Marc-André Selosse

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Marc-André Selosse
Marc-André Selosse.jpg
Biographie
Naissance
(49 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Muséum National d'Histoire Naturelle
Formation
Activité
Biologiste

Marc-André Selosse (né le à Paris) est un biologiste français spécialisé en botanique et mycologie. Il a travaillé sur la symbiose, en particulier dans les domaines de l’évolution et de l’écologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris le 29 mars 1968, Marc-André Selosse poursuit des études secondaires en section scientifique. Il a successivement été élève de l'École normale supérieure de la Rue d’Ulm (1986) où il passe l’agrégation des Sciences naturelles en 1991, puis de l’École nationale des eaux et forêts (1992-1994). Il passe à l’Université Paris-Sud sa thèse de doctorat en biologie (1998) sur la génétique des populations de champignons[1].

D’abord en poste à l’INRA de Nancy dès 1993, puis maître de conférences à l’Université Pierre-et-Marie-Curie en 2000, il passe son Habilitation à diriger des recherches en 2002 à l’Université Paris-Sud. Il devient professeur à l’Université de Montpellier en 2004, où il effectue ses recherches au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive. Il est depuis 2013 professeur du Muséum national d'histoire naturelle à Paris[2], au sein de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité, où il dirige l’équipe « Interactions et évolution végétale et fongique » (INEVEF)[3].

Depuis 2015, il est professeur aux universités de Viçosa (Brésil) et de Gdańsk (Pologne), où il dirige une équipe de recherche[4]. Il est éditeur des revues scientifiques internationales New Phytologist[5], Symbiosis[6], Ecology Letters[7] et Botany Letters[8], ainsi que de la revue de vulgarisation Espèces[9]. Membre du Conseil scientifique de Tela Botanica et du Conseil d’administration de la société française d’orchidophilie[10], il est président de la Société botanique de France[11] depuis 2010 et administrateur de l’Association française d'agroforesterie[12]. Il est membre correspondant de l’Académie d’agriculture de France[13] depuis 2016.

Travaux[modifier | modifier le code]

Recherche[modifier | modifier le code]

Ses travaux, publiés dans plus de 140 articles scientifiques[14],[15], portent sur le rôle écologique et l’évolution des symbioses, notamment celles qui impliquent des micro-organismes[16], et plus précisément sur les mycorhizes, des symbioses entre racines des plantes et champignons du sol[17]. Il a en particulier contribué à découvrir et étudier la mycohétérotrophie, c’est-à-dire la capacité de certaines plantes à utiliser leurs champignons mycorhiziens comme source de carbone[18],[19], expliquant comment ces plantes s’adaptent à l’ombre dans les sous-bois forestiers. Il travaille notamment sur les réseaux mycorhiziens, qui relient les plantes par le biais de champignons partagés, et permettent parfois des échanges nutritifs entre plantes voisines[20].

Spécialiste du rôle des symbioses entre végétaux et champignons dans la colonisation des terres émergées au Dévonien, il a proposé en 2002 l’hypothèse que les Prototaxites, des fossiles dévoniens énigmatiques qui atteignaient parfois plusieurs mètres, soient des lichens géants[21].

Il a mené des recherches sur la truffe du Périgord (Tuber melanosporum), un champignon mycorhizien des arbres, en pilotant un programme national d’étude sur les Bases d’une gestion écologique durable des écosystèmes truffiers (SYSTRUF), financé par l’Agence nationale de la recherche entre 2010 et 2014[22],[23]. Il travaille sur la génétique et la reproduction de la truffe[24].

Enseignement et vulgarisation[modifier | modifier le code]

Marc-André Selosse est formateur d’enseignants du secondaire et responsable pour le Muséum national d'histoire naturelle de la préparation à l’Agrégation des Sciences de la vie - sciences de la Terre et de l'Univers situé à l’Université Paris-Sud[25]. Ses enseignements portent sur la microbiologie (dont la mycologie) et les interactions biologiques (dont la symbiose) avec une perspective écologique et évolutionniste.

Il a participé à plusieurs commissions de programmes d’enseignement pour le collège et le lycée, l’Agrégation ou le CAPES en Sciences de la vie et de la Terre.

Il enseigne depuis 1991 dans de nombreuses universités en France et à l’étranger et aux Écoles normales supérieures de Lyon et de la Rue d’Ulm.

Il a contribué comme directeur scientifique à plusieurs documentaires, dont Les champignons pourront-ils sauver le Monde (Les Films d’Ici, 2013)[26], et à de nombreuses émissions de radio[27].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Symbiose : structures et fonctions, rôle écologique et évolutif, Paris, Vuibert, 2000, 154 p.
  • Jamais seul : ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations, Paris, Actes Sud, 2017, 368 p.

