Mosquée-cathédrale de Cordoue

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Mosquée-cathédrale de Cordoue
Image illustrative de l'article Mosquée-cathédrale de Cordoue
Vue aérienne.
Présentation
Nom local Mezquita de Córdoba
Culte Catholique romain
(musulman jusqu'en 1236)
Type Cathédrale
(mosquée jusqu'en 1236)
Rattachement Évêché de Cordoue (siège)
Début de la construction 786 (mosquée)
1523 (cathédrale)
Fin des travaux Xe s. (mosquée)
XVIe s.(cathédrale)
Style dominant Styles émiral et califal
Renaissance
Protection Classée BIC (1882)
 Patrimoine mondial (1984)
Site web www.catedraldecordoba.es
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Province Province de Cordoue Province de Cordoue
Commune Cordoue
Coordonnées 37° 52′ 44″ N 4° 46′ 46″ O / 37.87895, -4.77952 ()37° 52′ 44″ Nord 4° 46′ 46″ Ouest / 37.87895, -4.77952 ()  

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Mosquée-cathédrale de Cordoue

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Mosquée-cathédrale de Cordoue

La mosquée-cathédrale de Cordoue, également connue sous son ancien nom de grande mosquée de Cordoue (Mezquita de Córdoba), est un ancien temple romain qui devint église puis mosquée, et dans laquelle fut ensuite érigée une cathédrale. C'est un monument majeur de l'architecture islamique, témoin de la présence musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle. Elle est connue dans le monde entier pour être le monument le plus accompli de l'art des Omeyyades de Cordoue. Convertie en église au XIIIe siècle après la Reconquista par le roi Ferdinand III de Castille, elle est depuis lors l'église cathédrale du diocèse de Cordoue en Espagne.

La mosquée-cathédrale de Cordoue a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1984.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le temple de Janus, la basilique wisigothique Saint-Vincent[modifier | modifier le code]

Cordoue étant capitale d'une province romaine, la Bétique, un temple de Janus y fut érigé[1].

En 572, la ville est prise par les Wisigoths. Abandonnant l'Arianisme pour le Catholicisme, ils construisent en 584, sur l'emplacement du temple, l'église Saint Vincent Martyr consacrée à Vincent de Saragosse[2]. Par sa situation dans la ville, l’édifice finit par devenir la principale église de la cité, et résidence épiscopale. Un monastère y fut aussi édifié[3]. Les restes en furent retrouvés lors de fouilles archéologiques dans les années 1930[4].

La mosquée[modifier | modifier le code]

Mirhab, point focal de la mosquée de Cordoue
Les extensions successives

Les premières traces de l'histoire de la mosquée de Cordoue apparaissent dans les écrits transmis par Rhazès qui rapporte qu'à l'origine les musulmans passèrent en 714 un accord avec les Wisigoths de Cordoue pour prendre la moitié de leur plus grande église située à l'intérieur de la ville[5],[6]. C'est l'église Saint-Vincent qui est choisie[7]. Par la suite, toutes les églises hormis celle attenant à la mosquée seront détruites [6]. La construction de la mosquée de Cordoue débute près de trente ans après l'arrivée d'Abd al-Rahman Ier sur la péninsule, qui, fuyant Damas et la vengeance meurtrière des Abbassides parviendra à arracher ce bout de terre aux confins du monde musulman. Selon Ibn Idhari, Abd Al-Rahman entreprend la destruction de la partie chrétienne afin de faire du bâtiment uniquement une mosquée mais permet en contrepartie aux chrétiens de construire de nouveau des églises[7]. Le bâtiment est entièrement transformé en mosquée un an plus tard. Les ruines des églises et du temple furent réutilisées comme matériau de construction[8], ainsi que certains aspects architecturaux[9],[10].

Lorsque les musulmans s'établirent à Cordoue, ils exproprièrent les chrétiens du terrain de l'église Saint-Vincent, non loin du Guadalquivir, construite en 584[11] par les Wisigoths sur le site d'un temple romain dédié à Janus. L'émir Abd-Al-Rahman Ier ordonna d'y faire construire à la place une mosquée. Elle fut agrandie trois fois de suite par ses successeurs, pour finir par couvrir 23 000 m2 et devenir ainsi la plus grande mosquée du monde après celle de La Mecque. Cette mosquée n'est pas orientée par rapport à la Mecque[12]. Elle se présente aujourd'hui sous la forme d'un vaste quadrilatère d'environ 180 m de long sur 130 m de large, comptant dix-neuf nefs et plus de 850 colonnes surmontées par des chapiteaux de styles différents.

