Pipette

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Une pipette graduée de 20 mL.

Une pipette est un outil de laboratoire utilisé en chimie, en biologie et en médecine pour transporter un volume mesuré de liquide. Les pipettes sont disponibles en plusieurs modèles avec différents niveaux de précision. Elles peuvent être simples, en plastique ou en verre, ou électroniques. La pipette fonctionne sur le même principe que les pailles : on crée une aspiration dans le tube pour prélever un liquide de manière mécanique ou contrôlée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il y a plus d’un siècle, Louis Pasteur invente la pipette en verre pour réduire la contamination lors du transfert d'échantillons. À cette époque, le pipetage à la bouche est le seul moyen pour créer le vide nécessaire au fonctionnement de la pipette. En 1957, Heinrich Schnitger (en) accélère le processus de pipetage en inventant la pipette à piston, via un ressort installé sur la seringue. Les scientifiques peuvent alors aspirer mécaniquement et gagner en précision. En 1974, Warren Gilson invente la micropipette à volume réglable, aussi appelée « pipette automatique ». Cette pipette de haute précision peut être réglée sur n’importe quel volume en actionnant une molette qui agit sur un piston, modifiant ainsi la longueur de la colonne d'air à l'intérieur de l'appareil. Son originalité réside dans le fait que, pour éviter toute erreur, le volume sélectionné est affiché sur la pipette (lecture directe).

De nos jours, le type d’analyse, les caractéristiques physiques du liquide (solution aqueuse, composés denses, visqueux, radioactifs, etc.) et le domaine d’utilisation déterminent le choix de la pipette[1],[2].

Nomenclature[modifier | modifier le code]

Bien qu’il existe des noms descriptifs pour chaque type de pipette, dans la pratique les micropipettes permettent de prélever entre 1 et 1 000 mL tandis que les macropipettes prélèvent des volumes plus élevés (jusqu’à 200 mL).

Chimie[modifier | modifier le code]

En chimie, une pipette est un outil qui sert à prélever une solution. Elle est en forme de tube plus ou moins fin (pipettes graduées) parfois élargi en son milieu (pipettes jaugées). Elle peut être en plastique ou en verre.

Pipette jaugée[modifier | modifier le code]

Pipettes jaugées de volumes différents.

La pipette jaugée, dont la contenance est fixe, permet de prélever très précisément un volume donné. La pipette jaugée ne dispose que d'une ou deux graduation(s) qu'on appelle les « traits de jauge » et est reconnue pour sa forme élargie en son milieu. Lorsque le second « trait de jauge » n'existe pas, il suffit de remplir la pipette jusqu'à son trait de jauge puis de la laisser se vider pour considérer que le volume correspondant a été mesuré. Pour une utilisation optimale, la pipette doit bien tenir dans la poire à pipeter et le liquide prélevé ne doit pas dépasser le trait supérieur de la jauge[1].

Pipette graduée[modifier | modifier le code]

Comme son nom l'indique, la pipette graduée dispose des graduations permettant de mesurer le volume prélevé. Ces graduations marquent des sous-unités (ou des portions d'unités). Cependant, la pipette graduée est intrinsèquement moins précise que la pipette jaugée. L'utilisation de l'une ou de l'autre dépend donc de la précision exigée[1].

Informations lues sur une pipette[modifier | modifier le code]

Plusieurs informations significatives se trouvent sur le corps de la pipette :

  • la contenance ;
  • la classe : représentant le degré de précision de la verrerie. Le matériel de la classe A est de haute précision, tandis que celui de la classe B est dit de précision courante ;
  • la tolérance : qui représente les erreurs absolues commises lors de la mesure du volume ;
  • la température d’étalonnage ;
  • le type d’étalonnage : noté Ex ou TD pour la verrerie délivrant un volume nominal (pipettes, burettes), ou bien In ou TC pour celle pouvant le contenir (fioles)[3].

Biologie[modifier | modifier le code]

En biologie cellulaire, on utilise des pipettes appelées « pipettes Pasteur », prélevant des volumes extrêmement faibles. Il existe aussi des micropipettes électroniques et des pipettes à piston (parfois baptisées par erreur automatiques), utilisées notamment en immunologie, hématologie, microbiologie, chimie analytique et en biologie moléculaire.

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Œnologie[modifier | modifier le code]

En œnologie, les pipettes à vin sont utilisées pour prélever dans les fûts.

Sécurité[modifier | modifier le code]

Une propipette ou poire en caoutchouc utilisée dans un laboratoire de chimie.

Les poires en caoutchouc évitent le pipetage à la bouche. Ce dernier est aujourd'hui strictement interdit quelle que soit la solution utilisée. En effet, des risques de transmission de microorganismes entre les utilisateurs sont possibles, l'extrémité de la pipette placée dans la bouche peut être contaminée (microbiologiquement ou chimiquement) et la solution pipetée peut être dangereuse. L'usage d'une propipette (nom de marque) ou d'un pipeteur est obligatoire pour la sécurisation du prélèvement (l'utilisateur ne met pas la bouche directement au contact de la pipette) : il s'agit d'une extension placée en amont de la pipette qui contrôle l'aspiration de solution. Le pipeteur est en réalité une poire : lors de sa dépression, la solution est aspirée ; lors de sa compression, la solution est libérée.

Il est aussi possible d'utiliser des pipettes à piston, ce qui est la meilleure solution.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « La pipette : Prélever et transférer de petites quantités liquides » [PDF], sur www.taraexpeditions.org, .
  2. (en) John Buie, « Evolution of the pipette » [PDF], sur www.pipette.com, .
  3. Hagop Demirdjian, « Film : utilisation de la pipette et de la propipette » [vidéo], sur éduscol, .

Annexes[modifier | modifier le code]

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