Huile essentielle

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On appelle huile essentielle (ou parfois « essence végétale ») le liquide concentré et hydrophobe des composés aromatiques (odoriférants) volatils d'une plante. Il est obtenu par extraction mécanique, entraînement à la vapeur d'eau ou distillation à sec.

D'autres extraits végétaux sont obtenus par extraction avec des solvants non aqueux volatils (hexane, éther…) tandis qu'un nouveau procédé d'extraction s'est développé récemment : l'extraction au CO2 supercritique. Dans tous ces cas, il ne s'agit alors plus d'huiles essentielles, terme réservé aux produits de la distillation aqueuse, à sec ou de l'expression à froid, mais d'extraits végétaux qui portent différents noms selon les procédés successifs qui leur sont appliqués : concrètes, absolues, résinoïdes, oléorésinesetc.

Enfin, l'extraction sans distillation par de l'alcool, de l'eau liquide ou un mélange des deux, porte différents noms selon les méthodes pratiquées : tisane, macération, décoction, extrait hydro-alcoolique, teinture, etc.

L'ensemble est regroupé sous le terme générique « extraits naturels complexes » (Natural Complex Substances ou NCS en anglais).

Définitions[modifier | modifier le code]

Le terme « huile essentielle » est défini à la fois par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour les usages pharmaceutiques et cosmétiques et par l'AFNOR/ISO pour les usages aromatiques et alimentaires.

Définition ANSM[modifier | modifier le code]

Définition ANSM[1] :

« Produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement par la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, ou par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition. »

Norme ISO[modifier | modifier le code]

Selon la norme IS0 9235 Matières premières aromatiques d’origine naturelle – vocabulaire, une huile essentielle est définie comme un « produit obtenu à partir d’une matière première d’origine végétale, après séparation de la phase aqueuse par des procédés physiques : soit par entraînement à la vapeur d’eau, soit par des procédés mécaniques à partir de l’épicarpe des Citrus, soit par distillation sèche. »

Il est d'usage de faire la distinction entre les « huiles essentielles » issues de distillation de végétaux sans autre modification, et les « essences », qui peuvent faire l'objet d'adjonctions chimiques, tandis que les milieux professionnels utilisent aussi des huiles essentielles rectifiées, qui ont fait l'objet d'un fractionnement ou d'une décoloration, mais sans ajout.

Les huiles obtenues par distillation à sec sont aussi appelées huiles empyreumatiques. Les deux procédés de distillation à sec et à la vapeur d'eau peuvent être utilisés pour certaines plantes et donner des extraits différents (cade, ciste…).

L'obtention des huiles essentielles se fait soit par entraînement par la vapeur d'eau dans une opération de distillation, soit par distillation sèche, soit par expression à froid (zestes). Dans ce dernier cas, une certaine ambigüité existe sur la dénomination d'huile essentielle. Selon l'AFNOR, il faut utiliser le terme d'essence alors que la Pharmacopée française et la Pharmacopée européenne utilisent le terme d'huile essentielle. Le terme d'huile essentielle a été retenu par les spécialistes en pharmacognosie[2].
La quantité d'huile essentielle contenue dans les plantes est toujours faible, parfois très faible, voire infime.

Composition chimique[modifier | modifier le code]

C'est un mélange de molécules variées, comprenant en particulier des terpènes (hydrocarbures non aromatiques), c'est-à-dire dérivés de l'isoprène et non du benzène, et des composés oxygénés (alcools, aldéhydes, cétones, ester).