L'édifice initial, commencé en 786 par Abd al-Rahman Ier comprenait une cour carrée, le patio de los naranjos ou cour des orangers entourée d'un mur d'enceinte et sur laquelle s'ouvrait complètement la salle de prières, de forme rectangulaire, composée de onze nefs, chacune ayant douze travées, disposées face à la cour. Ces nefs étaient séparées par de fines colonnes de marbre provenant d'édifices romains ou wisigoths. Accolé au mur d'enceinte à l'opposé de la salle de prière, se trouve le minaret. Hicham Ier fit réaliser plusieurs aménagements intérieurs, comme des galeries destinées aux femmes qui venaient prier et un bassin d'ablutions.

La longueur des travées fut à peu près doublée par Abd al-Rahman II en 833 et allongée une dernière fois par Al-Hakam II en 961. À chaque fois, le mihrab, placé au fond de l'allée principale dut être reconstruit. L'actuel, monté avec l'aide d'artistes byzantins envoyés à Cordoue par l'empereur de Byzance Nicéphore II à la demande du calife, est une énorme coupole monolithique en marbre blanc superbement décorée de mosaïques inspirées des édifices religieux de l'Empire byzantin.

En 987, Al Mansour voulut augmenter encore la surface de la salle, mais la proximité du fleuve empêcha de poursuivre l'allongement des onze travées initiales dans la même direction : on ajouta donc vers l'est, sur toute la longueur de l'édifice, huit travées supplémentaires qui en doublèrent presque la surface et mirent le mirhab dans une position excentrée.

La mosquée possédait alors 600 colonnes en marbre sur lesquelles reposent des arcades doubles en brique et pierre blanche (superposées l'une à l'autre avec un espacement intermédiaire) qui permettent d'avoir un plafond haut, et donnent à l'édifice une impression de légèreté.

La cathédrale[modifier | modifier le code]

Lorsque Cordoue fut reprise par le roi Ferdinand II de Castille, dit "le Saint", en 1236, ceux-ci en firent à nouveau une église, comme à l'origine, puis une cathédrale. Ils murèrent l'ouverture entre la cour et la salle de prière, ne conservant qu'une porte d'entrée (Puerta de Las Palmas). Ils abattirent quelques rangées de colonnes pour dégager la place de la Chapelle Royale décorée de stucs mudéjars, où furent enterrés Alphonse XI de Castille et Ferdinand IV de Castille en 1371. Ils divisèrent également la dernière travée d'Al Mansour, à l'est, pour y délimiter des chapelles.

Au XVIe siècle, les chanoines du chapitre décidèrent de doter leur cité d'un édifice beaucoup plus somptueux et dans le goût du jour. Ils firent démolir une partie importante du centre de l'édifice pour y édifier une cathédrale qui apparaît comme incrustée dans la mosquée, rompant les perspectives de la forêt de colonnes. Ce monument allie les styles gothique, renaissance et baroque et est magnifiquement décoré ; par la suite, Charles Quint regretta la transformation de cet édifice : « Vous avez détruit ce que l'on ne voyait nulle part pour construire ce que l'on voit partout. »

Statut en discussion[modifier | modifier le code]

Le statut de ce monument religieux est disputé entre ceux qui veulent lui imposer le seul nom officiel de cathédrale[13] et ceux qui voudraient en faire un lieu de culte œcuménique[14], une demande catégoriquement rejetée par l'évêque de Cordoue en février 2010[15]. L'évêché gérant la mosquée-cathédrale tente dans ce contexte, au travers des dépliants touristiques et du spectacle son et lumière, et ce depuis 1998, de cacher ou amoindrir la composante musulmane et l'histoire du monument au travers de la réécriture de l'histoire de la Mezquita[16].

La pratique du culte musulman y est formellement interdite[17], malgré une requête du président de la communauté musulmane de Cordoue auprès du pape en 2006[16].

Protection[modifier | modifier le code]

La mosquée-cathédrale de Cordoue fait l’objet d’un classement en Espagne au titre de bien d'intérêt culturel depuis le 21 novembre 1882[18].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es)(fr) Henri Stern (et al.), Les mosaïques de l'actuelle cathédrale de Cordoue, W. De Gruyter, Berlin, 1976, 55 p. + 70 f. de pl., (ISBN 3-11-002126-9)
  • (fr) Rafael Castejón y Martinez de Arizala, La Mosquée de Cordoue, Everest, Leon, 1973, 64 p. (ISBN 84-241-4712-X)
  • (fr) Rafael Contreras y Muñoz, Étude descriptive des monuments arabes de Grenade, Séville et Cordoue : c'est-à-dire l'Alhambra, l'Alcazar et la grande mosquée d'Occident, Typographie de Ricardo Fe, Madrid, 1889 (4e éd.), 462 p.
  • (fr) Georges Marçais, « Sur les mosaïques de la grande mosquée de Cordoue », in Studies in islamic art and architecture, 1965, p. 147-156
  • Jerrilynn Denise Dodds, Al-Andalus: The Art of Islamic Spain,‎ 1992 (ISBN 0810964139).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]