Saint-Victor-Malescours

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Saint-Victor-Malescours
Saint-Victor-Malescours
Mairie de Saint-Victor-Malescours.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Arrondissement d'Yssingeaux
Canton Deux Rivières et Vallées
Intercommunalité Communauté de communes Loire Semène
Maire
Mandat
Joseph Champavert
2014-2020
Code postal 43140
Code commune 43227
Démographie
Population
municipale
826 hab. (2016 en augmentation de 0,61 % par rapport à 2011)
Densité 57 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 17′ 33″ nord, 4° 18′ 47″ est
Altitude Min. 753 m
Max. 931 m
Superficie 14,47 km2
Localisation

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Saint-Victor-Malescours est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Victor-Malescours est une commune du Massif central située à l'est du Velay, à environ une trentaine de kilomètres de Saint-Etienne.

La commune, située à 880 mètres d'altitude, bénéficie d'un climat dans l'ensemble assez froid mais tempéré, comme la plupart des communes du Velay[réf. nécessaire].

Hameaux[modifier | modifier le code]

  • Chazotte
  • Bonnefont
  • Cellières
  • Faridouay
  • Fleurieu
  • Langellière
  • la Bourlèche
  • la Bruyère
  • la Chazotte
  • la Fauvinière
  • la Garne
  • la Grange du Bois
  • la Mure
  • la Tourette
  • le Fraisse
  • le Mazel
  • le Play
  • le Poyet
  • le Pont de Malzaure
  • le Trève
  • Malescours
  • Malploton
  • Malzaure
  • Montebello
  • Moulin Blanc
  • Moulin Cheval
  • Paravel
  • Planchette
  • Siméon
  • Soleymet
  • Vial

Environnement[modifier | modifier le code]

Le paysage de la région est essentiellement composée de vastes prairies verdoyantes, marquées par le relief. La commune est traversée par la rivière Semène, affluent de la Loire.

L'humidité de la région, la forte présence de l'eau, sont à l'origine de nombreuses zones humides, où le populage des marais côtoie les lychnis flos cuculi, les gentianes pneumonanthes, les potentilles des marais et des graminées comme la molinie bleue et la canche cespiteuse. Elles sont habitées par des grenouilles rousses et des tritons palmés. Parmi les oiseaux, en plus des buses, perdrix, rougequeues, chardonnerets, piverts, bergeronnettes, des éperviers ont été observés. Parmi les araignées, outre l'épeire des roseaux, l'apparition de l'épeire fasciée a été signalée. Les chauve-souris sont également présentes. Le gibier, lapins, lièvres et chevreuils, est apprécié des chasseurs.

En dehors des prairies, les alentours du village sont recouverts de forêts d'épicéas, pour partie plantées en faveur des scieries, menuiseries et autres industries liées à la sylviculture, aujourd'hui presque disparues. Ces forêts sont riches en fruits sauvages (myrtilles, mûres) et champignons. Le climat est relativement tempéré durant l'année, mais peut s'avérer très rude, en raison de l'altitude et des vents parfois violents, notamment la burle. L'hiver est marqué par de longues périodes de neige.

La rivière Semène fait l'objet du « Contrat Rivière » qui a pour but de rétablir l'équilibre biologique. Elle est peuplée par des vairons, loches, goujons et truites farios. Les écrevisses à pieds blancs et l'ombre commun, autrefois présents, ont disparu des eaux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Mentionnée en 1224 comme Ecclesia Sancti Victoris[1][source insuffisante], son nom a évolué au cours des siècles :

  • 1265 : Parrochia Sancti Victoris, Aniciensis diocesis.,[2][source insuffisante] ;
  • 1398 : Parochia S. Victoris de Malis Curtibus[3][source insuffisante] ;
  • 1461 : Parochia S. Victoris de Malas Courtz[4][source insuffisante] ;
  • XVIe siècle : Sainct-Victour-de-Malescours (év.) ;
  • 1793 : Victor[5], Victor-de-Malescours. (le village a perdu l'attribut « saint », Révolution française oblige).

Le nom de cette commune est donc largement issu de celui de l'église locale qui a joué un rôle important pour le développement de ce village. L'édifice actuel présente un intéressant chœur roman avec des chapelles de style gothique[6].

En 1789, Saint-Victor-Malescours faisait partie de la province du Velay, de la subdélégation et sénéchaussée du Puy et archiprêtré de Monistrol-sur-Loire, et était dédiée à saint Victor comme succédant aux droits du prieur de Dunières, l'évêque était collateur[7].

L'histoire écrite de Saint-Victor-Malescours débute en 1138, mais les 14,47 km2 qui constituent la commune ont été habités depuis l'Antiquité. Le climat et la configuration de la commune, avec ses prairies et ses bois, longeant sur 11 km la rive droite de la rivière Semène, ont préfiguré les ressources des habitants.

Les terres acides et pauvres, les nombreuses zones humides, ont conditionné une agriculture d'élevage, plutôt que de culture céréalière. Sauf au lieu-dit Cellières, qui, comme son nom l'indique, constituait le grenier (de seigle) de la commune.

