Marché Saint-Germain

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Marché Saint-Germain
Image illustrative de l’article Marché Saint-Germain
Vue du marché Saint-Germain à l'angle des rues Mabillon (à gauche) et Lobineau (à droite).
Situation
Coordonnées 48° 51′ 10″ nord, 2° 20′ 10″ est
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Quartier Odéon (6e arrondissement)
Espace public Halle couverte
Morphologie
Forme Rectangulaire
Histoire
Création 1811

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Marché Saint-Germain

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Marché Saint-Germain

Le marché Saint-Germain est un ancien marché couvert situé à Paris dans le quartier de l'Odéon (6e arrondissement).

Localisation[modifier | modifier le code]

Le marché Saint-Germain a été construit sur un plan rectangulaire de 92 mètres sur 75, encadré par les rues de Seine à l'est, Lobineau au sud, Mabillon à l'ouest et Clément au nord[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Gravure de 1831.

À l'origine, le marché et la foire Saint-Germain dépendaient tous deux de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. En 1511, l'abbé Guillaume Briçonnet fait construire une halle à double comble, qui peut accueillir 300 marchands et qui est détruite dans un incendie en 1762[2].

Sur les plans de Paris en 1760 et 1771, le marché Saint-Germain se situait au niveau de la rue de Bissy (actuelle rue de Montfaucon), tandis que la foire se trouvait entre les rues des Aveugles au sud, du Four et des Boucheries-Saint-Germain au nord, le cul de sac de l'Opéra-comique à l'est et l'extrémité est de la rue Guisarde à l'ouest.

Dans le cadre des projets d'embellissement de Paris entrepris par Napoléon Ier, la construction d'un nouveau marché remplaçant l'ancien marché et la foire, fut décidée par décret en 1811. Le nouveau bâtiment fut érigé entre 1813 et 1817 sur les plans conçus par Jean-Baptiste Blondel (1764-1825), un des architectes favoris de l'Empereur[1]. Celui-ci s'inspira des places publiques italiennes, et proposa la réalisation de 4 galeries entourant un rectangle de 6 900 m2. Ces dernières s'ouvraient par 112 arcades en pierre, aussi bien sur l'extérieur que sur la cour intérieure ornée d'une fontaine avec une statue figurant la Paix. En 1860, à la demande des commerçants, Napoléon III fait couvrir la cour intérieure qui, au fil des ans, fut complétée par l'édification d'une « Maison du Livre » en 1898, puis d'une « Maison des Examens » en 1950[3].

Projets de démolition et sauvetage[modifier | modifier le code]

En 1970, la Ville de Paris envisage la démolition du marché et la construction d'un ensemble immobilier d'envergure. Celui-ci comprenait un supermarché, un garage avec station-service, plusieurs équipements publics (dont une crèche, une maison pour enfants inadaptés, un centre sportif avec piscine, un club pour personnes âgées…). Des logements et des bureaux étaient également prévus, sur un total de 12 000 m2 pour une emprise au sol de 3 900 m2. Du bâtiment de Blondel on ne conservait que les arcades extérieures et le bâtiment était surmonté d'une superstructure de verre et de métal de 3 étages[3].

En , une Association de défense du marché Saint-Germain proposa un projet respectant le plan d’origine, tout en accueillant un marché alimentaire (au rez-de-chaussée), des parkings, une piscine et un gymnase (en sous-sol), ainsi que des équipements publics tels qu'une crèche, une garderie, un conservatoire, un auditorium (à l'étage). Après dix-huit années de lutte, un projet beaucoup plus respectueux du bâtiment de Blondel fut accordé en 1989. Les travaux dureront de 1991 à 1995. Entre-temps, le site du marché et ses abords ont été classés[3].

Mais ce nouveau marché Saint-Germain voit peu à peu sa fréquentation diminuer, entrainant une baisse de son chiffre d’affaires… La vaste galerie intérieure couverte et la vingtaine de boutiques donnant sur cette galerie ne sont pas assez visibles de l'extérieur. Le projet de restructuration prévoit une campagne de ravalement de la façade extérieure et à l'intérieur des arcades, la création d’une aire de livraison au sous-sol et, surtout, une restructuration de la galerie marchande de 4 500 m2. Celle-ci est redistribuée autour de sept commerces de grande taille, ayant un accès direct sur les arcades, ce qui entraîne la suppression de la galerie intérieure. Les 1 635 m2 de la halle alimentaire, dans le quart sud-est du marché, ne sont pas remis en cause[3].

En 2017, après trois ans d'études et deux ans de travaux, le marché est rouvert au public. Quatre enseignes internationales s'y sont installées : Apple sur 1 300 m2, Nespresso sur 500 m2, Uniqlo sur 800 m2 et Mark & Spencer Food sur 1 000 m2. Deux autres boutiques de taille plus réduite consacrées à l’alimentation haut de gamme (une boucherie et un restaurant) viennent compléter l'offre[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Laurence Boccara, « À Paris, le marché Saint-Germain fait peau neuve », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 6 août 2017).
  2. Panneau Histoire de Paris, angle de la rue Félibien et de la rue Clément.
  3. a b c et d Colette de Wiljes, « Le marché Saint-Germain : une longue histoire (6e) », sur SOS Paris +, (consulté le 6 août 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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