Rue du Faubourg-Poissonnière

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9e 10e arrt
Rue du Faubourg-Poissonnière
Vue de la rue du Faubourg-Poissonnière au niveau de la rue Sainte-Cécile.
Vue de la rue du Faubourg-Poissonnière au niveau de la rue Sainte-Cécile.
Situation
Arrondissement 9e arrondissement 10e
Quartier Saint-Vincent-de-Paul, Porte-Saint-Denis, Rochechouart, Faubourg-Montmartre
Début Boulevard Poissonnière
44 boulevard de Bonne-Nouvelle
Fin 155 boulevard de Magenta
Voies desservies Rue Bergère
rue de l'Échiquier
rue d'Enghien
rue Sainte-Cécile
rue Gabriel-Laumain
rue Richer
rue des Petites-Écuries
rue Ambroise-Thomas
rue Bleue
rue de Paradis
rue des Messageries
rue de Montholon
rue La Fayette
rue de Bellefond
rue d'Abbeville
rue de Belzunce
rue de Maubeuge
rue Pétrelle
rue de Dunkerque
rue du Delta
Morphologie
Longueur 1 408 m
Largeur 11 m
Historique
Ancien nom Chaussée de la Nouvelle-France
Rue Sainte-Anne
Géocodification
Ville de Paris 3538
DGI 3512

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue du Faubourg-Poissonnière
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La rue du Faubourg-Poissonnière marque la limite entre le 9e et le 10e arrondissement de Paris, principale voie de l'ancien quartier du Faubourg Poissonnière.

Elle fermait à l'ouest l'enclos Saint-Lazare et la couture des Filles-Dieu.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

La rue du Faubourg-Poissonnière doit son nom au fait qu'elle traversait le hameau situé à l'extérieur de la porte de la Poissonnerie du mur d'enceinte tracée dans l'alignement de la rue des Poissonniers au nord et de la rue Poissonnière au sud, elle formait une partie du chemin des Poissonniers. Le faubourg est primitivement un quartier « fors le bourg » (de l'ancien français « fors », issu du latin foris « en dehors » et de borc, bourg, forsborc vers 1200, forbours vers 1260[1]).

Historique[modifier | modifier le code]

Indiqué sur le plan de Gomboust en 1652, il porta au XVIIe siècle le nom de chaussée de la Nouvelle-France à cause de la caserne de ce nom bâtie en 1722 sur le lieu dit La Nouvelle-France, endroit de Paris où, sous Louis XV, on forma une nouvelle population après l'épuration faite par le lieutenant de police La Reynie des malfaiteurs qui l'habitaient précédemment.

Elle pris en 1660 le nom rue Sainte-Anne, en raison d'une chapelle qu'on y avait construite au no 51[2].

Dès 1770 Claude-Martin Goupy spécula au faubourg Poissonnière sur des terrains vendus par la communauté des Filles-Dieu, dont il était l'entrepreneur, jouant un rôle capital dans l'urbanisation du quartier[3].

