Légion des Bayonnais

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La Légion des Bayonnais (en polonais : Legion Bajończyków) est un surnom donné à la section des volontaires d'origine polonaise qui a constitué une force militaire dès le début de la Première Guerre mondiale, provenant de toutes les régions de France et dont la formation au sein de la Légion étrangère s'est déroulée à Bayonne[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

À la veille du conflit de 1914, l'essor industriel dans le Bassin minier depuis plusieurs années offre l'occasion à quelques milliers de Westphaliens de franchir la frontière afin d'obtenir du travail dans la région Nord-Pas-de-Calais. Bon nombre d'entre eux sont des ressortissants allemands mais possèdent la langue et la foi polonaises.

Dès les premières hostilités, mineurs, ouvriers agricoles, commerçants et intellectuels de souche polonaise se mobilisent.

Création du Comité des Volontaires Polonais et engagement[modifier | modifier le code]

Photographie montrant la présentation de la nouvelle bannière
La nouvelle bannière de la Légion des Bayonnais est présentée au Comité des Volontaires Polonais.

Le est créé le Comité des Volontaires Polonais pour le Service dans l'Armée Française (Komitet Ochotników Polskich dla Służby w Armii Francuskiej) appelé KWP (Komitet Wolontariuszów Polskich). Les inscriptions spontanées sont enregistrées à partir du et des centaines d'émigrés polonais se présentent dans les centres de recrutement, à Paris principalement, mais aussi Marseille, Lyon, Arras, Douai...

En s'engageant contre l'oppresseur allemand, chaque patriote lutte pour la France, et caresse aussi l'espoir de voir renaître la Pologne.

Formation à Bayonne et intégration des recrues à la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Peinture du Rêve du soldat polonais
Peinture de Jan Styka, exposée au musée (Muzeum Lubelskie) de Lublin : Rêve du soldat polonais : combattre pour la France et voir renaître la Pologne.

Le premier contingent reçoit l'instruction militaire à Bayonne[2]. Allié de la France, l'Empire russe voit d'un mauvais œil la levée d'une armée polonaise qui lutterait pour recouvrer son indépendance. La diplomatie française ménagera donc ses alliances : les soldats polonais porteront l’uniforme français, avec le pantalon rouge garance, et formeront ainsi la 2e compagnie du bataillon C (aux ordres du commandant Noiré[3]) du 1er régiment de marche du 1er étranger, alors que les Reuillois sont dispersés dans les sections du 2e régiment de marche du 1er étranger[4] : ils seront Engagés Volontaires pour la Durée de la Guerre (EVDG) et le premier commandement sera assuré par le lieutenant Max Doumic.

Combats[modifier | modifier le code]

Peinture représentant Władysław Szujski
Władysław Szujski (fils du célèbre historien) est connu pour être le premier « Bayonnais », tombé sous la mitraille[5], alors qu'il portait le drapeau polonais, le , à Sillery.

Les soldats polonais prennent part aux combats, dès novembre 1914 en Champagne et en Picardie. Au printemps 1915, le plan du général Foch nécessite un renforcement des lignes, et les Régiments de marche du Régiment Étranger viennent intégrer la Division marocaine, sous le haut commandement du général Blondlat.

Le , les légionnaires se lancent dans le labyrinthe[6], à l'assaut des Ouvrages Blancs[7], avec l'objectif la cote 140 (Vimy)[8]. L'objectif sera atteint, mais au prix de très lourdes pertes humaines. Par un cruel manque de soutien arrière, les positions gagnées seront reprises par les Allemands lors de la contre attaque de la nuit suivante. Près des trois-quarts du contingent sont tombés à l'ennemi, tués ou disparus au combat.

La réplique française du à Souchez anéantira ce qui restait du contingent et rares sont les survivants à cette bataille.

Dissolution[modifier | modifier le code]

À compter du , les Légionnaires du 2e Étranger sont versés au Régiment de marche de la Légion étrangère.

Les relations avec la Russie ayant radicalement évolué en 1916 et 1917, c'est par un arrêté présidentiel du , qu'une armée polonaise (celle du Général Haller), a été officiellement créée en France, quelques mois avant la naissance des Forces armées polonaises. Quelques « Bayonnais » se retrouveront dans cette dernière armée, sur le front russe, entre 1919 et 1921.

La grande partie des soldats formés à Bayonne et Morts pour la France reposent dans les ossuaires, ou plus rarement dans leur tombe individuelle des nécropoles nationales de Notre-Dame-de-Lorette ou de la Targette[9].

Décoration et monument et souvenirs[modifier | modifier le code]

Au terme du conflit, le drapeau[10] de la légion des Bayonnais sera conduit en Pologne. Il est aujourd'hui exposé au musée militaire de Varsovie. Le régiment des Bayonnais a été décoré entre autres de la Croix de Guerre avec Palme (France) et de la Virtuti Militari (Pologne).

Un mémorial est érigé à Neuville-Saint-Vaast[11], (œuvre de Maxime Real del Sarte) en 1929 sur l'ancienne ligne de front, dédié aux Polonais tombés ce , sur lequel est gravé en polonais : Za wolność naszą i waszą (pl) (Pour notre liberté et la vôtre).

La date du 9 mai 1915 est gravée sur le monument de la Tombe du Soldat inconnu (Varsovie).

Une dédicace mentionne leur souvenir sur le monument aux morts du parc Paulmy de Bayonne[12] : Aux volontaires polonais instruits à Bayonne en 1914, qui ont lutté pour le salut de la France et la liberté de leur patrie, les Français reconnaissants.

En Pologne, le 43e Régiment de fusiliers de la Légion des Bayonnais (43 Pułk Strzelców Legionu Bajończyków) porte le souvenir des premiers volontaires de 1914.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christan Defrance, « Polonais et Bayonnais » [PDF], sur http://www.memoire-pas-de-calais.com, (consulté le 7 juin 2017).
  2. Un second contingent sera formé à la caserne de Reuil.
  3. La Croix de la Valeur polonaise (Krzyż Walecznych) est attribuée à titre posthume au commandant Gustave Alfred Noiré.
  4. Histoire polonaise: les Polonais combattant en France.
  5. citation posthume du 1er décembre 1914, à l'ordre du jour des armées : Ladyslas Szuyski, légionnaire de 1er classe, volontaire polonais, a été tué glorieusement en plantant sur une tranchée allemande le drapeau de la Pologne renaissante.
  6. Ensemble des tranchées.
  7. La Pologne et la guerre - Gallica, Abbé Lamblin.
  8. Des récits de la bataille du 9 mai 1915 sur le site legionetrangere.fr
  9. Gabriel Garçon, Bajończycy-les Bayonnais Les Volontaires polonais dans la Légion étrangère, Les éditions Nord Avril, 2017.
  10. Le drapeau des volontaires polonais dans l'Armée française, offert par les dames de Bayonne, percé de 34 balles, et flanqué d'une cocarde marquée : Français et Polonais, de tout temps AMIS.
  11. Commémoration du centenaire de la bataille d'Artois, sur le site nordeclair.fr
  12. P.Christol, Les Polonais au sud de la Loire, Archives&Culture, 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]