Abbaye d'Arthous

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Abbaye d'Arthous
Image illustrative de l'article Abbaye d'Arthous
Présentation
Nom local (aujourd'hui) Centre départemental du patrimoine
Type ancienne Abbaye
Rattachement Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIIe siècle[1]
Fin des travaux XIVe siècle[1]
Style dominant Roman tardif
Protection Logo monument historique Classée MH (1955, église)
Logo monument historique Classé MH (1969, bâtiments conventuels)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Landes
Commune Hastingues
Coordonnées 43° 31′ 38″ N 1° 07′ 18″ O / 43.527222, -1.12166743° 31′ 38″ Nord 1° 07′ 18″ Ouest / 43.527222, -1.121667  

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Abbaye d'Arthous

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Abbaye d'Arthous

L’abbaye d’Arthous (anciennement appelée abbaye Sainte-Marie d'Arthous) était un monastère appartenant à l'ordre des chanoines prémontrés. Fondée en 1167[2] elle est sise au lieu-dit d'Arthous[1], sur la commune d’Hastingues, aux confins du pays d'Orthe, dans le département français des Landes.

L'église est classée monument historique le 24 septembre 1955, les bâtiments conventuels le 24 septembre 1969[1]. Ils comptent comme éléments remarquables le chevet et les absidioles, ornés de chapiteaux sculptés sur leur face extérieure.

Présentation[modifier | modifier le code]

Établie près du Pays basque, l’abbaye Sainte-Marie d’Arthous occupe un emplacement stratégique entre territoires contrôlés par les seigneurs de Navarre, de Béarn et d’Aquitaine. L’extérieur présente un style roman tardif à nef unique, l’église a un chevet tripartite dont se dégage une grande unité dans les motifs qui le décorent : formes géométrique ou entrelacs végétaux, pommes de pin, personnages frustes au visage rond et yeux globuleux.

Le site devient en 2003 le Centre départemental du patrimoine. Bien restaurés, les bâtiments conventuels sont devenus un lieu de recherche et de découverte sur le patrimoine, celui des Landes en particulier. Expositions et stages s’y déroulent tout au long de l’année[3].

Historique[modifier | modifier le code]

C’est vers 1160 que les chanoines de l’ordre des Prémontrés essaiment de l'abbaye de la Case-Dieu dans le Gers pour fonder l’abbaye d’Arthous, sous l’autorité de l'abbé Bernard III. L’obituaire mentionne Martin Sanche de Domezain, noble du pays de Soule, comme le fondateur par les termes « fundator hujus ecclesiae ». Dédiée à Notre-Dame, l'abbaye porte le nom de Sainte-Marie-d'Arthous. Elle est consacrée en 1167.

Établie sur une étendue vacante à proximité du Pays basque, l'abbaye a pour vocation d'évangéliser les populations locales, d'offrir un hébergement aux pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et de contrôler un territoire âprement disputé par plusieurs seigneurs: Navarre, Béarn et Gascogne.

Les seigneurs locaux, vicomtes de Soule et de Béarn, et ceux du roi d'Angleterre, font des donations, notamment de troupeaux et de terres, car les Prémontrés sont essentiellement éleveurs. Cet enrichissement de l’abbaye lui assure une prospérité économique qui lui permet de subvenir aux besoins des paroisses qu'elle dirige. Elle joue également un rôle important dans la vie locale : elle fonde notamment sur ses terres en 1289 la bastide d’Hastingues, par un paréage signé entre l’abbé d’Arthous et le sénéchal John Hastings, représentant le roi d’Angleterre en France

Au XVIe siècle, les destructions sont nombreuses en raison de la guerre contre l'Espagne et des guerres de religion : en 1523, elles sont le fait des espagnols du comte d’Orange; en 1571, des Huguenots. L'abbaye perd peu à peu de son influence, décline, et finit ruinée.

Les bâtiments conventuels sont restaurés et agrandis du XVIIe au XVIIIe siècle dans le style traditionnel des maisons landaises à colombages. Mais en 1766, il ne reste plus que 5 chanoines, ce qui pousse l'évêque de Dax à fermer l'abbaye en 1791. L'abbaye est vendue comme bien national. Les chanoines n'y reviendront plus.

Elle est alors utilisée comme ferme: les charrettes pénètrent dans l’abside éventrée de l’église et les bâtiments conventuels se délabrent. L’église, tombée en piteux état, a servi un temps de grange et de chai.

Le site est classé au titre des Monuments historiques en 1955. En 1964, Madame de Vilmorin en fait don au Conseil général des Landes qui entreprend en 1966 sa restauration avec l'aide de l'État, notamment sur la partie extérieure de l'église. Une partie des bâtiments sert aujourd’hui d’hébergement aux stagiaires en archéologie, une autre partie abrite un centre de documentation et un dépôt archéologique. L'abbaye abrite depuis 2003 le Centre départemental du patrimoine.

