Sorbus torminalis

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L'Alisier torminal, Alisier des bois ou Sorbier torminal (Sorbus torminalis L. Crantz) est un arbre originaire d'Europe, d'Afrique du Nord et d'Asie Mineure, appartenant au genre des sorbiers, à la famille des Rosacées et à la sous-famille des Maloideae.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un arbre de dimension assez moyenne, pouvant mesurer jusqu'à 33 m en forêt, mais plus souvent entre 20 et 25 m, et 15 à 17 m en situation champêtre.

Avec une croissance relativement lente, le diamètre du tronc peut atteindre 50 à 65 cm en forêt à l'âge de 90-130 ans.

Des spécimens poussant en isolé ayant des circonférences entre 3 et 3,5 m sont attestés, ils auraient une longévité proche des 300 ans.

Son écorce gris brunâtre est fissurée et s'exfolie. Les feuilles sont caduques vert foncé à 5 ou 7 lobes dentés. On le distingue des autres membres du genre Sorbus par ses grandes feuilles raides évoquant celles d'un érable ou un platane[1].

Les fleurs hermaphrodite sont blanchâtres avec de nombreuses étamines. Elles donnent des fruits marron de 15 mm de diamètre comestibles à pleine maturité (après les premiers gels).

Écologie[modifier | modifier le code]

Il entomophile (fleurs pollinisée par les insectes) et zoochore (dispersion des graines par des animaux). Ses fruits sont très appréciés des petits mammifères et des oiseaux, ainsi que du blaireau (Meles meles) qui joue un rôle important dans la dissémination des graines (excréments enterrés contenants les graines).

Il présente une bonne capacité de drageonnage[2] et peut coloniser de petites parcelles sans avoir à passer par le biais du semis.

Habitat et phytosociologie[modifier | modifier le code]

C'est une essence très plastique, qui apprécie des terrains argileux tant calcaires qu'acides, même pauvres (Sologne par exemple). Il préfère les lisières, les clairière et trouées causées par chute d'arbre ou éclaircie, mais on le retrouve aussi en forêt accolé à de gros chênes.

Il est peu abondant et vit de manière dispersée dans la forêt (généralement moins de 10 individus à l'hectare)[2]. On le trouve généralement associé à des chênes, des frênes ou des hêtres, dans le second étage de végétation du fait de sa moyenne aptitude à concurrencer les espèces qui évoluent plus rapidement.

Hybridations[modifier | modifier le code]

En forêt de Fontainebleau, Sorbus torminalis s'est hybridé naturellement avec Sorbus aria et a donné naissance à une nouvelle espèce par apomixie nommée Alisier de Fontainebleau (Sorbus latifolia), espèce endémique connue depuis le XVIIIe siècle.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Organes reproducteurs[3] :

Graine :

Habitat et répartition :

  • Habitat type : bois caducifoliés médioeuropéens, basophiles, oligotrophiles, où il est présent à l'état dispersé.
  • Aire de répartition : européen méridional.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Fruits de l'Alisier torminal

Les baies de l'alisier sont réputées pour leur capacité à traiter les coliques ; l'adjectif latin, torminalis signifie « bon pour les coliques ». Le bois de cette essence forestière relativement peu abondante est recherché et est surtout utilisé en ébénisterie et en lutherie. C'est également l'un des premiers arbres à prendre de belles couleurs d'automne.

Qualités du bois et usage[modifier | modifier le code]

Le bois de l'alisier torminal est dense, lourd, à cœur rosâtre plus ou moins foncé avec un grain très fin lui conférant un beau poli. Malgré sa dureté c'est un bois qui se travaille bien, tout en restant stable.

Ces spécificités lui valent encore aujourd'hui des emplois en lutherie, marqueterie, pour la fabrication d'instruments de précision, de pièces mécaniques...

On l'affectionne pour la production de placages décoratifs, après tranchage, si le bois de cœur est peu coloré[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Johnson & Moore, Collins Tree Guide, (ISBN 0-00-713954-3)
  • (en) Oddou-Muratorio S., Aligon C., Decroocq S., Plomion C., Lamant T., Demesure B., Microsatellite primers for Sorbus torminalis and related species, Mol. Ecol. Notes 1 (2001) 297-299

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tony Russel, Arbre du monde, Londres, Larousse, , 356 p. (ISBN 978-2-03-587199-2), page 255
  2. a et b Barengo N., Rudow A., Schwab P., Favoriser les essences rares au Nord des Alpes Suisses, Chaire de sylviculture, EPFZ, Direction Fédérale des Forêts OFEFP, Zurich, 2001
  3. Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.
  4. L'Alisier torminal, (lire en ligne)
  5. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 20.