Jean-Didier Vincent

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Jean-Didier Vincent, né le 7 juin 1935 à Castillon-la-Bataille[1], en Gironde, est un neuropsychiatre et neurobiologiste français. Il a été professeur de physiologie à la faculté de médecine de l'université Bordeaux II et de l'université Paris XI, et fut de 1991 à 2004 directeur de l'Institut de neurobiologie Alfred-Fessard du CNRS. Il est également membre depuis le 18 novembre 2003 de l'Académie des sciences et membre de l'Académie de médecine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Didier Vincent est élevé dans un collège protestant de Guyenne à Sainte-Foy-la-Grande[2] dont le maître le destine à des études de littérature à l'École normale supérieure. Ses parents, courtiers en vins et protestants, ayant des revers de fortune, sa mère l'incite à faire des études de médecine[2] à l'École du service de santé des armées de Bordeaux pensant que la blouse blanche lui irait bien et lui éviterait les mêmes déboires financiers[3]. Il devient major de Physique Chimie Biologie (ancienne filière universitaire préparatoire à la première année de médecine). Interne dans des services de clinique, il rencontre le neuropsychiatre Jacques Faure qui l'incite à faire des recherches dans ce domaine[3],[4].

Jean-Didier Vincent dirige un laboratoire d'explorations fonctionnelles du système nerveux de 1970 à 1993 au CHU de Bordeaux avant de prendre la direction de l'Institut Alfred-Fessart à Gif-sur-Yvette en 1992[2]. Il est également professeur de physiologie à la faculté de médecine de Bordeaux. Parallèlement, il effectue des recherches en neurobiologie aux États-Unis puis en France (CNRS, INSERM) et encadre plusieurs doctorants. Parmi eux, Lucy Vincent deviendra plusieurs années plus tard sa femme. Il vit le plus souvent sur les bords de Garonne où il compose année après année des livres sur les sujets les plus divers. Il pratique la marche nordique de façon assidue. Il a eu cinq enfants, de deux mariages.

Jean-Didier Vincent est président du Conseil national des programmes au ministère de l'Éducation nationale depuis 2002, membre du comité d'éthique des sciences du CNRS (COMETS) et du comité d'éthique et de précaution pour les applications de la recherche agronomique de l'INRA (COMEPRA). Membre du Directoire de la Fondation pour l'innovation politique jusqu'au 23 janvier 2009, il préside depuis octobre 2005 l'Association pour l'Université numérique francophone mondiale (UNFM).

Jean-Didier Vincent a écrit plusieurs ouvrages, dont le plus célèbre est La Biologie des passions ainsi que Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste qui a reçu le prix Femina essai 2010.

Propos[modifier | modifier le code]

Le 5 octobre 2012, au cours de l’émission « la Tête au carré », diffusée sur France Inter, était évoqué un nouveau test susceptible de diagnostiquer la trisomie 21 en tout début de grossesse. Jean-Didier Vincent a défendu ce diagnostic prénatal alléguant que « les trisomiques sont un poison dans une famille[5]. » Sur ce propos, qualifié de « violent » par l'animateur Mathieu Vidard, Jean-Didier Vincent est revenu dessus au cours de l'émission, en le retirant et en le qualifiant de « terme malheureux » sans toutefois s'excuser. Éléonore Laloux, jeune femme trisomique et porte-parole du collectif les Amis d'Eléonore, répond par une vidéo[6] au biologiste en 2013, puis à nouveau, en mars 2014, dans un livre autobiographique : Triso et alors ! co-écrit avec le journaliste Yann Barte.

Auparavant, au cours de la même émission qui traitait des essais OGM en agriculture, Jean-Didier Vincent a défendu la firme Monsanto et a notamment tenu les propos suivants : « il faut utiliser les OGM », « ça a rendu de grands services à l'agriculture », « ça a permis d'augmenter la productivité[7]. »

Condamnation[modifier | modifier le code]

Le 12 février 2008, il déclare lors de l'émission télévisée Ce soir ou jamais au sujet de Jean-Marie Le Pen : « On le connaissait comme le loup blanc, c’était un salopard » ; et ajoute que : « il a commis probablement des crimes, mais je ne peux pas le dire sur les antennes ». Le 28 mai 2009 la Cour d'appel de Paris l'a jugé coupable d’injure (pour la première phrase) et de diffamation (pour la seconde), et l'a condamné à une amende de 1 500 euros avec sursis et à 4 000 euros de dommages et intérêts[8].

Apports scientifiques[modifier | modifier le code]

Jean-Didier Vincent a beaucoup contribué au développement de la neuroendocrinologie qui comprend l'étude des interactions entre hormones et système nerveux, le cerveau étant considéré également comme une glande endocrine.

Il a publié de nombreux ouvrages à thèse biologisante, Biologie des passions, La Chair et le diable[9].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Mirassou, « Le Professeur Jean-Didier Vincent et « Le cerveau amoureux » à l'Institut Culturel Bernard Magrez », Bordeaux Gazette,‎ 30 janvier 2014 (lire en ligne)
  2. a, b et c Chercher - Jours après jours, les aventuriers du savoir, éditions Autrement, 2000, (ISBN 9782746700550), p. 121-123.
  3. a et b Entretien avec Jean-Didier Vincent dans Le Tête-à-tête de Frédéric Taddeï sur France Culture le 22 janvier 2012.
  4. Interview de Jean Didier Vincent par Jacques Paugam sur Canal Académie, 27 février 2011
  5. Enregistrement audio de l'émission La Tête au Carré du 5 octobre 2012.
  6. Eléonore Laloux répond à Jean-Didier Vincent
  7. [1] dans La tête au carré animée par Mathieu Vidard sur France Inter le 5 octobre 2012.
  8. Libération, 28 mai 2009 « 5 500 euros pour avoir traité Le Pen de salopard »
  9. Sébastien Lemerle, « Les habits neufs du biologisme en France », Actes de la recherche en sciences sociale, no 176-177,‎ 2009, p. 75

Liens externes[modifier | modifier le code]

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