Zorro (série télévisée, 1957)

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Zorro
Titre original Zorro
Genre Aventures Western
Création Johnston McCulley
Production Walt Disney
Acteurs principaux Guy Williams (Zorro / Diego)
Henry Calvin (Sgt Garcia)
Gene Sheldon (Bernardo)
Musique William Lava
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Chaîne d'origine ABC
Nb. de saisons 2
Nb. d'épisodes 80 (+ 2 films-cinéma)
Durée 20 minutes
Diff. originale

Zorro est une série télévisée américaine en 78 épisodes de 25 minutes en noir et blanc (puis colorisés), et 4 épisodes de 50 minutes, créée d'après le personnage éponyme de Johnston McCulley paru sous forme de roman-feuilleton sous le titre de Le Fléau de Capistrano. La série a été produite par les studios Disney et diffusée en noir et blanc entre le et le sur le réseau ABC.

En France, la série a été diffusée pour la première fois à partir du , et a été depuis très souvent rediffusée.

Synopsis[modifier | modifier le code]

John West découpe la série en plusieurs grandes parties[1] avec des épisodes : Zorro contre Monastorio durant les 13 premiers épisodes, puis L'Aigle du 14e au dernier épisode de la première saison, The New Order du 6e au 12e épisode de la saison 2, Amnesty for Zorro du 13e au 19e épisode de la saison 2, et enfin Spark of Revenge du 20e au dernier épisode de la saison 2.

Zorro contre le commandant Monastorio (saison 1, épisodes 1 à 13)

Au début du XIXe siècle, de retour d'Espagne où il faisait ses études, Don Diego de la Vega découvre que Los Angeles est tyrannisée par le commandant de la garnison de cette petite ville de la Californie espagnole. Le jeune noble décide alors de combattre ces abus de pouvoir et prend les armes sous le nom de Zorro (renard en espagnol), un cavalier masqué vêtu de noir monté sur un cheval noir, Tornado… Don Diego est aidé par son fidèle serviteur muet (qui se fait également passer pour sourd), Bernardo.

L'Aigle (saison 1, épisodes 14 à 39)

Don Diego découvre petit à petit un complot pour reprendre les droits de propriété de la Californie détenue par l'Espagne et vendre le territoire au plus offrant. Un mystérieux émissaire, surnommé l'Aigle, serait à l'œuvre.

Monterey (saison 2, épisodes 1 à 6)

Don Diego arrive à Monterey pour donner des fonds d'investissement à un vieil ami de son père, Don Vertugo. Il veut s'assurer avant toute chose de l'honnêteté de celui-ci. En effet, beaucoup de vols d'argent ont lieu sur la route qui mène à Monterrey. Entre temps la fille de Vertugo s'éprend de Zorro et souhaite connaître son identité. Zorro, alias Don Diego, malgré son attirance pour Anna Maria Vertugo, choisit de continuer de défendre l'injustice dans son rôle du cavalier masqué.

The New Order (saison 2, épisodes 7 à 12)

Zorro se lance dans un combat pour libérer Joaquin Castenada, un paysan emprisonné qui s'est rebellé contre l'adjudant Rico et le Capitaine Briones.

Amnesty for Zorro (saison 2, épisodes 13 à 20)

Un curieux cavalier arrive dans la petite bourgade de Los Angeles. Il prend gîte et couvert à l'hacienda de Don Diego à l'insu de celui-ci. Mais ce mystérieux Señor n'est qu'autre que l'oncle de Diego, Don Esteban. Celui-ci ne pense qu'à une seule chose : être très riche sans travailler. Il va œuvrer dans ce sens en courtisant une riche héritière afin de l'épouser. Don Diego et Don Alejandro réfléchissent pour empêcher ce mariage

Spark of Revenge (saison 2, épisodes 20 à 39)

