Abraham Gottlob Werner

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Abraham Gottlob Werner
Palais universitaire de Strasbourg

Abraham Gottlob Werner (25 septembre 1749 ou 1750[1][citation nécessaire]30 juin 1817), était un géologue et un minéralogiste allemand qui établit une théorie controversée sur la stratification de la formation de la Terre et créa le mot Neptunisme désormais obsolète.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit à Wehrau, une ville de Silésie prussienne, au sud-est de l'Allemagne. Werner fit son éducation à Freiberg et Leipzig, où il étudia le droit et la géologie minière, et fut ensuite nommé inspecteur et professeur des mines et de minéralogie à la petite mais influente École des mines de Freiberg en 1775. Durant sa carrière, Werner publia très peu, mais sa renommée de professeur se répandit à travers l'Europe, attirant des étudiants qui devinrent ses disciples virtuels, et propagèrent ses interprétations à travers leurs pays d'origine, comme Robert Jameson qui devint professeur à Édimbourg et Andrés Manuel del Río qui découvrit le vanadium. Conférencier au style Socratique, Werner développa une admiration pour les inférences et interrelations de la géologie chez ses étudiants qui offraient une audience enthousiaste et attentive. Malheureusement, Werner fut tourmenté toute sa vie par une santé fragile, et passa une existence tranquille dans les environs immédiats de Freiberg. Avide collectionneur de minéraux dans sa jeunesse, il abandonna le travail de terrain par la suite. Il n'existe aucune preuve qu'il ait jamais voyagé au-delà de la Saxe de toute sa vie d'adulte. Il mourut à Dresde de complications internes dont on dit qu'elles avaient été causées par sa consternation face aux infortunes qui survinrent à la Saxe durant les guerres napoléoniennes.

Théorie de Werner[modifier | modifier le code]

Werner appliqua la superposition dans une classification similaire à celle de Johann Gottlob Lehmann (en). Il croyait que la Terre pouvait être divisée en cinq formations :

  1. Séries Primitives (Urgebirge) - roche ignée intrusives et métasédiments de haut rang considérés comme étant les premiers précipités issus de l'océan avant l'émergence des terres.
  2. Séries de Transition (Ubergangsgebirge) - plus indurées, calcaires, dykes, sills, et séquences épaisses de grauwackes qui auraient été les premiers dépôts de l'océan. Ceux-ci constituant des formations "universelles" s'étendant sans interruption autour du monde.
  3. Séries Secondaires ou Stratifiées (Flotz) - le reste des roches clairement stratifiées et fossilifères et certaines roches "pièges" associées. On pensait qu'elles représentaient l'émergence de montagnes de sous l'océan et étaient formées par le dépôt sur leurs flancs des produits issus de l'érosion.
  4. Séries Alluviales ou Tertiaires (Aufgeschwemmte) - sables peu consolidés, graviers et argiles formés lors du retrait des continents par les océans.
  5. Séries Volcaniques - épanchements plus jeunes de laves dont on peut montrer l'évidente association avec les cheminées volcaniques. Werner croyait que ces roches reflétaient les effets locaux de couches de charbon en combustion.

Le concept de base de la géologie de Werner réside en la croyance en un océan englobant tout, puis graduellement régressant jusqu'à sa situation actuelle tout en précipitant et déposant virtuellement toutes les roches et minéraux de la croûte terrestre. La mise en relief de cet océan initialement universel donna naissance au terme Neptunisme qui s'appliqua au concept et devint virtuellement synonyme de l'enseignement de Werner, bien que le concept soit né en France avec Jean-Étienne Guettard. Un océan universel mena directement à l'idée de formations universelles, ce que croyait Werner pouvait être reconnu sur les bases de la pétrologie et les lois de la superposition. Il forgea le terme géognosie (connaissance de la Terre) pour définir une science basée sur la reconnaissance de l'ordre, de la position et des relations entre les couches formant la Terre. Werner croyait que la géognosie représentait des faits et non la théorie. Ils résistaient à la spéculation, et finalement la géognosie et le Neptunisme de Werner aboutirent à un dogme, cessant alors de contribuer à une plus grande compréhension de l'histoire de la Terre.

