Alicia Penalba

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Alicia Penalba est une sculptrice non figurative née en 1913 en Argentine, décédée en 1982 en France où elle s'était établie en 1948. Son œuvre s'inscrit, aux côtés de celles notamment d'Etienne Martin, François Stahly, Karl-Jean Longuet, Étienne Hajdu, Simone Boisecq, Marta Colvin, parmi celles qui marquent un renouveau de la sculpture à partir des années 1950.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alicia (Pérez) Penalba naît le 7 août 1913 à San Pedro, dans la province de Buenos Aires, de parents espagnols. Au long des déplacements de son père, constructeur de voies ferrées, elle passe la plus large part de son enfance au Chili, trois ans en Patagonie, puis dans la province de San Juan, au pied de la Cordillère des Andes. Très jeune elle manifeste son intérêt pour le dessin et la peinture. Elle échappe à 14 ans à la sévérité du climat familial en trouvant un emploi de secrétaire et s'inscrit à des cours du soir de dessin. En 1930 elle entre à l'École des Beaux-Arts de Buenos Aires où elle obtient le diplôme de professeur de dessin et de peinture, participe à des Salons et des expositions collectives, obtenant plusieurs prix nationaux.

Grand double (1962/4) dans le parc du Musée Kröller-Müller

Lauréate en 1948 d'une bourse du gouvernement français, Alicia Penalba s'installe à Paris où elle s'inscrit à l'École des Beaux-Arts en gravure et, à partir de 1949, travaille durant trois ans dans l'atelier de Zadkine à l'Académie de la Grande Chaumière. Elle découvre alors les œuvres de Hans Arp, Brancusi, Giacometti et fait la connaissance d'Étienne Martin, François Stahly, Étienne Hajdu, Marta Colvin, Marino di TEANAavec qui elle participera à de nombreuses expositions collectives. Alicia Penalba crée en 1951 sa première sculpture non figurative et détruira la plupart de ses premiers travaux. À partir de 1953 elle entreprend, autour de rythmes verticaux, des séries de Totems (Surveillant des rêves, Le Voyeur des Nuits) ou de Liturgies végétales et présente sa première exposition personnelle en 1957.

Sur la fin des années 1950, dans la série des Doubles, ces rythmes se fractionnent en éléments distincts entre lesquels joue la lumière. À partir de 1959 elle commence à réaliser des sculptures pour l'architecture et reçoit en 1961 le Prix International de Sculpture de la Ve Biennale de São Paulo au Brésil. Ses expositions se multiplient, notamment à New York (avec Eduardo Chillida, Étienne Martin et Hajdu), Zurich, Rio de Janeiro, Otterlo, Eindhoven, Washington, Bâle, Lausanne, Paris (avec les peintres Wilfredo Lam et Roberto Matta), Rome, Milan, Genève, Bruxelles, Caracas.

Fontaine monumentale à Leverkusen

Par la suite Alicia Penalba développe, généralement en bronze, plusieurs séries dans lesquels les éléments, resserrés sur eux-mêmes (Fruits de mer) ou éclatés, se rassemblent, dans les années 1960, en un mouvement ascensionnel de volumes horizontaux et obliques, en équilibre instable, suggérant l'élan d'un envol (Ailées), que commente de façon poétique Pablo Neruda. Ses œuvres sont introduites dans un grand nombre de musées ou de parcs de sculptures de France, à Paris et en province (Université de Bordeaux), d'Allemagne, de Belgique, du Luxembourg, de Suisse (Centre Paul Klee à Berne), d'Italie, d'Argentine, du Pérou et des États-Unis.

Alicia Penalba meurt à la suite d'un accident, sa voiture fauchée par un train, le 4 novembre 1982.

Jugement[modifier | modifier le code]

"... Ainsi Alicia Penalba apprit à construire des étoiles. Elle les fait de pierre ou d'argent, d'or ou de bois, mais toujours en les détachant du magma originel ou de la blancheur éternelle. Ses créations rugueuses et explosives conservent le sceau originel de ce silence, de ces tonnerres qui détruisent et créent. Les rues du monde, les cités marquent leurs artistes d'une encre indélébile, de bazar ou d'officine. Ceux qui viennent de l'espace gardent le front marqué par la bourrasque, par le feu, par le froid ou par la géographie..."

Pablo Neruda (1972)

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

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  • Michel Seuphor, La sculpture de ce siècle, Éditions du Griffon, Neuchâtel, 1959.
  • Michel Seuphor, Alicia Penalba, (édition trilingue, en français, en allemand et en anglais), Amriswil, Bodensee Verlag, 1960
  • Michel Ragon et Michel Seuphor, L'art abstrait, 4, 1945-1970, Paris, Maeght éditeur, 1974 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alicia Penalba, textes d'André Berne Joffroy, Jacques Goldstein, Denys Chevalier, Michel Ragon, Dorothea Christ, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1977 (60 p.)
  • Alicia Penalba, Paris, Éditions Galerie Villand et Galanis, 1977
  • Jörn Merkert, Alicia Penalba, Paris, Éditions Carmen Martinez, 1977 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Aube Lardera, Alicia Penalba, in Ionel Jianou, Gérard Xuriguera, Aube Lardera, La sculpture moderne en France, Paris, Arted Éditions d'Art, 1982 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]