Zorro essaye de réparer l'injustice touchant le paysan Miguel, accusé du meurtre et de l'incendie du ranch de Don Hilario. Anita Cabrillo, une riche jeune fille, a quitté l'Espagne pour la Californie dans l'espoir de retrouver son père. Mais à Los Angeles personne ne semble avoir entendu parler du Señor Cabrillo. Don Diego propose de l'aider dans ses recherches. Joe Crane, un trappeur, vient tout juste de débarquer à Los Angeles. Serviable, il aide Bernardo à se sortir d'une rivière dans laquelle il s'est embourbé avec son chariot. Lorsque Crane se rend à l'auberge pour boire un verre, il fait preuve d'un sans-gêne qui ne tarde pas à le mettre dans l'embarras. Don Basilio a été envoyé à Los Angeles par le roi d'Espagne, afin de récolter des fonds pour la guerre qui sévit en Europe. Il débarque en plein milieu de la fête donnée en l'honneur du sergent Garcia et ne se gêne pas pour interrompre les festivités. Ses méthodes martiales déplaisent à Zorro.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources suivantes : John West[4] et IMDb[2]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source : John West[1] et IMDb[2]

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Don Diego de la Vega (Guy Williams) : fils d'Alejandro de la Vega, un riche propriétaire terrien de Los Angeles. Son père le rappelle d'Espagne, où il effectuait ses études, pour l'aider à lutter contre le commandant Monastorio. Excellent épéiste, il choisit de ne pas défier ses ennemis — dont la plupart sont très puissants — sous son vrai nom, mais de créer un alter-ego, Zorro, qui part défendre les opprimés lorsqu'il n'y a plus d'autre solution. Dans la vie civile, Don Diego se fait passer pour un simple et inoffensif étudiant en lettres afin d'endormir les soupçons qui pourraient peser sur lui. Son principal défi est de tenir secrète l'identité de Zorro.
  • Don Alejandro de la Vega (George J. Lewis) : propriétaire de l'hacienda des De la Vega et engagé pour la défense des habitants de Los Angeles. Sanguin et révolté, il trouve son fils Don Diego trop tiède et oisif et admire secrètement Zorro, avant de découvrir (lors de la seconde saison) que les deux ne font qu'un.
  • Bernardo (Gene Sheldon) : serviteur de Don Diego et, au départ, le seul à connaître son secret. Muet, il se fait passer pour sourd afin de laisser traîner ses oreilles un peu partout et de rendre compte à son maître. Sa malchance l'entraîne parfois dans des situations périlleuses ou cocasses.
  • Sergent Garcia (Henry Calvin) : maladroit, peu intelligent et gros buveur. Il est l'élément comique de la série et apparait comme gentil et somme toute sympathique. Garcia désapprouve souvent les ordres et missions qu'on lui confie, les considérant comme injustes et malhonnêtes. S'il échoue toujours contre lui et bien qu'il rêve de toucher la récompense pour sa capture, il se satisfait plutôt des réussites de Zorro à rétablir la justice et approuve secrètement les actions de ce dernier. Don Diego, dont il est l'ami, se sert parfois de lui pour faire arrêter des hors-la-loi, mais Zorro doit toujours lui donner un coup de main pour qu'il y parvienne.
