Osadnik

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Carte ethnographique de la Pologne en 1937.

Un osadnik (au pluriel : osadniki) (russe : Оса́дники et polonais : osadnicy) ou poselenets est un colon polonais, un membre des forces armées polonaises ayant démissionné par exemple, ou encore un citoyen ordinaire de la République des Deux Nations, qui reçoit, après la Guerre soviéto-polonaise (1919-1921) et dans les années qui suivent celle-ci, des terres en Ukraine occidentale ou en Biélorussie occidentale où il peut s'installer avec les membres de sa famille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ces osadniki ont aсtivement participé à la polonisation des territoires cédés à la Pologne après la signature du traité de paix de Riga, en 1921 [1],[2]. Au cours des années 1919 à 1929, 77 000 osadniki polonais ont reçu 600 000 hectares de terres. La taille des parcelles reçues pour chaque famille était d'environ 12 à 18 hectares, sans jamais pouvoir dépasser la taille de 45 hectares[3]. Selon l'Encyclopédie de l'histoire de la Biélorussie, durant la période 1921 à 1939 ce sont pas moins de 300 000 osadniki qui se sont installés en Biélorussie sur les terres reçues[4]selon d'autres données 320 000 (ru)[5],[6].

Selon les données du NKVD, quelques mois après l'invasion soviétique de la Pologne, à partir du 2 décembre 1939, ce sont encore 3 998 familles qui se sont installées en Biélorussie occidentale et 9 436 familles en Ukraine occidentale[7], [8]

Julius Margolin, écrivain juif originaire de Pinsk remarque que ces osadniki renforcaient à l'origine l'élément ethnique polonais dans les provinces de l'Est et étaient le soutien de l'État. Mais en vingt ans ces osadniki se rapprochèrent de la population locale biélorusse et leurs enfants apprirent le patois. La population local n'aurait pas fait de mal à ces colons polonais, agriculteurs comme eux. Pour Margolin, c'est le pouvoir soviétique venu de l'extérieur qui les qualifia d'ennemis et les déporta [9].

C'est ainsi que, toujours selon les données du NKVD, 27 000 familles, comprenant une moyenne de 5,5 personnes sont déportées par le pouvoir soviétique dans les zones de développement forestières de l'URSS [10] Dans l'oblast de Kirov, l'oblast de Perm, l'oblast de Vologda, l'oblast d'Arkhangelsk, l'oblast d'Ivanovo, l'oblast de Iaroslavl, l'oblast de Novossibirsk, l'oblast de Sverdlovsk, l'oblast d'Omsk, le kraï de Krasnoïarsk et le kraï de l'Altaï et en République socialiste soviétique autonome des Komis[11],[12].

Le terme osadnik est également utilisé après 1945, quand la Pologne retrouva des territoires où vivaient des Allemands avant guerre et qui lui sont donnés par l'Allemagne, suite à sa défaite. À partir de 1945, ces osadniki sont formés de Polonais provenant d'autres régions de Pologne et des zones occidentales de l'Ukraine et de Biélorussie, mais aussi des Ruthènes, Lemkos, Ukrainiens et d'autres encore dans le cadre de l'opération Vistule.

Document datant de 1923 attestant de la propriété de terres reçues en Biélorussie ou Ukraine occidentales

Répression soviétique[modifier | modifier le code]

Après l'annexion des territoires de la Biélorussie occidentale (appelés le Kresy) en 1939, le terme "osadniki" est devenu une véritable catégorie de criminels dans le régime pénal soviétique. Il signifiait «ennemi du peuple» ou encore un « koulak », un « exploiteur ». Cette classification juridique et son application a entraîné le retour en Pologne de dix pourcent des populations polonaises qui s'étaient installées en Biélorussie et en Ukraine. La Pologne, à cette époque, était pourtant occupée par les forces du Troisième Reich[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ru)Осадники // Универсальный дополнительный практический толковый словарь / И. Мостицкий — 2005—2012.
  2. (be)Кізіма С. А., Лянцэвіч В. М., Самахвалаў Дз. С. Гісторыя Беларусі: Курс лекцый. — Мн.: Выд-ва МІК, 2003.
  3. (ru)Н. Быховцев. Расправа над народом. Часть 2. Осадники
  4. (ru)Яковлева Е. Польша против СССР, (ISBN 978-5-9533-1838-9)
  5. (pl)Michał Bronowicki (2007). «Deportacja osadników wojskowych w głąb ZSRR». Kresowe Stanice (44), стр. 14
  6. (ru)Польские спецпереселенцы в СССР в 1940—1941 гг.
  7. (ru)Спецсообщение Л. П. Берии И. В. Сталину о выселении осадников из западной Украины и Белоруссии
  8. (pl)Michał Bronowicki (2007). «Deportacja osadników wojskowych w głąb ZSRR». Kresowe Stanice (44), стр. 13
  9. Julius Margolin, Voyage au pays des Ze-Ka, France, Le bruit du temps, , p. 62
  10. a et b (ru)Репрессии против поляков и польских граждан
  11. Instructions du NKVD /(ru)Инструкция НКВД СССР «О порядке переселения польских осадников из западных областей УССР и БССР»
  12. (ru)Польская программа «Мемориала»

Articles connexes[modifier | modifier le code]