Adobe (brique)

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Logement bâti partiellement en adobe. Rebollar (Cáceres, Espagne).
Construction en adobe de Renedo de Valdavia (Palencia, Espagne). Arc de décharge au-dessus de la porte aussi en adobe.

L'adobe (de l'arabe: الطوبى) est de l'« argile qui, mélangée d'eau et d'une faible quantité de paille hachée ou d'un autre liant, peut être façonnée en briques séchées au soleil. ». Par extension les briques et constructions réalisées avec cette terre[1].

Définitions[modifier | modifier le code]

En français une définition officielle est celle du CNTRL: « Argile qui, mélangée d'eau et d'une faible quantité de paille hachée ou d'un autre liant, peut être façonnée en briques séchées au soleil. ». Par extension les briques et constructions réalisées avec cette terre[2] que l'on pourrait dès à présent nuancé par celle de La Real Academia Española[3]: « Masse d'argile mélangée parfois avec de la paille, moulés en forme de brique et séché à l'air, qui est utilisé dans la construction de parois et de murs. »

L'origine arabe du terme en fait une technique apparentée aux cultures que l'on retrouve autour de la Méditerranée, par extension les traditions hispaniques d'Amérique. Dans d'autres pays d'Afrique par exemple on parlera de banco, et dans beaucoup d'autres pays, probablement les traductions que l'on peut apporter aux expressions « brique» et « terre crue ». Ainsi dans les pays anglo-saxon on peut aussi parler de mud brick et en Italie de Mattone di fango.

De la même façon il existes différentes traditions de brique de terre crue.

Mure en adobe sur basement en pierre dans une maison antique de Burgos, Espagne.

Le terme “adobe”, en castillan, bien qu'avec la graphie “adoves”, apparaît pour la première fois déjà en 1139-1149, dans le “Fuero de Pozuelo de Campos” (aujourd'hui Pozuelo de la Oreden, dans la Province de Valladolid)[4].

En français le terme apparait plus récemment, par glissement du mexicain, dans le Littré de 1872-77 comme étant le « Nom, au Mexique, d'une construction composée de lattes et de terre[5]. ». Ceci ne veut pas dire que la technique était inusitée auparavant. On la retrouve en lorraine où - dit un manuel de 1825 - on construisait aussi avec des briques desséchées au soleil et posées avec un mortier d'argile, l'exécution étant facile et peu coûteuse. « On labourait en plusieurs sens une portion de terre dont la surface est calculée en raison de la dimension du bâtiment à construire; on battait avec une masse cette portion de terre et la forme en surface unie; puis, avec des règles et un tranchant, on coupait cette terre battue en lignes droites, espacées de 8 à 9 pouces, et par d'autres transversales de quatre à cinq pouces de distance. Tous ces carreaux ainsi tracés présentaient un champ couvert de briques. On laissait cette terre bien sécher et prendre le plus de consistance possible, et, après un temps convenable, on enlevait chaque carreau qui présentait alors la forme d'une brique de deux pouces environ d'épaisseur. C'est avec de pareilles briques qu'on élevait un bâtiment, en posant chaque assise, à la manière ordinaire, sur un lit de la même terre délayée en consistance de mortier[6]. »

Cet article s'attache à décrire la pratique des élément de construction, faits d'une masse d'argile (argile et sable) mêlée avec de la paille (mortier de terre), moulée en forme de brique et séchés au soleil; avec lequel on construit les murs de différents bâtiments, appelés « adobe ».

Histoire[modifier | modifier le code]

La citadelle de Bam, avant le tremblement de terre.
Enduit de terre plaqué sur un mur construit en briques de terre crue.
Une maison à Sa'dah, au Yémen.

La technique d'élaboration de l'adobe et son usage sont étendus à l'ensemble du globe, se retrouvant dans de nombreuses cultures que n'ont jamais été mises en contact.

Anatolie

La plus ancienne ville connue, Çatalhöyük, en Anatolie, du VII millénaire avant de Christ, avait ses maisons bâties en adobes.

Égypte

L'Égypte antique a employé fréquemment l'adobe - élaboré avec le limon du Nil - dans la construction de ses maisons, tombes (mastabas), forteresses, et même palais, de la même façon que les égyptiens ont aussi été les premiers en employer la pierre taillée pour ériger temples, pyramides et autres édifications monumentales.

Iran

La plus grande structure construite en adobe était l'Arg-é Bam, la citadelle de Bam en Iran, qui a subi d'importants dommages lors du tremblement de terre du .