  • Caporal Reyes (Don Diamond) : Autre personnage comique de la série et principal compagnon du sergent Garcia (bien que ce dernier le rudoie régulièrement). Reyes, faire-valoir de Garcia, n'est pas plus intelligent, ni plus habile que lui à combattre Zorro.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • Commandant Monastorio (Britt Lomond) : il est l'antagoniste principal des épisodes 1.01 à 1.13. Il profite de sa position pour s'emparer des richesses des habitants de Los Angeles en usant tant de son charme que de menaces, réprimant férocement ceux qui s'opposent à lui. Licenciado Pina l'aide dans ses plans. Rusé, il finit par démasquer Zorro, mais se trouve discrédité par une ruse de Bernardo, qui aboutit à son arrestation et celle de Pina par le Vice Roi. Il affronte Zorro à cinq reprises.
  • Oncle Esteban (Cesar Romero) : Frère de la mère (décédée) de Don Diego. Ce dernier et Don Alejandro tentent de remettre ce paresseux doublé d'un escroc dans le droit chemin, mais en vain. Il tente d'épouser une riche héritière pour s'accaparer sa fortune. L'intervention de Zorro fait échouer ce plan et provoque sa fuite.
  • Jose Sebastian Varga (Charles Korvin) : surnommé « L'Aigle », il complote pour prendre le contrôle de la Californie en semant le chaos et en volant des trésors. Il est aidé dans cette tâche par des personnages peu recommandables qui se reconnaissent entre eux par une plume d'aigle qui peut être taillée pour faire passer des messages. S'il est évoqué dès l'épisode 1.14, il n'apparaît qu'au début de l'épisode 1.27 et n'agit véritablement que durant les derniers épisodes de la saison 1, à la fin de laquelle il connaît une mort peu glorieuse. Il tue son complice le comte Kolinko quand il refuse d'honorer leur marché : 30 millions de pesos contre les provinces du sud de la Californie (en particulier Los Angeles). Après avoir été vaincu par Zorro durant la bataille finale, il tente de s'enfuir mais est finalement tué par son bras droit Juan Greco alors qu'il s'apprêtait à abandonner ce dernier (mortellement) blessé par Don Alfredo.
  • Magistrat Carlos Galindo (Vinton Hayworth) : le juge corrompu au service de l'Aigle et personnage antagoniste principal des épisodes 1.14 à 1.26. Après avoir tenté de compromettre un certain nombre de personnalités de la ville, il est tué d'un coup d'épée dans le dos donné par accident par un complice, le « faux mendiant ».
  • Anna Maria Verdugo (Jolene Brand) : fille de Gregorio Verdugo, notable de Monterrey. Elle apparaît dans les épisodes 2.01 à 2.05, où elle est mêlée, malgré elle, à une tentative de détournement de fonds, puis dans les épisodes 2.10 à 2.13. Elle est éprise de Zorro.
  • Le gouverneur de Californie (John Litel) : un homme débonnaire mais têtu qui a tendance à être régulièrement trahi par ses subordonnés.

