Histoire de Maurice

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Carte hollandaise d'une côte de l'île Maurice.
Le pique-nique des Hollandais aux premières heures de l'histoire humaine de Maurice.

L'histoire de Maurice est l'histoire d'un ensemble de petites îles du Sud-Ouest de l'océan Indien aujourd'hui regroupées au sein de la République de Maurice.

Période portugaise[modifier | modifier le code]

En 1494 le traité de Tordesillas va laisser le champ libre aux portugais en Afrique et dans l’océan Indien. Les Portugais vont détourner à leur profit le commerce des épices, de l’or, de l’ivoire et des esclaves. Cela va porter un coup dur au commerce arabe et accélérer la décadence des États musulmans de la Méditerranée. Les portugais ne veulent plus dépendre des arabes pour s’approvisionner en produits exotiques.

Dès 1500 ils entreprennent la conquête de tous les comptoirs arabes de la côte africaine de l’océan Indien. Une prise de contrôle qui se fera par la force.

Ainsi dès le début du XVIe siècle les Portugais prennent pied aux Mascareignes. Les historiens divergent sur le nom du découvreur et la date de l’évènement :

– Diogo Dias en 1500 ;
– Domingos Fernandez en 1511 ;
– Pero Mascahenras en 1512 ?

L’île de la Réunion sera nommée “Santa Apollonia”, l’île Maurice “Cirné” (sens) et Rodrigues porte le nom de son découvreur Diogo Rodriguez.

Tout comme pour les arabes l’île Maurice ne semble pas beaucoup intéresser les portugais qui s’en serviront uniquement pour y faire escale. Ils ne laissèrent trace de leur passage qu’à travers les noms qu’ils donnèrent à l’archipel et aux îles.


Période hollandaise[modifier | modifier le code]

C’est vers la fin du XVIe siècle que les marins hollandais commencent à sillonner l’océan Indien. Ils sont les premiers à reconnaître la grande valeur de l’île. D’une part grâce à sa position géostratégique sur la route de l’Inde depuis l’Afrique du Sud. D’autre part grâce à son climat favorable, sa faune et sa richesse en bois précieux. Ils y installent les premières colonies. C’est à partir de cette époque que l’intérêt qu’ont porté les nations de marins pour l’île Maurice a crû, à commencer par les Danois, les Français et les Anglais. Les Hollandais envisagent alors d’annexer l’île afin d’en conserver les richesses. En 1638, un gouverneur et une vingtaine de familles y vivent. Mais la population hollandaise sur Maurice va très peu augmenter au cours des années qui suivirent.

À la fin du XVIIe siècle, il se trouve sur l’île environ deux cents Hollandais et entre cinq cents et mille esclaves de Madagascar, d’Afrique, d'Inde et de Java. En 1710, les Hollandais abandonnent volontairement Maurice. L’abattage systématique des arbres a quasiment épuisé les ressources en bois précieux, les cyclones récurrents détruisent les plantations, les rats, les chèvres et les cochons qui ont été importés ont bouleversé l’équilibre naturel et engendré des ravages parmi les espèces autochtones. Dans le même temps, la nouvelle colonie installée par les Hollandais au Cap de Bonne-Espérance semblait promettre des perspectives de développement bien supérieures.

D’un point de vue linguistique, il ne reste du passage des Hollandais sur l’île que quelques toponymes : outre le nom de l’île lui-même, les districts des Plaines Wilhems et de Flaq ou le Pieter Both[1].

Période française[modifier | modifier le code]

Carte de la fin du XVIIIe siècle

Les Français s'installent pour la première fois dans l’océan Indien en 1643, sur la pointe sud de Madagascar, dans la garnison Fort-Dauphin. De là, des mutins sont envoyés à plusieurs reprises en exil à l’île Maurice où le nombre de Hollandais restait faible. À partir de 1663, on note les premières tentatives françaises d’habiter durablement l’île. Après quelques péripéties, deux Français et dix esclaves s’y installent. Au cours des décennies suivantes n’arrivent que des groupes isolés de colons sur Maurice, en provenance de Bretagne et de Madagascar.

