Néo-Stalinisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le Néo-Stalinisme est un concept parfois utilisé en politique pour désigner les États et mouvements politiques qui, après 1956, se réfèrent, soit par leur idéologie, soit par les méthodes qu'ils mettent en oeuvre, à l'URSS de Joseph Staline. Selon l'historien russe Roy Medvedev, il existait ainsi au début des années 1970 au sein du Parti communiste de l'Union Soviétique un courant néo-stalinien prônant la restauration de la politique stalinienne (collectivisation, culte de la personnalité etc), et un retour à la terreur d'État tout en évitant certains de ses pires excès[1]. Selon Mikhaïl Gorbatchev, le terme se réfère à la persécution des opposants politiques et le contrôle total de l'État dans les sphères économique, sociale et politique[2].

Actuellement, la Corée du Nord est souvent décrite comme un État « stalinien »[3], ce qui fut aussi le cas de l'Albanie de Enver Hoxha jusqu'à sa mort en 1985. Par ailleurs, bien que non-communistes, le Turkménistan de Saparmyrat Nyýazow et l'Ouzbékistan de Islom Karimov ont été souvent décrit comme des régimes « néo-staliniens » de par leur important culte de la personnalité et leurs autoritarismes[4].

Durant la guerre froide, certains partis communistes occidentaux ont continué à se référer à Staline après la déstalinisation au sein du bloc de l'Est, et se sont souvent alignés sur la République populaire de Chine. Après les réformes politiques en Chine à la fin des années 1970, certains de ces partis se sont rapprochés de la République populaire socialiste d'Albanie, constituant un courant « pro-albanais ». Parmi les partis ayant adopté, dans les années 1970, un positionnement pro-albanais, on peut citer le Parti communiste des ouvriers de France, le Parti communiste d'Espagne (marxiste-léniniste), le Parti communiste d'Italie (marxiste-léniniste) ou le Parti communiste d'Allemagne/Marxistes-léninistes.

Un certain nombre de partis communistes considérant toujours Staline comme une référence politique et idéologique continuent d'exister à travers le monde, qu'il s'agisse de membres de l'ancien courant pro-albanais, qui se réunit aujourd'hui, au niveau international, au sein de la Conférence internationale des partis et organisations marxistes-léninistes, ainsi que d'autres mouvement, éventuellement de type maoïste. La Conférence internationale des partis et organisations marxistes-léninistes (correspondance de presse internationale), rivale de l'autre Conférence internationale, réunit des mouvements comme le Parti marxiste-léniniste d'Allemagne, le Parti communiste révolutionnaire d'Argentine. En Italie, le Parti marxiste-léniniste italien, dernier groupe maoïste encore en activité, continue de commémorer la mémoire de Staline. Au Royaume-Uni, le Parti communiste de Grande-Bretagne (Marxiste-léniniste), qui affiche son soutien à la Corée du Nord, est apparu en 2004. Si le poids électoral des partis de type stalinien est aujourd'hui très négligeable dans les pays européens, ils conservent une certaine influence sur d'autres continents.Le Parti communiste marxiste-léniniste de l'Équateur est ainsi le membre dominant d'une coalition électorale, le Mouvement populaire démocratique  : l'un de ses dirigeants, Edgar Isch, a été un temps ministre de l'environnement. En Tunisie, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie a longtemps constitué la principale force d'opposition laïque au régime de Ben Ali[5]. Le Parti communiste des ouvriers de France participe au Front de gauche depuis 2011[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ferdinand Joseph Maria Feldbrugge, Samizdat and political dissent in the Soviet Union, Brill, 1975, pg. 30
  2. Outrage at revision of Stalin's legacy, The New Zealand Herald, 21 février 2006
  3. An Open Door to North Korea, Bloomberg, 4 juin 2001
  4. Saparmurat Niyazov, The Independent, 22 décembre 2006
  5. Christophe Bourseiller, À gauche, toute ! : Trotskistes, néo-staliniens, libertaires, « ultra-gauche », situationnistes, altermondialistes…, CNRS éditions, 2009, pages 57-61
  6. Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) sur france-politique.fr

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]