Classification[modifier | modifier le code]

Les huiles essentielles (HE) sont classées usuellement selon la nature chimique des principes actifs majeurs, plus rarement sur le mode d'extraction (§ correspondant), ou les effets biologiques (§ correspondant ou § correspondant). On retient huit classes principales (les carbures sesquiterpéniques et terpéniques, les alcools, les esters et alcools, les aldéhydes, les cétones, les phénols, les éthers et les peroxydes)[3], avec les composants importants suivants :

HE de térébenthine (alpha-pinène, camphène), HE de genévrier (alpha-pinène, camphène, cadinène), HE de citron (limonène) ;

  • huiles essentielles riches en alcools :

HE de coriandre (linalol), HE de bois de rose (linalol), HE de rose (géraniol) ;

  • huiles essentielles mélanges d'esters et d'alcools :

HE de lavande (linalol, acétate de linalyle), HE de menthe (menthol, acétate de menthyle) ;

HE de cannelle (aldéhyde cinnamique), HE de citronnelle (citral et citrannal), HE d'eucalyptus citriodora (citronellal) ;

  • huiles essentielles riches en cétones :

HE de carvi (carvone), HE de sauge (thuyone), HE de thuya (thuyone), HE de camphrier (camphre) ;

  • huiles essentielles riches en phénols :

HE de thym (thymol), HE de sarriette (carvacrol), HE d'origan (thymol et carvacrol), HE de girofle (eugénol) ;

  • huiles essentielles riches en éthers :

HE d'anis vert, de badiane (anéthol), HE de fenouil (anéthol), HE d'eucalyptus globulus (eucalyptol), HE de cajeput (eucalyptol), HE de niaouli ;

HE de chénopode (ascaridol), HE d'ail (allicine) ;

  • huiles essentielles sulfurées :

HE de crucifères et de liliacées. Note : la plupart des huiles essentielles sont constituées dans leur grande majorité d'un mélange assez complexe de monoterpènes, de sesquiterpènes, d'alcools, d'esters, d'aldéhydes, d'oxydes, etc. Il y a quelques exceptions : huile essentielle de gaulthérie couchée composée à plus de 99,5 % de salicylate de méthyle (un ester aromatique).

Production et extraction[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs méthodes d'extraction des extraits naturels complexes, mais la plus utilisée est l'entraînement par la vapeur ou l'hydrodistillation de la plante fraîche ou sèche qui produit des huiles essentielles[4].

Extraction par distillation[modifier | modifier le code]

La plupart des huiles essentielles sont obtenues par distillation et entraînement par la vapeur d'eau (sauf les huiles essentielles des hespéridés : citron, orange, bergamote, etc.).Ce procédé est de loin le plus répandu, car il convient à la majorité des plantes.Comme les huiles essentielles sont insolubles dans l'eau ( ce sont des huiles) mais soluble dans la vapeur, lorsqu'on envoie de la vapeur sur la plante, elle se charge au passage des huiles. Dans un appareil spécial, la vapeur d'eau ainsi lestée de ces essences est envoyée dans un compartiment pour y refroidir. Là, la vapeur redevient donc liquide et les huiles s'en désolidarisent( elles flottent à la surface). On les récupère alors par décantation. Le temps complet de distillation doit être respecté pour l'obtention de l'huile essentielle de bonne qualité qui dévoilera " toute son activité "[5]. La (parfois très) faible quantité d'HE contenue dans les plantes explique le coût élevé des huiles essentielles, il est lié à la rareté et non au procédé d'extraction qui reste le même pour la plupart des plantes. Il faut parfois plusieurs tonnes de plantes pour obtenir un litre d'huile essentielle. Il existe différents procédés d'extraction (souvent chimiques). Pour l'aromathérapie, tant ces procédés que le choix des plantes et leur méthode de récolte détermine la qualité finale des HE.

Articles connexes : Distillation et Entraînement à la vapeur.

Extraction aux solvants volatils[modifier | modifier le code]

L'extraction se fait à l'aide de solvants organiques volatils dans des appareils appelés extracteurs de Soxhlet. En apparence, la division de la matière à extraire facilite le contact avec le solvant (en agrandissant la surface d’échange), permet d’augmenter la charge de l’extracteur et aussi de réduire le rapport du solvant à la charge. Toutefois le tassement entrave la circulation du solvant et l’homogénéisation des solutions ; il faut donc éviter de tasser ou de trop charger l’extracteur.
On obtient des huiles concrètes avec des solvants volatils tels que l'hexane, qui est le plus utilisé actuellement ; le benzène, très utilisé dans le passé, est interdit pour des raisons de toxicité. Ce procédé a remplacé l'enfleurage (méthode d'extraction par les graisses) qui est devenu beaucoup trop coûteux.

