Union des communistes de France marxiste-léniniste

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L'Union des communistes de France marxiste-léniniste (sigle : UCFml ou UCF-ML, avec ou sans trait d'union) est un groupe maoïste français qui exista de 1969 à 1985.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il s'opposait principalement à d'autres groupuscules d'extrême gauche, comme la Gauche prolétarienne ou le Parti communiste marxiste-léniniste de France. Parmi ses principaux dirigeants et membres les plus connus, on peut citer Alain Badiou, Sylvain Lazarus, Natacha Michel, Catherine Quiminal, François Balmès et l'économiste Pierre-Noël Giraud.

L'UCFml publie à partir de 1973 sa revue Le Marxiste-Léniniste, qui devient mensuelle en 1977.

En 1974, l'UCFml lance le groupe Foudre d'intervention dans l'art et la culture, qui sert à organiser des actions de boycott ou de sabotage de conférenciers ou de films jugés mal-pensant. Ainsi, à la sortie du film satirique de Jean Yanne Les Chinois à Paris, le groupe déchaîne une campagne de boycott en distribuant des tracts intitulés : « Les Chinois à Paris: un film comique? Non! Un film anticommuniste ! ». Jean Yanne y est dénoncé comme un « gros requin du cinéma, milliardaire, copropriétaire de Gaumont ». Le groupe passe ensuite aux jets de peinture sur les écrans[1].

Le 17 octobre 1981, l'UCFml coorganise avec l'Organisation communiste marxiste-léniniste – Voie prolétarienne un meeting commémoratif du massacre du 17 octobre 1961 à la Mutualité. Cela sera la première initiative publique concernant cet événement.

Certains de ses membres (dont Alain Badiou, Sylvain Lazarus et Natacha Michel) militèrent ensuite dans feu l'Organisation politique.

Critique et héritage[modifier | modifier le code]

Bien des années après, le philosophe et écrivain Bernard Sichère, qui fut l'un de ses membres, décrit l'UCFml comme « une organisation sectaire », « souvent impitoyable dans sa discipline, et d’autant plus fermée sur elle-même que son rapport effectif à la réalité du monde ouvrier était passablement problématique ». Il évoque la discipline (« style militaire ») qu'y faisait alors régner Alain Badiou, que celui-ci justifiait par la conviction de détenir seul la vérité, les procédés d'intimidation. Il note également que l'implantation ouvrière du mouvement était nulle[2] et que cette organisation était constituée pour sa plus grande partie d'intellectuels[3].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Bourseiller, Les Maoïstes, la folle histoire des gardes rouges français, Paris, Plon, , 346 p. (ISBN 2-259-18090-6), p. 274-275
  2. « je ne vis à dire vrai chez nous qu’un seul jeune ouvrier de Renault, fort sympathique au demeurant, qui fit une brève apparition et ne revint jamais. », Mai 68, Mao, Badiou et moi, Bernard Sichère, La Règle du jeu, 11 avril 2010
  3. Mai 68, Mao, Badiou et moi, Bernard Sichère, La Règle du jeu, 11 avril 2010