Test (zoologie)

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Test d'oursin.

En zoologie, le test est une enveloppe minérale plus ou moins sphérique à base de calcaire ou de silice, chitineuse ou composite, qui a comme fonction de servir de protection à certains animaux globulaires, comme les oursins.


Description[modifier | modifier le code]

Le test est une structure squelettique : c'est une structure organique fortement minéralisée qui permet l'attachement et la protection des parties molles de l'animal.

Chez les oursins[modifier | modifier le code]

Test d'oursin-tortue (vue supérieure, inférieure et latérale).

Le test des oursins est composé de de carbonate de calcium renforcé par une armature en cristaux de calcite, dans une structure caractéristique appelée « stéréome ». Ces deux ingrédients donnent au corps des oursins une grande solidité et un poids modéré, ainsi que la capacité à se régénérer à partir de la cuticule. D'après une étude de 2012[1], les structures squelettiques des oursins seraient composées à 92% de « briques » de monocristaux de calcite (conférant solidité et dureté) et à 8% d'un « mortier » de chaux amorphe (permettant la souplesse et la légèreté). Cette chaux est elle-même constituée à 99,9% de carbonate de calcium, avec 0,1% seulement de protéines de structure, ce qui fait des oursins des animaux au squelette extrêmement minéralisé (ce qui explique au passage leur excellente fossilisation)[1].

Le test est généralement rond, globulaire et plus ou moins aplati (parfois complètement plat), et présente deux orifices principaux : la première est le péristome (large ouverture de la face aborale, où se présentait la bouche), qui présente souvent des dentelures, des encoches et des rivets qui constituent autant d'apomorphies utiles dans la classification des espèces. La seconde ouverture est l'« apex » (ou « calice »), situé chez les oursins réguliers au sommet du test (à l'opposé de la bouche), généralement plus petite et composée de plaques dont l'agencement est lui aussi un critère de classification des espèces fossiles ; il contient principalement la plaque madréporitique, les plaques génitales et au centre l'anus (appelé « périprocte »)[2]. La surface du test est composée de plaques hexagonales appelées « assules », soudées entre elles et plus ou moins perforées selon les familles : les principales perforations sont les lignes ambulacraires (par où sortent les podia et les pédicellaires), et les tubercules qui supportent les radioles peuvent également avoir leur mamelon perforé chez certains ordres[3].

Chez les foraminifères[modifier | modifier le code]

Le test est initialement composé de matière organique progressivement minéralisée, mais aussi parfois de particules exogènes agglomérées (notamment chez les espèces vivant dans le sédiment ou en profondeur). Celui-ci peut être de type agglutiné (agglomérat exogène), microgranuleux (à grains de calcite), porcelané (calcitique lisse) ou hyalin (cristallin). Les foraminifères se développent en construisant de nouvelles loges à leur test. Celles-ci sont disposées selon une géométrie propre à chaque espèce : elles peuvent être rectilignes, arquées, enroulées ou encore cycliques, et à chaque fois unisérié ou multisérié. Ces agencements peuvent aussi être mixtes, ou encore plus complexes. Les Miliolidés ont une disposition particulière, dite « pelotonnée ». La surface du test peut être lisse ou recouverte de stries, de côtes, d'un réticule, de tubercules, de piquants...

Tests de foraminifères de Ngapali, Myanmar.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme de « test » vient du latin « testa » qui signifie « récipient rond et dur » (désignant surtout des bouteilles ou des amphores). Ce terme a aussi formé le mot « tête » (dans le sens de « boîte crânienne »), et « testicule » (petite bouteille).

Autres termes[modifier | modifier le code]

D'un point de vue strictement scientifique, le terme « test » désigne exclusivement la coque dure qui protège les oursins et les foraminifères. Chez les échinodermes sessiles (les crinoïdes, mais aussi des groupes fossiles comme les éocrinoïdes, blastoïdes, cystoïdes et édrioastéroïdes), l'armature stéréomique plus ou moins sphérique qui abrite les organes internes est appelée « thèque ». Chez les diatomées, la coquille prend le nom de « frustule » (éventuellement séparées en plusieurs thèques), chez les radiolaires c'est une « capsule », chez les mollusques il s'agit de la « coquille » et chez les tortues, les arthropodes et certains autres animaux on parle de « carapace ».

On parle cependant de « mollusques testacés » pour signifier que l'animal est protégé par une coquille, et l'ordre des tortues est celui des testudines.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) J. Seto, Y. Ma, S. Davis, F. Meldrum, A. Gourrier, Y.Y. Kime, U. Schilde, M. Sztucki, M. Burghammer, S. Maltsev, C. Jäger et H. Cölfen, « Structure-property relationships of a biological mesocrystal in the adult sea urchin spine », PNAS,‎ 2012
  2. Christian Aimar, « Calice et Périprocte », sur site de l'université Jussieu
  3. Christian Aimar, « Structures présentes à la surface du test », sur site de l'université Jussieu