Évisa

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Évisa
Èvisa (co)
Vue sur la partie centrale du village
Vue sur la partie centrale du village
Blason de ÉvisaÈvisa (co)
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Corse-du-Sud
Arrondissement Ajaccio
Canton Deux-Sevi
Intercommunalité Sans
Maire
Mandat
Jean-Jacques Gianni
2014-2020
Code postal 20126
Code commune 2A108
Démographie
Gentilé Avisiens
Visinchi (co)
Population
municipale
196 hab. (2011)
Densité 2,9 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 15′ 16″ N 8° 48′ 07″ E / 42.2544444444, 8.8019444444442° 15′ 16″ Nord 8° 48′ 07″ Est / 42.2544444444, 8.80194444444  
Altitude 850 m (min. : 239 m) (max. : 2 105 m)
Superficie 67,28 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte administrative de Corse
City locator 14.svg
Évisa
Èvisa (co)

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte topographique de Corse
City locator 14.svg
Évisa
Èvisa (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Évisa
Èvisa (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Évisa
Èvisa (co)

Évisa (en corse Èvisa, prononcé [ˈeˑ.β̞i.za]) est une commune française située dans le département de la Corse-du-Sud et la Collectivité territoriale de Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Évisa est une commune de montagne corse, dans la microrégion du Sevi in Dentro dont elle est historiquement le chef-lieu, dans l'est du Sevi. C'était une communauté de l'ancienne pieve de Sevenentro, dans l'ancien diocèse de Sagone et l'ancienne juridiction de Vico. La commune est adhérente au parc naturel régional de Corse, dans son « territoire de vie » appelé Dui Sevi[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Serriera, Manso Manso Manso, Albertacce Rose des vents
Serriera,
Ota
N Albertacce
O    Évisa    E
S
Ota, Cristinacce Marignana, Cristinacce Marignana

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Évisa fait partie du « Delà des Monts », ou Corse occidentale ancienne, constituée pour l'essentiel de roches granitiques, par opposition au « Deçà des Monts » ou « Corse schisteuse » au nord-est[Note 1]. Ici, le socle constitué de granites alcalins, a été profondément entaillé par la rivière de Porto, qui en amont, a creusé des gorges vertigineuses (gorges de Spelunca). Les roches granitiques du substrat donnent la série des sols bruns acides, bruns méditerranéens et lithosols. Les sols sont dans l’ensemble peu ou moyennement profonds.

Son territoire s'étale sur les flancs occidentaux de la chaîne principale de l'île, orientée ici dans un axe nord-sud, entre :

  • au nord, un chaînon secondaire partant du cap Senino s'articulant sur la dorsale, à Capu a e Ghiargole (2 105 mètres), culmen communal « à cheval » à la fois sur Manso, Albertacce et Évisa ;
  • au sud, par une arête de montagne partant de Capu a Rughia (1 712 mètres), déclinant vers les gorges de Spelunca et comportant les sommets Capu di Melu (1 559 mètres), Capu Suariccione (ou Turnatoghiu) (1 439 mètres) et Capu d'Orzu (906 mètres).

Entre les deux, se dresse un petit chaînon accroché à la Pointe de Cricche (2 053 mètres) sur la chaîne principale peu au nord-ouest du col de Vergio, puis déclinant jusqu'aux gorges de Spelunca. Ce chaînon comporte les sommets Capu a Cuculla (2 048 mètres), Capu a u Frassellu (1 517 mètres), Capu Rustici (1 331 mètres), Capu di e Querce (1 170 mètres) e Capu Rosso (641 mètres). Il sépare la commune en deux secteurs :

  • le secteur septentrional qui représente la majeure partie du bassin versant du ruisseau de Lonca[2], affluent de la rivière de Porto ;
  • le secteur méridional qui représente le bassin versant du ruisseau d'Aïtone et la partie haute, à l'ubac, de la vallée du ruisseau de Tavulella où est construit le village d'Évisa (829 mètres d'altitude).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Piscines naturelles d'Aïtone

Évisa possède un réseau hydrographique très dense. La rivière de Porto (ou ruisseau de Tavulella[3] jusqu'à sa jonction avec le ruisseau de Lonca) est le principal cours d'eau communal. Une grande partie de son cours sépare au sud la commune d'Évisa des communes de Marignana et de Cristinacce.

