Siège de Lille (1792)

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Siège de Lille (1792)
Description de cette image, également commentée ci-après
Un épisode du siège de Lille, peinture de Watteau de Lille.
Informations générales
Date 29 septembre -
Lieu Lille
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France République française Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Commandants
Jean-Baptiste André Ruault de La Bonnerie[1] Albert de Saxe-Teschen [1]
Forces en présence
10 000 hommes[1] 13 000 hommes
50 canons
12 mortiers

Première Coalition

Batailles

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Guerre du Roussillon
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Coordonnées 50° 38′ 14″ nord, 3° 03′ 48″ est

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Siège de Lille (1792)

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(Voir situation sur carte : France)
Siège de Lille (1792)

Le siège de Lille de 1792 eut lieu du 29 septembre au .

Historique[modifier | modifier le code]

Allégorie relative au siège de Lille en 1792, peinture de Louis Joseph Watteau.

Après que le 20 avril, l'Assemblée législative, sur une proposition du roi Louis XVI, a déclaré la guerre au "roi de Bohême et de Hongrie", cette expression désignant l'empereur du Saint-Empire et ses États, 13 000 Impériaux, commandés par Albert de Saxe-Teschen mettent le siège devant Lille.
Le 20 septembre 1792, les Prussiens sont arrêtés à la bataille de Valmy.

La place de Lille défendue par le général Ruault, secondé par le capitaine du génie, Marescot. La place est investie, le , par le duc Albert de Saxe-Teschen. La droite des assiégeants était commandée par le général Jean-Pierre de Beaulieu, et la gauche par le général Latour.

Des tranchées furent ouvertes à 900 mètres de la place. Les premières partaient du village des Hellemmes, traversaient la route de Tournay, se prolongeaient derrière Fives, s'étendaient jusqu'au faubourg des Malades, et en faisant face à l'ouvrage à corne de la Noble Tour, elles embrassaient les villages de Roubaix, Lannoy et Tourcoing.

Le 29 septembre 1792, le duc de Saxe-Teschen envoie une sommation à la place indiquant qu'il est disposé à épargner la ville contre reddition.
Le général Ruault et André Bonte, maire de Lille, répondent que Lille et ses habitants ont renouvelé leur serment de fidélité à la nation, de vivre libres ou de mourir, et qu'ils ne se rendront pas[2].

Aussitôt que ces réponses furent parvenues au général ennemi, le bombardement commença le lendemain 30 septembre, et le feu se manifesta aux casernes de Fives, à Saint-Étienne et dans divers quartiers de la ville. Celui de Saint-Sauveur surtout devint le foyer d'un vaste incendie. La femme du duc Albert, Marie-Christine d'Autriche s'empressa de venir trouver son mari et d'assister joyeusement à ce spectacle déchirant. On assure qu'elle pointa elle-même plusieurs mortiers sur la ville[3].
Les Impériaux entament, de jour comme de nuit, un violent bombardement qui détruit et incendie des maisons du centre-ville dont l’église Saint-Étienne.

La vieille cité prouva qu'elle n'avait rien perdu de son antique vertu, quand le duc Albert de Saxe-Teschen vint mettre le siège devant elle et y jeta, dans l'espace de neuf jours, trente mille boulets rouges et six mille bombes. La garnison — les quatre mille hommes de Ruault — n'aurait jamais pu suffire à la défense des remparts; mais Lille avait encore six mille gardes nationaux, parmi lesquels figuraient les célèbres canonniers… Les deux capitaines, Ovigneur et Niquet, méritent d'avoir leurs noms inscrits au Livre d'or de la France. Comme on venait annoncer à Ovigneur que sa maison brûlait, il eut un mot héroïque: — Rendons-leur feu pour feu dit-il en montrant les positions autrichiennes[4].

Les habitants ont eu un comportement stoîque sous le bombardement : l'épisode du barbier Maes est resté célèbre.

À bout de munitions et sous la pression des armées révolutionnaires, accourues d'Aire, de Béthune, Saint-Omer et Dunkerque, les Impériaux finissent par lever le siège le 5 octobre après avoir mis la place à feu et à sang.

Plus de deux mille maisons sont détruites ou touchées, le quartier Saint-Sauveur a été ravagé par le feu.

Le 8 octobre 1792, la Convention nationale décréta à cette occasion que « Lille et ses habitants ont bien mérité de la patrie ».

Visible de nos jours[modifier | modifier le code]

La colonne de la Déesse, sur la Grande place, commémore cette victoire de la ville sur ses assiégeants. Elle fut érigée en 1845.

Il reste aujourd'hui de nombreux boulets de canon fichés dans les murs de la ville. On peut en observer dans les bâtiments avoisinant la Chambre de commerce et d'industrie, mais on retrouve la grande majorité d'entre eux à l'intérieur des habitations où ils furent très prisés en tant qu'éléments décoratifs.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Digby Smith, The Greenhill Napoleonic Wars Data Book : Actions and Losses in Personnel, Colours, Standards and Artillery, 1792-1815, Greenhill Books, (ISBN 1-85367-276-9), p. 27
  2. page 33- Le Nord- Octobre 2009
  3. Relation du siège et du bombardement de Valenciennes, en mai, juin et juillet 1793 par A. Texier de La Pommeraye Pièce authentique N°XXVI pages 244-245
  4. François Coppée: l'homme, la vie et l'œuvre (1842-1889) par Mathurin Lescure, A. Lemerre, 1889