L’extraction s’effectue en plusieurs étapes, on lave la matière avec le solvant deux à trois fois. Il semble que la presque totalité des produits odorants passe en solution dès la première extraction. Mais, étant donné que la matière traitée retient une forte proportion de la solution, il est nécessaire de pratiquer des dilutions successives avec de nouvelles charges de solvant (lavages). La matière épuisée retient une proportion importante de solvant. Avec la charge normale de fleurs d’un extracteur statique de mille litres, la quantité varie entre 150 et 180 litres. Il faut donc concentrer la solution en évaporant le solvant qui est recyclé pour d'autres lavages. La récupération du solvant atteint couramment 94 à 96 % de la quantité retenue. La charge de l’extracteur est désolvatée à la vapeur d’eau, puis elle peut être utilisée dans les champs (compostage).

Extraction par expression à froid[modifier | modifier le code]

L’extraction se fait sans chauffage, les plantes sont pressées à froid (notamment les hespéridés : citron, orange…) de l’écorce ou des fruits.

Extraction de l'huile essentielle à partir de l'écorce[modifier | modifier le code]

Les premiers procédés d’extraction consistaient à presser l’écorce des Citrus pour faire éclater les tissus contenant l’huile essentielle en les frottant sur des récipients dont les parois étaient recouvertes de pics en métal. Puis le procédé dit à « l’éponge » s’est développé: les écorces étaient pressées plusieurs fois contre un assemblage d’éponges naturelles fixées à une bassine en terre cuite. La pression était accompagnée par un mouvement de rotation de la main. Le mélange exprimé était recueilli par essorage des éponges. Finalement par simple décantation, l’huile essentielle est séparée de la phase aqueuse qui contient aussi des détritus produits par la lacération des tissus de l’écorce.

Extraction à partir des fruits entiers[modifier | modifier le code]

Avant d’être pressés, les fruits passent dans des machines qui les trient selon leur taille. Cette opération est nécessaire pour améliorer le fonctionnement des extracteurs, obtenir un meilleur rendement et une huile essentielle de meilleure qualité. Les Citrus sont séparés en trois parties de base : l’huile essentielle, le jus et l’écorce. Il existe trois méthodes fondamentales pour extraire l’huile essentielle des Citrus à partir des fruits entiers, les deux premières étant les plus utilisées :

  • système séparant l’huile essentielle et le jus en une seule opération (FMC) ;
  • l’extraction de l’huile essentielle des fruits entiers précède l’extraction du jus (« pélatrice spéciale ») ;
  • l’extraction du jus précède celle de l’huile essentielle.

Extraction au CO2 supercritique[modifier | modifier le code]

L’originalité de cette technique repose sur le solvant utilisé : il s’agit du CO2 en phase supercritique. À l’état supercritique, le CO2 n’est ni liquide, ni gazeux, et cela lui confère un excellent pouvoir d’extraction, modulable à volonté en jouant sur la température de mise en œuvre. Les fluides supercritiques comme le CO2 sont de bons solvants à l'état supercritique, et de mauvais solvants à l'état gazeux. Les avantages de ce procédé sont les suivants :

  • le CO2 est totalement inerte chimiquement, il est naturel, non toxique et peu coûteux ;
  • on utilise des basses températures pour sa mise en œuvre ;
  • en fin de cycle, la séparation entre le solvant d'extraction et le soluté pour obtenir l’extrait est facile (simple détente qui ramène le CO2 à l’état gazeux), avec une récupération quasi totale et peu coûteuse ;
  • les frais de fonctionnement, à l’échelle pilote ou de laboratoire, sont réduits (le CO2 est continuellement recyclé).