Le ruisseau d'Aïtone (ou ruisseau de Vergio en amont)[4] prend naissance sous le col de Vergio (1 478 m). Ce cours d'eau arrose toute la commune jusqu'à environ 600 mètres de sa confluence avec la rivière de Porto. Une faible partie de son cours délimite Marignana et Évisa.

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

La forêt d'Aitone est peuplée de pins laricios, de sapins, de châtaigniers et d'animaux en liberté Au cœur de la vallée des Deux-Sevi qui part du col de Vergio jusqu'à la mer, l'environnement de ce village dévale 1500 mètres de la haute montagne jusqu'à la mer et traverse une forêt (la forêt d'Aïtone), un canyon (gorges de la Spelunca) jusqu'à la plage de Porto. Évisa est le départ de nombreuses randonnées vers la montage via le GR 20 et vers la mer sur le chemin des crêtes et de transhumance des bergers pour aller à Ota, Piana, Serriera, Partinello, les villages de mer de la côte ouest.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

Le principal accès routier est la route D84, qui traverse la commune depuis le col de Vergio au nord-est, jusqu'au pont de Tavulella au sud. Cette route relie la RN 193 à l'est depuis Francardo à la D81 à l'ouest à Porto (Ota (Corse-du-Sud)), via le Niolo. La D84 est une route qui passe par de remarquables sites touristiques : le célèbre défilé de la Scala di Santa Regina (Corscia) à l'est, le col de Vergio (1 478 m) où se dresse l'imposante statue (6 mètres de haut) du Christ Roi du sculpteur Noël Bonardi au centre, et les remarquables gorges de la Spelunca (Marignana) à l'ouest.

L'autre accès majeur est la route D70 (ancienne RN 195), qui rejoint Vico puis Sagone en franchissant le col de Sevi.

Le village d'Évisa est distant, par route, de :

Transports[modifier | modifier le code]

Concernant les principales infrastructures de transports autre que routier, le village se trouve à :

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le village se situe à 900 mètres d'altitude, au-dessus de Ota-Porto, à la lisière de la forêt d'Aïtone. À l'origine village de forestiers, de bergers, de commerçants itinérants et d'artisans, Évisa a, depuis le début du 20e siècle, perdu une partie importante de sa population malgré le développement du tourisme. Il compte 180 habitants en hiver et 600 l'été.

Histoire[modifier | modifier le code]

Si le village d’Évisa est construit selon un plan typiquement corse, il ne présente pas de particularités notables au niveau de l’architecture, ainsi l’église Saint Martin[5] est de construction récente. L'ancienne église piévane Saint-Cyprien[6] du XIe siècle se situait proche de l'actuel cimetière. À voir toutefois, dans les gorges de Spelunca, le pont de Zaglia[7] ou, à Evisa, l’oratoire Saint-Martin ou encore la fontaine du village[8] surmontée d’une statue réalisée par le sculpteur Mariotti en l’hommage de Ferdinand Ceccaldi dit Fiorello (né en 1802 et décédé en 1869), personnalité locale qui fut médecin-général des armées de l’Empereur Napoléon III et qui aurait acquis en 1866 la tour de Girolata et le fortin lorsque l’administration des domaines les avait mis en vente.

Le village était initialement (jusqu'aux 2 ?) formé de deux hameaux[9] :

  • un situé sur la Collizzola, à l'entrée de la Spelunca,
  • l'autre au lieu Poggiolo (petit mamelon) et dominé par une tour (a Torra), ancien hameau dont on distingue encore les fondations.

On peut voir dans les environs : des moulins de torrents, une grotte où se cachait des bandits, un village abandonné entre Évisa et Marignana, le Tasso, des ruines, des piscines naturelles et des cascades, les gorges de la Spelunca.

À 30' de la plage de Porto, à 45 ' des plages de Sagone, Évisa permet d'alterner le plaisir de la plage et celui de la montagne.