Chapelle Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Cette chapelle serait située de nos jours à l'emplacement du no 77, entre les rues Bleue et de Montholon.
Le 19 mars 1655, l'abbesse de Montmartre, Marie de Beauvilliers, permit à Roland de Bure, marchand confiseur, d'ériger en chapelle une maison qu'il possédait dans ce faubourg. Il la céda à l'abbaye en 1656. Le 25 juillet 1757, la chapelle Sainte-Anne fut consacrée et l'archevêque permit d'y célébrer la liturgie des Heures, sous condition obligatoire de reconnaitre le curé de Montmartre pour pasteur.
Cette chapelle n'existait plus au commencement du règne de Louis XV mais donna néanmoins son nom au faubourg qui fut alors dénommé faubourg-Sainte-Anne.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • nos 15-17 Central téléphonique Bergère également appelé Provence construit en 1911-1914 par l’architecte François Le Cœur[5],[6].
  • Classé monument historique no 30 Hôtel Benoît de Sainte-Paulle, également connu comme hôtel Chéret ou Akermann et hôtel Ney[7], construit par Nicolas Lenoir en 1773 pour François Benoît de Sainte-Paulle, spéculateur à l'origine de la création du quartier. Les deux ailes sur cour ont été construites en 1778 par Antoine-François Peyre.
    En 1942 y logeait le bureau d'études de la Société anonyme des usines Farman qui y employa le futur général Jacques Collombet cette année-là en qualité d'ingénieur. L'hôtel est aujourd'hui occupé par des logements sociaux gérés par la régie immobilière de la ville de Paris[8].
  • no 32 entrée d'un passage cocher donnant sur une impasse. Cet ensemble, ou cité, est issu du lotissement réalisé par le sculpteur marbrier Leprince (apparemment François-Robert, issu d'une dynastie de marbriers et d'épouses de marbriers, dont François Leprince, marbrier du roi décédé en 1746, déjà installé dans le quartier Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle). Le terrain avait été acquis par Claude-Martin Goupy en 1771 par bail emphytéotique au couvent des Filles-Dieu. En 1772, Goupy cède ses droits sur ces terrains à Leprince, qui fait réaliser des immeubles entre 1773 et 1776, probablement par son frère, sur l'emplacement des jardins et des quelques longères qui existaient déjà. Le marbrier établit sur place son logement et probablement ses ateliers, sans qu'il soit possible de dire s'il logeait sur rue, ou dans l'un des deux hôtels situés dans l'impasse.
    • L'immeuble sur rue (32bis) est réuni au n° 34 au cours du XIXe siècle pour former un grand immeuble de rapport après reprise complète des ailes de bâtiment en fond de cour. Ce bâtiment a été totalement séparé du reste du lotissement, apparemment dès la fin du XVIIIe siècle. C'est probablement Leprince qui est l'auteur des modèles des panneaux stuqués à motifs antiquisants visible sur la façade sur rue du 32bis, et que dont on peut voir des occurrences sur divers immeubles parisiens de la même période. Il réalisa également sans doute les décors stuqués de même type conservés dans les pièces de réception de l'un des hôtels dans le passage.
    • Le premier hôtel du passage (n°32A) se présente en U en adossement autour d'une cour, sans jardin. Il a été modifié au milieu du XIXe siècle puis surélevé d'un étage au début du XXIe siècle en suivant le style adopté pour les étages inférieurs.
    • Le fond de la cité Leprince est occupé par un second hôtel accessible sous un porche (n°32 bâtiment 1), organisé autour d'une cour. La tradition orale indique que l'atelier de plumasserie des Folies Bergère occupait le 1er étage de l'hôtel au cours du XXe siècle. Ses dépendances consistait en un ensemble d'ailes plaquées contre les mitoyennetés nord, jusqu'à la rue d'Hauteville (le bâtiment 4 en est un vestige). Ces ailes abritait des logements et peut-être des ateliers. Avant la fin du XVIIIe siècle, la moitié donnant sur la rue d'Hauteville a été séparée en construisant une aile transversale (bâtiment 3), fermant ainsi une seconde cour. Sous l'Empire (autour de 1810) le jardin de cet hôtel a été remplacé par un immeuble (bâtiment) le long du passage, afin d'étendre les espaces de l'hôtel initial. Cet immeuble a été séparé du bâtiment 1 autour de 1830 et réaménagé en immeuble de rapport indépendant, toujours dans le style néoclassique. Pour remplacer l'aile qui donnait sur le jardin, un bâtiment industriel (bâtiment 5) a été construit autour de 1900, entre la mitoyenneté et le bâtiment 2. L'intérieur de ce bâtiment a été totalement transformé dans les années 1980 puis en 2012-2013. La cité Leprince constitue un bon exemple de stratification historique dans le cadre du lotissement progressif du faubourg Poissonnière entre 1770 et 1900[9].
  • no 34 plaque à la mémoire du poète Sully Prudhomme né dans cette maison le 16 mars 1839.
  • no 36 façade d'immeuble.
  • no 52 hôtel construit vers 1775 par Claude-Martin Goupy pour le peintre-décorateur Pierre-Hyacinthe Deleuze, de l'Académie de Saint-Luc[10].