Liste des commandants (ou capitaines)[modifier | modifier le code]

1re saison :

  • Commandant Monastorio (voir).
  • Capitaine Melindez est un capitaine qui apparaît uniquement dans l'épisode 14 de la saison 1. Il est décrit comme étant bon et juste par Don Alejandro de la Vega, malheureusement il est abattu dès son arrivée par un homme de l'Aigle.
  • Capitaine Ortega apparaît des épisodes 20 à 22. En réalité il a usurpé l'identité du véritable capitaine Juan Ortega, après l'avoir assassiné. Agent sadique au service de l'Aigle, son vrai nom est Sancho Fernandez. Après avoir essayé de tuer Rosa Rita pour éviter d'être démasqué, il tente de s'enfuir avec l'or du Magistrat. Au cours d'un combat sur un toit, Il est tué par Zorro qui provoque sa chute, après qu'il est parvenu à lui arracher son masque. Il affronte Zorro à l'épée à deux reprises et est le premier à parvenir à démasquer Zorro.
  • Capitaine Toledano est le seul capitaine de la série à ne pas être un antagoniste de Zorro ; il apparaît des épisodes 24 à 27.

2e saison :

  • Capitaine Estrado est un capitaine qu'on ne voit pas mais qui est mentionné à plusieurs reprises au début de la saison 2, on ne sait donc rien de lui.
  • Capitaine Briones est un capitaine cruel adorant détruire les marchés de Monterey, il incite d'ailleurs ses soldats à être aussi cruels que lui, son rêve est d'éliminer le jeune révolutionnaire Joaquin Castenada. Il n'affronte Zorro à l'épée qu'une seule fois. Après avoir été vaincu par Zorro, il est arrêté et son complice Rico (le gouverneur par intérim), est tué par le Gouverneur.
  • Capitaine Del Guero est un capitaine n'apparaissant que dans l'épisode 11 de la saison 2, c'est un capitaine plutôt sympathique mais vantard, égoïste et se disant irréprochable, il n'hésite d'ailleurs pas à condamner ses accusés sans les avoir fait juger. Il n'affronte Zorro à l'épée qu'une seule fois.
  • Capitaine Mendoza est un capitaine qui ne prend pas directement le contrôle du district mais seconde cette tâche en laissant la place de la direction au señor Basilio. Funeste, sombre, cruel, il n'affronte Zorro à l'épée qu'une seule fois. Il tue accidentellement le señor Basilio (après que ce dernier a découvert que Don Diego est Zorro), alors que, tout à la joie de sa découverte, ce dernier a revêtu le costume de Zorro. Son sort final est inconnu, il est présumé envoyé en prison ou exécuté par le Roi d'Espagne pour son crime.
  • Capitaine Arellanos est un capitaine juste et bon, d'une fidélité sans faille au gouverneur, jusqu'à ce que les rebatos parviennent à le corrompre et à l'entrainer dans un complot visant à tuer le gouverneur, afin qu'il lui succède. Il affronte Zorro à l'épée à trois reprises toujours au même endroit (le patio de l'hacienda des de la Vega) ; la troisième lui est fatale.

Production[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Le est publiée dans la gazette illustrée américaine All-Star Weekly une histoire sous forme de feuilleton nommée Le Fléau de Capistrano (The Curse of Capistrano) écrite par Johnston McCulley. Le personnage de Zorro y apparaît pour la première fois. Très vite, l'histoire sera publiée sous forme de roman en 1924 sous le titre de Le Signe de Capistrano, puis sera republiée sous le nouveau titre de Le Signe de Zorro (The Mark Of Zorro). C'est un très grand succès. Dès 1920, le cinéma muet adapte le roman sur le grand écran avec Le Signe de Zorro, interprété par Douglas Fairbanks. De nombreuses autres adaptations cinématographiques suivront dont la plus célèbre sera le film de 1940 : Le Signe de Zorro (The Mark Of Zorro) avec l'acteur Tyrone Power dans le rôle-titre. En 1950, Mitchell Gertz devient l'agent de Johnston McCulley pour les droits d'adaptation au cinéma et à la télévision. Il essaie de vendre les droits sans succès pendant plusieurs années[3].

Au début des années 1950, Walt Disney a besoin de financer le parc Disneyland en Californie. En 1952, au travers de sa société privée WED Entreprises, Disney achète les droits de plusieurs œuvres pour les adapter à la télévision dont Zorro[3]. En 1954, plusieurs journaux évoquent la production imminente d'une série Zorro par Disney, mais sans épisode pilote, ABC refuse l'adaptation en série télévisée[3]. Disney parvient toutefois à vendre à ABC deux concepts d'émissions dont Disneyland, une émission de type anthologie qui permet de promouvoir le parc tout en réutilisant des éléments du catalogue Disney[6]. Dans le cadre de l'émission Disneyland, et pour identifier la section Frontierland du parc, le studio produit Davy Crockett[7]. La série est un important succès mais elle ne dure que trois épisodes d'une heure[8], ce qui oblige Disney à produire d'autres séries de type Western[4]. Disney propose alors de nouvelles séries à ABC en échange d'investissements supplémentaires, et le projet Zorro ressort des cartons[3].

Débuts mitigés et reprise en main[modifier | modifier le code]

Les premiers épisodes sont tournés sous la direction de Norman Foster qui officie aussi comme scénariste[9] mais sans véritable succès télévisuel[4]. Les treize premiers épisodes ne semblent pas avoir de début ou de fin clairement établi et le fait que le générique débute avec « Walt Disney Studio presents » au lieu du traditionnel « Walt Disney presents » devient une des raisons du manque de succès[9].

