Speedrun

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Le speedrun est une pratique liée aux jeux vidéo dans laquelle le but est d'atteindre le plus rapidement possible un objectif donné, le plus souvent terminer le jeu[1],[2]. Les jeux vidéo, nécessitant habituellement des heures de jeu pour être résolus, sont alors terminés en quelques minutes avec cette technique.

Pour ce faire, les pratiquants de speedrun (parfois appelés les runners) utilisent la plupart du temps des bugs du moteur de jeu et des raccourcis, notamment dans les maps (niveaux) du jeu pour effectuer un « run » (une course) le plus rapide possible.

Il existe plusieurs façons de réaliser un speedrun, le plus connu étant le « single segment » qui consiste à réaliser un speedrun en une seule fois et sans pause. Il existe aussi le « multi segment » qui consiste à réaliser le speedrun en plusieurs fois, les séquences de jeu étant assemblées par montage vidéo afin de montrer le meilleur gameplay possible. Enfin, le « tool assisted speedrun » qui consiste à configurer un programme (un émulateur et plusieurs autres outils) afin qu'il joue à la place du joueur, permettant ainsi des performances impossibles à réaliser par un humain.

Sur Internet, des sites web spécialisés sont consacrés à ce type de concours, figurant des enregistrements vidéo des meilleures performances en date.

Historique[modifier | modifier le code]

La pratique du speedrun serait née en 1993 à partir de la communauté des joueurs du jeu Doom[3]. En , est créé le site Compet-n[4] pour recenser et conserver les meilleurs temps réalisés à Doom[3], puis à d'autres jeux.

En , des joueurs de Quake créent le site Speed Demos Archive[a] pour sauvegarder les meilleurs temps. Ce site deviendra l'une des références les plus importantes de la pratique du speedrun[3].

Dans les années 2010, on retrouve la plupart des « runs » sur le site Speedrun.com[5].

Catégories[modifier | modifier le code]

Le speedrun est divisé en plusieurs catégories.

Le single segment (segment unique)[modifier | modifier le code]

Parfois appelé « speedrun SS », il est réalisé en un seul et unique segment ; le joueur commence une nouvelle partie dans le jeu et tente de finir celui-ci le plus rapidement possible, sans pause[6].

Le multi segment[modifier | modifier le code]

Il est composé de plusieurs segments qui, mis bout-à-bout par montage vidéo, forment la totalité du run. Le joueur ne finit donc pas le jeu d'une seule traite, mais décompose sa performance en plusieurs segments. Cette méthode permet au joueur de donner à sa performance une plus grande qualité comparé au speedrun « single segment », ou d'en faire un effort collaboratif.

Les individual levels (niveaux individuels)[modifier | modifier le code]

Parfois appelé speedrun IL, et généralement réalisé en un seul segment, chaque run correspond à un niveau du jeu vidéo en question, lorsqu'il se décompose en plusieurs niveaux strictement indépendants les uns des autres, généralement séparés par des écrans de chargement.

Le tool-assisted speedrun[modifier | modifier le code]

Le tool-assisted speedrun (TAS) est réalisé à l'aide d'un émulateur et d'outils inaccessibles à des joueurs standards, comme les fonctions de ralenti et de réenregistrement (re-recording) permettant de recommencer n'importe quel passage du jeu autant de fois que l'on souhaite, et image-par-image.

Ces outils permettent de s'affranchir des limites humaines en termes de compétences et de réflexes. Le joueur peut ainsi exploiter des bogues de programmations, ou des techniques qui ne seraient pas possibles à exécuter en temps réel.

Certains commentateurs assimilent ce type de speedrun à de la triche (nommé cheat dans le jargon des joueurs)[7],[8],[9],[10],[11].

Méthodes[modifier | modifier le code]

Utilisation des bugs du jeu[modifier | modifier le code]

Afin d'optimiser leur itinéraire et d'améliorer leur temps de jeu, les « runners » (ceux qui pratiquent le speedrun) peuvent tirer parti des failles présentes dans certains jeux vidéo. En effet il est parfois possible, grâce à l'utilisation de certains bugs ou de glitches, d'éviter des phases de jeu et ainsi de terminer plus rapidement un niveau ou une portion de celui-ci[12].

Raccourcis[modifier | modifier le code]

Exemples de records[modifier | modifier le code]

Speedruns non assistés[modifier | modifier le code]

Ces records sont tirés du site de référence speedrun.com[13].