  • no 57 Emplacement de l'ancien magasin des décors de l'Opéra qui fut détruit par un incendie en 1894. Le magasin occupait l'emplacement des anciens magasins des Menus-Plaisirs du roi. À cet emplacement la rue Ambroise-Thomas y fut ouverte en 1897.
  • no 64 (Angle de la rue de Paradis) : Emplacement de la porte Sainte-Anne construite en 1645 et détruite vers 1715.
  • n°66-68 Maison d'édition Gustave Prioré, éditions musicales. Vers 18[50]. Gustave Prioré est également compositeur.
  • nos 80-82 La nouvelle caserne de la Nouvelle-France a été construite entre 1932 et 1941 par la ville de Paris. Sur le mur de l'immeuble situé au no 80 de la rue du Faubourg-Poissonnière les sculptures proviennent de l'entrée de la première caserne qui était située à l'actuel no 76[15].
  • no 92 Étienne Calla, mécanicien, élève de Jacques de Vaucanson, installe une fonderie en 1820[16]. C'est la maison Calla qui réalisera les fontes ornementales de l'église Saint-Vincent-de-Paul à la demande de Jacques Hittorff[17]. La fonderie Calla déménagera au nord de l'enclos Saint-Lazare, à La Chapelle, en 1849.
  • no 98 Boris Vian y demeura après son mariage à partir de 1942
  • Classé monument historique no 121 le lycée Lamartine fondé en 1893 sur l'emplacement d'une folie (hôtel particulier) datant du XVIIe siècle rachetée en 1891 par l'Éducation nationale. De nombreux travaux sont faits, mais certaines parties furent conservées telles quelles et classées monument historique (bureau, salon et décor intérieur)[18].
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  • no 138 Emplacement de la fabrique de menuiserie Wallart construite en 1896 ( (immeuble donnant également 45 rue de Dunkerque). Il s'agissait d'un immeuble de trois étages en bois sculpté à ajustage à tenons et mortaises (les ateliers se trouvaient rue du Faubourg-Poissonnière, le porche principal pour le passage des camions s'ouvrait rue de Dunkerque), chef-d'œuvre unique à Paris d'architecture en bois, disparu avec la construction au début des années 1970 de l'immeuble de rapport qui s'y trouve aujourd'hui.
  • no s 157 à 187 : Emplacement des Promenades Égyptiennes un établissement où l'on donnait des fêtes dans le genre de celles du parc de loisirs Tivoli. Ouvertes le 4 mai 1818 elles laissèrent place au jardin du Delta de 1819 à 1824.
  • nos 171-175 : Immeubles sur la rue du Faubourg-Poissonnière de l'ensemble immobilier construit par la compagnie d'assurance La Confiance en 1880, consistant en six immeubles sur cette voie (trois sur rue, trois sur jardin), quatre immeubles sur la rue de Dunkerque (tous sur rue), et un hôtel entouré d'un jardin et pourvu de communs en fond de parcelle.
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Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, 3 vol., 3e édition, Le Robert, 2006
  2. Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments par Félix Lazare,... et Louis Lazare,... 1844-1849 (p. 551/552)
  3. Pascal Étienne, Le Faubourg Poissonnière : architecture, élégance et décor, Paris, Délégation à l'Action artistique de la Ville de Paris, , 312 p., p. 92-108
  4. Source : François Caradec et Alain Weill, Le Café-Concert, Fayard, 2007.
  5. « Central téléphonique «Provence», Central téléphonique "Bergère" », structurae (consulté le 27 mars 2010)
  6. Notice no PA75090001, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Notice no PA00086496, base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Ravalement des façades sur cours et reprise des pans de bois 30-32, rue du Fbg-Poissonnière (10e).
  9. Pascal Etienne, Le Faubourg Poissonnière : architecture, élégance et décor, Paris, Délégation à l'Action artistique de la Ville de Paris, , 312 p.
  10. a, b et c [PDF]Claude Goupy, architecte et seigneur du fief de Meaux à Eaubonne (p. 2)
  11. Notice no PA00086505, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. a, b et c Eusèbe Girault de Saint-Fargeau : Les 48 quartiers de Paris page 196
  13. Connaissance du vieux Paris de Jacques Hillairet page 326
  14. Notice no PA00086487, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. Emplacement de la caserne de la Nouvelle France
  16. Les rues de Paris: Paris ancien et moderne; origines, histoire, monuments, costumes, mœurs, chroniques et traditions; ouvrage rédigé par l'élite de la littérature contemporaine sous la direction de Louis Lurine, et illustré de 300 dessins exécutés par les artistes les plus distingués, Volume 2 (p. 392/393)
  17. [PDF]Histoire de la culture technique et scientifique en Europe (p. 317-318)
  18. Notice no PA00088987, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. C'était à cette époque le no 97
  20. François de Neufchâteau sur le dictionnaire des journalistes (1600-1789)
  21. Guide exposition Le clos Saint-Lazare
  22. Ladvocat : Sur le grand gazomètre de l'usine établie rue du Faubourg Poissonnière, no 97

Bibliographie[modifier | modifier le code]