Principaux chapitres d’ouvrages[modifier | modifier le code]

  • M.-A. Selosse, « Les champignons qui nourrissent les plantes : les associations mycorhiziennes », in F. Hallé (ed.) Aux origines des plantes, 2008, p. 266–281. Fayard, Paris.
  • M.-A. Selosse, « Des organismes chimériques : le sexe "lent" des eucaryotes », in P.-H. Gouyon & A. Civard-Racinais (ed.), Aux origines de la sexualité, 2009, p. 46–67. Fayard, Paris.
  • T. Lefevre, F. Renaud, M.-A. Selosse, F. Thomas, « Evolution des interactions entre espèces », in F. Thomas, T. Lefèvre & M. Raymond (ed.), Biologie évolutive, 2010, p. 530-613. De Boeck, Paris.
  • J.W.D. Dearnaley, F. Martos, M.-A. Selosse, « Orchid mycorrhizas: molecular ecology, physiology, evolution and conservation aspects », in B. Hock (ed.) The Mycota IX: Fungal associations, 2nd édition, 2013, p. 207–230 (chap. 12). Springer, Berlin Heidelberg.
  • N.A. Hynson, T.P. Madsen, M.-A. Selosse, I.K.U. Adam, Y. Ogura-Tsujita, M. Roy, G. Gebauer, « The physiological ecology of mycoheterotrophy », in V. Merckx (ed.) Mycoheterotrophy: the biology of plants living on fungi, 2013, p. 297–342 (chap. 8). Springer, Berlin Heidelberg.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marc-André Selosse, Etude de populations de champignons basidiomycetes ectomycorhiziens du genre laccaria, introduits ou spontanes, sous douglas (pseudotsga menziesii), (lire en ligne)
  2. « Décret du 8 février 2013 portant intégration (enseignements supérieurs) - M. Selosse (Marc-André) », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 28 juin 2017)
  3. « Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité - UMR 7205 - Interactions et Evolution Végétale et Fongique », sur isyeb.mnhn.fr (consulté le 8 juillet 2017)
  4. (en) « ORCHIDOMICS or how to understand orchids » (consulté le 28 juin 2017).
  5. (en) « New Phytologist Editorial Board » (consulté le 28 juin 2017)
  6. (en) « Symbiosis Editorial Board » (consulté le 28 juin 2017)
  7. (en) « Symbiosis Editorial Board » (consulté le 28 juin 2017)
  8. (en) « Botany Letters Editorial Board » (consulté le 28 juin 2017)
  9. « Espèce » (consulté le 28 juin 2017)
  10. « Organigramme de la Société Française d'Orchidophilie » (consulté le 28 juin 2017)
  11. « Société Botanique de France » (consulté le 28 juin 2017)
  12. « Composition de l'association française d'agroforesterie » (consulté le 28 juin 2017)
  13. a et b « Académie d’Agriculture de France - présentation de Marc-André Selosse » (consulté le 28 juin 2017)
  14. « Publications de Marc-André Selosse » (consulté le 28 juin 2017).
  15. « Citations de Marc-André Selosse » (consulté le 28 juin 2017).
  16. (en) Anonyme, « Profile: Marc-André Selosse », New Phytologist, vol. 205, no 1,‎ , p. 32-33 (lire en ligne).
  17. (en) M.G.A. Van Der Heijden, F. Martin, M.-A. Selosse et I. Sanders, « Mycorrhizal ecology and evolution: the past, the present and the future », New Phytologist, vol. 205, no 4,‎ , p. 1406–1423 (lire en ligne).
  18. (en) T. Julou, B. Burghardt, G. Gebauer, D. Berviller, C. Damesin et M.-A. Selosse, « Mixotrophy in orchids: insights from a comparative study of green individuals and non-photosynthetic mutants of Cephalanthera damasonium », New Phytologist, vol. 166, no 2,‎ , p. 639-653 (lire en ligne).
  19. (en) F. Martos, M. Dulormne, T. Pailler, P. Bonfante, A. Faccio, J. Fournel, M.-P. Dubois et M.-A. Selosse, « Independent recruitment of saprotrophic fungi as mycorrhizal partners by tropical achlorophyllous orchids », New Phytologist, vol. 184, no 3,‎ , p. 668-681 (lire en ligne).
  20. (en) M.-A. Selosse, F. Richard, X. He et S. Simard, « Mycorrhizal networks: les liaisons dangereuses », Trends in Ecology and Evolution, vol. 11,‎ , p. 621-628
  21. (en) M.-A. Selosse, « Prototaxites: a 400 Myr old giant fossil, a saprophytic holobasidiomycete or a lichen? », Mycological Research, vol. 106,‎ , p. 642-644
  22. « La communauté de recherche lorraine mobilisée pour développer les connaissances sur la truffe », sur nancy.inra.fr, (consulté le 28 juin 2017).
  23. AFP, « Truffe: quand la recherche fondamentale confirme des pratiques empiriques », sur leparisien.fr, (consulté le 28 juin 2017).
  24. CNRS, « L’énigmatique sexualité de la truffe », sur lejournal.cnrs.fr, (consulté le 28 juin 2017).
  25. « L'équipe pédagogique de la Préparation » (consulté le 28 juin 2017).
  26. « Champignons pourront-ils sauver le monde? (Les) » (consulté le 28 juin 2017).
  27. « Biographie et actualités de Marc-André Selosse France Inter », sur France Inter (consulté le 8 juillet 2017)
  28. « Médaille d'argent de l'académie-1999 » (consulté le 28 juin 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Selosse est l’abréviation botanique standard de Marc-André Selosse.

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