  • Alex Kidd in Miracle World en 13 minutes et 15 secondes par Strackel.
  • Dark Souls en 1 heure 4 minutes et 15 secondes en All Bosses[14] et 31 minutes 14 secondes en Any%[15].
  • Deus Ex en 32 minutes et 25 secondes par jelmeree.
  • Final Fantasy X en 10 heures, 6 minutes, 55 secondes par closetowar.
  • Goldeneye 007 : le niveau Dam est connu dans la communauté de speedruns comme étant un des records ayant tenu le plus longtemps[16] : pendant 15 ans, le meilleur temps pour ce niveau était de 53 secondes (atteint par quelques douzaines de personnes). Le record fut battu en 2017 par Karl Jobst, qui réalisa le niveau en 52 secondes le [17],[18].
  • Portal en 6 minutes et 54 secondes par CantEven[19].
  • Ratchet & Clank en 30 minutes et 45 secondes par Franzcorr.
  • Secret of Evermore en 1 heure, 15 minutes et 12 secondes par CrAwEk.
  • Super Mario Bros. en 4 minutes et 55 secondes par tavenwebb2002[20].
  • The Legend of Zelda: The Wind Waker en 1 heure 6 minutes 36 secondes par Demon.
  • Tomb Raider en 57 minutes et 36 scondes par Footi.

Tool-assisted speedruns[modifier | modifier le code]

Ces records sont tirés du site de référence TASVideos.org[21].

Marathons de speedruns[modifier | modifier le code]

Le site historique Speed Demos Archive organise depuis 2010 aux États-Unis des marathons caritatifs de speedrun, les Games Done Quick où des runners se relaient pendant plusieurs jours pour présenter des speedruns de jeux, pendant que les spectateurs font des dons à l'association sponsorisée pendant l'évènement et participent à des concours de donations. À la date de 2020, vingt-cinq marathons de ce type ont été organisés, récoltant plus de 23 millions de dollars au total[23]. Cet évènement est retransmis et commenté en direct en français par une association de speedrunners, la French Restream[24].

À l'image des marathons organisés aux États-Unis, la French Restream a également organisé ses propres marathons de speedrun en France, le marathon « Bourg-la-Run », qui a levé 30 000 € en 2019[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guillemin Rosi, « Le monde des "speedrunners", fous de vitesse du jeu vidéo », sur mondeaccult.blog.lemonde.fr, .
  2. Étienne Chaudagne, « Le "speedrun", excès de vitesse conseillé », sur Le Monde.fr, .
  3. a b et c « Le « speedrun », le jeu vidéo à vitesse grand V », Étienne Chaudagne, Le Monde.fr, 5 septembre 2014.
  4. Article consacré à Compet-n, sur un wiki spécialisé consacré au jeu Doom.
  5. (en) Page d'accueil du site, speedrun.com (consulté le 22 janvier 2020).
  6. « C'est quoi un Speed Run ? », Gameblog.fr, 28 mai 2012.
  7. (en) « Nintendo's cracking down on speedrunning and ROM hacking videos », Joe Parlock, Destructoid, 10 septembre 2015.
  8. (en) « Gamers Divided Over Freakish Feats Achieved With Tool-Assisted Speed Runs », Stephen Totilo, MTV News.com, 17 avril 2006.
  9. (en) « Tool-Assisted Speedruns, and why they're stupid. », Atariage.com, 15 avril 2012.
  10. (en) « How Tool-Assisted Speedrunning Reveals The Inner-Life Of Video Games », Steven Messnern, Rock Paper Shotgun.com, 27 janvier 2016.
  11. (en) « SF Tool-Assisted Combo Rationale », Sonic Hurricane.com (consulté le 14 février 2016).
  12. (en) « Getting Started - SDA Knowledge Base », sur Speed Demos Archive.com (consulté le 3 janvier 2020).
  13. (en) « Page d'accueil du site », sur speedrun.com (consulté le 3 janvier 2020).
  14. « Dark Souls - speedrun.com », sur www.speedrun.com (consulté le 13 mai 2020)
  15. « Dark Souls - speedrun.com », sur www.speedrun.com (consulté le 13 mai 2020)
  16. « How did Karl Jobst Break this 15 Year Old World Record in Speedrunning? | Dam 52 EXPLAINED » (consulté le 10 janvier 2020)
  17. « Dam - GoldenEye 007 - speedrun.com », sur www.speedrun.com (consulté le 10 janvier 2020)
  18. Maxime Claudel, « Speedrun : un joueur fait tomber un record vieux de 15 ans sur GoldenEye », sur Numerama, (consulté le 10 janvier 2020)
  19. (en) « Portal - Out of Bounds in 6m 58s 200ms* by CantEven », sur speedrun.com,
  20. (en) « Super Mario Bros. - Any% in 4m 55s 746ms by tavenwebb2002 », sur speedrun.com, .
  21. (en) « TASVideos - Movies », sur tasvideos.org (consulté le 3 janvier 2020).
  22. (en) SourceRuns, « Portal TAS in 5:13 », sur YouTube.com, .
  23. (en) « All Events -- Index », sur gamesdonequick.com (consulté le 10 janvier 2020).
  24. « LeFrenchRestream », sur lefren.ch (consulté le 10 janvier 2020)
  25. Corentin Lamy, « Au marathon "Bourg-la-Run", trois jours pour terminer 80 jeux vidéo et récolter 30 000 euros », sur Le Monde.fr, rubrique « Pixels », .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]