Bullet time

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le bullet time est un effet visuel au cinéma ou dans une œuvre audiovisuelle, obtenu grâce non pas à une caméra, mais à une batterie d'appareils photo disposés le long ou autour de l'action. Ils sont déclenchés automatiquement, soit en simultané, soit avec un différentiel de temps très court, ce qui permet après numérisation sur un support de montage vidéo de haute définition de donner l'illusion d'une caméra se déplaçant à vitesse normale autour d'une action figée ou ralentie à l'extrême.

La technique doit être rapprochée d'une découverte antérieure du pré-cinéma, la chronophotographie, ainsi nommée par son inventeur, le Français Étienne-Jules Marey, reprise par le Britannique Eadweard Muybridge qui, en 1878, pour démontrer comment s'opère le galop d'un cheval, dispose en ligne une série de douze chambres photographiques déclenchées par des fils tendus sur le passage de l'animal.[1]

Le premier artiste contemporain à utiliser le bullet time est Emmanuel Carlier, dans son œuvre Temps Mort autour de Caro & Jeunet en 1995, montrée lors de la 3e biennale de Lyon[2]. Michel Gondry l'utilisa ensuite dans le clip vidéo Like a Rolling Stone des Rolling Stones qu'il réalisa en 1995 ; en novembre 1994, dans le clip du morceau "The Wild Ones" du groupe Suede (réalisé par Howard Greenhalgh), une forme rudimentaire de la technique, obtenue par l'usage de 6 caméras, peut être observée. En 1997, Michel Gondry l'utilise encore dans une publicité pour Smirnoff.

Elle est utilisée pour la première fois au cinéma dans les films Perdus dans l'espace et Blade.

Cet effet visuel est considérablement popularisé par le film Matrix des Wachowski (1999). Les réalisateurs le baptisent alors « bullet-time photography », autrement dit « le temps d'une balle ». Et c'est John Gaeta (l'homme qui a mis au point cette technique en 1997) qui est recruté comme directeur des effets spéciaux pour Matrix.

Le bullet time est poussé à l'extrême dans les films Matrix Reloaded, et Matrix Revolutions, mais le directeur des effets spéciaux abandonne la technique de la batterie d'appareils photographiques pour celle de la capture de mouvement en 3D, qui permet, grâce un ordinateur dédié, de circuler librement, au gré des désirs du réalisateur, dans le décor dématérialisé avec le corps numérisé — donc lui aussi dématérialisé — des acteurs pendant l'action plutôt que d'être prisonnier d'une seule direction de déplacement, qui est l'alignement des appareils photographiques.

Le bullet time est également popularisé dans les jeux vidéo. En 2001, en particulier le jeu de tir à la troisième personne Max Payne permet pendant une phase de tir de ralentir le mouvement des adversaires, le personnage subjectif restant à vitesse constante (pour la visée uniquement). Deux possibilités s'offre au joueur : soit en pleine action, soit en plongeant (dodge).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]