Très vite, la force hydraulique de la Semène a été utilisée et de nombreux moulins à blé virent le jour. Moulin Cheval fut mentionné dès 1363, Faridouay et à Moulin Blanc à partir de 1569. Ce dernier lieu accueille à cette date au moins un moulin à tanner le cuir et un « moulin à Scie »[8] qui est sans doute l'ancêtre des scieries locales mieux connues à partir de 1836.

À partir de 1836, les scieries se développent à Moulin Blanc, au Suc, à Faridouay et au Poyet. Ce fut le début d'une politique de boisement. Au cours du XIXe siècle, avec le développement de l'industrie de la soie et du textile, un moulin à chanvre (Le Poyet), deux foulons (la Planche et Moulin Blanc) et un moulinage (Le Poyet) furent ajoutés aux activités existantes. La proximité de Saint-Étienne, a amené d'autres activités, fournissant des ressources complémentaires aux paysans, souvent très pauvres. En adaptant leurs fermes, ils entrèrent les métiers de la passementerie. En 1846, Saint-Victor comptait 55 personnes qui vivaient de cette occupation (rubanniers, passementiers, tisseurs).

En 1851, Saint-Victor-Malescours avait atteint 1 134 habitants. En 1975, la commune n'en comptait plus que 356 : l'exode rural avait atteint la commune avec le déclin de la passementerie et la mécanisation de l'agriculture. Ils n'étaient pourtant pas partis bien loin, les San-Vitournaires, trouvant du travail dans les mines de Firminy et de Saint-Étienne, ainsi que dans les nombreuses usines qui prospéraient. Souvent, ils gardaient un pied-à-terre dans leur commune d'origine.

Après la Première Guerre mondiale, Saint-Victor était devenue une villégiature recherchée pour les Stéphanois en quête d'air pur. Ils arrivaient dès le mois de juin par cars entiers, doublant le nombre d'habitants pendant la période estivale. L'auberge Robert, le café Souvignet et des locations répondaient à cette demande.

Dans les années 1980, avec l'amélioration des routes et la banalisation de l'automobile, la situation s'est inversée. Nombreux sont les habitants qui ont leur lieu de travail à Firminy et Saint-Étienne.

Activité bois[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1988, la commune a bénéficié d'une politique de boisement, le bois étant une activité plus lucrative que l'agriculture. À ce moment, 25 % de la superficie de la commune était boisée[9] (contre 11,2 % en 1879[10][source insuffisante]). Depuis, les récoltes de bois ont baissé et certaines parcelles sont à l'abandon ou restituées à l'agriculture. La fermeture de la scierie de Régis Peyrard à Vial en 2009, signifie la fin d'une période, même s'il reste encore une scierie en activité à Saint-Victor. Quant à l'abattage du bois, il ne reste actuellement qu'un seul bûcheron sur la commune.

La première mention connue d'une scierie sur la commune de Saint-Victor date de 1569. A cette date, à Moulin Blanc, un certain Gabriel Ploton reconnaît posséder un « moulin à scie », c'est-à-dire une scierie[11]. Les scieries plus modernes apparaissent entre 1816 et 1836 en bordure de la rivière Semène. Elles appartenaient souvent à de grands propriétaires, les meuniers étant de très modestes locataires. Elles étaient actionnées par les forces hydrauliques de la Semène et s'ajoutaient aux moulins à farine de Moulin Blanc, Faridouay, le Suc, le Pont de Malzaure, le Poyet et Vial. Elles fabriquaient surtout du bois pour le « boisage » des mines, des poteaux, la fabrication des navires et pour la charpente.

La motorisation des scies a progressivement sonné le glas des scieries hydrauliques, qui subissaient le contrecoup des périodes d'étiage. La première s'est établie au carrefour de la Garne, activée par un moteur à vapeur. La famille Barnier qui en était propriétaire, durement frappée par la perte de deux de ses fils à la Première Guerre mondiale, a dû arrêter cette activité dès 1918, maintenant seulement le moulin à farine.

Sylvain Mounier, locataire de monsieur Convert au moulin de Faridouay depuis 1930 a installé sa propre scierie à l'entrée du bourg de Saint-Victor-Malescours dans les années cinquante. La scierie fut reprise par son fils André, mort accidentellement en 1967. Celui-ci avait ajouté à l'activité existante le façonnage de bois exotiques pour la menuiserie. En 1973, un autre fils, René, a développé avec sa femme une scierie à la Grange du Bois. S'il continue actuellement la fabrication de bois de charpente, cette activité en forte décroissance ne représente aujourd'hui que 10 % de la production. Son entreprise s'est surtout spécialisée dans la fabrication de palettes et est la seule scierie en activité dans la commune.

En 1965, le père de Régis Peyrard, descendant d'une très ancienne famille de meuniers propriétaires, a déplacé son activité du moulin de Vial sur l'autre rive de la rivière Semène, dans le village de Vial. Cette scierie a suivi toute la filière classique du bois, y ajoutant l'utilisation des bois nobles, pin, sapin, épicéa pour la menuiserie et l'ébénisterie. À cette époque, les menuisiers étaient nombreux dans la région, fabriquant directement les meubles pour les habitants. Ces dernières années l'activité s'est limitée à la fabrication de bois pour des palettes.

