La Dame de pique

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La Dame de pique
Image illustrative de l'article La Dame de pique
Graffiti (2008),
tableau inspiré de La Dame de pique
Publication
Auteur Alexandre Pouchkine
Titre d'origine Пиковая дама
Langue russe
Parution février 1834,
dans le Cabinet de lecture
Intrigue
Genre Nouvelle fantastique

La Dame de pique (en russe Пиковая дама / Pikovaïa dama) est une nouvelle fantastique d'Alexandre Pouchkine écrite en octobre et novembre 1833 à Boldino et publiée dans la revue Cabinet de lecture en février 1834[1],[2]. Structurée comme un roman, cette nouvelle met en scène des personnages aux traits empruntés au théâtre populaire de l'époque. Cette nouvelle a été d'ailleurs adaptée en opéra par Tchaïkovski : La Dame de pique.

La nouvelle a été traduite en français à plusieurs reprises, notamment par Prosper Mérimée (1852) et André Gide (1935).

Résumé[modifier | modifier le code]

Pendant une soirée de jeu, cinq jeunes hommes discutent du mystérieux pouvoir que détiendrait la comtesse Anna Fédotovna, grand-mère de l'un d'entre eux, Paul Tomski. Cette femme connaîtrait une combinaison de trois cartes qui gagnerait à tous les coups au jeu de pharaon.

Fasciné par les perspectives de richesse que pourrait lui amener ce pouvoir, Hermann, jeune officier du génie, séduit Lisabeta Ivanovna, la jeune demoiselle de compagnie de la comtesse, afin de pouvoir lui soustraire son secret. Au cours d'une soirée, alors qu'il a rendez-vous avec Lisabeta dans sa chambre, il s'introduit par l'autre porte, et se cache dans un cabinet de travail. Après plusieurs heures d'attente, il entre dans la chambre de la comtesse pour découvrir le secret. Effrayée à la vue d'une arme qui la menace, la vieille dame s'effondre et meurt.

Le soir de l'enterrement de la comtesse, Hermann a une vision dans laquelle la comtesse entre chez lui et lui révèle le secret et les fameuses cartes : le trois, le sept et l'as. En échange, elle lui fait promettre d'épouser sa demoiselle de compagnie, Lisabeta, et de ne plus jouer. Sûr de lui et de sa vision, il joue avec succès les deux premières cartes. En jouant toute sa fortune sur l'as, la troisième carte, il voit alors que celle-ci est la dame de pique (qui ressemble étrangement à la comtesse). Hermann pense même avoir vu la carte lui adresser un clin d'œil. Il s'effondre, ruiné, et sombre dans la folie. À l'hôpital psychiatrique d'Oboukhov, il marmonne : « Trois, sept, as ! Trois, sept, dame[3] !... »

Lisabeta Ivanovna épouse un fort aimable jeune homme, et Tomski épouse la princesse Pauline.

Liste des personnages[modifier | modifier le code]

‍‍Hermann est l'un des personnages clef de l'histoire. En effet, au début de ce livre, il est pauvre, mais à la fin, il est sur le point de devenir riche.

La comtesse Anna Fedotovna est le personnage au centre de l'intrigue, car elle serait la détentrice du secret du jeu de cartes, mais rien n'est moins sûr. Pouchkine s'est inspiré de la princesse Nathalie Galitzine (1741-1837), morte fort âgée, qui était propriétaire du château de Viaziomy à côté du domaine familial de Zakhorovo qu'habitait le poète dans sa jeunesse. La jeunesse la surnommait « la princesse Moustache »[4].

Lisabeta, la demoiselle de compagnie de la comtesse, doit subir tous ses caprices. Elle rêve d'une autre vie et voudrait trouver le grand amour. Dans un récit classique, Hermann serait son soupirant, mais la nouvelle traduit des préoccupations mercantiles qui balaient les habituelles envolées romanesques de la littérature sentimentale. La Dame de pique offre ainsi une satire de la société russe où l'argent est le principal objet de désir.

Naroumov est lieutenant aux gardes équestres.

Lieu[modifier | modifier le code]

Lorsque le philologue Mstislav Tsiavlovski publie en 1922 les écrits du poète Nachtchokine (ami de Pouchkine), selon les notes de Barteniev, il est fait mention d'une réflexion de Pouchkine à propos d'une dame du grand monde tenant un brillant salon à Saint-Pétersbourg, vis-à-vis laquelle il éprouve une amitié romantique. Bien que son nom ne soit pas mentionné, il s'agit sans doute de la comtesse Dolly de Ficquelmont. En effet, Pouchkine est un familier à cette époque du Palais Ficquelmont de Saint-Pétersbourg qui aurait servi de modèle pour le palais de la vieille comtesse de La Dame de pique[5].

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

La Dame de pique a été adaptée à plusieurs reprises au cinéma :

La nouvelle a également été adaptée à la télévision

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir source originale en russe
  2. Notice de La Dame de pique in Pouchkine, Œuvres complètes, tome I, p. 497, L'Âge d'Homme, Lausanne, 1973.
  3. La Dame de pique, Conclusion.
  4. En français dans le texte
  5. Pouchkine aurait dépeint ses propres sentiments envers la comtesse Dolly en évoquant la nostalgie d'Hermann vis-à-vis de Lise. Cependant Leonid Grossman estime que Pouchkine aurait plus joué le rôle d'un nouveau Boccace à l'égard de cette nouvelle. En effet, l'entente entre la comtesse et son époux était parfaite.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]