Diplôme universitaire de technologie

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Le diplôme universitaire de technologie (DUT) est un diplôme universitaire national de l’enseignement supérieur français créé en 1966 sanctionnant les deux premières années d'études dans un institut universitaire de technologie. Classé au niveau III de la nomenclature des niveaux de formation, il est orienté vers l’insertion professionnelle des étudiants, mais propose aussi une solide formation théorique qui permet la poursuite d’études vers une certification de niveau II (licence générale ou professionnelle) ou de niveau I (master, diplôme d'ingénieur, diplôme d'école de commerce…). Le DUT est plus généraliste qu’un brevet de technicien supérieur. La majorité des étudiants poursuivent leurs études après l’obtention de leur DUT.

Historique[modifier | modifier le code]

Le DUT a été créé en 1966. En janvier 2013, 83 % des étudiants poursuivent leurs études après l’obtention de leur DUT[1]. Ceci serait davantage que les diplômés de BTS, qui seraient enclins à travailler plus tôt.

Déroulement des études[modifier | modifier le code]

Actuellement, la formation se déroule selon le décret n°84-1004 du 12 novembre 1984 relatif aux instituts universitaires de technologie[2], l’arrêté du 20 avril 1994 relatif au diplôme universitaire de technologie[N 1], l’arrêté du 23 avril 2002 relatif aux études universitaires conduisant au grade de licence et l’arrêté du 3 août 2005[3].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Selon l’arrêté de 2005, la formation vise l’acquisition des connaissances et compétences nécessaires à l’exercice des fonctions d’encadrement technique et professionnel dans certains secteurs de la production, de la recherche appliquée et des services, tout en intégrant les éléments permettant de maîtriser les futures évolutions de ces fonctions. La formation concourt à l’épanouissement personnel, au développement du sens des responsabilités et à l’apprentissage du travail individuel et en équipe[4].

Pour chacune des spécialités du diplôme universitaire de technologie, les programmes sont fixés par arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur, après avis de la commission pédagogique nationale concernée[5].

Pour chaque spécialité, le programme pédagogique national doit inclure un dispositif d’accueil, de tutorat, d’accompagnement et de soutien à l’orientation de chaque étudiant afin de favoriser la réussite de son projet personnel et professionnel. Ce dispositif doit être accessible tout au long du parcours de formation et se traduira dans le programme pédagogique national par, notamment, un enseignement spécifique[6].

Le programme pédagogique national doit favoriser la mise en place dans chaque enseignement de modalités pédagogiques destinées à faire évoluer l’étudiant vers l’autonomie dans l’acquisition des savoirs, en intégrant l’enseignement de méthodologie du travail universitaire et de techniques d’apprentissage et en faisant appel aux technologies de l’information et de la communication appliquées à l’enseignement. La méthodologie du travail universitaire et les techniques d'apprentissage représentent un volume horaire de l’ordre de 10 % de la formation encadrée. Elles doivent être dispensées dans chacun des enseignements et font aussi l’objet de modules spécifiques. L’enseignement des langues fait référence au cadre commun du Conseil de l'Europe[6].

Admission[modifier | modifier le code]

Selon l’arrêté de 2005, « la capacité d’accueil de chaque département d’institut universitaire de technologie est fixée dans le cadre de la carte universitaire et de la politique contractuelle par le président de l’université sur proposition du directeur de l’IUT concerné, après avis du conseil de l’IUT. »[7]

Depuis 2008, l’admission est de droit pour les élèves qui obtiennent la même année une mention « bien » ou « très bien » au baccalauréat technologique dont le champ professionnel est en cohérence avec le département d'institut universitaire de technologie demandé[8].

Les autres élèves sont admis sur dossier parmi :

  1. Les titulaires du baccalauréat ou d’une équivalence ou dispense de ce grade,
  2. Les étudiants ayant suivi un enseignement supérieur de deux ans qu’ils souhaitent compléter par une formation technologique courte ;
  3. Après validation de leurs études, expériences professionnelles ou acquis personnels, des personnes engagées ou non dans la vie active[9].

Les demandes d’admission sont examinées par un jury désigné par le président de l’université, sur proposition du directeur de l’IUT. Le jury se prononce en fonction des éléments figurant au dossier de candidature, éventuellement complétés par un entretien ou un test[10].