Walt Disney décide donc d'avoir une ligne directrice dans la série[9]. Il assigne début 1958 Lowell Hawley au poste de scénariste et ce dernier parvient difficilement à assembler les épisodes suivants avec une histoire centrée sur L'Aigle, aidé par le réalisateur Robert Stevenson[9]. L'idée initiale pour les 13 épisodes suivants de la série était que les soldats espagnols n'avaient aucun contact avec leur royaume et donc un usurpateur pouvait user de message secret pour les berner[9]. Cet homme mystérieux se servait d'une plume d'aigle pour cacheter ses messages, idée proposée à Walt Disney qui imagina ensuite l'ombre de la plume projetée sur un mur[9].

Par la suite, la série étant hebdomadaire, le studio a regroupé plusieurs scénaristes pour générer un flux constant d'histoires pour les épisodes[9]. Cinq histoires différentes étaient produites en parallèle avec une obligation pour chaque scénariste de connaître la fin de l'épisode précédent même s'il n'avait pas encore été écrit[10].

Une fois la série repartie sur la bonne voie [du succès] c'est le producteur Bill Anderson qui en assure le suivi, Walt Disney n'intervenant que très rarement, ne regardant ni les scripts ni les rushs et insistant pour qu'il y ait plus d'action[10]. Anderson explique que c'est surtout Roy Oliver Disney, le frère de Walt et responsable financier du studio qui lui demandait des comptes, Walt préférant que ce soit à Anderson plutôt qu'à lui[10].

Tournage et acteurs[modifier | modifier le code]

Pour faire des économies, le studio Disney a décidé de tourner la série en noir et blanc et quatre épisodes à la fois[10]. Le tournage s'est effectué dans les studios Disney de Burbank pour les intérieurs mais aussi le fort et la ville reconstitués dans la partie nord du complexe[11]. Les travaux de construction des décors permanents débutent en juin 1957[3]. Les ouvriers construisent plusieurs bâtiments du village de « Pueblo La Reina de Los Angeles », la caserne de soldats avec ses palissades[3]. La rue comprend une église, une prison, une mairie, une maison avec balcon pour le maire le tout couvert de stuc ou en adobe[10].

Ce sont les premiers décors permanents du studio construit avec un budget de 100 000 USD auxquels s'ajoutent 35 000 USD de fournitures et 30 000 d'accessoires[3]. Ils ont été construits sous la direction de Marvin Aubrey Davis[11]. Ils comprennent une colline artificielle avec une rivière et une cascade en circuit fermé[12]. Les scènes en extérieur ont aussi été tournées au Albertson Ranch[10] à Thousand Oaks.

Bill Cotter mentionne 43 000 USD de frais supplémentaires pour la pré-production[3]. Ces dépenses font de Zorro une série très chère avec un coût moyen de 82 000 USD par épisode d'une demi-heure, à comparer avec l'étude faite par Disney en 1950 et établissant le prix d'un épisode d'une heure à 13 840 USD[3]. Mais la qualité de la série est visible à l'écran et permet de créer l'atmosphère appropriée pour les aventures du héros masqué[3]. La zone de décors, surnommée Zorro Backlot, fut rasée et remplacée en 1997 par un important bâtiment de bureaux nommé Frank Wells Building[13].

Côté scénario et ambiance, Walt Disney s'est très fortement inspiré des films de 1920 et 1940 pour adapter sa série télévisée. Pour le choix de l'acteur qui devait incarner Zorro, le réalisateur de la série Norman Foster hésita entre Britt Lomond (qui jouera le rôle du commandant Monastario) et Guy Williams. C'est finalement sur ce dernier que se portera son choix. Pour compenser un peu le budget de la série, les acteurs devaient parfois tourner des scènes de quatre épisodes différents dans la même journée car elles prenaient place dans le même décor, ce qui de l'aveu de Guy Williams, était perturbant[10],[3].

