Roger de Camois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Roger de Camois
Roger Camoys
Roger de Camois
Armes de Roger Camoys après le décès de son père : d'or, au chef de gueules orné de trois besants d'argent.

Naissance circa 1406
Décès circa 1473
Calais
Origine Royal Arms of England (1399-1603).svg Anglais
Allégeance Royal Arms of England (1399-1603).svg Royaume d'Angleterre
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège de Calais
Bataille de Castillon

Roger de Camois (ou Roger Camoys dans les sources anglo-saxonnes) est un chevalier anglais, homme d'armes et diplomate de la fin de la Guerre de Cent Ans, né vers 1406 et exécuté vers 1473. Titré Lord Camoys, il devient sénéchal de Gascogne et prend la tête des restes de l'armée du roi Henri VI en Guyenne après sa défaite à la bataille de Castillon et la mort de son connétable John Talbot. Il négocie alors avec l'amiral de France Jean de Bueil les conditions de retrait des dernières troupes anglaises du continent.

Il est exécuté à Calais lors de la guerre des Deux-Roses.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roger de Camois est le fils cadet du baron Thomas de Camoys (en), né vers 1406[1] de sa seconde épouse Elizabeth Mortimer[2],[3]. Il est originaire de Broadwater (en), dans le Sussex de l'Ouest.

Il s'est marié à deux reprises, avant le 3 mars 1437 avec une Isabel de patronyme inconnu qui meurt peu après le 26 novembre 1444, puis en 1448 avec sa concubine Isabel de Beaunoy, du diocèse de Rouen, grâce à une dispense papale. Il n'a pas de descendance connue[1]. Le couple s'est installé à Calais[1].

Adoubé avant février 1427, il combat dans les rangs de l'armée anglaise au siège de Calais de 1436 ; il y est affecté à la garde de la porte de Boulogne[4]. En 1443, il est capturé par les Français : pendant sa détention, dans des circonstances difficiles[1], la ville de Londres verse à sa femme Isabel une pension annuelle de 40 livres[5].

Il survit à la bataille de Castillon qui ruine le 17 juillet 1453 les derniers espoirs des insulaires sur le continent et coûte la vie à leur connétable John Talbot ; il prend alors le commandement des restes de l'armée, et le titre de sénéchal de Gascogne.

Avec le maire Henry Retford — lui aussi nommé par la Couronne d'Angleterre — il tente dans un premier temps d'organiser la défense des dernières places fortes anglaises dans le Bordelais : Bordeaux, Libourne, Cadillac et Blanquefort. Puis il engage des négociations avec les Français[6]. Le il signe dans le château de Lormont — dit alors « hôtel de l'amiral » — avec l'amiral de France et chef du corps assiégeant Jean de Bueil le traité de capitulation de la ville[7]. Ce traité, qui règle les conditions de départ des Anglais, autorise notamment tous leurs navires à quitter en sécurité le port de Bordeaux et l'estuaire de la Gironde, avec leur armement et leurs marchandises. Des sauf-conduits sont délivrés à ceux qui partent par les terres.[8],[9],[10] Dans ce texte, Roger de Camois se présente comme chef de l'artillerie.

Dans la guerre des Deux-Roses, Roger de Camois prend parti contre le roi Henri VI, qui en 1455 accorde ses armes au comte de Salisbury Richard Neville[1]. Quelques années plus tard il est interné à Calais. Le nouveau roi d'Angleterre lui confisque ses biens et son hôtel de Calais, et les attribue à Jean de La Lande son ancien compagnon d'armes réfugié en Angleterre[11]. Roger est exécuté vers 1473[réf. nécessaire].

Note[modifier | modifier le code]

Il est peut-être aussi le chef anglais qui[réf. nécessaire], ne recevant plus sa solde, conduit une bande de pillards qui dévaste la région d'Alençon et d'Exmes pendant l'été 1447[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George Edward Cokayne, The Complete Peerage, edited by H.A. Doubleday, vol. II, London, St. Catherine Press,
  • Douglas Richardson, Magna Carta Ancestry: A Study in Colonial and Medieval Families, vol. I, Salt Lake City, 2nd, (ISBN 1449966373)
  • Catalogue of Seals in the Department of Manuscripts in the British Museum, Volume 2. British Museum. Dept. of Manuscripts, Walter de Gray Birch. Order of the trustees, 1892. p. 599.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) Plantagenet Ancestry: A Study In Colonial And Medieval Families, 2nd Edition, 2011, Douglas Richardson (ISBN 9781461045137, lire en ligne)
  2. Cokayne 1912, p. 506-510.
  3. Richardson 2011, p. 398.
  4. (en) David Grummitt, The Calais Garrison: War and Military Service in England, 1436-1558, Boydell & Brewer Ltd, (ISBN 9781843833987, lire en ligne), p. 34
  5. William Dugdale, The baronage of England, or, An historical account of the lives and most memorable actions of our English nobility in the Saxons time to the Norman conquest, and from thence, of those who had their rise before the end of King Henry the Third's reign deduced from publick records, antient historians, and other authorities / by William Dugdale ..., 2003-01 (eebo-tcp phase 1). (lire en ligne)
  6. Robert Boutruche et Jacques Bernard, Bordeaux de 1453 à 1715, Fédération Historique du Sud-Ouest, (lire en ligne), page 520
  7. Auguste Molinier, « 4409. Capitulation de Bordeaux, signée par Jean de Bueil, amiral de France, et Roger de Camois, chef des troupes anglaises (8 octobre 1453), publiée à la suite du Jouvencel, par C. Favre et L. Lecestre, II, 364-366 », Collections numériques de la Sorbonne, vol. 4, no 1,‎ , p. 300–300 (lire en ligne, consulté le 13 août 2019)
  8. Marcel Gouron et France, Recueil des privilèges accordés à la ville de Bordeaux par Charles VII et Louis XI, Impr. E. Castera, (lire en ligne), page 183
  9. Jean-Jacques Déogracias, Le Fort du Hâ de Bordeaux, Les dossiers d'Aquitaine.
  10. Voir en page 7 [lire en ligne].
  11. Lefebvre (prêtre de la doctrine chrétienne), Histoire générale et particulière de la ville de Calais et du Calaisis, ou Pays reconquis, Guillaume François de Bure le jeune, (lire en ligne)
  12. « Château d'Alençon : contexte historique et chronologie détaillée », sur http://chateaudalencon.com (consulté le 13 août 2019)