En septembre 1715, la France, dont le commerce avec les Indes orientales est harcelé par la piraterie qui sévit dans la région, envoie un bateau de guerre stationner à Maurice et en prendre possession. Cela ne présente pas de difficultés particulières, les Hollandais ayant presque totalement quitté l’île en 1710. Le malouin Guillaume Dufresne d'Arsel est chargé de cette mission par le Secrétaire d'État à la Marine, Jérôme Phélypeaux de Pontchartrain, et prend possession de l'île au nom de Louis XIV le 20 septembre. Dès lors, Maurice est rebaptisé « l’Isle de France ». Il ne s’agissait pas pour la France de faire de l’île une colonie de peuplement mais de disposer d’une base arrière afin de sécuriser les transports commerciaux avec l’Inde. En 1721, l’administration de Maurice est confiée à la Compagnie française des Indes orientales qui prend possession de l’île dans le but de la coloniser et y installe quinze colons et un prêtre. Puis d’autres colons et esclaves sont envoyés depuis la Réunion, la France et Madagascar.

« La première langue qui parvint à Maurice fut donc le français, ou plus exactement des dialectes des régions côtières de la France […] Du contact entre les colons français et leurs esclaves naquit bientôt le parler créole, un créole à base lexicale française dont les premières attestations imprimées datent de 1749 et 1769. »[2].

Mais il faut attendre l’arrivée d’un nouveau gouverneur, le comte Mahé de La Bourdonnais, pour que la nouvelle colonie commence à prospérer. Son arrivée en 1735 marque le début de la période de suprématie française dans l’océan Indien. Il fait construire des fortifications et un port à l’emplacement de ce qui est aujourd’hui Port-Louis et y déplace son quartier général. Cinq navires de guerre, 1 200 marins et 500 soldats sont stationnés là. La Bourdonnais fait venir des musulmans depuis la péninsule indienne pour travailler dans le nouveau port. En quelques années, l’île sauvage devient une colonie rentable. De grandes plantations sucrières (canne à sucre) administrées par des colons venus de France et de l'île Bourbon, avec des demeures de style colonial, commencent à être exploitées. Des marins (surtout originaires de Bretagne et de Normandie) s'installent sur l'île et y font souche, les premiers entrepôts et magasins sont ouverts. Port-Louis s'étend.

La Bourdonnais participe de plus aux batailles maritimes contre les Anglais à la tête d’une flotte de 3 000 hommes. Le gouverneur général des Indes, à qui il fait de l’ombre, s’arrange pour le destituer. La Bourdonnais est rapatrié en France pour être jugé. Accusé d’avoir été corrompu par les Anglais, il finit par être réhabilité mais seulement après avoir passé de nombreuses années en prison.

Certains s'inquiètent d'une dégradation des ressources naturelles et en particulier des forêts de l'île, notamment autour de Port-Louis (ex : « le 1er juin 1826, un avis convoque les habitants nommés par circulaire du 9 mai, pour faire partie d'un comité chargé de prendre en considération l'état des eaux et forêts en cette colonie » rapporte en 1838 l'ingénieur Bouton, arpenteur du roi[3], qui précise que ce comité a en fait principalement travaillé sur l' « amélioration des canaux » ; qui se demande pourquoi malgré « des lois qui étaient même sur certains points d'une grande rigidité (...) comment se fait-il que les ruisseaux de l'Ile soient à sec pendant plusieurs mois de l'année, que les rivières aient baissé de plusieurs pieds au -dessous de leur niveau, et que les bois de construction soient si rares et à des prix tellement exorbitants qu'on se voit forcé d'en importer à grand frais de l'Inde, de la Nouvelle Hollande et de différentes îles de l'Archipel Indien ? » [3]), mais sur la base des structures mises en place par La Bourdonnais, la colonie continue de prospérer, protégée par vingt-deux bâtiments de guerre à Port-Louis.

La Guerre de Sept Ans et la défaite française face à l’Empire britannique marque la fin de la prospérité pour « l’Isle de France ». La Compagnie des Indes étant proche de la ruine, l’île repasse sous la dépendance directe du roi.