L’extraction au CO2 supercritique est une technique intéressante qui apporte de nouvelles notes olfactives (méthode d'extraction plus complète et moins dégradante que par la vapeur d'eau). Cependant son installation industrielle reste onéreuse, et l’appareillage est encore envahissant.

Critères de qualité[modifier | modifier le code]

Toutes les huiles essentielles ne se valent pas. Les critères de qualité sont les suivants :

  • les huiles essentielles de qualité doivent impérativement provenir de plantes botaniquement certifiées, c’est-à-dire identifiées par deux noms latins, le latin étant la langue universellement reconnue en botanique. Le premier nom désigne le genre, par exemple Thymus ; le second, l’espèce : vulgarisThymus vulgaris = Thym vulgaire[6] ;
  • origine géographique sélectionnée ;
  • sélection de la partie de la plante qui détient l’activité recherchée. Les diverses parties d’une même plante (fleur, feuille, tige, écorce, racine, etc.) peuvent produire des essences différentes. Il est donc important de préciser l’organe végétal ;
  • période de récolte pour obtenir les meilleurs extraits ;
  • méthode d’extraction permettant de préserver l’activité des composants.

Actions[modifier | modifier le code]

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Les utilisations des substances odorantes des plantes sont connues depuis l'Antiquité[réf. nécessaire]. Des textes akkadiens datant de plus de quatre mille ans nous apprennent qu'à Babylone, on brûlait du cyprès pour enrayer les épidémies[réf. nécessaire]. Les premiers textes relatant l'utilisation d'huiles fines et de parfums sont des papyrus hiéroglyphes égyptiens datant de plus de 2 800 ans.

Les civilisations chinoises et indiennes employaient également les huiles essentielles pour les soins thérapeutiques et cosmétiques[réf. souhaitée].

Plus généralement la phytothérapie, l'utilisation de substances issues des plantes dans la médecine, est connue de toutes[réf. souhaitée] les civilisations. La naissance de l'aromathérapie moderne est due au chimiste René Maurice Gattefossé, dans les années 1920.

Actions biologiques[modifier | modifier le code]

Les HE ont des effets biologiques variés, sur les cellules de l'organisme comme les agents infectieux[réf. souhaitée]. Les effets et cibles sont multiples du fait de chaque composant chimique, et de leur multiplicité. Les HE ont notamment des :

Voir les Catégories d'effets thérapeutiques.

On parle de vertus thérapeutiques[évasif] pour désigner les effets biologiques plus ou moins précis, selon les organes cibles (dermatologique, musculaire…) ou pour des effets plus globaux ou subjectifs (amincissant[réf. nécessaire], aphrodisiaque[réf. nécessaire]…).

Actions sur la peau[modifier | modifier le code]

Le monoï est une huile obtenue par la macération des fleurs de tiaré dans l'huile raffinée de coco.

On choisit l'huile végétale de support en fonction de ses qualités de pénétration, selon que l'on vise le derme ou la circulation systémique par exemple[réf. nécessaire], et selon ses qualités intrinsèques.

Parmi les huiles de support courantes, on trouve l'huile de pépins de raisin, l'huile d'amande douce et l'huile d'argan, mais également l'huile de noisette, l'huile de macadamia, l'huile de tournesol.

Quelques huiles essentielles, huiles grasses ou macérations selon son type de peau :

Actions antimicrobiennes[modifier | modifier le code]

Utilisations des huiles essentielles[modifier | modifier le code]

Les industries de la parfumerie, des arômes et de la cosmétique sont les principales consommatrices d'huiles essentielles. Ce sont en effet les produits de base utilisés pour ajouter des odeurs, en raison de leur forte volatilité et du fait qu'elles ne laissent pas de trace grasse. Dans l'agro-alimentaire on utilise aussi des HE pour incorporer aux aliments des saveurs.

