Bolazec

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Bolazec
Le calvaire, le monument aux morts et la mairie.
Le calvaire, le monument aux morts et la mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Huelgoat
Intercommunalité Communauté de communes des Monts d'Arrée
Maire
Mandat
Joseph Le Calvez
2014-2020
Code postal 29640
Code commune 29012
Démographie
Gentilé Bolazécois, Bolazécoise
Population
municipale
190 hab. (2011)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 26′ 42″ N 3° 34′ 57″ O / 48.445, -3.582548° 26′ 42″ Nord 3° 34′ 57″ Ouest / 48.445, -3.5825  
Altitude Min. 124 m – Max. 268 m
Superficie 17,47 km2
Localisation

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Bolazec [bɔlazɛk] (en breton : Bolazeg ) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Longères route de Plougras.

Ancienne trêve de Scrignac, Bolazec est élevé au statut de paroisse lors du Concordat de 1801. Sa superficie ne dépasse pas 1747 hectares, bornée à l'est et à l'ouest par les rivières de l'Aulne et du Rudalveget. Située près de la source de l'Aulne, Bolazec est la commune la plus à l'est du parc naturel régional d'Armorique, en limite du département des Côtes-d'Armor (arrondissement de Châteaulin, canton de Huelgoat). Elle fait partie avec Berrien, Huelgoat, Locmaria-Berrien et Scrignac de la "communauté de communes des Monts d'Arrée". La commune fait aussi partie du parc naturel régional d'Armorique dont elle est la commune située à son extrémité orientale.

Les trois principaux cours d'eau traversant la commune sont l'Aulne, qui limite la partie orientale du territoire communal, le Hellès et le Rudalgevet, limitrophes de la partie occidentale de la commune.

La commune comptait en 1999 24 exploitations agricoles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le nom de Bolazec provient du mot "Botglasuc" qui signifie littéralement "buisson vert" ou plutôt "buisson de verdure". Selon une autre source, le nom proviendrait de Bot ("résidence") et Glazec (nom d'une ancienne famille noble)[1]. On trouve cité dans les archives les noms de Botglazec en 1448 et 1481 et Botlazec en 1679.

La plus ancienne trace d'occupation humaine retrouvée à ce jour concerne un tumulus de l'âge du bronze situé à l'est de Lesnevez. L'époque gallo-romaine a également laissé des éléments patrimoniaux : à Bezidel un habitat a été mis au jour lors de fouilles archéologiques (beuz vient de buis, arbuste importé par les Romains en Gaule pour agrémenter leurs villas). L'ancienne voie romaine dite des Quatre Chemins (de Carhaix à Plestin-les-Grèves) traversait le territoire de Bolazec à partir de Ty Guen, au nord. Elle passait à quelques centaines de mètres de Bezidel puis la voie faisait une courbe pour éviter un terrain marécageux avant le bourg de Bolazec. Après ce dernier, la voie descendait au moulin de Hilvern, unique passage sur l'Aulne. Ty Guen reste aujourd'hui un carrefour important de la route de Guerlesquin à Huelgoat avec la route reliant Morlaix à Carhaix.

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Deux sites de mottes castrales du XIe ou XIIe siècle ont été retrouvés au Helles, où il reste des vestiges intéressants, et près de Petit Bolazec. Celle du Helles aurait appartenu à la famille de Montafilant, qui possédait à Scrignac un château. La seconde enceinte fortifiée, appelée Castel-ar-Vouden correspond au château de la Motte. Le village même de Bolazec doit probablement son origine au manoir des Botglazec qui a donné son nom à la commune (de "bot" résidence associé au nom de la famille. Les Botglazec sont mentionnés en 1448 à Scrignac et étaient aussi possessionnés dans les paroisses voisines de Guerlesquin, Botsorhel et Guerlesquin ; leur dernière branche se fond dans celle des Coatmen vers 1580. Une autre lignée noble, les Du Dresnay, résidaient à Bolazec au milieu du XVe siècle.

Les autres lieux nobles cités aux XVe et XVIe siècles concernent, outre des manoirs, des métairies nobles dépendant de quelques seigneurs locaux (Clevede, de Boiseon, Guinamant, du Dresnay, du Parc). Ils concernent le Hellegoat Braz, Kersilé, Lesnevez, La Salle, Pors Bihan mais seuls quelques maigres vestiges subsistent aujourd'hui au Hellegoat Braz et à Kersilé. Cette présence aristocratique est peut-être à mettre au compte de la situation géographique de Bolazec, point de passage entre la côte nord (Morlaix) et la ville de Carhaix au sud, seule véritable voie de communication des monts d'Arrée avec la voie romaine Carhaix-Brest. Cependant, la présence de landes et de marécages et la pauvreté des sols n'ont pas permis une implantation durable des manoirs. Les hameaux au statut noble sont souvent devenus de simples fermes avant la fin de l'Ancien Régime.

Avant la Révolution française, Bolazec était une simple trève de Scrignac et c'est lors du Concordat en 1801 que Bolazec est élevé au statut de paroisse.

