Andreï Vychinski

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Andreï Ianouarievitch Vychinski
Description de cette image, également commentée ci-après
Andreï Vychinski en 1940.
Nom de naissance Андрей Януарьевич Вышинский
Naissance
Odessa, gouvernement de Livonie
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Décès
New York
Drapeau des États-Unis États-Unis
Nationalité Drapeau de la Russie russe → Drapeau de l'URSS soviétique
Pays de résidence Union soviétique
Diplôme
Droit
Profession
Avocat, magistrat, diplomate
Activité principale
Procureur de l'URSS
Signature de Andreï Ianouarievitch Vychinski

Andreï Ianouarievitch Vychinski (en russe : Андрей Януарьевич Вышинский) est un juriste et diplomate soviétique, né le 28 novembre 1883 ( dans le calendrier grégorien) à Odessa et mort le à New York. Il est connu pour avoir été le procureur général des procès de Moscou organisés par Joseph Staline.

Un juriste menchévique[modifier | modifier le code]

Né à Odessa dans une famille polonaise catholique (Wyszyński), juriste de formation, parlant bien le français, Vychinski est avocat à Bakou quand il adhère à la fraction menchévique du POSDR en 1903. Il fait très tôt la connaissance de Staline. Plusieurs sources indiquent qu'il aurait été employé par l'Okhrana et infiltré dans le Parti comme agent provocateur. Quoi qu'il en soit, il ne rejoint les bolchéviques qu'en 1920, après s'être opposé à eux pendant la Révolution. Il grimpe ensuite les échelons avec une rapidité surprenante, sans doute explicable à la fois par sa fidélité aussi inconditionnelle que précoce à Staline, qui connaissait son passé et à son absence absolue de scrupules dans ses actes et ses prises de position[réf. souhaitée].

En 1922, il est désigné président du collège des avocats de Moscou. À cette fonction, il est un des instruments, sans doute le plus efficace, d'une propagande qui vise à donner au système judiciaire de la toute nouvelle Union soviétique les apparences du respect du principe de légalité, notamment dans les protections légales offertes aux accusés dans le cadre de leur défense.

Dès 1928, Vychinski mène les grands procès en tant que procureur de l'URSS. Contre Evgueni Pachoukanis, il définit les bases juridiques du droit soviétique et devient un des personnages les plus en vue du gouvernement.

Les Procès de Moscou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procès de Moscou.
Vychinski lisant le verdict du procès Centre antisoviétique trotskyste de réserve en janvier 1937 (procès de Radek)

Il apparaît sur le devant de la scène lors des grands procès de Moscou, qui éliminent en plusieurs fournées, de 1936 à 1938, la quasi-totalité de la vieille garde bolchévique. Ses écarts de langages, ses insultes aux condamnés, son mode d'accusation, toute sa personnalité soulèvent le dégoût et l'intérêt des journaux occidentaux qui, à l'époque, découvrent ces mises en scène stupéfiantes.

Les accusés reconnaissent eux-mêmes les forfaits qu'on leur reproche parce qu'ils sont soumis à des menaces ou, pire, parce qu'ils ont reçu des promesses de clémence s'ils agissent ainsi. Cette stratégie ne requiert aucune preuve alors même — comme le montra le procès de Zinoviev — que les engagements du procureur et de ses collaborateurs du NKVD n'ont jamais été tenus, la sentence de mort étant immédiatement exécutée après l'énoncé du verdict.

Des détails aujourd'hui mieux connus, démontrent des travers moraux de Vychinski, capable de traiter avec certains accusés pour exiger d'eux de l'argent tout en les dépouillant de leurs biens (comme il le fit en janvier 1937 avec la datcha de Leonid Serebryakov, devenue propriété du procureur, où Staline fut ensuite reçu plusieurs fois[1]). De même, prendre la défense de certains prévenus pouvait être dangereux. On cite l'exemple de cet officiel du parti qui, venant au secours de sa nièce, osa exprimer des critiques envers les juges le conduisant aussitôt à être accusé d'espionnage puis à être exécuté sans délai.

Le diplomate soviétique[modifier | modifier le code]

En 1940, Vychinski est envoyé comme commissaire en Lettonie. Chargé de l'annexion de cet État par l'URSS, il y déclenche des purges sanglantes. Sans doute pour le remercier de son aide décisive lors des procès de Moscou, Staline le récompense en faisant de lui un membre éminent du corps diplomatique soviétique. Il accompagne le Secrétaire général en à la conférence de Yalta, puis l'assiste lors de la Conférence de Potsdam en .

Vychinski devient ensuite, en 1945, représentant permanent de l'Union soviétique au Conseil de sécurité de l'ONU. Il est à ce titre, un des artisans de la Guerre froide, donnant plusieurs discours qui font date à la tribune des Nations unies.

Le décès de Staline en ne met pas un terme à la carrière de l'ancien procureur, qui conserve son poste dans l'appareil d'État. Quelques mois plus tard, le , il meurt brutalement à New York. Ce décès subit fera quelque temps planer des rumeurs d'assassinat imputé aux nouveaux dirigeants soviétiques. Quoi qu'il en soit, il reçoit des funérailles nationales à Moscou avant d'être inhumé au pied du Kremlin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Jégo, « Tous à la datcha ! », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]