Alfred Vulpian

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Alfred Vulpian

Description de l'image  Alfred Vulpian.jpg.
Naissance 5 janvier 1826
Paris (France)
Décès 18 mai 1887 (à 61 ans)
Paris (France)
Domicile 24, rue Soufflot
Nationalité Drapeau de France Français
Champs physiologie, médecine
Institutions Faculté de médecine de Paris, Académie de médecine, Académie des sciences
Renommé pour caractérisation de la plaque motrice, contribution à la découverte de l'adrénaline, première description de la sclérose en plaque

Edmé Félix Alfred Vulpian (5 janvier 1826 à Paris - 18 mai 1887 à Paris) est un physiologiste et neurologue français, médecin des hôpitaux et professeur d'anatomie pathologique et de pathologie expérimentale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Vulpian est l'élève de Pierre Flourens. En 1856, il met en évidence une substance produite par l'extraits de glandes surrénales nommée plus tard adrénaline[1] (isolée en 1901 par Takamine Jōkichi et purifiée par Thomas Aldrich) et publie ses «Recherches expérimentales sur la physiologie et la pathologie des capsules surrénales» dans le Compte Rendu de l'Académie des sciences.

En 1859, il a le premier l'idée de cultiver des tissus animaux[2] ; il isole des fragments de queue de têtard et essaye de les cultiver dans l'eau. Bien qu'il obtienne la survie des cellules, elles ne se multiplient pas, et cette tentative n'apporte guère d'informations, si ce n'est de démontrer la capacité de survie des cellules en dehors de l'organisme.

En 1864, il remarque que les patients atteints d'un ictus apoplectique ont la tête et les yeux tournés du côté opposé à leur hémiplégie, c’est-à-dire du côté de leur lésion cérébrale : ce sera le sujet de la thèse de son élève Jean-Louis Prévost[3]. Ce signe classique est connu depuis lors sous le nom de loi de Prévost-Vulpian.

Avec son ami Charcot, il décrit la sclérose en plaques. Leurs travaux sur cette maladie sont publiés en 1868 dans la Gazette des Hôpitaux. « Appelé à prendre possession de la chaire de pathologie expérimentale et comparée, lorsqu'elle est devenue vacante par la suite de la démission de M. Brown-Séquard, j'ai choisi, pour sujet de mon premier cours (mars-juillet 1873), la physiologie et la pathologie de l'appareil nerveux vaso-moteur, » écrit Vulpian dans sa préface.

Toujours avec Charcot à la Salpêtrière, il se consacre à l'étude de la physiologie et de la pathologie du système nerveux. Il étudie la dégénérescence et la régénération du système nerveux ainsi que l'effet des drogues sur celui-ci. Il apporte un nouvel éclairage sur la neuropathologie. Élu membre de l'Académie des sciences en 1876, il ouvre de nombreux laboratoires.

En 1885 avec Jacques-Joseph Grancher (1843-1907), il réussit à convaincre Louis Pasteur de faire la première vaccination contre la rage sur le jeune Joseph Meister, qui a été mordu par un chien enragé.

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Essai sur l'origine de plusieurs paires des nerfs crâniens (3e, 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e et 10e), [Thèse pour le Doctorat de médecine de Paris, présentée et soutenue le 21 juillet 1853, n° 170], Rignoux (Paris), 1853,Texte intégral.
  • «Note sur quelques réactions propres à la substance des capsules surrénales», in: Comptes rendus de l'Académie des Sciences, Paris, 1856, 43: 663-665.
  • Des pneumonies secondaires, [Thèse de Doctorat présentée et soutenue à la Faculté de médecine le 22 février 1860], Adrien Delahaye (Paris), 1860.
  • Leçons sur la physiologie générale et comparée du système nerveux, faites en 1864 au Muséum d'histoire naturelle, [rédigées par M. le Dr Ernest Brémond, revues par le professeur Vulpian], Baillière (Paris), 1866, disponible sur Gallica.
  • Notice sur les travaux scientifiques de M. A. Vulpian, candidat à l'Académie de médecine (section d'anatomie et de physiologie)[réimpression avec quelques additions, de la notice imprimée en 1866, à l'occasion de ma candidature à la chaire d'anatomie pathologique de la Faculté], Impr. de E. Martinet (Paris), 1869, Texte intégral.
  • «Études sur l'appareil vaso-moteur», in: La Revue scientifique de la France et de l'étranger : revue des cours scientifiques, G. Baillière (Paris), 1871-1883, p. 132-186, disponible sur Gallica.
  • Notice sur les travaux scientifiques, Impr. de E. Martinet (Paris), 1872, Texte intégral.
  • «Moelle épinière. Physiologie», in: Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, deuxième série, L-P. Tome huitième, MIL-MOE / publ. sous la dir. A. Dechambre [puis de] L. Lereboullet ; L. Hahn secrétaire de la dir. [puis] directeur-adjoint, Masson (Paris), P. Asselin (Paris)[puis] Asselin et Houzeau (Paris), 1874-1889, p. 343-605,disponible sur Gallica.
  • Leçons sur l'appareil vaso-moteur (physiologie et pathologie) faites à la Faculté de Médecine de Paris en 1873, [rédigées par le Dr Henri Camille Carville], G. Baillière (Paris) [puis] G. Baillière et Cie (Paris), 1875:
  1. tome 1, disponible sur Gallica, Texte intégral en ligne
  2. tome 2, disponible sur Gallica.
  • Notice sur les travaux scientifiques de M. A. Vulpian. Martinet (Paris), 1876, Texte intégral.
  • Leçons sur la pathologie expérimentale de l'appareil digestif.
  • «Leçons sur l'action physiologique des poisons et médicaments, faites à la Faculté de médecine de Paris en 1875», in: Journal de l'École de Médecine.
  • Du Mode d'action du salicylate de soude dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu, O. Doin (Paris), 1881, disponible sur Gallica.
  • Leçons sur l'action physiologique des substances toxiques et médicamenteuses, Germer Baillière (Paris), 1882, Texte intégral en ligne.
  • Maladies du système nerveux : leçons professées à la Faculté de médecine. Maladies de la moëlle [recueillies et publiées par M. le Dr Paul Bourceret,revues par le professeur'], Doin (Paris), 1879 et 1886:
  1. tome 1, disponible sur Gallica.
  2. tome 2, disponible sur Gallica.
  • «Discours aux funérailles de M. Claude Bernard», in:Leçons sur les phénomènes de la vie, communs aux animaux et aux végétaux par Claude Bernard, [publié par A. Dastre], J.-B. Baillière et fils (Paris), 1885, p. VII-XXIV, disponible sur Gallica.