Pendant la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1792, le curé de Bolazec, François Cosquer, originaire de Scrignac, refuse de prêter serment de fidélité à la Constitution civile du clergé. Dénoncé, il est arrêté le 14 septembre 1793 à La Forêt en Bolazec où il se cachait chez son frère agriculteur. Bien que condamné à mort à Landerneau, il ne fut pas exécuté et libéré fin 1795 après 27 mois de prison. Il redevint curé de Bolazec jusqu'en septembre 1809, date où il fut nommé à Pouldreuzic. Bolazec fut alors sans clergé pendant une vingtaine d'années, redevenant une simple annexe de Scrignac[1].

Le 9 mars 1801, le nouveau préfet du Finistère, Francisque Joseph Rudler, est attaqué près de Bolazec par une bande de chouans dirigée par Jean François Edme Le Paige de Bar.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Carte de Cassini : les environs de Bolazec

Sous l'Ancien Régime et dans la première moitié du XIXe siècle la commune est pauvre : le grain cultivé ne suffisait pas à la consommation, il fallait en importer. Jacques Cambry dans son "Voyage dans le Finistère en 1795" parle de quelques portions de terres fertiles, de l'aspect misérable qu'offre le bourg de Bolazec. En 1845, les terres labourables couvrent 645 hectares pour 827 de landes et d'incultes, le reste étant couvert de prés et de pâtures, de bois, de vergers et de jardins. Avec les progrès de l'agriculture, le recensement montre une augmentation de la population quasi constante jusqu'en 1911 avec 941 habitants contre 382 en 1800. Après la Première Guerre mondiale la population commence à diminuer en raison de l'exode rural et des mutations de l'agriculture pour atteindre 198 habitants en 1999. Aujourd'hui, malgré cet exode rural, l'activité agricole reste importante à Bolazec avec environ quatorze fermes en activité sur la commune.

La modestie du patrimoine bâti est directement liée à la situation économique de Bolazec, territoire peu prospère marqué jusqu'à la fin du XIXe siècle par la pauvreté de son sous-sol. Quelques édifices et édicules intéressants émergent cependant de l'ensemble : l'église paroissiale avec son clocher-porche et sa tour d'escalier du XVIIe siècle, le presbytère daté de 1829, le calvaire et la croix des XVe et XVIe siècles, l'ancienne école communale de 1879. L'architecture rurale traditionnelle a laissé quelques rares réalisations de qualité qui remontent à la fin du XVIe siècle et au XVIIe siècle. Elle connaît une période de reconstruction à partir du troisième quart du XIXe siècle, corroborée par un contexte démographique et économique devenu plus favorable.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Selon le fichier « Mémoire des Hommes », Bolazec a été particulièrement touché par la Première Guerre mondiale : 47 soldats originaires de la commune sont « morts pour la France », soit 5,0 % de la population communale de 1911 (France : 3,0 % ; Finistère : 3,7 %)[2].

Les écoles[modifier | modifier le code]

Bolazec aurait connu 4 écoles successives: la première, catholique, dans les deux premiers tiers du XIXe siècle, était implantée dans une maison du bourg. Entre 1879 et 1883 se construit la première école communale pour les garçons, à laquelle s'ajoute une seconde classe en 1906. En 1933 une école de filles et une mairie sont construits sur un terrain jouxtant le presbytère, au nord de l'église paroissiale ; l'école des filles est inauguré le 28 avril 1935[3]. Dans les années 1950, une quatrième école se construit route de Callac qui ferme à son tour en 1987[4].

La Mission de 1920[modifier | modifier le code]

Du 18 au 27 juin 1920, une "Mission" se déroule à Bolazec. La population semble alors assez peu fréquenter l'église. L'hebdomadaire de l'évêché de Quimper, le Courrier du Finistère écrit alors : Il fallait livrer assaut à la torpeur spirituelle de ces primitifs, ataviquement hostiles aux innovations et peu accessibles à l'enthousiasme[5].

