Pierre Mulele

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Pierre Mulele ou Mulélé, né le 11 août 1929 et mort torturé dans la nuit du 2 au 3 octobre 1968, est un homme politique du Congo-Kinshasa. Ancien ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement marxiste-léniniste de Patrice Lumumba, il a été à la tête d’un gouvernement de rébellion avec Antoine Gizenga comme Premier ministre en 1961. Il fait figure de martyr du régime de Mobutu Sese Seko.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après un passage par l'armée, Pierre Mulele commence à s'engager dans des activités politique. Il rejoint l'Apic, une organisation syndicale opposée au colonialisme, et participe à une campagne visant à obtenir l’égalité des droits entre les fonctionnaires blancs et noirs. Il contribue également durant cette période à la fondation du Parti solidaire africain, d'orientation nationaliste.

À la suite de l’assassinat de Patrice Lumumba au Katanga le 17 janvier 1961, Mulele et des compagnons suivent une formation militaire en République populaire de Chine pour combattre l’Armée nationale congolaise et le gouvernement qui est successivement par des Premiers ministres, tels que Joseph Ileo, Cyrille Adoula, ou Moïse Tshombé. Il mène la rébellion Maï-Maï dans la région du Kwilu en 1963. Celle-ci, renforcée par des milliers de partisans lumumbistes et par des soldats déserteurs, s'étend rapidement et s'empare de grandes portions du territoire national, mais les villes lui échappent. Durant leurs actions insurrectionnelles, ses milices causent de nombreux morts parmi les colons européens, et aux missions et œuvres tenues par des religieux chrétiens, tandis que la répression militaire frappe sévèrement les populations soupçonnées de sympathies pour l'insurrection. Déclarant s’inspirer de ses observations en Chine, Mulele met en avant le rôle des femmes dans l'insurrection, et rejette le tribalisme.

Après avoir atteint son apogée en 1964, le chef d’état-major de l'Armée nationale congolaise est abattu dans une embuscade en juin, et l'insurrection domine la majorité du pays. Mais amplement soutenue par la Belgique et les États-Unis, l'armée gouvernementale procède à une succession de contre-offensives et parvient à disperser l'essentiel de la rébellion en 1966. Pierre Mulele se réfugie au Congo-Brazzaville.

En 1968, Joseph Désiré Mobutu, le président du Congo-Kinshasa, le convainc de revenir d’exil, lui promettant l’amnistie. Une fois revenu, Mobutu le fait torturer publiquement jusqu’à la mort, lui faisant arracher les yeux, les oreilles, le nez et les parties génitales, et ses membres sont amputés un à un alors qu’il était toujours vivant. Son corps est jeté dans le fleuve Congo[1]. Dix ans plus tard, Joseph-Désiré Mobutu ordonne que la mère de Mulélé soit tuée à son tour, et la fait tuer avec l'un des fils de Pierre Mulele.[réf. nécessaire]

En 2002, une des plus grandes avenues de Kinshasa est renommée en son honneur avenue Pierre Mulele[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Michela Wrong, In The Footsteps of Mr. Kurtz: Living on the Brink of Disaster in Mobutu's Congo, p. 90
  2. « 3 octobre 1968 - 3 octobre 2005 Pierre Mulele, un assassinat barbare », Rich Ngapi, Le Potentiel, 3 octobre 2005

Liens externes[modifier | modifier le code]