Le tournage a connu de nombreux aléas dus aux blessures durant les duels, lesquels étaient réalisés avec des épées non mouchetées. C'est l'acteur Tony Russo qui fut le plus sérieusement blessé (à l'œil) lors de la première saison ; le tournage fut interrompu pendant deux semaines. Freddy Cavens était le maître d'armes attitré sur la série, et il avait formé Douglas Fairbanks et Tyrone Power, précédentes incarnations de Zorro[10]. Selon l'acteur Britt Lomond (le commandant Monastario), qui était un véritable escrimeur ayant travaillé avec tous les maîtres d'armes connus de Hollywood, Freddy était pourtant le meilleur dans sa profession. Bien des années plus tard, Guy Williams avouera laconiquement : « On gérait les blessures sur le tournage ». Cela en dit long sur les risques encourus par les acteurs lors des duels.

Le cheval Tornado, fut joué par quatre étalons noirs Quarter horse, différents selon les scènes. Le plus fringant servait aux plans rapprochés, alors que les trois autres, plus robustes, apparaissaient dans les scènes de combat et de poursuite. Le cheval Phantom, un étalon blanc, apparut dans quelques épisodes de la deuxième saison.

Film et arrêt de la série[modifier | modifier le code]

La série devient un succès et le studio reçoit entre 4 000 et 5 000 lettres de fans par mois ce qui le pousse à créer un fan club et une lettre d'information mensuelle[14]. Les magasins reçoivent de nombreux articles à l'effigie de Zorro avec des capes, des masques et même une épée avec une craie au bout[14]. Selon John West c'est la première fois que l'on peut accuser le studio Disney de promouvoir un acte antisocial, une forme de vandalisme, celui de signer avec le Z de Zorro partout de la cuisine aux trottoirs[14]. Le journaliste Will Jones du Minneapolis Morning Tribune évoque ainsi les petits Z faits par ses enfants partout dans sa maison, mais aussi un grand rayant la carrosserie de la Cadillac de Guy Williams[14]. La presse et la télévision ont aussi été éprises par la folie Zorro au point que tous sujets étaient bons, du refus de Guy Williams de parader à cheval dans l'Oregon, au vaccin en forme de Z d'un pédiatre californien évoqué par le magazine Life en passant par le premier baiser du héros titré « Rouge à lèvre pour marquer Zorro » dans le Philadelphia Inquirer[14]. Pour cette scène, pas moins de douze prises ont été nécessaires[14].

À l'instar de la précédente série Disney à succès Davy Crockett (1954 à 1955), le studio Disney regroupe plusieurs épisodes pour les diffuser au cinéma sous la forme d'un long métrage[8]. La même recette fut appliquée à la série Zorro[15] : en 1958 sort donc au cinéma une compilation d'extraits des treize premiers épisodes. Elle sera distribuée dans plusieurs pays, dont la France sous le titre Signé Zorro. Aux États-Unis, ce film ne sera diffusé qu'à l'été 1960[15].

Mais à la fin des années 1950, la chaîne ABC souhaite profiter de l'engouement du public pour les séries de Western, qu'elle avait initiées[16], et demande à Disney d'en produire de nouvelles[17]. Le studio Disney propose plusieurs scénarios à ABC qui les refuse tous ou presque, laissant à Disney l'opportunité d'en faire des films[18]. D'après les souvenirs de Donn Tatum, durant l'une des réunions Leonard Goldenson et Jim Aubrey ont ainsi refusé Quelle vie de chien ! (1959), Monte là-d'ssus (1961) et sa suite Après lui, le déluge (1963)[18], tous des succès au cinéma.

