Bigaradier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Bigarade)
Aller à : navigation, rechercher

Le bigaradier (Citrus aurantium) est un arbre de la famille des Rutacées (agrume). Le fruit, les feuilles, les rameaux et la fleur ont de nombreuses applications alimentaires et en parfumerie.

Description[modifier | modifier le code]

Le bigaradier est un arbre de 5 à 10 mètres. Il s'est répandu au début de l'ère chrétienne en Inde et fut introduit dans le sud de la France par les croisades. Les Maures le cultivèrent intensivement près de Séville en Espagne, ce qui valut au fruit son surnom d'orange de Séville.

Feuilles[modifier | modifier le code]

Les feuilles du bigaradier sont ovales, luisantes et persistantes avec une épine à l'aisselle des feuilles inférieures.

Fruit[modifier | modifier le code]

Bigarade panachée.

Le bigaradier porte un fruit, la bigarade, également nommé orange amère. Ce fruit est plus petit que l'orange douce et a la peau rugueuse teintée de vert ou de jaune. Sa chair est acide, peu juteuse, très amère et contient beaucoup de pépins.

Fleurs[modifier | modifier le code]

Les fleurs d'oranger amer sont blanches ou roses, plus grandes que celles de l'oranger doux et très odorantes. Elles fleurissent au début du printemps.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Le fruit du bigaradier est surtout utilisé en conserve ou cuit (confiture, sirop, marmelade). La marmelade d'orange est faite uniquement à partir de l'orange amère et non de l'orange douce.

Très parfumée, la fleur de bigaradier sert à la fabrication de l'absolu de fleur d'oranger, de l'eau de fleur d'oranger et de l'essence de néroli utilisée en parfumerie et pour aromatiser les aliments. Ces extraits contiennent une forte proportion d’anthranylate de méthyle responsable de la note typique de la fleur d’oranger amer. Les rameaux sont utilisés pour la fabrication de l'essence de petit grain bigarade, une huile essentielle riche en acétate de linalyle.

Du zeste du fruit on extrait l'essence d'orange amère utilisée pour la fabrication du triple sec, d'amers, du Grand Marnier et du Cointreau, dont on trouve des plantations notamment en Haïti du coté du Cap-Haïtien.

Dans le sud-est de la France, on utilise les fruits en macération dans du vin (blanc, rosé ou même rouge) additionné de sucre et d'alcool pour confectionner un apéritif : le vin d'orange.

À Malte, où le bigaradier a été introduit avant l'oranger, la bigarade est aujourd'hui utilisée dans la fabrication du soda maltais, le Kinnie, ce qui lui donne son amertume caractéristique.

La clémentine a d'abord été considérée comme un hybride entre le mandarinier (Citrus deliciosa Ten.) et une variété de bigaradier à feuille de saule (Citrus salicifolia Raf. 'Granito'). Ce dernier avait été importé d'Espagne comme porte-greffe pour les cultures d'agrumes. Toutefois des études récentes menées par la station INRA de San-Giuliano en Corse consacrée à l'agrumiculture, ont montré à partir de l'analyse des chromosomes qu'il s'agissait en réalité d'un hybride entre le mandarinier et l'orange douce (Citrus sinensis).

Propriétés[modifier | modifier le code]

Des études de 2002 et 2005 portant sur les huiles essentielles de zeste (essence d'orange amère) et de rameaux (essence de petit grain bigarade) et ont confirmé leurs propriétés sédatives et anxiolytiques sur le modèle murin[1],[2].

Traditionnellement, l'huile obtenue à partir des pépins est proposée en cas de cholestérol[3].

Le fruit vert de Citrus aurantium L. ssp amara est interdit d'usage dans les préparations magistrales, dans un but d’amaigrissement, par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé depuis mai 2012[4].

Le bigaradier dans la littérature[modifier | modifier le code]

Georges Caméra évoque la culture de la fleur du bigaradier et la vie dans les campagnes de la Côte d'Azur où la culture du bigaradier était très développée, dans la première moitié du XXe siècle dans deux de ses ouvrages ("La Fleur du Bigaradier" et "Toi, le Bigaradier").

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pultrini Ade M, Galindo LA, Costa M (2005). Effects of the essential oil from Citrus aurantium L. in experimental anxiety models in mice. Life Sci. 2006 Mar 6;78(15):1720-5. Epub 2005 Oct 25. PMID 16253279
  2. (en) Carvalho-Freitas MI, Costa M (2002). Anxiolytic and sedative effects of extracts and essential oil from Citrus aurantium L. Biol Pharm Bull. 2002 Dec;25(12):1629-33. PMID 12499653
  3. L Bremnes (1996). L'œil nature - Les plantes aromatiques et médicinales - Citrus (oranger et citronniers). Ed. Bordas. p. 46-47. ISBN 2-04-027061-2
  4. « L’ANSM interdit l’utilisation de 3 plantes et de 26 substances actives dans les préparations à visée amaigrissante réalisées en pharmacie », sur ansm.sante.fr, ANSM,‎ 10 mai 2012

Lien externe[modifier | modifier le code]


Sur les autres projets Wikimedia :