Pérou

Au Pérou se trouve la ville d'adobe la plus grande d'Amérique: la citadelle de Chan Chan (1200-1480) appartenant à la culture chimú. Ainsi, quelques chroniques du siècle XVI rapportent que les chefs des tallanos habitaient dans des palais bâtis avec ce matériau[7]. la Huaca del Sol comporte 100 millions de briques

Espagne

En Espagne l'adobe est caractéristique, entre autres des régions sèches de Castille-et-Léon où l'on ajoute de la paille à la terre. Les constructions en adobe sont rafraichie avec une couche de la même argile ce qui donne cet aspect tellement curieux des maisons typiques du Tierra de Campos. L'adobe est aussi d'usage dans les régions semi-désertiques de l'Afrique, l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud (rancho.)

Afrique saharienne

Plusieurs mosquées d'Afrique occidentale sont réalisées en adobe : par exemple à Tombouctou et la Grande mosquée de Djenné au Mali. La plupart des pueblos et des missions du sud-ouest américain sont construits en adobe[8].

En Amérique latine[modifier | modifier le code]

Au Mexique, en Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie, et Argentine et dans le sud et le nord du Chili, les maisons en adobe sont encore le patrimoine de beaucoup de familles pauvres, qui conservent cette tradition depuis des temps immémoriaux. Mêler des herbes sèches (paille et foin) avec l'argile permet une agglomération correcte, une grande résistance aux intempéries et évite que les blocs une fois solidifiés se fissurent. Les blocs sont par la suites agglomérés par de l'argile lors de l'élévation des murs.

Actuellement quelques architectes continuent à utiliser des murs de adobe en combinaison avec des fondations, colonnes et dalles de béton en raison de leurs caractéristiques. Dans de nombreuses villes et villages d'Amérique centrale et du Sud, la construction en Adobe est maintenu vivante, même menacée par les impositions du marché officiel ou par la notoriété qu'il en a été faite lors de tremblements de terre ou relativement à la maladie de Chagas. En Uruguay, l'adobe est une des techniques de construction traditionnelles qui a été progressivement mis à l'écart bien que dans les 20 dernières années il y a eu des expériences à la fois à Montevideo et à l'intérieur du pays.

La réactivation d'une architecture en adobe est largement due aux économies d'énergie que la construction employant ce type de matériau implique généralement. En effet l'adobe possède de bonnes propriétés thermiques, c'est pourquoi la facture d'énergie pour refroidir ou réchauffer les maisons est réduite. Par ailleurs, un des problèmes typiques de l'adobe est son absorption de l'humidité du sol par capillarité, de là la solution assez fréquente d'utiliser une fondation hydrofuge ou imperméable jusqu'à environ un mètre de hauteur au-dessus du niveau du sol. Une telle fondation est habituellement en pierre ou, en béton.

Caractéristiques de l'adobe en Amérique latine[modifier | modifier le code]

Mélange d'adobe.

Pour éviter que l'adobe ne se fissure au séchage, on ajoute à la masse, paille, crin de cheval, foin sec, qui servent d'armature. Les dimensions doivent être telles que le maçon puisse le manier avec une seule main, généralement dans des proportions de 1:2 entre la largeur et la longueur, variant dans son épaisseur entre 6 et 10cm, mesure qui permet un séchage approprié.  Les proportions les plus communes sont de 6 x 15 x 30cm, 10 x 30 x 60cm, 7 x 20 x 40cm; dépendant de la région du monde et ses conditions.

L'eau ramollit la boue séchée, qui doit dès lors être protégée de manière adaptée selon les circonstances: eaux de pluies, infiltrations dues à de mauvaises installations, entretien inapproprié (arrosages extérieurs, etc); La protection élémentaire est de faire des débordements de toiture suffisants sur les côtés du bâtiment d'où provient la pluie et la construction correcte des fondations. L'adobe requiert un entretien continu, qui se fait avec des couches de boues (enduits de boue). Il n' est pas correct de faire cet enduit avec du ciment, puisque la couche résultante est peu perméable à la vapeur d'eau et conserve l'humidité intérieure, de sorte que l'adobe tomberait en morceaux de l'intérieur et pourrait même provoquer le pelage de l'enduit de mortier par détachement du mur. La meilleur solution pour les murs externes est l'enduisage à base de chaux éteinte en pâte, mêlé à de l'argile ou du sable, pour la première couche, et pour la deuxième, seulement de la pâte de chaux et du sable. Pour les parement intérieurs, on peut faire un mélange d'argile, de sable et d'eau, et pour la finition de la terre fine stabilisée par du sable, à laquelle on peut ajouter des imperméabilisants dans l'eau de gâchage.