  • Les huiles essentielles sont très employées pour parfumer les produits cosmétiques : savons, shampoings, gels-douches, crèmes cosmétiques et/ou hydratantes, etc.
  • Le secteur des produits ménagers (détergents et lessives par exemple) consomme beaucoup d'huiles essentielles pour masquer les odeurs, souvent peu agréables, des produits purs.
  • L'utilisation des huiles essentielles dans les arômes alimentaires est croissante. Les arômes sont omniprésents de nos jours : ils sont utilisés comme exhausteur de goût dans divers produits : cafés, thés, tabacs, vins, yaourts, plats cuisinés, etc.

Utilisations dans les cosmétiques[modifier | modifier le code]

L'aromathérapie est l'utilisation des huiles essentielles pour soigner. Elle fait l'objet d'un certain nombre d'abus : il suffit de mettre 0,0001 % d'huile essentielle dans une crème pour en faire un produit vendable. En cosmétologie aromatique, on utilise entre 0,5 % et 2 % d'HE pour le visage, 2 % et 5 % pour le corps, et jusqu'à 10 % pour les soins très localisés[réf. nécessaire].

Les huiles essentielles s'utilisent de plus en plus dans les cosmétiques divers pour des raisons de confort[réf. nécessaire]. Néanmoins les huiles essentielles peuvent être irritantes pour la peau car elles sont dermocaustiques. C'est pour cela qu'elles doivent toujours être diluées à 1/20 ou même 1/100, d’autres moins puissantes se contentent d’une dilution à 1/5[7][réf. insuffisante].

Utilisations sanitaires[modifier | modifier le code]

Image de poursuite vidéo d'une mouche charbonneuse. Test de l'activité répulsive de l'huile essentielle de citronnelle (Cymbopogon citratus).

Les HE sont à l'étude pour éloigner les mouches charbonneuses, qui piquent les animaux domestiques[8], et ainsi éviter l'usage d'insecticides.

Les HE sont utilisées en raison de leurs propriétés stimulantes ou inhibitrices notamment sur les microbes (désinfection) et les activités cellulaires des plantes ou animaux.
Les HE servent par exemple comme produits phytosanitaires pour combattre dans les cultures végétales les infections fongiques ou bactériennes ou virales. Elles apportent des solutions en agriculture biologique, réduisant les effets néfastes des pesticides de synthèse comme la pollution ou le développement de résistances.
À l'instar de ce qui est fait pour l'homme, les HE entrent aussi dans la composition de traitements pour les animaux, chez qui ils permettent par exemple de réduire l'apparition des résistances aux antibiotiques conventionnels, ou limiter les effets secondaires.

Utilisations dans l'industrie alimentaire[modifier | modifier le code]

Le 11 février 2011, Ira Glass révèle, lors de son émission de radio This American Life, que la formule secrète du composé 7x du Coca-Cola a été découverte dans un journal de 1979. La formule trouvée contiendrait pour 10 litres d'eau, entre autres, 20 gouttes d'huile essentielle d'orange, 30 d'huile essentielle de citron, 10 d'huile essentielle de noix de muscade, 5 d'huile essentielle de coriandre, 5 d'huile essentielle de néroli, 10 d'huile essentielle de cannelle[9],[10],[11],[12].

Précautions[modifier | modifier le code]

L'ingestion d'huile essentielle peut entraîner une intoxication sévère, notamment chez les enfants, pour lesquels le risque accidentel est plus élevé. Cette intoxication peut survenir avec des petites quantité, et le risque est plus élevé en cas d'antécédent d’épilepsie ou de convulsions. Les symptômes les plus fréquemment rencontrés sont neurologiques, respiratoires et digestifs. Les principaux symptômes neurologiques sont des crises convulsives, une agitation ou au contraire une somnolence, des signes semblables à l'ébriété, des troubles de l’équilibre ou des hallucinations. Des signes respiratoires peuvent survenir, tels qu'une toux persistante ou une irritation de la gorge, ainsi que des signes digestifs comme des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements et des diarrhées[13].