Études[modifier | modifier le code]

Organisation[modifier | modifier le code]

La durée des études est de quatre semestres à temps plein dans le premier cas, d’un an à temps plein dans le second. Dans le troisième cas, la formation est organisée à temps plein, à temps partiel ou en alternance[9].

Les enseignements comportent des cours, des travaux dirigés et des travaux pratiques (1800 ou 1640 heures sur quatre trimestres selon les spécialités), des projets tutorés (au moins 300 h) « destinés à faciliter l'autonomie de l'étudiant dans la mise en œuvre et le maniement des concepts enseignés dans le cadre de la formation encadrée» et un ou plusieurs stages en entreprise (au minimum 10 semaines[11]). La présence à toutes les activités pédagogiques est obligatoire[12] et le contrôle des connaissances se fait par contrôle continu[13].

Les enseignements sont regroupés par semestre en deux, trois ou quatre « unités d’enseignement », elles-mêmes divisées en « modules d'enseignement ».

Dans le cadre du projet personnel et professionnel, les parcours de formation conduisant au diplôme universitaire de technologie comprennent, d'une part, une « majeure » garantissant le cœur des compétences attendues dans le domaine professionnel visé, d'autre part, trois types de modules complémentaires d'approfondissement technologique, de renforcement des compétences professionnelles et d'ouverture scientifique, qui concourent soit à améliorer l'insertion au niveau III, soit à préparer l'accession à une certification de niveau II, soit à permettre une poursuite d'études vers une certification de niveau I. Ces modules complémentaires font partie intégrante du diplôme universitaire de technologie au même titre que la majeure. Ils interviennent pour un volume du 15 % à 20 % du volume horaire global de la formation. Certaines unités d'enseignement ou certains modules constitutifs du parcours de formation, dûment identifiés, peuvent être organisés et validés en coopération avec d'autres composantes de l'université ou dans le cadre d'une convention entre l'université et un institut ou un établissement d'enseignement supérieur différent, français ou étranger.

Validation des parcours de formation[modifier | modifier le code]

La validation des parcours de formation est régie par le titre III de l’arrêté de 2005.

L’étudiant a validé un semestre si :

  1. la moyenne du semestre est supérieure à 10/20, avec de plus une note supérieure à 8/20 pour chaque unité d’enseignement (UE);
  2. les semestres précédents sont validés.

Il est toutefois possible de compenser les notes de deux semestres consécutifs[14].

La réglementation concernant le diplôme universitaire de technologie s’inscrit depuis 2005 dans le cadre de l’application au système français d’enseignement supérieur de la construction de l’Espace européen de l'enseignement supérieur (dite réforme LMD). Chaque unité d’enseignement est ainsi associée à un certain nombre de crédits du système européen de transfert et d'accumulation de crédits, et la délivrance du diplôme donne lieu à l’obtention de 120 de ces crédits[15].

Spécialités[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs spécialités de DUT, avec parfois des options dans une même spécialité[16].

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Secteur industriel[modifier | modifier le code]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Répartition des effectifs préparant un DUT en 2008-2009
(France métropolitaine + DOM)[17]
Spécialités Étudiants en formations
Aide et assistance pour le monitoring et le maintien à domicile 26
Chimie 3 675
Génie biologique 6 439
Génie chimique - génie des procédés 1 265
Génie civil 5 212
Génie du conditionnement et de l'emballage 296
Génie électrique et informatique industrielle 7 837
Génie industriel et maintenance 1 881
Génie mécanique et productique 6 877
Génie thermique et énergie 2 362
Hygiène, sécurité et environnement 1 865
Informatique 8 489
Mesures physiques 4 768
Qualité, logistique industrielle et organisation[N 2] 2 025
Réseaux et télécommunications[N 3] 2 903
Science et génie des matériaux 964
Ensemble du secteur secondaire 56 884
Carrières juridiques 2 348
Carrières sociales 2 888
Gestion des entreprises et des administrations 20 983
Gestion administrative et commerciale 1 786
Gestion, logistique et transport 3 050
Information - communication 4 016
Services et réseaux de communications 3 345
Statistique et traitement informatique des données 1 353
Techniques de commercialisation 20 691
Ensemble du secteur tertiaire 60 460
Total France métropolitaine + DOM 117 344

Notes[modifier | modifier le code]

  1. celui-ci n’a pas été abrogé par l’arrêté de 2005
  2. Fusion de « Organisation et génie de la production » et de « Métrologie contrôle qualité ».
  3. Spécialité anciennement appelée « Génie des télécommunications et réseaux » avant 2005-2006.