Bâtiments canoniaux[modifier | modifier le code]

Cours intérieure, colombages de style traditionnel landais

Il ne reste quasiment plus rien des bâtiments monastiques originaux mis à part la base du mur ouest et le mur nord, les bâtiments ayant été remaniés aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Comme dans toute abbaye médiévale, celle d'Arthous possédait un réfectoire accolé au dortoir. Ce dortoir possédait un escalier appelé « escalier de nuit » qui permettait aux moines de se rendre directement dans l'abbatiale pour les offices nocturnes.

Au-dessus du réfectoire, on peut apercevoir la pièce où se situaient les cellules de certains moines.

L’église abbatiale[modifier | modifier le code]

L’abside et les absidioles[modifier | modifier le code]

Vue de l'extérieur, le chevet de l'abbatiale frappe par sa décoration. Orientée plein est, l'abside et ses deux absidioless sont décorées par 35 modillons répartis en 5 groupes de 7 représentant, entre autres, « Ève tenant une pomme et se cachant le sexe » ou bien « Adam se tenant le cou et se cachant le sexe » (modillons de la 2e travée).

L'abside est flanquée de deux absidioles également décorées par des modillons mais sans la même recherche esthétique.

Visage d'homme buvant à un tonneau.
Les modillons de l'abside révèlent la proximité des Pyrénées : loup dépeçant une brebis, rapace emportant un agneau.

La nef[modifier | modifier le code]

La nef mesure 32,8 mètres de long pour une largeur de 7,4 mètres.
En 1925, la voûte a été démontée pour raisons de sécurité. Les structures de la voûte reposaient sur des chapiteaux qui sont encore visibles.

Le musée[modifier | modifier le code]

Ponctué d’expériences diversifiées (visites virtuelles, manipulations…), l’espace d’exposition vous propose un voyage dans le temps où émotions et surprises sont au rendez-vous. Bornes interactives, vidéos, objets originaux dont d’exceptionnelles sculptures magdaléniennes de chevaux, vous font découvrir le patrimoine du Pays d’Orthe depuis la période des hommes préhistoriques installés à Sorde jusqu’aux dernières innovations agricoles.

Ce voyage dans l’histoire du Pays d’Orthe, en compagnie d’un chasseur préhistorique, d’un pèlerin du Moyen Âge ou d’un batelier du XVIIIe siècle, se poursuit à travers un film qui utilise prises de vues aériennes et images de synthèse…

Les collections du musée de l’abbaye d’Arthous sont constituées essentiellement de pièces archéologiques.

La première collection a été acquise par le Conseil général des Landes en 1979 et comprend plus de 20 000 pièces (outillage en pierre et en os, objets d’art mobilier…) issues des fouilles archéologiques effectuées par Robert Arambourou entre 1958 et 1967 dans les abris préhistoriques de la falaise du Pastou sur la commune de Sorde-l’Abbaye.

La seconde collection provient des vestiges gallo-romains (mosaïques, céramiques, fragments de marbre) mis au jour lors des fouilles menées par Jean Lauffray entre 1958 et 1966 sur les deux villas antiques des Abbés et de Barat-de-Vin sur la commune de Sorde-l’Abbaye.

Des dépôts de fouilles complètent ces collections.

Le musée possède une barque monoxyle en chêne, de type chaland, datée entre 1543 et 1573 et retrouvée en 1966, au niveau du Bec-du-Gave dans l’Adour par les pêcheurs de Sainte-Marie-de-Gosse.

Pèlerinage à Saint-Jacques[modifier | modifier le code]

L'abbaye d'Arthous, tout comme sa voisine l'abbaye Saint-Jean de Sorde, est une étape sur la route menant de Bordeaux à Astorga. Cette route antique est utilisée par les pèlerins de Compostelle venant de Paris pour rejoindre Ostabat (appelée via Turonensis). Les chanoines réorganisaient le chemin en créant des prieurés facilitant le trajet des jacquets. Conformément à leur vœu de pauvreté, ils s'occupaient plus particulièrement des pèlerins les plus démunis.

Sites majeurs d’Aquitaine[modifier | modifier le code]

L’ensemble constitué par le patrimoine archéologique de Sorde, Arthous et Brassempouy permet de couvrir la présence de l'homme dans les Landes de –25 000 ans (Brassempouy), à –12 000 (grottes de Sorde) en poursuivant par les périodes gallo-romaines et médiévales (Sorde et Arthous) jusqu’à nos jours.

Un projet de valorisation touristique de ce patrimoine exceptionnel et de renommée internationale, porté par le Conseil général des Landes, la Communauté de communes du Pays d’Orthe et la Communauté des communes Coteaux et vallées des Luys, vient d’être retenu au titre des Sites Majeurs d’Aquitaine par le Conseil régional, dans le cadre de sa programmation 2011-13.

La mise en synergie de ces équipements appartenant à trois collectivités qui se mobilisent aujourd'hui autour d'une offre touristique cohérente se concrétisera par une programmation et des outils communs, voire par un label scientifique national partagé, dans l’objectif d'accroître leur rayonnement et de développer l’attractivité de ce territoire du sud des Landes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Classement de l'abbaye d'Arthous », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Centre départemental du patrimoine, Abbaye d'Arthous, Hastingues
  3. Jean-Jacques Fénié, « Un été dans les Landes », Sud-Ouest du 23 juillet 2009, p. 12

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]