En ce qui concerne l'application cutanée, certaines précautions sont impératives, et dépendent de chaque huile essentielle. Certaines huiles sont dermocaustiques (agressives pour la peau), comme l'origan, d'autres photosensibilisantes comme certains agrumes. Par conséquent, il faut agir avec grande précaution et respecter ces quelques règles de base :

  • ne jamais appliquer une huile essentielle pure sur la peau et surtout sur les muqueuses ;
  • le plus souvent, l'huile essentielle doit être très fortement diluée dans un support comme une huile végétale ; mettre une huile essentielle pure sur la peau peut être très dangereux ; sauf indication, ne pas dépasser une concentration de 5 % ;
  • certaines huiles essentielles peuvent être irritantes, voire contenir des allergènes (donc allergisantes pour certaines personnes) ;
  • éviter de s'exposer au soleil après application d'une huile essentielle, car certaines huiles essentielles (surtout celles des Citrus) sont photosensibilisantes (augmentation de la sensibilité aux U.V.), ou peuvent provoquer l'apparition de taches pigmentées disgracieuses sur la peau ;
  • par précaution, proscrire l'utilisation des huiles essentielles chez les femmes enceintes et les enfants de moins de trois ans : seules certaines sont utilisables dans leur cas et avec des dosages appropriés.
    • « Les enfants et les bébés : ils ont « leurs huiles essentielles » et « leurs posologies » bien à eux : ne les traitez pas avec celles préconisées pour les adultes. Les bébés allaités profitent des essences par le biais du lait maternel, donc attention (on soigne d'ailleurs généralement la maman plutôt que le bébé directement). On peut aussi leur prodiguer des massages légers, en choisissant avec précaution les huiles essentielles et les huiles végétales.
    • Les femmes enceintes : en dehors des formules qui leur sont spécialement consacrées (« je suis enceinte », « je vais accoucher »…), abstenez-vous de toute prise d'huile essentielle de votre propre chef. Demandez systématiquement conseil à une personne qui connait vraiment les huiles essentielles avant de vous lancer dans l'aventure[14]. »

Attention, il ne faut pas comprendre « huile essentielle » dans le même sens que les « acides aminés essentiels » (qui sont « essentiels » au sens d’indispensables au bon fonctionnement de l'organisme) : dans le cas des HE, le terme « essentiel » a un sens chimique, et signifie plutôt « liquide hydrophobe aromatique plus ou moins volatil » (à l'instar des essences d'hydrocarbures utilisées comme carburant).

Huiles essentielles réservées aux pharmaciens ou interdites[modifier | modifier le code]

En raison de leur toxicité, un certain nombre d'huiles essentielles ne peuvent être vendues en France que dans le circuit pharmaceutique[15].

De plus, certaines huiles essentielles sont interdites[16].

  • Armoise commune (Artemisia vulgaris)
  • Moutarde noire ou sénevé noir (Brassica nigra)
  • Hysope ou Hysope officinale (Hyssopus officinalis)
  • Muscadier ou Muscadier aromatique (Myristica fragrans). La noix de muscade contient de la myristicine qui induit à forte dose des convulsions, palpitations, nausées, déshydratation et douleur généralisée[17].
  • Sauge officinale (Salvia officinalis)

Liste des huiles essentielles et leurs propriétés[modifier | modifier le code]