Pour satisfaire ABC, le studio Disney produit d'autres séries Western dont : Elfego Baca, Texas John Slaughter, Le Renard des marais et Daniel Boone[17]. Mais les tensions initiées par les refus d'autres types de séries amènent la chaîne et le studio à se disputer les droits des précédentes productions[17]. Les deux sociétés en arrivent au procès et à user de différents stratagèmes[17]. En mai 1959, Walt déclare à la presse qu'il pense à arrêter l'émission Walt Disney Presents[17] (ex-Disneyland). Fin 1959, Disney arrête la production de Zorro pour officiellement utiliser Guy Williams sur des productions cinématographiques[17]. Les Disney, Walt et Roy, cherchent alors à vendre l'émission The Mickey Mouse Club et Zorro à NBC ou CBS mais ABC argue que le contrat initial lui accorde une exclusivité de sept ans[17]. Le , Disney entame un procès pour invalider le contrat initial invoquant la loi antitrust[17]. La justice donne raison au studio Disney qui cesse alors toute activité avec ABC, au profit de NBC en raison de leur système de diffusion en couleur[17].

Version colorisée[modifier | modifier le code]

Tournée à l'origine en noir et blanc, la série fut colorisée en 1992. En France, la première diffusion de la version colorisée eut lieu à partir du sur TF1. Depuis, la série n'a plus été rediffusée en noir et blanc. Les DVD de la 1re saison comportent seulement la version colorisée. En France, depuis septembre 2008, Zorro est diffusée en version colorisée tous les samedis et dimanches soir sur France 3.

Épisodes[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Le critique de cinéma Leonard Maltin considère que la série, comme le film Signé Zorro (1958) qui en a été extrait, est surtout portée par le comique lié aux personnages de Bernardo et du sergent Garcia[19]. Il note que l'acteur George J. Lewis, qui interprète Alejandro de la Vega, le père de Zorro, avait été la vedette masculine dans Zorro et la Femme au masque noir (Zorro's Black Whip), un film produit en 1944[19]. Le compositeur William Lava avait également composé des œuvres pour ce film[19].

Pour Disney, la série Zorro marque l'arrivée au sein du studio de plusieurs techniciens de cinéma qui participeront, pour la plupart, à de nombreux films jusqu'aux années 1970. On peut citer le décorateur Hal Gausman, le costumier Chuck Keehne[20], le réalisateur Charles Barton, la maquilleuse Pat McNalley mais aussi les assistants réalisateurs Joseph L. McEveety et Arthur J. Vitarelli.

Douglas Brode fait un parallèle entre la relation de Zorro et la señorita Elena Torres[21] et celles dans La Rose et l'Épée (1954) et La Belle et le Clochard (1955) dans lesquels un personnage féminin de noble lignée s'éprend d'un personnage masculin pauvre[22].

Témoignage de Guy Williams sur la série[modifier | modifier le code]

En 1985, un hebdomadaire[23] retrouve Guy Williams dans sa retraite de Buenos Aires et celui-ci déclare au magazine :

« L'idée de jouer quelque chose comme Zorro n'était pas exactement à même de m'emballer outre mesure. Comme tous les gamins, j'ai adoré Errol Flynn et Robin des Bois ; mais à trente ans, c'est difficile. Ce qui me plaisait, en revanche, c'était la certitude que ce feuilleton serait fait dans les meilleures conditions possibles, rien qu'avec des professionnels, parce que tout ce qui se réalisait chez Disney à l'époque était de la plus haute qualité. On ne lésinait sur rien. S'il nous fallait soixante cavaliers, on vous donnait soixante cavaliers. Pas douze qui font le tour du pâté de maison et reviennent trente-six fois. Et puis, il faut dire aussi que j'aimais l'idée de travailler pour Walt Disney, qui a été un héros de ma jeunesse. »

À propos du casting :

« Pour un acteur qui n'a pas l'habitude, c'est très déroutant. Il n'empêche que ça leur a pris six mois pour se décider. Je retournais périodiquement au studio pour de nouveaux tests. Mon avantage, c'est que je me suis tout de suite bien entendu avec Norman Foster, qui devait réaliser la série. De tout le studio, Norman Foster était le seul à tenir tête à Walt Disney. »

À propos du tournage en noir et blanc :

« Norman et moi, on insistait aussi pour que Walt fasse Zorro en couleur. S'il l'avait fait, il y aurait eu dix fois plus de rediffusions aujourd'hui. Mais Walt ne croyait pas en Zorro. Il avait des doutes, à tel point que je me souviens qu'un producteur m'a conseillé de laisser tomber Zorro et miser sur le feuilleton qui allait vraiment casser la baraque : Andy Burnette. Mais qui n'a pas été plus loin que trois épisodes. »

Diffusion[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

La série a initialement été diffusée sur le réseau ABC entre le et le .