Montée en puissance de l’Empire britannique[modifier | modifier le code]

Avec le déclenchement de la guerre d'Amérique, la puissance de la flotte anglaise s’accroît considérablement et les Britanniques commencent à disputer la suprématie française dans l’océan Indien. Maurice compte à cette époque 48 000 habitants auxquels s’ajoutent 15 000 soldats que le roi de France envoie en renfort. Malgré des batailles victorieuses, les Français se retirent peu à peu sur leurs positions dans les Mascareignes car les possessions françaises en Inde ont été détruites les unes après les autres par les Anglais et sont désormais sans grande valeur. La région devient la base française la plus importante à l’est de Madagascar et Port-Louis joue un rôle équivalent à celui de ports comme Bombay ou Madras. Le nombre de bateaux qui font escale à Port-Louis ne cesse d’augmenter pour atteindre près de 350 bateaux en 1803. Le commerce est florissant : riz de Madagascar, esclaves de ports arabes, épices de Java et d’Inde etc. À cette époque ont lieu les premières tentatives d’extension des possessions coloniales vers Madagascar, les Comores et les Seychelles, avec plus ou moins de succès.

Au début du XIXe siècle, la France perd peu à peu sa suprématie dans l’océan Indien au profit de la marine britannique. C’est à cette époque que la France tente une réplique en armant des flottes de corsaires chargés de harceler les bateaux de commerce anglais et de s’emparer de leur précieuse marchandise. Bien que certains réalisèrent des exploits, comme Robert Surcouf, cela n’empêche pas l’Angleterre d’étendre sa domination.

Bataille des Français contre les Anglais à Grand Port

Après avoir mis en place un blocus sur l’ensemble des îles des Mascareignes, l’Angleterre rassemble toutes ses forces de l’océan Indien sur l’île Rodrigues, tombée peu auparavant. Les Anglais lancent l’offensive et débarquent avec 10 000 hommes au cap Malheureux. Après seulement quelques jours, le gouverneur capitule. Ni lui ni ses 4 000 hommes n’eurent à aller en prison et les Français résidant sur l’île furent autorisés à y rester. L’administration passa sous pouvoir anglais ; Port-Louis, qui avait été rebaptisé Port Napoléon, reprend son nom d’origine et l’Île-de-France redevient Maurice. Avec le traité de paix de 1815, la France recouvre sa souveraineté sur la Réunion, dont les Anglais s’étaient emparée, mais qui ne représentait à leurs yeux que peu d’intérêt stratégique et qui ne semblait pas pouvoir permettre aux Français de reconstituer leur position de force dans l’océan Indien. L’île Maurice, Rodrigues, les Seychelles et de nombreuses autres petites îles demeurent sous administration anglaise.

Sous cette administration, la culture de la canne à sucre, lancée par La Bourdonnais, s'étend et fait rapidement la richesse des planteurs d'origine française. Ceux-ci vont lutter de toute leur force contre les projets d’abolition de l'esclavage qui devient effective en 1833, après que la couronne britannique verse aux planteurs de substantiels dédommagements. Pour compenser le départ de bon nombre de leurs anciens esclaves, les planteurs font venir des Indes britanniques des coolies qui travaillent dans des conditions proches de celles des esclaves noirs. La population change radicalement de 1833 jusqu'à la fin du XIXe siècle, pour devenir majoritairement d'origine indienne. « Les Anglais […] ne témoignèrent que peu d’intérêt pour l’île Maurice, et très peu d’Anglais s’y établirent, de sorte que la langue anglaise ne fut jamais d’un emploi fréquent, sauf dans l’administration et dans l’enseignement. »[4]

Tandis que Maurice comptait 200 000 habitants en 1860, ils sont environ 500 000 en 1910. Au-delà de graves problèmes d’alimentation que cet accroissement engendre, un nombre considérable de coolies indiens meurt au cours du trajet et de nouvelles maladies sont importées sur l’île. Bien qu’on leur ait garanti qu’ils pourraient rentrer chez eux après la fin de leur contrat, seuls un quart d’entre eux environ regagne l’Inde. Les autres ne restent pas de leur plein gré mais sont retenus de force car l’économie florissante de l’île Maurice en dépend. Les recours en justice sont à cette époque exclusivement réservés aux blancs.

