Odyssey (console de jeux vidéo)

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Odyssey
Odyssey (console de jeux vidéo)

Fabricant Magnavox
Type Console de salon
Génération Première

Date de sortie Drapeau : États-Unis août 1972
Drapeau : Royaume-Uni 1973
Drapeau : Espagne 1973
Drapeau : Allemagne fin 1973
Drapeau : Japon 1974
Drapeau : France fin 1974
Drapeau : Mexique 1975
Drapeau : Argentine 1975
Drapeau : Suède 1976
Fin de production 1978
Média Aucun

Odyssey Odyssey² Suivant

L'Odyssey, produite par Magnavox en 1972, est la première console de jeu vidéo, précédant de un an les premières consoles européennes, et de trois ans les consoles Pong d’Atari.

Historique[modifier | modifier le code]

La "Brown Box", prototype de l'Odyssey

L'Odyssey a été conçue par Ralph Baer, qui travaillait chez Sanders Associates. Après avoir construit six prototypes, la version finale, appelée « Brown Box » (boîte brune) par Ralph lui-même, fut montrée à des fabricants de téléviseurs afin d'être commercialisée. Après plusieurs échecs, Magnavox signa un premier accord fin 1970. Le développement dura presque deux ans, avant que l'Odyssey ne soit annoncée en mai 1972 et disponible chez les revendeurs Magnavox en septembre. À la différence de la plupart des consoles de jeu d'aujourd'hui, l'Odyssey contient principalement de l'électronique analogique, et n'utilise ni logiciel, ni processeur, ni mémoire. Ses graphismes étaient limités à deux carrés représentant les joueurs, un troisième plus petit en guise de balle ou de cible, et une ligne centrale pouvant être réduite en hauteur, et déplacée à gauche ou à droite. En outre, à la différence de n’importe quelle console conventionnelle d’aujourd’hui, ce système fonctionnait avec des piles car à l'époque, l'utilisation de blocs secteur n'était pas encore au goût du jour. L'Odyssey (à l'exclusion de l'Odyssey²) n’avait pas de capacités sonores, mais des modèles plus évolués tels que l'Odyssey 200 de 1975 étaient déjà dotés d'un haut-parleur simulant des bruits de rebond.

L'Odyssey utilisait des cartouches amovibles qui s’inséraient dans une fente. Celles-ci ne contenaient pas de programme, mais connectaient les divers circuits de la machine pour définir ce qui était affiché et comment les divers événements (collision, etc.) étaient gérés. L'Odyssey utilisait des masques transparents appelés Overlays, à mettre sur leur écran de télévision pour simuler les décors. Deux tailles d’écran étaient disponibles, couvrant la majeure partie des écrans commercialisés en 1972. Une même cartouche pouvait servir à plusieurs jeux, la différence se faisant au niveau du masque et des accessoires utilisés, ainsi que des règles de jeu. Parmi les accessoires livrés avec la console: jetons en plastique, cartes diverses, dés, monnaie, auto-collants à mettre sur les masques, etc.

Le prix initial de 99$ n'empêcha pas à l'Odyssey de se vendre à plus de 100 000 exemplaires en quatre mois, bien que le fait d'être exclusivement vendue chez les revendeurs Magnavox laissait certains clients penser que la console ne pouvait fonctionner qu'avec un téléviseur de chez Magnavox. Pour cette raison, la quasi-totalité des consoles vendues dans les années 70 portaient la mention "fonctionne sur tout type de téléviseur, noir et blanc ou couleur". En 1974, Magnavox réalisa qu'un vaste marché de jeu vidéo s'était développé sans pour autant que les royalties ne soient versées. Pour cette raison, Magnavox poursuivit en justice tous les grands fabricants de jeux vidéo, à commencer par Atari qui dut payer la bagatelle de 700 000 dollars. Les autres suivirent rapidement : Mattel, Seeburg, APF, Activision, Nintendo, Sega, etc. Au final, environ 100 millions de dollars furent versés à Magnavox entre 1974 et la fin des années 1990, lorsque les divers brevets tombèrent dans le domaine public.

L'Odyssey utilisait aussi un fusil appelé Shooting Gallery. Celui-ci ne faisait que détecter la lumière de l'écran, ce qui permettait de le pointer sur une ampoule pour fausser le jeu. Cependant, comme l'Odyssey n'affichait aucun score à l'écran, la ruse était inutile.

L'Odyssey fut exportée dès 1972 dans plusieurs pays : l'Allemagne fin 1973, la France fin 1974, Singapour, Israël, le Royaume-Uni, l'Égypte, etc.

Ralph Baer inventa le jeu électronique classique « Simon » pour Mattel en 1979. Magnavox plus tard sortit plusieurs autres consoles similaires à Pong basées sur l'Odyssey (qui n’utilisaient pas de cartouches ou de cartes de jeu), et même à un moment, une console réellement programmable, utilisant des cartouches, l'Odyssey², en 1978.

La première excursion de Nintendo dans le monde des consoles fut de vendre l’Odyssey de Magnavox au Japon en 1975, avant que Nintendo ne fasse elle-même ses propres consoles. En 1985, Nintendo poursuivit Magnavox en justice en tentant d'annuler ses brevets sous prétexte qu'un certain William Higinbotham avait construit un jeu de tennis en 1958 à l'aide d'un oscilloscope. Le tribunal examina les brevets en détail, et conclut que le jeu de 1958 n'utilisait pas de signaux vidéo, et donc, n'avait rien à voir avec les brevets de Ralph Baer et de Magnavox. Nintendo dut s'acquitter de plusieurs millions de dollars de royalties et de dommages et intérêts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]