Critiques de la Théorie[modifier | modifier le code]

L'un des principaux points sur lequel le Neptunisme se concentra et provoqua une controverse quasi immédiate fut l'origine des basaltes. Les basaltes, en particulier sous forme de sills, se différentiaient des flux de lave de surface, et les deux n'étaient pas reconnus comme le même type de roches par Werner et ses étudiants à cette époque. Laves et volcans manifestement d'origine ignée étaient traités comme des phénomènes très récents et non reliés à l'océan universel qui forma les couches constituant la terre. Werner croyait que les volcans se produisaient seulement à proximité des couches de charbon. Les basaltes et wackes les recouvrant, brûlant et fondant, produisaient des basaltes et laves à des altitudes typiquement faibles. La présence de basaltes à plus haute altitude étaient une preuve, pour Werner, qu'ils étaient des précipités chimiques de l'océan.

Une seconde controverse entourant le Neptunisme concerna les problèmes volumétriques associés à l'océan universel. Comment pouvait-il rendre compte du recouvrement de la terre entière, puis de la contraction du volume de l'océan lors de l'émergence des montagnes primitives et transitoire, puis de la formation des dépôts secondaires et tertiaires ? Le déplacement d'un volume significatif d'eau vers l'intérieur de la terre a été proposé antérieurement par Strabon, mais ne fut pas adopté par Werner à cause de son association avec des hypothèses. Néanmoins, avec ses vues sur les basaltes, il ne cru manifestement pas que l'intérieur de la terre fusse fondu. Werner semble avoir escamoté en grande partie la question. Il pensait qu'une partie de l'eau pouvait avoir été perdue dans l'espace par le passage de quelque corps céleste. Toutefois cette interprétation amenait la question reliée de l'explication du retour des eaux que reflétaient les roches secondaires.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Werner était certainement le géologue le plus influent de la première partie de la Révolution industrielle. Ces aptitudes extraordinaires de conférencier attirèrent des étudiants de toute l'Europe, qui retournaient ensuite dans leurs pays d'origine et appliquaient ses enseignements et concepts. Ces applications fomentaient immédiatement le débat, particulièrement sur l'origine du basalte, et dont on fait communément référence comme la controverse Neptuniste-Plutoniste. Cette controverse fut le point focal d'une grande part de l'activité en géologie de la fin du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.

Il a eu comme élève Johann BREITHAUPT.

En Minéralogie[modifier | modifier le code]

Une variété de scapolite connue sous le nom de wernerite a été nommée en son honneur.

On lui doit la description de plusieurs espèces minérales dont :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Abraham Gottlob Werner. Gedenkschrift aus Anlaß der Wiederkehr seines Todestages nach 150 Jahren am 30. Juni 1967. Deutscher Verlag für Grundstoffindustrie, Leipzig 1967, (Freiberger Forschungshefte C 223).
  • Bergakademie Freiberg (Hrsg.): Internationales Symposium Abraham Gottlob Werner und seine Zeit: 19. bis 24. septembre 1999 in Freiberg (Sachsen). Tagungsband. Verlag der TU Bergakademie, Freiberg 1999.
  • Samuel Gottlob Frisch: Lebensbeschreibung A. G. Werners – nebst zwei Abhandlungen über Werners Verdienste um Oryktognosie und Geognosie. Brockhaus Verlag, Leipzig 1825, (Digitalisat, pdf 6.5 MB)
  • (de) Wilhelm von Gümbel: Werner, Abraham Gottlob, dans: Allgemeine Deutsche Biographie (ADB). volume 42, Duncker & Humblot, Leipzig 1897, p. 33-39
  • Martin Guntau: Abraham Gottlob Werner. Teubner-Verlag, Leipzig 1984, (Biographien hervorragender Naturwissenschaftler, Techniker und Mediziner 75, (ISSN 0232-3516)).
  • Dieter Slaby, Roland Ladwig: Abraham Gottlob Werner – seine Zeit und seine Bezüge zur Bergwirtschaft. Verlag der TU Bergakademie, Freiberg 1999, (Freiberger Arbeitspapiere 1999, 26, (ISSN 0949-9970)).
  • Modèle:Meyers Online
  • Johannes Uray, Chemische Theorie und mineralogische Klassifikationssysteme von der chemischen Revolution bis zur Mitte des 19. Jahrhunderts. In: Berhard Hubmann, Elmar Schübl, Johannes Seidl (Hgg.), Die Anfänge geologischer Forschung in Österreich. Beiträge zur Tagung „10 Jahre Arbeitsgruppe Geschichte der Erdwissenschaften Österreichs“ von 24. bis 26. April 2009 in Graz. Graz 2010, S 107-125.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les sources sont en désaccord.