Une économie florissante[modifier | modifier le code]

Le champ de Mars de Port-Louis en 1880

L’ouverture du port aux bateaux non-anglais a pour effet d’augmenter considérablement l’activité portuaire et le commerce : exportation de sucre vers l’Inde d’où l'on importe du riz, commerce entre l’Europe et l’Australie. Port-Louis devient une plaque tournante essentielle dans l’océan Indien. Cette position est renforcée par deux éléments qui ont permis d’augmenter le volume des échanges commerciaux : l’apparition des bateaux à vapeur et l’ouverture du canal de Suez. Il est désormais possible de transporter des marchandises entre les continents de manières relativement rapide et sûre.

Cette période est aussi celle du développement des infrastructures de l’île. En 1865 sont inaugurées les deux premières lignes de chemin de fer. En 1869, Maurice est reliée par le télégraphe à l’Europe puis à l’Inde. Mais le développement économique de l’île ne s’accompagne pas des mesures sociales nécessaires et les inégalités augmentent. Des épidémies de choléra et de malaria font entre 1866 et 1868 au moins 50 000 victimes.

De plus, l’économie basée sur la monoculture de la canne à sucre reste très vulnérable aux maladies et aux catastrophes naturelles. La société se polarise entre les planteurs d’une part et la masse des travailleurs sans qualification et sans droit d’autre part. En 1871 est mise en place une commission composée d’envoyés de la couronne et chargée d’examiner les conflits entre les travailleurs, les planteurs et les fabricants de sucre. Beaucoup de planteurs sont condamnés et il en découle de nouvelles lois en faveur des travailleurs qui améliorent quelque peu la situation sociale. La mesure la plus importante consiste à mettre fin à l’émigration forcée depuis l’Inde. De ce fait, les planteurs perdent leur principal moyen de pression : la menace de remplacer les travailleurs qui les dérangent par d’autres travailleurs venus d’Inde.

La fin du XIXe siècle marque une période difficile pour Maurice, dont les exportations reculent et qui est frappée par des épidémies et des cyclones qui ont ravagé Port-Louis. La pauvreté s’accroît et beaucoup de gens émigrent vers Madagascar, l’Australie ou l’Afrique du Sud. Le nombre d’habitants retombe à 350 000 et Madagascar assure de plus en plus le rôle de plaque tournante dans l’océan Indien.

La compagnie havraise péninsulaire ouvre une ligne commerciale vers La Réunion et l'île Maurice en 1884 (départ tous les quinze jours à partir de 1886), mais elle n'est qu'en deuxième position derrière les Messageries maritimes[5] dont la ligne Marseille-île Maurice est directe dès 1887. La Première Guerre mondiale et son corollaire, la chute des échanges internationaux, accélèrent le déclin économique de Maurice.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Place d'Armes de Port-Louis en 1952

Avec la fin de la Première Guerre mondiale, la situation économique de Maurice s’améliore, le cours du sucre s'étant renchéri, et avec elle, la situation sociale. Le Parti travailliste mauricien est fondé et cherche à défendre les intérêts des travailleurs d’origine indienne et obtient leur représentation à l’assemblée. Au début du XXe siècle et jusque dans les années 1950, l'île est reliée par trois lignes maritimes commerciales: la plus importante étant celle des Messageries maritimes (avec notamment le Compiègne dans les années 1930) au départ de Marseille avec un départ toutes les deux semaines. Les escales principales sont à Naples, Port-Saïd, Suez, Djibouti, et ensuite soit vers Mombassa, Zanzibar, Nossi-Bé, Diego-Suarez, Tamatave (trente jours de voyage) ou soit vers Aden, Diego-Suarez, Sainte-Marie, Tamatave (vingt-cinq jours de voyage) avant de s'arrêter à La Réunion et à l'île Maurice. La deuxième ligne est celle de l'Union Castle Line qui part une fois par mois de Southampton pour rejoindre par l'Atlantique Madère, Tenerife, l'île de Sainte-Hélène, Le Cap, Durban, Port Elizabeth. D'autres vapeurs font ensuite la correspondance Afrique du Sud-île Maurice. La troisième ligne enfin, également de l'Union Castle Line, passe par l'est et le canal de Suez au départ de Southampton, Gibraltar ou Marseille, puis fait escale à Naples, Port-Saïd, Suez, Aden, Mombassa, Zanzibar, Port-Amélie, Beira et Durban. Les passagers prennent dans ces deux derniers ports une correspondance pour l'île Maurice. Les deux lignes de l'Union Castle Line sont plus onéreuses, plus longues et ne sont pas directes[6]. Le Pierre-Loti[7] est avec le La Bourdonnais, l'un des derniers paquebots des Messageries maritimes à relier Maurice et La Réunion à la France, jusqu'en 1970.

