Ruscus aculeatus

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Fragon faux-houx

Le Fragon petit-houx (Ruscus aculeatus) est un sous-arbrisseau sempervirent dioïques de la famille des Asparagaceae (ou des Liliaceae, selon la classification classique) poussant dans l'aire méditerranéenne-atlantique.

Nom vernaculaire[modifier | modifier le code]

En français, Ruscus aculeatus se fait appeler fragon faux-houx, fragon petit-houx, fragon piquant, épine de rat, buis piquant, fragonnette, gringon, vergandier ou houx-frelon.

En gallo, son nom est hagun ou hayen selon les prononciations.

Description & confusions possibles[modifier | modifier le code]

Sous-arbrisseau dioïque, sempervirent, dressé, très ramifié et rhizomateux, inférieure à 1 mètre de haut.

Les tiges cannelées portent des Cladodes alternes, ovales, vrillés à la base (la face supérieure vers le bas), terminés par une épine, qui correspond à une feuille réduite n'assurant plus ses fonctions chlorophylliennes[1].

Fleurs verdâtres, de septembre à avril, solitaires ou par deux, à la face supérieure du cladodes, à six tépales (trois grands et trois petits).

Les fruits sont des baies rouges. Les graines sont disséminées par endozoochorie[2].

Confusions possibles avec le Sarcocoque à feuilles de Ruscus (Sarcococca ruscifolia), dont la floraison parfumée a lieu aussi en hiver, et le Fragon à grappes (Danae racemosa), dont les baies sont orangé et en grappes.

Habitat & distribution[modifier | modifier le code]

Bois claires, haies, plutôt sur calcaire.

Ouest, sud et centre de l'Europe[3].

Écologie[modifier | modifier le code]

Nectriella rusci, un champignon de l’embranchement des Ascomycètes, décompose les cladodes morts.[4]

Utilisation[modifier | modifier le code]

Officine & toxicité[modifier | modifier le code]

Au Ier siècle, Dioscoride l'a utilisé contre les calculs de la vessie et les douleurs menstruelles. Au Moyen Âge, on apprécie ses pouvoirs diurétiques. Il entre même dans la composition du célèbre sirop apéritif des cinq racines. La plante tombe pourtant dans l'oubli au début du XXe siècle, avant que des travaux scientifiques ne mettent en évidence de remarquables propriétés sur le système veineux et déclenchent un regain d'intérêt en recherche médicale.

Anti-inflammatoire et antiexsudatif, son emploi est recommandé chaque fois qu'il existe un processus inflammatoire des veines[5]. Le rhizome a, comme les baies en macération, des vertus circulatoires (veinotonique), grâce aux principes actifs qui favorisent la contraction des fibres musculaires contenues dans la paroi des veines ce qui induit une vasoconstriction, d'où le surnom de « plante des jambes légères ». La racine est émolliente. Elle contient un glycoside stéroïdien, la ruscogénine, utilisé dans des pommades pour les hémorroïdes (Ruscorectal) ou les poches sous les yeux (en association avec la quercétine). Elle est souvent récoltée par des nomades.

Le Fragon petit-houx renferme un saponoside et du nitrate de potassium, il est peu toxique et a des propriétés apéritives et fébrifuges.

Comestible[modifier | modifier le code]

Les jeunes pousses sont comestibles, crues ou cuites, comme des asperges sauvages, en revanche les baies sont toxiques.[5]

Symbolique[modifier | modifier le code]

Il est utilisé localement lors de la fête des Rameaux comme substitut aux branches de buis.

Dans le calendrier républicain, le Fragon était le nom attribué au 3e jour du mois de pluviôse[6].

Pratique[modifier | modifier le code]

En Ille-et-Vilaine, il était connu pour des utilisations pratiques. Ainsi il a été vu à la vente aux marchés des Lices durant la dernière guerre, vendu roulé en boule et servant ainsi à récurer le matériel de cuisine allant au feu de cheminée, les pointes des cladodes servant de grattoir.

Un ancien couvreur se rappelle s'en être servi de hérisson pour ramoner : il s'agit alors de lier tête-bêche de nombreuses tiges par le milieu pour fabriquer ce « hérisson ».

En Gironde, il était aussi connu pour des utilisations pratiques. Appelé « gringon » en gascon bordelais, il servait à la fabrication de balais rustiques, il est à l'origine du terme populaire « gringonner », synonyme de « balayer ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Un conte de Noël: Fragon, le petit balayeur », sur sauvagesdupoitou.com,
  2. Philippe Julve, 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004
  3. Davide Streeter, C. Hart-davis, A. Hardcastle, F. Cole & L. Harper, Guide Delachaux des fleurs de France et d'Europe, Paris, Delachaux et niestlé, , 704 p. (ISBN 978-2-603-02501-7), p. 660
  4. (en) « Nectriella rusci, Lechat, Lowen et Gardiennet », sur bioinfo.org.uk,
  5. a et b Gérard Debuigne, François Couplan, Le petit Larousse des plantes qui guérissent, Larousse, , 1029 p. (ISBN 978-2-03-593082-8), p. 397.
  6. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 23.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]