Gurbanguly Berdimuhamedow

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Gurbanguly Berdimuhamedow
Illustration.
Gurbanguly Berdimuhamedow en 2019.
Fonctions
Président du Conseil du peuple
En fonction depuis le
(5 ans, 1 mois et 18 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Lui-même

(9 mois et 27 jours)
Élection
Prédécesseur Saparmyrat Nyýazow
Successeur Lui-même
Président de la République du Turkménistan
[N 1]
(15 ans, 2 mois et 26 jours)
Élection 11 février 2007
Réélection 12 février 2012
12 février 2017
Prédécesseur Saparmyrat Nyýazow
Successeur Serdar Berdimuhamedow
Premier vice-président du Cabinet des ministres

(5 ans, 11 mois et 13 jours)
Président Saparmyrat Nyýazow
Lui-même (intérim)
Prédécesseur Orazgeldi Aydogdyyev
Successeur Raşit Meredow
Biographie
Nom de naissance Gurbanguly Mälikgulyýewiç Berdimuhamedow
Surnom Arkadag
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Babarab, RSS du Turkménistan,
(URSS)
Nationalité turkmène
Parti politique Parti démocratique du Turkménistan (jusqu'en 2013)
Indépendant
Enfants Serdar Berdimoukhamedov
Profession Dentiste
Religion Islam
Résidence palais du Türkmenbaşy, Achgabat, Turkménistan

Gurbanguly Berdimuhamedow
Présidents de la République du Turkménistan

Gurbanguly Mälikgulyýewiç Berdimuhamedow[1] (en russe : Гурбангулы Мяликгулыевич Бердымухамедов, transcrit en Gourbangouly Mialikgoulyïevitch Berdymoukhamedov, la forme la plus utilisée[2]), né le à Babarab (en), est un homme d'État turkmène, président de la République durant 15 ans, de 2006 à 2022. Il prend officiellement le surnom d'« Arkadag » (protecteur) et instaure une dictature et un culte de la personnalité[3]. Il démissionne en 2022 et annonce une élection présidentielle surprise qui est remportée par son fils Serdar Berdimoukhamedov.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

Gurbanguly Berdimuhamedow naît le à Babarab (en), dans le district de Gökdepe de l'actuelle province d'Ahal, alors en République socialiste soviétique du Turkménistan (Union soviétique). Issu de la tribu des Tekkés, il est le seul fils d'une famille de six enfants : ses sœurs s’appelant Gulnabat, Durdynabat, Guljamal, Oguljamal et Myahri.

Les ascendants de Gurbanguly Berdimuhamedow jouissent aussi de relatives notoriétés publiques. Son père, Mälikguly Berdimuhamedow (ru), travaillait comme officier supérieur du ministère des Affaires intérieures soviétique (en) dans un détachement de gardiens de prison et prend sa retraite en 1982 avec le grade de lieutenant-colonel de police[4],[5]. Quant à son grand-père, Berdimuhamed Annaýew, il était enseignant[6]. Il sert dans l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale et son unité est l'une des premières à traverser le fleuve Dniepr en [7]. Il est finalement tué lors du séisme qui frappa Achgabat en [8].

Gurbanguly Berdimuhamedow reçoit son diplôme de l'Institut de médecine d'État turkmène en 1979 et entame une carrière en dentisterie à Achgabat. Quelques années plus tard, il quitte vers Moscou pour y étudier et y obtient un doctorat en sciences médicales. De retour au pays, il devient membre du corps professoral de la faculté de médecine dentaire de l'Institut de médecine d'État du Turkménistan en 1990. Peu après, il décide d'intégrer le ministère de la Santé en 1995 pour y devenir ministre en 1997. En 2001, il est nommé premier vice-président responsable de l'Éducation, de la Science et de la Santé[6].

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

À la mort de Saparmyrat Nyýazow, le , il est chargé de diriger la commission qui doit organiser les funérailles du président. À l'époque soviétique, celui à qui était confiée cette tâche était généralement le successeur officieux du défunt.