Équivalence internationale[modifier | modifier le code]

Cas du Québec[modifier | modifier le code]

Le DUT est reconnu au Québec comme étant équivalent à un (DEC) Diplôme d'Étude Collégiale, qui est lui-même l'équivalent du baccalauréat général du lycée français[18]. Les immigrants français au Québec titulaires d'un DUT perdent donc deux années universitaires[19].

Ces deux années universitaires perdues correspondent, du point de vue de l'age, à l'année perdue par les étudiants Québécois à cause du système collégial et à une troisième année pour effectuer un DEC technique.

Le ministère de l'immigration du Québec précise que pour obtenir l'équivalent du "bachelor" (3-4 ans après le DEC), les immigrants français doivent détenir une licence, soit un Bac+3, qui peut être une licence professionnelle.

Les universités du Québec peuvent reconnaître une partie des études universitaires françaises, mais cette équivalence ne peut jamais dépasser plus de 50 % du programme universitaire québécois, donc il faudra débourser une somme d'argent assez importante pour au moins 2 nouvelles années universitaires, pour arriver au même niveau de connaissances et de compétences qu'avec le DUT.

Sans compter que certains programmes universitaires québécois obligent tous les admis à un examen de français, qui si échoué, impose de suivre des cours de français[20].

Il est aussi important de savoir que pour obtenir une équivalence, le ministère de l'immigration du Québec facture un montant forfaitaire pour analyse du dossier. Chaque personne détenant un même diplôme français, peut donc théoriquement ne pas recevoir la même équivalence, ce qui pratiquement ne se voit pas, mais permet de justifier des frais exorbitants de la part du gouvernement du Québec à ses immigrants qualifiés. De plus cette équivalence n'a aucune reconnaissance légale. En effet, cette reconnaissance ne permet que d'entamer un échange entre une entreprise et l'individu qui prétend avoir le niveau du diplôme et de permettre aux acteurs économiques québécois d'avoir un comparatif avec le système d'enseignement québécois. Dans quelques rares cas, l'entreprise peut exiger d'obtenir le diplôme officiel québécois.

Cas de la Suisse[modifier | modifier le code]

L'équivalence du DUT en Suisse est communément le Diplôme de Technicien ETS

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les diplômes universitaires de technologie (DUT) », sur http://www.onisep.fr,‎ Janvier 2013 (consulté le 7 avril 2014)
  2. « Décret n°84-1004 du 12 novembre 1984 relatif aux instituts universitaires de technologie »
  3. Arrêté du 3 août 2005 relatif au diplôme universitaire de technologie dans l’Espace européen de l'enseignement supérieur
  4. Arrêté du 3 août 2005, article 7
  5. Arrêté du 3 août 2005, article 9
  6. a et b Arrêté du 3 août 2005, article 15
  7. Arrêté du 3 août 2005, article 1
  8. article 4 décret 84-1004
  9. a et b Article 4 du décret n°84-1004 du 12 novembre 1984 relatif aux instituts universitaires de technologie
  10. art. 3 arrêté 2005
  11. Arrêté du 3 août 2005, article 11
  12. Arrêté du 3 août 2005, article 16
  13. Arrêté du 3 août 2005, article 18
  14. Arrêté du 3 août 2005, article 20
  15. Arrêté du 3 août 2005, article 11
  16. Annexe II du Décret n°84-1004 du 12 novembre 1984 relatif aux instituts universitaires de technologie
  17. Daniel Vitry (dir.), Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche : édition 2009,‎ septembre 2009, 426 p. (lire en ligne), p. 177 (6.7 Les IUT par spécialité : évolution
  18. Consulat de France : Équivalence des diplômes France-Québec, Schéma simplifié des études en France et au Québec.
  19. Sénat de France, Québec : reconnaissance des diplômes français.
  20. Faculté des Sciences Infirmières de l'Université de Montréal, Remarque concernant les conditions d'admission, en bas de page.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]