En collaboration:

Voir aussi:

  • «Un nouvel anesthésique: la cocaïne», d'après MM. Vulpian et Panas, in: Gazette médicale de l'Algérie , réd. A. Bertherand, [s.n.] (Alger), J.B.Baillière (Paris), 1884 (A29), p. 173-4, disponible sur Gallica.

Éponymie[modifier | modifier le code]

Titres, prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Agrégé de l'École de médecine.
  • Médecin à la Salpêtrière puis à la Pitié.
  • Académie de médecine, élu membre de la section d'anatomie et physiologie (1860).
  • Officier de la Légion d'honneur (1878).
  • Professeur de pathologie comparée et expérimentale (1875).
  • Doyen de la Faculté de médecine de Paris (1875-1881).
  • Société d'anthropologie de Paris (1883).
  • Académie des sciences, élu membre le 22 mai 1876 (section de médecine et chirurgie), secrétaire perpétuel (1886-1887).

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugène Lambling:Précis de biochimie, Masson et Cie (Paris), 1925, p. 512, disponible sur Gallica
  2. Didier Pol: "Ce fut Alfred Vulpian (1826-1887), médecin célèbre pour différents travaux cliniques, qui eut l'idée, le premier, de cultiver des tissus animaux. En 1859, il isole des fragments de queue de têtard et essaye de les cultiver dans l'eau. Bien qu'il obtienne la survie des cellules, elles ne se multiplient pas et cette tentative n'apporte guère d'informations si ce n'est de démontrer la capacité de survie des cellules en dehors de l'organisme"Texte intégral
  3. Jean-Louis Prévost, De la déviation conjuguée des yeux et de la rotation de la tête dans certains cas d'hémiplégie, Paris, 1868.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Statue de Vulpian par Paul Richer, J.Peronne et P.H.Richer Architectes., rue Antoine-Dubois à Paris.
  • Jean-Baptiste Rousseau (chirurgien en chef de l'hôpital d'Épernay, Dr): Examen de quelques-unes des opinions physiologiques de M. le professeur Vulpian, [s.n.], 1882, disponible sur Gallica.
  • Institut de France. Académie des Sciences. Funérailles de M. Vulpian le samedi 21 mai 1887 (discours de J. Bertrand, Charcot, Brown-Séquard ), Paris, 1887, Texte intégral et Discours de M. Alfred Lacroix, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, Texte intégral.
  • Georges Hayem : Le Professeur Vulpian, A. Colin (Paris), 1887.
  • «Le docteur Vulpian » [nécrologie], in: Le Monde illustré 60 (1887), p. 346-347, disponible sur Gallica.
  • «Centenaire de la naissance de Vulpian (1826-1887)», in: Revue neurologique, Masson (Paris), 1927, Texte intégral.
  • Jean Camus: «Vulpian. Chronique», in: Paris médical : la semaine du clinicien, 1913, 12, p. 733-747, Texte intégral.
  • Marc Chevillot: Le Phénomène de Philippeaux-Vulpian et la théorie de la commande nerveuse par médiateur chimique, étude expérimentale et critique, C. Vollot, 1933.
  • J.-G. Barbara: «L’essor des sciences du neurone au XXe siècle», in: Psychiatr. Sci. Hum. Neurosci. (2011) 9:104-111, 07/s11836-011-0163-1, Texte intégral.
  • (en) Julien Bogousslavsky, Olivier Walusinski, Thierry Moulin: « Alfred Vulpian and Jean-Martin Charcot in Each Other’s Shadow ? From Castor and Pollux at La Salpêtrière to Neurology Forever», in: Eur Neurol 2011;65:215–222, DOI: 10.1159/000325733, Texte intégral.
  • (en) Evan S. Dellon, A.Lee Dellon: «The first nerve graft, Vulpian, and the nineteenth century neural regeneration controversy», in: The Journal of Hand Surgery, Volume 18, Issue 2, March 1993, Pages 369–372.
  • (en) Cousin, Marie Thérèse: «Vulpian and Not Claude Bernard first Proposed the Hypothesis of the Motor End-Plate as the Site of Action of Curare», in: Anesthesiology, August 2002 - Volume 97 - Issue 2 - pp 527-528, Texte intégral

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]