En France[modifier | modifier le code]

En France, la série a été diffusée pour la première fois à partir du . Sur les 78 épisodes, seuls 39[24] seront diffusés sur la première chaîne de l'ORTF lors de sa première diffusion. Rediffusion à partir de [25] dans La Une est à vous sur la 1re chaîne de l'ORTF. La série a été rediffusée tout au long des années 1970. Elle revient à partir du dans l'émission Le Disney Channel sur FR3. Rediffusion partielle dans sa version colorisée du [26] au [27] dans Le Disney Club sur TF1. Puis, en intégralité avec la saison 1 du [28] au [29]; et les saisons suivantes du [30] au [31] sur M6. Rediffusion disparate du [32] au [33] sur M6. Et enfin depuis le [34] sur France 3.

Produits dérivés (France)[modifier | modifier le code]

DVD
Disques 45 tours / 33 tours
  • 33 tours : Zorro raconté par Daniel Gélin - Label: Adès ; référence: ST 3950F
  • 33 tours : Signé Zorro - avec Daniel Gélin - D'après le grand film de Walt Disney - Label: Adès ; Référence: ALB. 43
Ouvrage de référence
  • Livre : Zorro, l'emblème de la révolte par Olivier Besombes, Didier Liardet et Michelle Roussel (10 janvier 2015) - Éditions Yris (ISBN 2912215366 et 978-2912215369)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 216-218.
  2. a, b, c et d (en) Zorro sur l’Internet Movie Database
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) Bill Cotter, « Zorro - A history of the series », sur billcotter.com, (consulté le 9 août 2013)
  4. a, b et c (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 218.
  5. [1]
  6. (en) Bill Cotter, The Wonderful World of Disney Television - A Complete History, p. 59
  7. (en) Bill Cotter, The Wonderful World of Disney Television - A Complete History, p. 62
  8. a et b (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 132
  9. a, b, c, d, e, f et g (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 219.
  10. a, b, c, d, e, f, g et h (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 220.
  11. a et b (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 89.
  12. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 90.
  13. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 247.
  14. a, b, c, d, e et f (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 221.
  15. a et b (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 179
  16. James Lewis Baughman, ABC and the Destruction of American Television 1953-1961 in (en) Jeremy Atack, Business Economic and History : Second Series, vol. 12, , 170 p. (lire en ligne), p. 59
  17. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Bill Cotter, The Wonderful World of Disney Television - A Complete History, p. 66
  18. a et b (en) Bill Cotter, The Wonderful World of Disney Television - A Complete History, p. 65
  19. a, b et c (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 180.
  20. « Disney Costumer Chuck Keehne Dies at 86; Founded Disney's Wardrobe Department »,
  21. (en) Douglas Brode, From Walt to Woodstock, p. 45
  22. (en) Douglas Brode, From Walt to Woodstock, p. 44
  23. Télé 7 Jours n°1323, semaine du 5 au 11 octobre 1985, avec Guy Williams en Zorro en couverture et âgé de 61 ans en icône. Interview faite par Philippe Garnier.
  24. Raymond Marcillac, Chronique de la télévision, Bassillac, Éd. Chronique, (ISBN 2-905-96976-8), p. 110
  25. « La Une est à Vous. Samedi est à Vous. Bernard Golay. Guy Lux. Roger Lago. », sur http://www.lemagazinedesseries.com/
  26. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  27. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  28. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  29. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  30. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  31. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  32. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  33. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013
  34. « Fiche Ina.fr », sur ina.fr, consultée le 19 septembre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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