En pays de main d’œuvre bon marché, l'adobe est très économique; il permet fabriquer soi-même les matériaux pour bâtir sa propre maison. Autrefois, à la morte-saison, au moment où les agriculteurs n'avaient pas de tâches à faire dans le domaine, ils fabriquaient des briques, qu'ils vendaient à qui voulait construire une maison. De là le proverbe espagnol: mientras descansa está haciendo adobes (Tout en se reposant, il fait des briques).

L'adobe, actuellement, se fabrique de façon plus exacte quant à la composition, et comporte l'habitude vingt pour cent d'argile et quatre-vingt pour cent de sable, ceci en fonction de la composition du sol, quand il est plus argileux plus de sable s'agrège, sans agréger de la paille ou d' autres éléments au mélange: les recherches ont montré que l'inclusion de fibres végétales pouvait servir d'attracteur pour les termites et d'autre part, lorsque le séchage de l'adobe sans des fibres se fait à l'ombre, le retrait est moindre.

L'adobe a une grande inertie thermique, en raison des épaisseurs nécessaires pour bâtir, de sorte qu'il sert le régulateur de température interne; Il préserve la fraîcheur en été et la chaleur en hiver.

Face au pisé, qui est semblable mais est mis en œuvre en masse, avec coffrage, l'adobe a l'avantage de requérir beaucoup moins temps de préparation.

Construction d'un mur en adobes.
Enduisage d'un logement rural en terre dans le village Los Ceballos (Paysandú, Uruguay).
Maison en adobe près d' Aldeanueva de la Vera. Cáceres.

Mode constructif en Amérique latine[modifier | modifier le code]

La construction en adobes présente l'avantage de sa similitude formelle, constructive et esthétique avec la brique de champ cuite. En cas de disposition de beaucoup de main d’œuvre, spécialisée ou non, cette technique est bien adaptée en termes de procédés de fabrication qui permet l'intégration de beaucoup de personnes pendant le foulement et le moulage bien qu'il faille garder à l'esprit de contrôler la production en cours, afin de minimiser les variations dimensionnelles des pièces. Les murs d'adobes présentent de très bonnes qualités acoustiques (bon isolant) et thermique en raison des caractéristiques du matériau et des épaisseurs utilisées.

Les désavantages de cette technique sont inhérentes au processus propre de fabrication qui peut être lent puisqu'il requière deux ou trois semaines pour pouvoir utiliser les pièces, dans le cas où la production se fait sur place. Le procédé aussi est dépendant des zones de foulement, séchage et approvisionnement, que commandera la continuité de production, attendant que sèchent les pièces précédemment réalisées. Dès lors, cette technique requiert certaine mises à disposition d'infrastructures afin de pouvoir compter sur des surfaces horizontales et nettes, et des zones protégées pour éviter que l'eau de pluie n'affecte la production.

Les erreurs courantes dans la construction en adobes peuvent être réduites moyennant contrôles de la terre et des stabilisants utilisés, le dimensionnement approprié des pièces et des murs, le dimensionnement approprié de la structure, autant que les fondements, murs porteurs, poutres et piliers, et la protection face à la pluie et à l'humidité naturelle du terrain. Autant les avantages ou désavantages doivent être pris en compte comme les données de la réalité, mais les conditions propres à l’ouvrage seront celles qui détermineront ou non la viabilité des processus.

Construction sismo-résistante en Amérique latine[modifier | modifier le code]

En Amérique Latine il y a des exemples de structures en adobe présentant une grande vulnérabilité sismique, comme il y a eu des comportements inappropriés au devant des forces induites par les tremblements de terre - inclus les tremblements modérés de la terre -, et des effondrements soudains. Ceci a produit un grand nombre de pertes humaines et d'importantes pertes économiques, culturelles et patrimoniales. Un cas concret est le tremblement de terre de la ville de Carthage au Costa Rica en 1910, après lequel s'est vu interdir l'utilisation de adobe dans les constructions du dit pays[9]. Ceci se remarque de manière réitérée en Amérique latine, où l'attention portée au patrimoine, en particulier la terre, se rencontre, en général, sans l'entretien et les soins appropriés . Les principales raisons de l'effondrement et de la vulnérabilité sismique des bâtiments d'adobe est due à l'entretien inexistant, la négligence, les interventions inadéquates sur la structure et surtout les constructions précaires ou ignorantes desu système de construction adéquats, ne tenant pas en compte les caractéristiques de base de la construction, comme le respect des proportions en hauteur et en épaisseur, les proportions appropriées dans le mélange, des mortiers corrects, entre autres.

Le majeur problème pour la réparation, l'entretien et l'exécution correcte des constructions en adobe est la perte des traditions ancestrales, transmise de génération en génération, ceci générant un vide dans la culture constructive, une perte de savoir faire mais aussi des problèmes qui peuvent être fatals, surtout dans le cas des pays à sismicité élevée.