La Seconde Guerre mondiale met un nouveau coup d’arrêt à l’activité économique de l’île. De 1939 à 1942, les liaisons par bateau sont interrompues et Maurice est coupée du monde. En 1942, les Anglais construisent un aéroport pour des raisons militaires et dont les liaisons avec l’Europe et l’Asie changent durablement la vie sur l’île. Après la Seconde Guerre mondiale, le Colonial Office a radicalement changé sa politique et cherche désormais à instituer de manière systématique des administrations indépendantes dans les colonies. De plus, de fortes sommes ont été investies dans la lutte contre les pandémies et dans le développement des infrastructures. En 1965, la situation économique est stabilisée, la vie politique et une presse locale se sont développées ; le Colonial Office décide d’organiser l’indépendance de l’île.

Depuis l'indépendance[modifier | modifier le code]

À la suite d'un référendum et malgré le vote négatif des Rodriguais, l'indépendance devient effective le [8]. Le premier Premier ministre élu est Seewoosagur Ramgoolam, chef du parti travailliste.

Des partis politiques sont fondés pour représenter les différentes catégories de la population. En plus du Parti travailliste sont fondés le Comité d’Action Musulman, représentant la population musulmane, et le Parti Mauricien Social Démocrate (PMSD), représentant essentiellement les franco-mauriciens et les « créoles », c'est-à-dire les descendants des esclaves africains. En 1970, les victoires électorales du Mouvement Militant Mauricien (MMM), fondé par des étudiants en protestation contre la politique clientéliste des partis existants, conduisent les dirigeants à emprisonner les leaders et à contrôler la presse pour protéger leur pouvoir. Le MMM remporte la majorité des suffrages en 1976, mais une coalition entre le Parti travailliste et le PMSD les empêche de prendre le pouvoir. Ce sera chose faite en juin 1982 après que le MMM remporte 63 % des suffrages et l’ensemble des sièges à l’assemblée. Les objectifs de politique intérieure (nationalisation de l’économie) et extérieure (non-alignement) échouent à cause de conflits internes. Le premier Ministre fonde son propre parti, le Mouvement Socialiste Mauricien (MSM). De nouvelles élections sont organisées et le gouvernement est assumé par une coalition du MSM, du PMSD et du Parti travailliste.

En 1992, le parlement abolit la monarchie avec une grande majorité des voix. Maurice devient une république le [9]dotée d’un régime présidentiel mais reste membre du Commonwealth. À partir de 1995, la nouvelle coalition au pouvoir (Parti travailliste et MMM) mène une politique de libéralisation de l’économie dont les mesures phares sont la libéralisation du transport aérien, le droit pour chacun de posséder un passeport et la fin du contrôle des devises.