La Constitution turkmène prévoit qu’en cas de décès du président, c'est au président de l'Assemblée populaire (le Parlement) d'assurer l'intérim à la tête de l'État. Öwezgeldi Ataýew aurait dû assurer l'intérim mais la justice a, immédiatement après la mort de Nyýazow, ouvert une enquête sur ses éventuelles activités criminelles. Öwezgeldi Ataýew a donc vu sa prise de fonctions bloquée[réf. souhaitée], et le Conseil de sécurité a nommé Gurbanguly Berdimuhamedow président par intérim[6].

Selon l'alinéa 2 de l'article 60 de la Constitution turkmène, le président par intérim ne pouvait pas être candidat à l'élection présidentielle. Après une modification constitutionnelle, Gurbanguly Berdimuhamedow a pu se présenter avec cinq autres candidats désignés par le Conseil du peuple le .

Ayant obtenu 89,23 % des suffrages lors de l’élection présidentielle tenue le , face à cinq autres candidats, Gurbanguly Berdimuhamedow prête serment le et entre officiellement dans ses fonctions de chef de l’État turkmène. Le nouveau président turkmène promet de promouvoir l’entreprise privée[réf. souhaitée], de conserver les avantages sociaux pour le peuple et de créer de nouveaux emplois. Il est réélu en février 2012 avec 97,14 % des voix, puis en février 2017 avec 98 % des voix[9].

Bien qu'il ait rétabli les pensions abolies par son prédécesseur, assoupli les restrictions pour le voyage à l'étranger et rétabli la dixième année d'études obligatoire dans l'enseignement de base, la présidence de Berdimuhamedow conserve la gestion autoritaire et autocrate que le pays connaissait. Certains portraits de son prédécesseur, qui faisaient partie du paysage urbain d'Achgabat, étaient remplacés par des portraits de lui-même peu longtemps après sa prise de pouvoir, créant ainsi son propre culte de la personnalité[6].

Autocratie[modifier | modifier le code]

Le régime de Gurbanguly Berdimuhamedow est considéré par plusieurs organismes indépendants comme une dictature : en effet, le culte de la personnalité, les scores aux élections, les projets pharaoniques comme le prétendu « Palais du bonheur » inauguré en grande pompe pour les 20 ans de l'indépendance pour des sommes sans commune mesure avec la richesse du pays sont autant d'indices qui convergent vers cette conclusion : à la fin du mois de , une statue de 21 mètres de haut, fondue en bronze et recouverte de feuilles d'or à Achgabat, rappelant le culte de la personnalité de son prédécesseur, fut dévoilée[10]. Son prédécesseur, Saparmyrat Nyýazow, avait fait ériger une statue en or de lui-même tournante pour toujours faire face au Soleil. Elle est aujourd'hui reléguée dans la banlieue d'Achgabat[11]. Les livres de son prédécesseur furent par ailleurs retirés des librairies, pour être plus tard remplacés par des pensums de Gurbanguly Berdimuhamedow, sur des sujets aussi divers que l'art de la tapisserie, la dégustation de thés ou la philosophie turkmène[12],[13].

Berdimuhamedow en 2017.

Le culte de la personnalité bâti autour du président voit à la participation de tous les acteurs médiatiques du pays. Que ce soit sa participation à une course automobile au volant d'une Bugatti[14] ou d'une course de chevaux[15], de sa prestation de DJ à la fête de son petit-fils[16] ou du dernier poème qu'il a écrit[17], ceux-ci relayant toutes les nouvelles qui permettent de présenter le président sous ses plus beaux jours et comme un homme actif pour sa nation[15]. Il est même présenté en train de chanter une chanson qu'il aurait composée et de jouer de la guitare, en hommage aux travailleurs du pays[16].