La mission est prêchée par trois frères Capucins venus de paroisses assez lointaines, l'un de Plogonnec, le second de Goudelin, le troisième du séminaire de Pont-Croix. L'hebdomadaire "Le Courrier du Finistère", qui appartient à l'évêché de Quimper, écrit : « L'église avait son assistance des grands jours le dimanche de la fête du Sacré-Cœur (...) lorsque le Père supérieur ouvrit la Mission lors de la grand'messe ». Des cérémonies ont lieu tous les jours : « Le jeudi, pour la cérémonie des laboureurs, un trône s’élève au milieu du chœur.(...) Trois autels sont dressés près des fonts baptismaux, du confessionnal et de la Table Sainte et Jésus-Christ hostie est escorté par les hommes portant des cierges » ; le lendemain, deux cent personnes communient : « le vendredi, la grande croix de l’église a été descendue, une estrade se dresse comme la veille, au milieu du chœur. Le Christ y est déposé, entouré d’autant de couronnes qu’il y a de familles dans la paroisse. C’est le souvenir de mission qu'à la demande des Pères on emportera après la cérémonie pour le conserver au foyer et les assistants, avec un ordre que leur piété peut seule expliquer, viennent un à un baiser les pieds du crucifix, et les mères y appliquer les lèvres de leur enfant. » Le dimanche suivant est jour de grande cérémonie et « 200 communiants vinrent se joindre aux 200 qui les avaient précédés. »[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
508 382 720 670 531 650 669 692 704
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
717 750 819 814 815 777 844 840 825
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
856 872 941 918 894 829 778 661 579
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
544 479 394 297 243 198 206 210 192
2011 - - - - - - - -
190 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : Si l'on met de côté la population indiquée pour l'année 1800 qui semble aberrant (ou à tout le moins inexpliqué), la population de Bolazec a évolué en dents de scie pendant le XIXe siècle, atteignant un premier maximum secondaire en 1806 (720 habitants), un premier minimum secondaire en 1831 (531 habitants, soit une perte de 189 personnes en 25 ans) ; la population recommence à croître pendant le deuxième tiers du XIXe siècle, gagnant 288 habitants (+ 54 % en 35 ans) entre 1831 et 1866, stagnant ensuite quelque temps pour recommencer à augmenter jusqu'en 1911, date du maximum démographique avec 941 habitants. Depuis, la population a décliné régulièrement tout au long du XXe siècle, perdant 743 habitants (-79 %) en presque un siècle entre 1911 et 1999 en raison d'un fort exode rural. Une petite reprise démographique est constatée pendant le dernier intervalle intercensitaire entre 1999 et 2006 avec un gain minime de 8 habitants en 7 ans !

Le solde naturel reste négatif : entre 1999 et 2008, 27 décès ont été enregistrés pour 11 naissances seulement en 9 ans, soit un déficit de 16 personnes. Certaines années n'ont enregistré aucune naissance (2002 et 2007 par exemple). Le vieillissement de la population est net : en 2007, 38 % de la population est âgée de 60 ans et plus alors que 13 % seulement ont moins de 15 ans[9].

La densité de population communale est de 12 habitants par km² en 2006.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1801   Louis Corre    
avant 1809 après 1809 Pierre Le Roux   Cultivateur
1810   François Ropars    
avant 1853 après 1867 François-Marie Rospars   Nommé par le pouvoir impérial
1960 1872 Noel Tanguy   Parti communiste
mars 2001 2008 Jean Fouler    
mars 2008   Jacqueline Pailler    
Les données manquantes sont à compléter.

Monuments et sites[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale
Statue et inscription sur le portail de l'église paroissiale
  • L'église paroissiale Notre-Dame et Saint-Guennal (dit aussi saint Guénaël) datait du XVIIe siècle, mais fut probablement restaurée en 1782 (une inscription au-dessus d'un portail gravé de la cartouche : « Guilloux curé, Guéguen fabric, Le Mat cautio 1782 » le laisse supposer) et reconstruite en 1865 par Jules Boyer[10]. Elle est en forme de croix latine. Le clocher de style trégorrois date de l'église du XVIIe qui était, semble-t-il, la chapelle du manoir de Botglazec. L'intérieur de l'église, pavé de dalles de schistes bleu-gris, est orné d'un mobilier de style néogothique datant du XIXe siècle et contient plusieurs statues dont un saint Michel terrassant le dragon[1].
  • L'ancienne chapelle Saint-Conogan, dédiée à saint Conogan, située dans le village de Kerod, est aujourd'hui disparue et une autre, restaurée en 1893, dans le bourg, devant la mairie.
  • Une croix avec des personnages datant du XVe siècle se trouve dans le cimetière.
  • Une autre croix monumentale datant du XVIe siècle se trouve sur la place principale du bourg devant la mairie
  • Le manoir de Halgouët ou Hellegoat date de 1660, les bâtiments subsistants sont de style Renaissance.
  • Le manoir de Kersilé n'est en fait qu'une simple maison de maître datant du XXe siècle mais des pierres utilisées pour sa construction sont probablement un réemploi provenant d'une ancienne métairie noble (porte en anse de panier, fenêtre à double accolade du XVIe siècle)[11].
  • Une motte féodale se trouve entre Scrignac et Bolazec.
  • L'enceinte fortifiée de Castel-ar-Vouden (château de la Motte).
  • Les landes tourbeuses de Corn ar Harz s'étendent sur 27 ha au nord-est de Bolazec et constituent un patrimoine naturel exceptionnel.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Légende[modifier | modifier le code]

  • Le serpent de Bolazec : bête énorme, le « serpent » serait apparu au facteur lors d'une des tournées en 1927. Devenu vite célèbre, il attira les curieux et un peintre de Morlaix peignit même le fameux serpent sur un mur de la salle des fêtes de la commune[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • PENVEN, Michel. « Bolazec ». Association « Sur les traces de François Joncour », 1990.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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