Boulevard de Magenta

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9e, 10e arrt
Boulevard de Magenta
Vue du boulevard de Magenta.
Vue du boulevard de Magenta.
Situation
Arrondissement 9e, 10e
Quartier Quartier Saint-Vincent-de-Paul quartier de la Porte-Saint-Denis quartier de la Porte-Saint-Martin
Début place de la République
1 rue Beaurepaire
Fin 1 boulevard de Rochechouart
53 boulevard de la Chapelle
Morphologie
Longueur 1 920 m
Largeur 30 m
Historique
Création 1855 et 1859
Dénomination 1855
Ancien nom Rue du Nord
Géocodification
Ville de Paris 5835
DGI 5907

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Boulevard de Magenta
Vue du boulevard de Magenta.

Le boulevard de Magenta est situé dans les 9e et 10e arrondissement de Paris, en France.

Il commence place de la République et 1 rue Beaurepaire, finit 1 boulevard de Rochechouart et 53 boulevard de la Chapelle. Il relie ainsi les extrémités sud-est et nord-ouest du 10e arrondissement.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Par son nom, le boulevard perpétue le souvenir de la victoire remportée par les Piémontais du royaume du Piémont-Sardaigne, et par l'armée française d'Italie, commandée par le général de Mac Mahon et Napoléon III, contre les Autrichiens commandés par Ferencz Gyulai le près de Magenta, en Italie, dans le cadre de la campagne d'Italie de 1859.

La dénomination fautive boulevard Magenta est parfois rencontrée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le boulevard de Magenta est une percée haussmannienne réalisée en 1855 entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et le boulevard de Rochechouart (le boulevard reprend en fait à cet endroit le tracé de la rue du Nord qui faisait partie d'un lotissement de 1827) et en 1859 entre la place de la République et la rue du Faubourg-Saint-Martin.

Décidé initialement par le baron Haussmann afin de devenir la desserte principale de la gare du Nord et sa porte d'entrée majestueuse dans le Paris « moderne », le boulevard de Magenta se peuple d’immeubles haussmanniens aux façades en pierres de taille, murs avec refends et balcon aux deuxième (étage « noble » avant la généralisation de l'ascenseur à la fin du siècle) et cinquième étages, attirant ainsi une population aisée. Les frères Goncourt, dans leur Journal, regrettaient d'ailleurs que ces boulevards rectilignes « ne sentent plus le monde de Balzac ».

Cependant, fuyant la circulation et les nouvelles manufactures qui s’installent à proximités des gares, la bourgeoisie qui, déjà sous Louis XVI, s’était installée à proximité des grands boulevards « historiques » Saint-Martin et Saint-Denis, commence progressivement à s’éloigner du boulevard.

Une chanson de Vincent Scotto, évoque dès 1916 le nouveau côté populaire du boulevard : « Ell' prend l'boul'vard Magenta »[1].

Dans les années 1980, le boulevard a été transformé en axe rouge.

La mairie de Paris décide la réduction de la circulation du boulevard qui est transformé en « espace civilisé »[2] et inauguré en mars 2006 : 300 charmes ont été plantés sur une double rangée, des couloirs de bus ont été aménagés sur la chaussée et des pistes cyclables ont été créées sur les trottoirs. Ce mouvement va à l'encontre des travaux de voirie des années 1960 pendant lesquels les trottoirs avaient été rétrécis et les arbres déplacés vers les façades pour élargir les voies de circulation automobile ; il ne restitue pas non plus l'aspect du boulevard créé par Haussmann, ni l'esprit d'origine[3]. L'état actuel du boulevard ne satisfait ni les piétons, ni les cyclistes, ni les conducteurs deux-roues motorisés, ni les bus et taxis, ni les automobilistes, du fait de sa dangerosité, de la difficulté pour tous d'y circuler et des nombreux conflits d'usage que provoque sa configuration[4]. Il est le deuxième axe le plus accidentogène de Paris après la rue Royale[5].