Selon les Normes Argentines pour des Constructions Sismo-résistante: Règlement INPRES - CIRSOC 103: «il existe des matériaux aptes pour réaliser des constructions sûres, et des matériaux inaptes (tels que l'adobe), mais d'aucune façon on peut parler de matériels sismo-résistants»[10].

Cette situation a conduit à ce que les gouvernements et la population en générale ont favorisé la reconstruction avec blocs, briques et béton. Pourtant, ces logements nouveaux, en dehors de perdre leurs qualités thermiques, sont plus coûteux et leur édification en autoconstruction plus difficile. Pour cette raison, beaucoup de centres de recherche et agences de coopération travaillent pour développer des constructions sismo-résistantes en adobe qui soient saines et socialement abordables.

En Colombie et au Pérou se sont développé diverse études et techniques tendant à obtenir pièces en adobe sismo-résistantes, en prêtant un intérêt particulier à la composition et aux dimensionnement optimaux, et qui puisse être utilisé autant dans de nouvelles constructions qu'en réhabilitation[11].

Réparation de constructions en adobe endommagées par le tremblement de terre de 2010 à Vichuquén - Région du Mauléon - Chili.
Enseigne sur une maison en adobe après le tremblement de terre de 2010 à Chanco - Chili.

Au Chili, durant le Tremblement de terre de Santiago de 1985 beaucoup de constructions en adobe ont été sérieusement endommagées et pendant le tremblement de terre du Chili de 2010, diverses constructions de ce matériau se sont abattus ou sont resté gravement endommagées. Des communes comme San Carlos, Yumbel, Santa Cruz, Talca (vieille ville) au Chili, étaient pratiquement à terre en raison de glissements de terrain, parce qu'elle possédaient les bâtiments les plus anciens et les plus vétustes des zones sinistrées. Cependant, beaucoup d'entre eux se sont également effondrés et ont été abandonnées à cause des préjugés générés par les années, en méconnaissance réelle de l'état de ces construction, ce qui a généré un niveau de méfiance élevé dans la population et un préjugé sur le matériau. Certains sont restés stoïques, attendant réparation et d'autres ont déjà réparé, comme à Vichuquén.

Actuellement diverses universités du Chili, organismes d'état, et bureaux privés étudient une façon de rénover l'adobe et lui donner des propriétés sismo-résistantes pour maintenir l'identité culturelle du pays. D'autre part, sont étudiées des stratégies appliquées dans les bâtiments qui se sont maintenus sur pied durant des siècles sans s'abattre, malgré l'immense quantité de tremblements de terre du Chili, pour apprendre des manières de construire traditionnelles et par là faire de bons constructeurs en terre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article est partiellement issu de l'article en espagnol

  1. adobe vient de l'espagnol adobe de l'arabe aṭ-ṭūb (الطوب) : brique de terre séchée. (d'après Définitions lexicographiques et étymologiques de « adobe » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales et (es) « adobe », sur Real Academia Española)
  2. Définition du CNTRL
  3. « Masa de barro mezclado a veces con paja, moldeada en forma de ladrillo y secada al aire, que se emplea en la construcción de paredes o muros. » http://lema.rae.es/drae/?val=adobe adobe sur le site de La Real Academia Española
  4. Fuero de Pozuelo de Campos.
  5. Adobe Dans le Littré
  6. A. Sénac, J. J. Jung. Bulletin des sciences agricoles et économiques : Quatrième section du Bulletin universel des sciences et de l'industrie, Volume 3. 1825 (Consulter en Ligne
  7. Thomas, Hugh (2013).
  8. Samuel Gance. Anton ou la trajectoire d'un père. L'Harmattan, 2013, p.116.
  9. Rodríguez, E. (s.f.
  10. Disaster-Info.net (Normas Argentinas para Construcciones Sismorresistentes: Reglamento INPRES - CIRSOC 103).
  11. Books.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la direction de Claire-Anne de Chazelles, d'Alain Klein et de Nelly Pousthomis, Les cultures constructives de la brique crue. Actes de la table-ronde des 16 et 17 mai 2008, comprenant 35 articles. Echanges transdisciplinaires sur les constructions en terre crue, Éditions de l'Espérou (Ecole nationale supérieure d'architecture de Montpellier),‎ , 501 p. (ISBN 978-2-912261-58-8)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr) fabrication brique adobe : un blog riche en information scientifique et technique sur la construction en terre crue.
  • Terre Construite association Terre Construite: projets de coopération sur l'usage de la terre comme matériau de construction
  • passerelleco.info Article de Passerelle Eco sur une presse pour la fabrication de briques compressées.
  • passerelleco.info Article de Passerelle Eco sur un village de réinsertion par la construction en terre crue.