Plantation de canne à sucre en 1987

Après la mort du chanteur et icône des créoles (descendants d'Africains), Kaya, le , dans un poste de police et dans des circonstances suspectes, de violentes émeutes éclatent dans l'île. Elles entraînent très vite des représailles contre les cités ouvrières créoles dans les régions rurales à forte majorité hindoue.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • XIVe siècle : des voyageurs arabes abordent l'île vers le début du siècle. Sulhiman donne le nom de Tirakka à l'archipel des Mascareignes.
  • 1511 : découverte officielle de l'île par le Portugais Domingo Fernandez qui l'appelle Ilha do Cirne.
  • 1598 : des Hollandais débarquent à leur tour sur l'île, qu'ils baptisent Mauritius en l'honneur du prince Maurice de Nassau (Maurits August Filips van Nassau (Bruxelles, 1564 - Breda, 1566), fils aîné de Guillaume d'Orange). C'est l'amiral Van Warwyck qui aborde l'île déserte avec ses cinq navires.
  • 1615 : naufrage de deux navires de l'amiral Pieter Both qui meurt noyé.
  • 1638, 1658 et 1664 : tentatives de colonisation de l'île, mais les cyclones, les maladies et les rats ont raison des colons.
  • 1710 : départ des Hollandais. L'île n'a guère prospéré.
  • 1715 : les Français, commandés par le capitaine Guillaume Dufresne d'Arsel, font la traversée depuis l'île Bourbon (aujourd'hui La Réunion) voisine pour prendre possession de Maurice, qu'ils rebaptisent Isle de France.
  • 1722 : la colonisation de peuplement de l'île commence. Les premières années sont douloureuses, les cyclones font des ravages, la nourriture se périme très vite, des hommes meurent et des familles disparaissent.
  • 1735 : la nomination du comte de La Bourdonnais au poste de gouverneur marque l'essor de l'île. Cet homme de poigne fonde la capitale Port-Louis. Il améliore les installations portuaires, fait construire le premier moulin à sucre, édifie un hôpital, et les routes font de notables progrès. C'est lui aussi qui réintroduit la canne à sucre, y acclimate le manioc, et lance l’industrie avec le sucre, le coton, et l’indigo.
  • 1744 : Naufrage historique du navire Saint-Géran au large de l'Île-de-France, où périt mademoiselle Caillou de Précourt (qui inspire à Bernardin de Saint Pierre son récit Paul et Virginie, paru en 1788).
  • 1767 : Pierre Poivre, de la Compagnie Royale, et ancien membre de la Compagnie des Indes, ami de Labourdonnais, avait déjà séjourné dans l'île en 1746. Il y prend le 14 juillet 1767 ses fonctions de commissaire ordonnateur et intendant général, postes qu'il occupe six ans, jusqu'en 1773. Il introduit l'imprimerie. Il y acclimate les épices: girofle, muscade, poivre, cannelle, quatre-épices et y introduit ou réintroduit de nombreux arbres fruitiers : arbre à pain, letchi, manguier, badamier, mangoustanier, cacaoyer, longanier. Il fait de sa résidence de Mont-Plaisir un jardin luxuriant, qui deviendra le Jardin de Pamplemousses, l'un des plus grands et l'un des plus beaux jardins botaniques du monde.
  • 1789 : les colons se rallient à la Révolution, mais refusent en 1794 d'abolir l'esclavage dans l'île.
  • 1810 : en août a lieu l'unique victoire navale française des guerres napoléoniennes lors de la bataille de Grand Port. Néanmoins, les Britanniques prennent Maurice à la France le 3 décembre. Le traité de Paris (30 mai 1814) leur en concède officiellement la possession. Ils rebaptisent l'île Mauritius, mais laissent aux Franco-Mauriciens leur langue, leur religion, leur système juridique et leurs plantations. Les Britanniques privilégient la culture de la canne à sucre et laissent de côté le coton, l’indigo, le café, et les épices.
  • 1835 : fin de l'esclavage à Maurice. Des travailleurs venus de Chine et d'Inde commencent à remplacer les anciens esclaves dans les champs de canne. La canne à sucre devient la raison d'être de l'île.
  • 1864 : mort du père Jacques-Désiré Laval, apôtre de l'île Maurice.
  • 1867 : une épidémie de malaria tue la moitié de la population de Port-Louis.
  • 1901 : le mahatma Gandhi vient prôner les droits civiques dans la colonie britannique.
  • 1936 : création du Parti travailliste mauricien (Labour Party) qui se fixe la défense des travailleurs comme objectif. Opposé au PMSD (qui représente la population blanche et créole), il devient très puissant dans les années 1950 sous la houlette de Sir Seewoosagur Ramgoolam et commence à militer pour l'indépendance.