Stations de métro[modifier | modifier le code]

Gare RER[modifier | modifier le code]

Une gare portant le nom du boulevard est située à l'Est de la gare du Nord. Elle est desservie par la ligne E du RER sous le nom de Magenta, même si elle n'est pas sous le boulevard de Magenta.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • no 3 : C'est là qu'habitait Jacques Bonsergent, premier parisien fusillé (le ) par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • no 5 : Immeuble haussmannien à la cour ouverte donnant sur le boulevard par un porche sculpté par François Théophile Murgey [1], qui travailla à la décoration des appartements de Napoléon III au Louvre.
  • no 6 : Emplacement du Wauxhall, salle de bal populaire à la mode anglaise de style néo-gothique construite en 1785 par les architectes Mellan et Moeench. Le Wauxhall fut détruit lors du percement du boulevard Magenta en 1841. Son souvenir existe encore dans le nom de la ruelle qui débute à cet endroit : la Cité du Wauxhall.
  • no 7 : Immeuble de rapport de 1869 des architectes Jules et son fils Paul Sédille comportant deux médaillons aux symboles maçonniques. Le premier médaillon comporte les mots « Précision et Liberté » entourant une équerre et un compas ; l’autre comporte la mention « Le beau. Le vrai. L’utile » entourant un flambeau.
  • no 10 : Immeuble de rapport de 1869 des architectes Jules et son fils Paul Sédille, à la façade ornée de trois atlantes en gaine sans bras.
  • no 11 : Immeuble de 1887 construit par l'architecte Louis Gauché. Les sculptures allégoriques monumentales de la façade représentant la Science, portant le flambeau du savoir, et l'Industrie, en tenue d'ouvrier avec une roue dentée, sont signées Marsiglier et datées 1879 (et dont les réductions en bronze ont été exposées au Salon de 1880). L'ingénieur Desnos s'y installa ; il était le représentant parisien du rouleau compresseur Bouillant sous la IIIe République et qui avait d'autres maisons de commerces à Londres, Bruxelles et New York.
  • no 19 : Immeuble de 1867-1869 à la façade présentant un décor sculpté à deux consoles, figurant Hercule et le Lion de Némée, construit par l'architecte Paul Sédille, qui y habita. Le sculpteur Henri Chapu (1833-1891) y résida.
  • no 24 : Emplacement du restaurant Véry où l'anarchiste Ravachol a été arrêté le . Pour le venger de la propriétaire qui l'avait dénoncé, les anarchistes y font exploser une bombe le au matin.
  • no 50 : Immeuble haussmannien à la façade décorée de deux cariatides en buste sculpté par Charles Gauthier (1831-1883).
  • no 52 : Immeuble haussmannien construit en 1869 par L. Higonet. C'est là qu'est née et qu'habita Ginette Neveu.
  • no 56 : Immeuble haussmannien construit en 1866-1867 à la façade décorée d'atlantes sculptés par Sébastien Delarue [2], qui travailla au Palais du Louvre

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Minuit, (ISBN 2-7073-1054-9)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ell' prend l'boul'vard Magenta ». Musique de Vincent Scotto ; paroles de Vincent Scotto et Émile Gitral. Éditions Salabert, 1916. Bibliothèque historique de la Ville de Paris
  2. Définition de l'espace civilisé donnée par la Mairie de Paris Consulté le 28 juillet 2008
  3. Les règlements et les pratiques d'époque ne prévoyaient une double rangée d'arbres que si la largeur de la voie est supérieure à 36m dans le cas de trottoirs de 11,5 m (arbre à 5m de la façade d'immeuble, 5m entre arbres, 1,5 m de la rue). Plantations d'alignement. Lefebvre 1897. Guide de l'ingénieur.. J. Nanot 1885.
  4. cf. Olivier Razemon, Le Pouvoir de la pédale, éditions de l'Échiquier, 2014, (ISBN 9782917770597).
  5. Anthony Nataf, « Le boulevard de Magenta toujours aussi décrié et dangereux », 20minutes.fr, 16 juin 2010.
  6. Photo de l'enseigne de l'hôtel par Jacques-André Boiffard dans André Breton, « Nadja », in « Œuvres complètes, tome 1 », Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988, p. 711. http://www.terresdecrivains.com/Sur-les-pas-de-Nadja-et-Andre
  7. http://archiwebture.citechaillot.fr/awt/asso/FRAPN02_DEBGE_BIO.pdf
  8. « Notice no PA00086484 », base Mérimée, ministère français de la Culture.