Saou (Drôme)

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Saou
Saou depuis la Poupoune.
Saou depuis la Poupoune.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton Dieulefit

Crest-Sud (avant mars 2015)

Intercommunalité Communauté de communes du Val de Drôme
Maire
Mandat
Daniel Gilles
2014-2020
Code postal 26400
Code commune 26336
Démographie
Gentilé Saoniens
Population
municipale
527 hab. (2014 en augmentation de 2,73 % par rapport à 2009)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 38′ 48″ nord, 5° 03′ 46″ est
Altitude Min. 288 m
Max. 1 567 m
Superficie 41,6 km2
Localisation

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Saoû est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saou est située vers le centre du département, à 15 km au sud de Crest, 30 km au sud-est de Livron-sur-Drôme et 37 km au nord-est de Montélimar.

Le village.
Article connexe : Forêt de Saou.
Les trois Becs de la Forêt de Saoû vus du Crestas au-dessus du village d'Espenel.

Les communes limitrophes sont Francillon-sur-Roubion, Soyans et La Répara-Auriples.

Village drômois, Saou est blotti au pied du Roc et d'un synclinal perché très régulier et parmi les plus hauts d'Europe[1]. Il est connu[réf. nécessaire] pour sa forêt, où faunes et flores spécifiques des Alpes et de la Provence se côtoient. Toute l'année, mais surtout à la belle saison, le tourisme de randonnée tient une place notable dans l'économie locale[réf. nécessaire]. Le village de Saou est composé d'anciennes hautes maisons et de grandes tours (l'Aiguille de la Tour) rocheuses à l'arrière-plan.

Économie[modifier | modifier le code]

La bière artisanale Markus est produite dans cette commune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Victime des guerres de religion et des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, Saou garde encore aujourd’hui quelques témoignages de ce passé tumultueux.

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

L’histoire de l’occupation humaine remonte à environ 6 000 ans avec les premiers agriculteurs sédentaires. Des vestiges de cabanes ont été retrouvés au Pas de Lestang, un camp gaulois a été identifié sur la colline de Sissac et de riches villas gallo-romaines au cœur des meilleures terres agricoles dans la plaine du Roubion et vers les collines du bassin de la Vèbre.

C’est pour la chasse que la Forêt de Saou attire les premiers hommes venus des environs, de 1050 à 750 av. J.-C., ils installent leur campement provisoire au passage de la Baume-Hannibal, près des Trois Becs.

Moyen Âge et Temps modernes[modifier | modifier le code]

C’est au cours du Moyen Âge et sous l’Ancien Régime que le village actuel se dessine petit à petit. Il se composait de trois quartiers : le château situé au pied et au sud du Roc, le Bourg de l’Oume et le Bourg des Églises s’étendaient plus bas, de part et d’autre de Vèbre.

Pour son bois ensuite, de 1400 à 1500, les paysans ne cessent de s’installer pour exploiter cette richesse naturelle allant déjà jusqu'à la surexploitation. Pour se cacher ou servir de refuge, la forêt accueille aussi protestants, insurgés, maquisards.

L'abbaye Saint-Thiers de Saoû[2] aurait été fondée au XIIe siècle et était chef de congrégation de chanoines réguliers de saint-Augustin[3] ; elle dépendait du pape et non de l'évêché. Son abbé jouissait du privilège de la crosse et de la mitre. Elle a été entièrement détruite par Raymond de Turenne vers 1385 (les religieux se cachant alors pendant sept années dans une grotte à Roche Colombe), puis entièrement reconstruite et de nouveau détruite lors des guerres de religion pour être de nouveau restaurée. Abbaye puissante et dotée de revenus importants, elle connut son apogée à la veille des guerres de religion, disposant alors de nombreux prieurés dans la région (Cléon d'Andran, Mirmande, Roynac). Son déclin peut être daté de la nomination de Gabriel de Castagnac comme abbé, celui-ci n'y résidant pas. Dès lors, la discipline se relâcha, les revenus diminuèrent. Elle fut alors rattachée au séminaire de Valence[4] par lettres patentes de Louis XIV le 4 avril 1738[5].

Demeure aujourd'hui une petite chapelle montrant des voûtes d'ogives et utilisée comme cabane à outils[6]. Elle est bordée par un canal qui est un canal de dérivation de la Vèbre et dans lequel on trempait les nourrissons pour les rendre forts et vigoureux [1]

Dans le protestantisme, Saou est connue pour avoir été le lieu où la bergère Isabau Vincent commença à prophétiser en 1688, déclenchant à sa suite tous le mouvement des petits prophètes, qui galvanisa la résistance protestante aux persécutions et influa sur la guerre des Cévennes.

Avant la Révolution française, les droits seigneuriaux pouvaient parfois être jalousement protégés par leur propriétaires. C'est ainsi que le chevalier Bonnafau de Presque, détenteur du fief[7], obtient du Conseil d'État un arrêt lui concédant la propriété de la forêt domaniale. Mais il interdit la pratique de tous les droits d'usage traditionnels de la communauté villageoise : bûcherage, pâturage, et défrichement. Ne pouvant espérer gagner un procès, les paysans résistent passivement, en continuant discrètement leurs prélèvements dans la forêt. Lorsque le 11 novembre 1773, un paysan est tué par un garde forestier, l'église villageoise sonne le tocsin, et tout le canton se soulève. Le siège est mis devant le château. La répression n'est que légère[8].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1852, le ministre Crémieux, nouveau propriétaire de la forêt, fait construire un château aux murs roses baptisé « VillaTibur ». Incendié et laissé à l’abandon, le château est rasé en 1971.