  • 1958 : instauration du suffrage universel.
  • 1967 : le Labour Party obtient la majorité à l'Assemblée, obligeant le Royaume-Uni à envisager l'indépendance de l'île.
  • 12 mars 1968 : l'île Maurice devient indépendante dans le cadre du Commonwealth. Sir Seewoosagur Ramgoolam est élu Premier ministre.
  • 1979 : béatification du père Jacques-Désiré Laval.
  • 1982 : Ramgoolam perd les élections au profit de Sir Anerood Jugnauth.
  • 1983 : cassure au sein du Mouvement Militant Mauricien. Anerood Jugnauth forme le Mouvement Socialiste Mauricien et gagne les législatives en s'alliant avec le Parti Travailiste et le Parti Mauricien Social Démocrate de Gaëtan Duval.
  • 1986 : plusieurs députés mauriciens sont impliqués dans une affaire de trafic de stupéfiants.
  • 1989 : visite officielle du pape Jean-Paul II qui se rend au tombeau du bienheureux Jacques-Désiré Laval.
  • 1990 : visite à l'île Maurice du président François Mitterrand.
  • 1992 : Maurice devient officiellement une république le 12 mars[9]. Elle est présidée par Sir Veerasamy Ringadoo jusqu'au 30 juin. Ensuite Cassam Uteem devient Président de la République.
  • 1995 : Navin Ramgoolam, fils de Sir Seewoosagur Ramgoolam, est élu Premier ministre.
  • 1997 : Cassam Uteem est réélu Président de la République.
  • 1999 : la mort dans un commissariat du chanteur créole de séga Kaya provoque des émeutes à Port-Louis. À l'origine, un probable sentiment d'exclusion de la communauté créole face au miracle économique.
  • 2000 : élection d'Anerood Jugnauth comme Premier Ministre.
  • 2002 : Karl Auguste Offmann devient Président de la République après la démission de Cassam Uteem à cause de conflits religieux.
  • 2003 : Paul Bérenger, d'origine franco-mauricienne, devient le quatrième Premier Ministre depuis l'indépendance et le premier non-hindou, à la suite de l'application de l'accord de Medpoint signé par le Mouvement Socialiste Mauricien d'Anerood Jugnauth et le Mouvement Militant Mauricien de Bérenger. En application de ce même accord, Anerood Jugnauth devient Président de la République.
  • juillet 2005 : Navin Ramgoolam est réélu au poste de Premier Ministre.
  • 2007 : Rama Sithanen envisage de démissionner de son poste de Vice-premier Ministre et Ministre des Finances. Il se maintient finalement, après un entretien avec le premier ministre.
  • 2012 : Kailash Purryag succède à Anerood Jugnauth au poste de Président de la République.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Peter Stein, Connaissance et emploi des langues à l’île Maurice, Helmut Buske Verlag, Hambourg, 1982, p. 74
  2. P. Stein, p. 74-75
  3. a et b Bouton, L. (1838). Sur le décroissement des forêts à Maurice (lien Google books).
  4. P. Stein, p. 79
  5. Claude Malon, Le Havre colonial de 1880 à 1960, publications des universités de Rouen et du Havre, 2006, p. 53
  6. (en) Allister Macmillan, Mauritius illustrated, 1914, p. 447
  7. Lancé en 1952
  8. « Mayotte est le nouveau DOM français », SaphirNews.com,‎ 31 mars 2009 (consulté le 7 avril 2009)
  9. a et b La République de l'île Maurice : dans le sillage de la délocalisation, par Rajendra Paratian, éditions L'Harmattan, Paris, 1994, 333 pages, page 11.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Muniśvaralāla Chintamunnee, Story of independence of Mauritius, Star Publications, New Delhi, 2003, 48 p. (ISBN 81-7650063-1)
  • (en) Vijayalakshmi Teelock, Mauritian History : from its beginnings to modern times, Mahatma Gandhi Institute, Maurice, 2001, 434 p. (ISBN 99903-3930-9)
  • (en) Moonindra Nath Varma, The making of Mauritius, Éd. Le Printemps, Vacoas (Maurice), 2008, 239 p. (ISBN 978-99903-8762-9)
  • (en) Megan Vaughan, Creating the Creole Island: Slavery in Eighteenth-Century Mauritius, Duke University Press, Durham, 2005, 341 p. (ISBN 0822333996)
  • (fr) Benjamin Moutou, La Rivière Noire, 400 ans d'histoire 1601-2001, B. Moutou, Baie du Tombeau, 2004 (2e éd. revue et augmentée), 285 p. (ISBN 99903-8202-6)
  • (fr) Sydney Selvon, L'histoire de Maurice : des origines à nos jours, Éd. M.D.S, Rose-Hill (Maurice), 2003, 583 p. (ISBN 99903-81-18-6)
  • (fr) Christian le Comte, L'Île Maurice des origines à nos jours (traduction Alain Blottière), Christian le Comte, Pereybere (Maurice), 2008, 79 p. (ISBN 978-99949-9050-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Webographie[modifier | modifier le code]