Évisa affiche, dans sa devise, sa fierté de village de montagne : Alta tenet evisa[10].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Il y a une épicerie, trois hôtels, quatre cafés restaurants, des auberges, des gites, une menuiserie, des producteurs de charcuterie, de miel, de fromage, d'artisanat de livres (polars, études, poésie, biographie).

En juillet et août, Évisa vit au rythme des promenades en montagne et en forêt, de baignades dans les torrents, les rivières, la mer, du pastis et des discussions sous les tilleuls des cafés, des places, des terrasses. C'est un site prisé par les randonneurs, les chasseurs de sangliers et de merles à partir de la fin de l'été.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 196 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
525 664 832 994 850 1 186 1 320 1 350 1 370
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 495 761 918 1 027 928 1 089 896 909 894
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
872 833 882 850 831 820 787 612 401
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
336 312 248 257 196 185 182 196 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pont génois de Zaglia

Équipements culturels[modifier | modifier le code]

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Parc naturel régional[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc naturel régional de Corse.

Évisa est une commune adhérente au Parc naturel régional de Corse, dans son « territoire de vie » appelé Dui Sevi[1].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Dominique Andreotti (1868-1963), poète improvisateur avec le pseudonyme de Minicale, né à Évisa, où il vécut. Un de ces poèmes les plus connus est Cuntrastu trà un Curzacciu è un Partinillacciu.
  • Philippe Massoni, ancien préfet de police de Paris et ancien conseiller du président de la République pour la sécurité.
  • Étienne Ceccaldi, magistrat en retraite, ancien président délégué de l'Olympique de Marseille.
  • Mathieu Ceccaldi (1893-1993), auteur d'un dictionnaire corse-français et d'une anthologie de la littérature corse.
  • Daniel Ceccaldi (1927-2003), acteur de cinéma et de théâtre, réalisateur
  • François-Xavier Ceccaldi, ancien préfet de Corrèze, du Tarn, de la Drôme
  • Pierre-Henri Ceccaldi, ancien médecin-chef de la Police nationale
  • Jean-Paul Ceccaldi, auteur de polars
  • Henri Ceccaldi, journaliste corse connu pour sa chronique « Le coin de Diogène » dans le journal bastiais L'informateur
  • Bernard Ceccaldi, directeur du département d'entomologie médico-légale de la gendarmerie nationale
  • André Campana, journaliste-producteur presse-TV, auteur.
  • Hervé Battini, écrivain
  • Pierre Rossi, historien[13]
  • Francois-Antoine Girolami (1839-1919), ancien curé d'Évisa, auteur de différents ouvrages historiques et géographiques sur la Corse.
  • Antoine Benedetti (1915-1994)homme d'affaire, écrivain, donateur du nouveau buste de Fiorrelo Ceccaldi.

Fêtes et loisirs[modifier | modifier le code]

  • La fête religieuse du village est célébrée le 11 novembre, jour de la Saint-Martin, du nom de son église.

Randonnées[modifier | modifier le code]

  • Évisa (850 m) est le point de départ ou d’arrivée du sentier muletier qui traverse les gorges de la Spelunca pour descendre jusqu’à Ota après une belle et facile balade de 3 heures environ (nombreux lutrins expliquant la faune et la flore, les ponts génois dont le « pont de Zaglia »).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Les géologues distinguent ordinairement une Corse occidentale ancienne, constituée pour l'essentiel de roches granitiques et une Corse orientale où dominent les schistes. Ces deux parties sont séparées par la dépression centrale, un sillon étroit au relief adouci dont les sommets les plus élevés ne dépassent pas les 700 m d'altitude, constitué pour l'essentiel de terrains sédimentaires secondaires et tertiaires. Cette dépression coupe l'île du nord-ouest au sud-est, depuis l'Ostriconi jusqu'à Solenzara. À l'ouest de cette ligne, s'élèvent les plus hauts sommets de l'île qui constituent une véritable barrière entre les deux départements actuels. - Daniel Istria in Pouvoirs et fortifications dans le Nord de la Corse, Editions Alain Piazzola Ajaccio 2005 - (ISBN 2-915410-14-3) »
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse Tome I, Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse – Imprimerie et Librairie Veuve Eugène Ollagnier - Bastia, 1888 - disponible sur Gallica.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :