Parc de loisirs

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Ne doit pas être confondu avec Complexe de loisirs.

Un parc de loisirs est un espace de loisirs permanent situé en plein air et fournissant des activités culturelles, de loisirs et de divertissements.

Typologie[modifier | modifier le code]

On distingue de très nombreux types particuliers de parcs de loisirs qui sont :

  • les parcs de promenade et jardins publics de différentes superficies, aménagés pour une promenade citadine ou jogging dans un espace naturel, avec jardins fleuris, arbres et agrès (balançoires, toboggans) pour les enfants, ou même expositions, concerts publics en plein air dans les kiosques et spectacles (dont ceux de "Guignol"). Exemple : Le Parc floral de Paris ou les parcs londoniens ;
  • les bases de plein air et de loisirs sont des complexes réunissant les éléments de la pratique des sports, nautiques notamment (voile, ski nautique, canoë), en étant souvent situés autour d'un lac, étang ou rivière, ainsi qu'à la lisière d'une forêt, ainsi que les activités de plein air telles que l'équitation, le tennis ou le golf (de terrain ou miniature) ;
  • les parcs aventure, qui peuvent proposer des parcours aventure en forêt, de la tyrolienne, de l'accrobranche, des activités acrobatiques comme le benji-eject, du tir à l'arc... ;
  • les parcs d'attractions proposant des manèges ou attractions se rapprochant de celles d'une fête foraine, mais sédentaires et thématisés avec espaces de loisirs décorés et émaillés de plusieurs spectacles, tels que Disneyland Paris ou Cedar Point ;
  • les parcs de loisirs à thèmes, où le visiteur est immergé dans un thème donné (cinéma, far west, fantaisie...) au moyen notamment de spectacles, de décors, de musique, et d'animations diverses..., tels que le Puy du Fou ;

Plusieurs parcs se regroupent de plus en plus en multi-fonctions pour devenir polyvalents, comme notamment les parcs aquatiques, d'attractions et animaliers, ainsi que les bases de loisirs associant les parcours aventure forestiers.

Évolutions historiques et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le jardin d'amusements[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fabrique de jardin.

Au XVIIIe siècle, certains parcs des domaines royaux se voient aménagés d'attractions permanentes qui ont pour vocation d'amuser et de divertir la cour. En 1734, le « petit parc » du château de Chantilly accueille un jeu de l'oie grandeur nature dont les traces nous sont parvenues. D'autres installations ludiques sont créées à Chamarande et Choisy-le-Roi, également domaines royaux[1]. Mais bien avant l'apparition de machineries, c'est d'abord la nature qui est transformée aux fins de perdre, d'étonner, de surprendre le visiteur : ainsi du labyrinthe de verdure planté à partir de buis, comme on peut en voir au château de Merville (planté vers 1750)[2] ; apparaissent aussi des folies, maisons de plaisance dans les jardins desquels on assiste à la recréation d'univers fantasmés, espaces mêlant végétations et rocailles, comme le désert de Retz, mais, le comble de la « folie », « sont les baraques féeriques de Versailles : constructions légères, en bois, enlevées aussitôt qu'élevées, à l'occasion des bals de la reine ». Elles recréaient, avec les fontaines, les étapes d'un parcours rappelant la Carte de Tendre du jardin modèle du XVIIe siècle[3].

L'impact des foires, fêtes foraines et exhibitions[modifier | modifier le code]

Manège Rapid'Alaska, fête foraine de Gardanne (février 2006).

Selon le Guiness World Reccords, le plus ancien parc permanent encore en activité et dédié aux loisirs et ouvert à tous est Bakken situé au Danemark, inauguré sous cette forme sans doute vers le milieu du XVIIIe siècle : on y comptait dès cette époque de nombreuses attractions et des buvettes[4],[5]. Le deuxième plus ancien parc encore en activité se trouve également au Danemark, ce sont les Jardins de Tivoli inaugurés en 1843 à Copenhague.

Dans l'Europe de la première partie du XIXe siècle, la foire, temporaire mais récurrente, devient un lieu festif, l'occasion pour des forains d'y installer des machines et des attractions : l'une des plus anciennes représentées est sans doute la « Redoute chinoise » appelée aussi « jeu de bague », présente à Paris dès 1781 et décrite par l'artiste Francesco Bellini (1735-1805)[6]. Les expositions internationales deviennent à partir de 1851 — à Londres, Paris, puis Vienne — des lieux qui associent promotion commerciales et industrielles de produits nouveaux et attractions ludiques destinés spécifiquement à attirer les visiteurs qui se retrouvent participants et non plus simples spectateurs. Les carrousels à vapeur, les orgues mécaniques, la photographie, l'électricité vont entrer au service d'attractions de plus en plus élaborées, convoquant l'eau, les feux d'artifice, des jeux de miroir, déguisements et animaux vivants ou empaillés. En même temps qu’elle diffuse les nouveautés de l’ère industrielle, la fête foraine offre à ces populations, victimes de l’industrialisation, une échappée dans un univers de liberté, d’excès et de rêverie baroque. À son apogée à l’ère de « la Belle Époque », la fête foraine apparaît comme le miroir des désirs de tous ceux qui veulent s’émerveiller ou s’encanailler[7].

Du parc au complexe[modifier | modifier le code]

L'un des premiers et des plus anciens parcs modernes à se sédentariser et conçu dans un esprit forain est le Sea Lion Park (1895) puis le Luna Park (1903), tous deux sur Coney Island, ce dernier proposait un parcours ayant pour thème le voyage sur la Lune : l'évolution des deux parcs doit beaucoup à l'exposition Pan-américaine (1901) de Buffalo (New York). Cependant, le concept de parc à thèmes permanent destiné à toutes sortes de publics a été élevé au stade de l'industrie par Walt Disney avec la création du premier Disneyland inauguré en 1955 à Anaheim (Californie). Un temps son conseiller, Ray Bradbury rappelle dans un entretien donné en mars 2005 combien Walt était fasciné par les jardins aménagés à la française, et spécialement par un art de vivre totalement révolu, mêlant Ancien Régime et époque romantique, qu'il souhaitait recréer au sein d'un vaste complexe associant d'autres univers mythiques[8]. Dans un autre entretien, Bradbury compare le parc Disney à « une machine à voyager dans le temps »[9].

Avec Disney, le parc de loisir devient la pièce maîtresse d'un domaine plus vaste pouvant comprendre des hébergements en hôtels, hôtellerie ou hôtellerie de plein air, des commerces, d'autres activités de loisirs en périphérie du parc et parfois même d'autres parcs. On parle alors de complexe de loisirs ou de resort, tels que le Walt Disney World Resort, appartenant au premier groupe mondial dans sa catégorie.

Il existe aussi une différence importante entre un simple parc d'attractions et un parc à thèmes ou parc thématique. Ce dernier comporte une décoration, une architecture/scénographie particulière lui conférant un caractère souvent unique. Ses attractions peuvent être aussi dotées d'une scénarisation particulière devenant ainsi de véritables aventures ou expériences.

La création d'attractions, de parcours, d'univers ludiques de plus en plus complexes a donné aussi naissance à une nouvelle discipline : l'imagineering, en français l'imaginiérie.

La viabilité des parcs de loisirs est assurée lorsque 60 % des primovisiteurs reviennent (clients appelés revisiteurs)[10].

En 2008, un centre culturel ou scientifique et tout ce qui s'y apparente en France ne peut être désigné comme parc de loisirs. Ce terme est communément compris comme parc de divertissements familiaux, ce qui exclut les loisirs purement intellectuels. Veuillez noter l'emploi conscient de l'expression « purement intellectuels » dans la phrase précédente qui souligne l'avènement prochain de parcs de loisirs médiatisant la culture tels que le projet virtuel Spyland ou, dans une moindre mesure, London Dungeon à Londres.