À l'heure actuelle, une nouvelle exploitation des forêts voit le jour. Si dans le passé, Saint-Victor était une villégiature recherchée pour les habitants de Saint-Étienne, aujourd'hui il faudra attirer les touristes à la recherche d'air pur et de tranquillité et redécouvrir les forêts comme espace de loisirs. L’Europe, l'État, les collectivités locales s'attachent à lui donner une mission écologique. Il s'agira de prendre en compte les multiples fonctions de la forêt afin de mieux l'exploiter, la protéger et la léguer aux générations futures.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1795 Denis Sovignet    
1795 1832 Jean-Baptiste Sovignet    
1832 1837 André Sovignet    
1837 1862 Jean-Denis Massardier    
1862 1889 Augustin Sovignet    
1889 1903 Aimé Duplay    
1903 1904 Jean-Marie Verot    
1904 1905 Aimé Duplay    
1905 1908 André Royon    
1908 1919 Jean-Marie Verot    
1919 1947 Louis Duplay    
1947 1953 Joseph Souvignet    
1953 1965 Barthelemy Blachon    
1965 1971 Joseph Souvignet    
1971 1989 Paul Fournel    
1989 2001 Jean Fauvet    
mars 2001 En cours Joseph Champavert[12]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[14].

En 2016, la commune comptait 826 habitants[Note 1], en augmentation de 0,61 % par rapport à 2011 (Haute-Loire : +1,08 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7367638889491 0471 0311 1181 0491 134
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0811 0851 042960966940909892891
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
851811835690669614623525533
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
470411356375476673748821826
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le village est construit autour de sa charmante petite église et de son lavoir toujours présent et entretenu. Beaucoup de « petits hameaux » entourent ce bourg, avec des fermes anciennes et d'époque, toujours pimpantes et pleines de vie.

Château du Fraisse[17]: de la gentilhommière du Fraisse se détachent surtout la chapelle et une petite tour. Le Fraisse appartenait à la fin du XVIe siècle à Antoine Drevet qui s'y était retiré. Sa fille apporta le domaine à la famille Duplay, en épousant Marcellin Duplay. Ce sont les descendants qui possèdent toujours le château, rare exemple de tradition patrimoniale ininterrompue. Propriété privée, ne se visitant pas.

Château du Malploton[17] : autrefois appelé Mas Ploton. Du manoir primitif, il reste une tour, trois fenêtres à meneaux et des meurtrières à tir rasant. La partie XIXe siècle est d'inspiration néo-Renaissance. Cette ancienne possession des barons de Saint Didier fut attribuée en dot à Isabelle de Saint Didier lors de son mariage en 1335 avec Henri « Ploton » de Rochebaron. En 1372, la maison forte fut achetée par Jehan Allier en même temps que la terre de la Fressange dont il prit le nom. En 1615, Jehan IV de la Fressange cède le château à son beau-frère Pierre de la Fayolle. Sa veuve le transmet à son fils (né d'un second mariage) Innocent de Soubeyrand. De 1733 à 1782, le château a été la propriété de la famille du Peloux de Saint-Romain. De 1782 à 1889, le château a appartenu à la famille Souvignet. En 1889, Théodore Véron de La Combe acquiert Le Malploton, et le fait rebâtir par l'architecte Vaucanson. Ses descendants possèdent toujours le château. Propriété privée, ne se visitant pas.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Abbé Jacques Massardier, prêtre réfractaire, né à la Bourlèche, Saint-Victor en 1726, mort déporté à Saint-Martin-de-Ré le 22 décembre 1799[réf. nécessaire][18]. Un vitrail dessiné par M. Bory lui est dédié dans l'église.
  • François Peyrard (1759-1822), professeur, érudit et philosophe, connu notamment pour sa traduction des œuvres d'Euclide et Archimède, y est né.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bibl. nat, lat., 12745, p. 405.
  2. Cart. de St Sauveur en Rue, p. 151.
  3. coll. Chaleyer.
  4. Rhône, H.1180.
  5. Saint-Victor-Malescours sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le .
  6. Pierre-Eric Poble, Eglise paroissiale de Saint-Victor-Malescours, dans Régis Thomas (dir.), Eglises de Haute-Loire, Yssingeaux, PHIL'PRINT, , 911 p. (ISBN 9782746682030), p. 683-685
  7. Auguste Chassaing, Dictionnaire topographique du département de la Haute-Loire, 1907.
  8. Pierre-Eric Poble, La citadelle royaliste du Velay "delà les bois", Saint-Etienne, , 271 p. (lire en ligne), p. 153
  9. 100 ans d'agriculture en Haute Loire, chambre d'Agriculture
  10. Archives départementales
  11. Pierre-Eric Poble, La citadelle royaliste du Velay "delà les bois", Saint-Etienne, , p. 153
  12. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 1er octobre 2014).
  13. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  17. a et b Régis Thomas, Châteaux de Haute Loire, édition Watel 1993
  18. Jacques CHAMBE, Jacques et ses intrépides compagnons 2016,


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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