Cette liste a pour but de regrouper les plantes qui sont utilisées sous forme d'huiles essentielles mais surtout de lister les propriétés de ces huiles essentielles prouvées par des études scientifiques publiées. Ainsi, vous retrouverez certaines de ces plantes dans la liste des plantes utilisées en phytothérapie (qui ne regroupe pas uniquement les plantes utilisées pour les huiles essentielles). Attention, les huiles essentielles ont également des effets négatifs, toxiques, cancérogènes parfois mortels[18]. Leurs utilisations doivent toujours être encadrées par un professionnel de santé diplômé d'état.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition présente dans l'introduction des recommandations relatives aux critères de qualité des huiles essentielles (mai 2008) de l'Afssaps [PDF]
  2. Jean Bruneton, Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales, Techniques et Documentation, 3e édition, 1999 (ISBN 2-7430-0315-4)
  3. Georges Sens-Olive, « Les huiles essentielles - généralités et définitions », dans Traité de phytothérapie et d'aromathérapie, éd. Maloine, 1979, p. 141-142.
  4. Georges Sens-Olive, « Les huiles essentielles - généralités et définitions », dans Traité de phytothérapie et d'aromathérapie, éd. Maloine, 1979, p. 143-144.
  5. Danièle Festy, Pharmacien, Ma Bible des huiles essentielles, Page 20, Édition Leduc.S, 2008
  6. Dominique Baudoux, pharmacien et aromatologue, « Critères de qualité des huiles essentielles »
  7. http://blog.composition-naturelle.com/huiles-essentielles.html
  8. Baldacchino, F., Tramut, C., Salem, A., Liénard, E., Delétré, E., Franc, M., Martin, T., Duvallet, G. et Jay-Robert, p. 2013 : The repellency of lemongrass oil against stable flies, tested using video tracking, Parasite, 20, 21. DOI:10.1051/parasite/2013021
  9. (en) Katie Rogers, This American Life' bursts Coca-Cola's bubble: What's in that original recipe, anyway? The Washington Post BlogPost, 15 février 2011, consulté le 16 février 2011.
  10. (en) Brett Michael Dykes, Did NPR’s ‘This American Life’ discover Coke’s secret formula? The Lookout, Yahoo! News, 15 février 2011.
  11. (en) David W. Freeman, This American Life' Reveals Coca-Cola's Secret Recipe (Full Ingredient List) CBS News Healthwatch blogs, 15 février 2011.
  12. (en) The Recipe et image [PDF], This American Life.
  13. Centre antipoison de Lille, Huiles essentielles : attention à vos p’tits bouts
  14. 100 réflexes aromathérapie : Je me soigne avec les huiles essentielles de Danièle Festy.
  15. Décret n°2007-1221 du 3 août 2007 modifiant l'article D. 4211-13 du code de la santé publique relatif à la liste des huiles essentielles dont la vente au public est réservée aux pharmaciens.[1]
  16. Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires et les conditions de leur emploi. [2]
  17. Demetriades et al. 2005. Low cost, high risk: accidental nutmeg intoxication.
  18. Tisserand et Young, 2013. Essential Oil Safety: A Guide for Health Care Professionals
  19. Candan et al. 2003, Antioxidant and antimicrobial activity of the essential oil and methanol extracts of Achillea millefolium subsp. millefolium Afan. (Asteraceae)
  20. a et b Benkeblia 2004, Antimicrobial activityof essential oil extracts of various onions (Allium cepa) and garlic (Allium sativum)
  21. Suhail et al. 2011 Boswellia sacra essential oil induces tumor cell-specific apoptosis and suppresses tumor aggressiveness in cultured human breast cancer cells
  22. Ni et al. 2012 Frankincense essential oil prepared from hydrodistillation of Boswellia sacra gum resins induces human pancreatic cancer cell death in cultures and in a xenograft murine model
  23. Carson et al. 2006 Melaleuca alternifolia (Tea Tree) Oil: a Review of Antimicrobial and Other Medicinal Properties
  24. Hussan et al. 2008 Chemical composition, antioxidant and antimicrobial activities of basil (Ocimum basilicum) essential oils depends on seasonal variations
  25. a et b Park et al. 2007 Nematicidal Activity of Plant Essential Oils and Components From Ajowan (Trachyspermum ammi), Allspice (Pimenta dioica) and Litsea (Litsea cubeba) Essential Oils Against Pine Wood Nematode (Bursaphelenchus Xylophilus)
  26. Mandalari et al. 2007 Antimicrobial activity of flavonoids extracted from bergamot (Citrus bergamia Risso) peel, a byproduct of the essential oil industry
  27. Lee et al. 2006. In vitro anti-inflammatory and anti-oxidative effects of Cinnamomum camphora extracts

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]