Économie[modifier | modifier le code]

Au niveau mondial[modifier | modifier le code]

En Amérique[modifier | modifier le code]

Principaux parcs de loisirs aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Principaux parcs de loisirs au Canada[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Entre 2006 et 2016, Disneyland Paris est le parc ayant attiré le plus de visiteurs en Europe avec plus de 10 millions de visiteurs par an, selon le classement publié par le Global Attractions Attendance Report établi par la Themed Entertainment Association (TEA). Il est suivi par Europa Park (Rust, Allemagne), avec 5,5 millions de visiteurs annuels et les Jardins de Tivoli (Copenhague, Danemark) qui totalisent 4,7 millions de visiteurs[11].

Principaux parcs de loisirs de France[modifier | modifier le code]

En 2013, la France compte près de 340 parcs d'animations en tout genre et environ 600 parcs de loisirs ou d'attractions pour quelque 20 millions de visiteurs par an[12].

Le Syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels regroupe à lui seul plus de 150 espaces de loisirs à but lucratif.

La France compte un complexe de parcs de loisirs à l'envergure internationale : Disneyland Paris. D'origine privée ou publique, le Parc Astérix, le Puy du Fou et le Futuroscope ont un rayonnement national élargi. Les parcs Walibi, La Mer de Sable, Nigloland, Le Pal ou Bagatelle relèvent d'une fréquentation plus locale.

Les différents parcs aquatiques (Aqualand), le Marineland d'Antibes, certains aquariums (Aquarium de La Rochelle, Océanopolis...), les grands zoos (Thoiry, Palmyre, Peaugres, réserve africaine de Sigean, Beauval), les différents parcours aventure en forêt, les parcs de labyrinthes ou de maquettes (France Miniature, Parc Mini-Châteaux), Vulcania, Terra Botanica ou la cité de l'espace se situent dans une situation intermédiaire. Ils profitent de l'attrait touristique de leur région ou relèvent d’initiatives locales afin de mieux promouvoir, à l'échelle nationale, leur territoire.

Parc de loisirs et représentations[modifier | modifier le code]

Autant les parcs de loisirs se nourrissent de fictions, de rêves et d'utopies, autant servent-ils aussi à des représentations dans la littérature, les productions audiovisuelles, les jeux vidéo, les arts plastiques, etc. L'étude des parcs de loisirs dans l'art et la culture montre que certaines attractions peuvent servir à concevoir des jeux vidéo et des films, que des fictions audiovisuelles prennent pour décor certains parcs eux-même, et qu'enfin, le thème du parc peut devenir un sujet en soi, tant pour des fictions que pour des essais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Archéologie et histoire d’une attraction ludique de plein air du XVIIIe siècle. Le jeu de l’Oie grandeur nature du Petit Parc de Chantilly » par Jean-Louis Bernard, Christian David et Cécile Travers, in Archéopages : Jardins, 37, avril 2013, pp. 32-39lire sur Openedition.org.
  2. « Le Labyrinthe de Merville », historique en ligne.
  3. « Folie (architecture)» , in Encyclopédie universellearticle en ligne.
  4. (en) « Oldest amusement park in operation », notice sur guinnessworldrecords.com.
  5. Gravure de 1755 sur (da) « Bakkens Historie », site officiel de Bakken.
  6. « Jeu de bague, redoute chinoise à Paris », dessin de 1784 sur Gallica (BNF).
  7. « Histoire de la fête foraine », sur Les Pavillons de Bercy - Musées des arts forains, en ligne.
  8. (en) « “Nothing Has to Die” —The Walt Disney-Ray Bradbury Friendship » par Diane Disney Miller, in The Walt Disney Family Museum, 22 août 2017 — en ligne.
  9. (en) Ray « Bradbury Talks About Knowing Walt Disney », vidéo extraite de la chaîne DisneyAvenue.com.
  10. Alain Bédouet, « Le succès des parcs de loisirs en France », émission Le téléphone sonne sur France Inter, 11 avril 2012
  11. Émilie Siguier, « Le marché des parcs d'attractions ne connaît pas la crise », Challenges, .
  12. Guy Lagache, « Parcs d'attractions, fêtes foraines : la bataille des loisirs », émission En quête d'actualité sur D8, , 30 min 55 s.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]