodunum, Bulletin de l’Institut d’études latines et du centre de recherche A. Piganiol, n° XVI, p. 223-225, Tours, 1981.
  • Jalmain M.-D., « La haie de Nangis et l’étude de défrichements par photo aérienne », dans les Actes du Colloque « Le bois dans la Gaule romaine et les provinces voisines », Caesarodunum, Bulletin de l’Institut d’études latines et du centre de recherche A. Piganiol, n° XXI, p. 240-247, Paris, Errance, 1985.
  • Liagre F., Les Haies rurales : Rôles, création, entretien, éd. France Agricole, 2006
  • Noblet Jean-François, La nature sous son toit, hommes et bêtes : comment cohabiter, 2e éd., Luçon, Delachaux et Niestlé, 176 p., (ISBN 2-603-01324-6)
  • Soltner D., Planter des haies ; 2000 (ISBN 2907710079)
  • Soltner D., Bandes enherbées et autres dispositifs bocagers, 2001, Ed : Sciences et techniques agricoles, Collection Sciences et techniques agricoles, 23 pages ; (ISBN 2-907710-21-4).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat, J. Dubois et H. Mitterand, Nouveau dictionnaire étymologique et historique, Larousse 1971.
  2. HÜFFEL, 1933
  3. Pierre-Yves Lambert, la langue gauloise, éditions errance 1994.
  4. Étymologie sans rapport avec cage, issu du latin cavea, dérivé de cavus qui a donné cave.
  5. Issu des techniques de haies défensives gauloise. Cf La guerre des Gaule
  6. a, b et c Reflets d'Allier, octobre 2012, p. 10-16
  7. Dictionnaire de l'Académie française, 4e édition (1762)
  8. ex : Appel à projet en 2008 de « création de corridors biologiques boisés » lancé par la région et la DIREN du Nord-Pas-de-Calais, destiné aux PNR, aux agglomérations, communautés de communes, pays et communes « engagés dans une stratégie de préservation et de restauration de la biodiversité » (appel clos le 30 septembre 2008).
  9. Jean-François DEBRAS Rôles fonctionnels des haies dans la régulation des ravageurs : le cas du psylle Cacopsylla pyri L. dans les vergers du sud-est de la France, Thèse en Sciences de la vie soutenue le 25 septembre 2007, Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse
  10. Armand, E. (1985). Étude du cortège de parasitoides du psylle du poirier Psylla pyri (L.) (Homoptera: Psyllidae) au cours de la période hivernale, printanière et estivale. Mémoire de DEA. Avignon (FR), Avignon
  11. Blommers, L. H. (1994). Integrated pest management in European apple orchards ; Annual Review of Entomology 39: 213-224
  12. La pullulation des campagnols : conséquence collatérale d’une trop forte spécialisation de l’élevage à l’herbe ?
  13. Schmucki R., De Blois S. [2009]. « Pollination and reproduction of a self incompatible forest herb in hedgerow corridors and forest patches ». Oecologia 160(4) : 721-733 (13 p., 3 fig., 5 tab., 89 réf.).
  14. Marjolaine Bernier Leduc, Évaluation de la faune aviaire des haies brise-vent intégrant des arbustes porteurs de produits forestiers non ligneux. , Mémoire présenté de l'Université Laval (programme de maîtrise en agroforesterie, Faculté de foresterie et de géomatique, 2007), 108 pages (Télécharger)
  15. Les haies composites
  16. Exemple d'application : la haie fruitière "à la diable" :
  17. Source : Wikipedia allemande.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]