Par amour du site, en 1924, le riche député du Haut-Rhin Maurice Burrus qui devient propriétaire de toute la forêt après avoir racheté la part communale de Saou et Francillon entreprend un important reboisement. Il fait construire le circuit touristique de 27 km sur le flanc du synclinal et l’Auberge des Dauphins inspirée du Petit Trianon de Versailles. Inauguré en 1934, ce restaurant de luxe qui obtint deux étoiles sur le Guide Michelin de l'époque, était composé de deux salles décorées de faux marbres et de grands lustres.

Cette forêt qui a compté jusqu’à 130 saisonniers ou permanents abrite désormais deux écogardes chargés, entre autres, de renseigner les randonneurs. Elle est la propriété du conseil départemental de la Drôme. La forêt de Saou est protégée par le classement site naturel classé depuis 1942.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
maire en 1945  ? Joseph Pérassol PCF Président du Comité local de Libération
1975 1989 Henry Fuoc    
1989 1992 Yves Rey    
1992 1995 Henry Fuoc    
1995 2002 Jean-Marc Belle    
2002 2004 Marie-Claude Gresse    
2004 mars 2008 Robert Schott    
mars 2008 en cours
(au 30 octobre 2014)
Daniel Gilles[9] SE Agriculteur

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2014, la commune comptait 527 habitants[Note 1], en augmentation de 2,73 % par rapport à 2009 (Drôme : +3,35 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 600 1 475 1 464 1 497 1 570 1 637 1 552 1 163 1 103
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 011 1 007 945 943 972 868 834 867 870
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
761 768 821 714 616 633 621 506 416
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
419 431 354 364 378 409 491 503 520
2014 - - - - - - - -
527 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Maison forte à Saou.
  • Le château de Lastic est une maison forte qui a été transformée en 1577, et qui est traversée aujourd'hui par la route qui conduit à la forêt de Saoû.
  • Le château d'Eurre est de plan carré sur une cour intérieure flanquée de tours rondes. Il a été démoli en 1586 puis reconstruit au XVIIe siècle.
  • La ferme des Crotes a été reconstruite sur une ancienne maison forte au XVe siècle remaniée au XVIIe siècle.
  • Les ruines de la tour de Célas sont situées sur une éminence.
  • Donjon de Lastic
  • Le temple protestant : situé route de Bourdeaux, construit en 1846.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Isabeau Vincent, bergère protestante (la bergère de Saou) au XVIIe siècle fut la première du mouvement des « petits prophètes » qui se développa ensuite aux Cévennes.
  • Adolphe Crémieux, garde des Sceaux de la 2e et de la 3e République.

Événements et festivals[modifier | modifier le code]

  • Le festival Saoû chante Mozart a été créé en 1989 par l'ancien maire de Saou, Henry Fuoc, il est le seul festival en France consacré au compositeur autrichien. Henry Fuoc a quitté la direction du festival en 2012[14]
  • La fête du picodon, fromage drômois, destinée à le valoriser, a lieu chaque année durant le 3e week-end du mois de juillet.
  • La Foire aux fruits d'hiver est organisée chaque année au mois de novembre. Elle est destinée à la présentation ainsi qu'à la vente de produits de saison et du terroir.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Office du tourisme de Saou, Soyans et Francillon » (consulté le 3 juillet 2014)
  2. Abbé NADAL, Histoire hagiologique ou vies des Saints et des Bienheureux du Diocèse de Valence, M. Aurel, (lire en ligne)
  3. Jean Beyssac, Abbayes et prieurés de l'ancienne France: recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de France. Provinces ecclésiastiques de Vienne, Olms, (ISBN 9783487109244, lire en ligne)
  4. Joseph Cyprien Nadal, Histoire hagiologique, ou Vies des Saints et des Bienheureux du Diocèse de Valence, Aurel, (lire en ligne)
  5. Justin Brun-Durand, Lettre sur l'histoire ecclésiastique du Dauphiné, A. Brun, (lire en ligne)
  6. Revue drômoise, Société d'archéologie et de statistique de la Drôme., (lire en ligne)
  7. Société d'Archéologie et de Statistique de la Drome Valence, Bulletin, (lire en ligne)
  8. Roger Pierre, « Libertés et contraintes des communautés villageoises dans les pays de la Drôme à la veille de la Révolution », Études drômoises, (no)64, mars 1985, p. 20.
  9. Saou sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 30 octobre 2014).
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  14. Jacques Delatour, « Henri Fuoc, inventeur du festival Saoû chante Mozart », sur Études drômoises, revue trimestrielle, n°50, AUED, (consulté le 3 juillet 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Bois et Chrystèle Burgard, Fortifications et châteaux dans la Drôme, éditions Créaphis, 192 p., 2004
  • Revue drômoise, Société d'archéologie et de statistique de la Drôme, vol. 90, 1996, p. 454.
  • Marie-Elisabeth Martin Laprade, Paroisses et communes de France, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, 1981, 557 p.
  • Jean Beyssac, Abbayes et prieurés de l'ancienne France: recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de France. Provinces ecclésiastiques de Vienne, Olms éd., 1999, 268 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]