En 2016, un amendement constitutionnel est proposé puis promulgué par Berdimuhamedow afin de supprimer la limite d'âge permise pour le candidat présidentiel et de faire passer les mandats présidentiels de cinq à sept ans[10].

En 2018, le Turkménistan occupe la 161e place sur une échelle de corruption de 180 pays testés par Transparency International. Pour l'ONG Human Rights Watch, « le Turkménistan reste l'un des pays les plus répressifs au monde, qui affiche un bilan désastreux sur les droits de l'homme »[12].

En , est publiée une vidéo où il réaliserait des dérapages en voiture autour de la porte de l'Enfer pour prouver qu'il n'est pas mort[18].

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, vers la fin 2019, et depuis 2020, le régime turkmène affirme que le pays n'est pas touché par le virus, et qu'il n'aurait aucun cas, ce qui est considéré par d'éminents virologues, et autres spécialistes en médecine, dont à l'OMS comme impossible. Ce pays devient, comme la Corée du nord, l'un des rares pays du monde qui ne communique pas ses bilans à l'OMS et au reste du monde. Même l'Iran, pays frontalier, affirme que le Turkménistan est touché par ce virus, l'Iran étant le pays du Moyen-Orient le plus touché.

Le 10 novembre 2020, il se fait remarquer en faisant inaugurer en grande pompe, dans un nouveau quartier résidentiel d'Achgabat, une statue en feuilles d'or de six mètres de haut censée représenter sa race de chiens préférée : le berger d'Asie centrale[19],[20].

Succession[modifier | modifier le code]

Son fils Serdar, né en 1981, est aussi un homme politique. Membre du parlement, il est nommé vice-ministre des Affaires étrangères en . En , il est nommé vice-gouverneur de la province d'Ahal. Considéré comme un héritier potentiel de son père à la tête de l'État[21], Serdar remporte l'élection présidentielle de 2022[22], et prend ses fonctions de président, le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim jusqu'au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Écrit avec deux m tant en turkmène (Berdimuhammedow) qu’en russe (Бердымухаммедов) jusqu’au (voir sur le site de Radio Free Europe la photo cliquable d’un panneau électoral de février 2007), son nom de famille est depuis cette date écrit avec un seul m dans les textes officiels et les journaux. Cette dépêche du site EurasiaNet.org le confirme pour la forme de son nom transcrite du russe, mais la même chose peut s’observer dans les textes en langue turkmène publiés après cette date sur internet, par exemple sur le site de l’agence Turkmen Press.
  2. D’autres formes fondées sur la transcription du russe se rencontrent : Berdymoukhammedov, Berdymukhamedov, Berdymouhammedov, entre autres.
  3. Courrier international, no 1 168 du 21 au 27 mars 2013, p. 44.
  4. (en) « US embassy cables: Turkmenistan president ‘not a very bright guy’ », (consulté le )
  5. (ru) « В Туркмении поставили памятник отцу президента », sur Lenta.ru,‎ (consulté le )
  6. a b c et d (en) Bess Brown, Britannica, « Gurbanguly Berdymukhammedov | Turkmenistan & Biography », sur www.britannica.com, (consulté le )
  7. (en) « Events of occasion of the 75th anniversary of the Great Victory are held with participation of the Head of the State », Service national des migrations du Turkménistan (en) (consulté le )
  8. (en) « Turkmenistan marks Day of Remembrance », Service national des douanes du Turkménistan (en) (consulté le )
  9. « Le président turkmène réélu par 98% des voix », Le Figaro, 13 février 2017.
  10. a et b (en-GB) Deutsche Welle, « Turkmenistan's constitutional amendment allows president to serve for life », sur dw.com, (consulté le )
  11. « Le président turkmène s'offre une statue en or de son vivant », Le Midi libre, 25 mai 2015.
  12. a et b Pierre Avril, « Le « Protecteur » des Turkmènes vers un nouveau sacre », Le Figaro, samedi 11 / dimanche 12 février 2017, page 7.
  13. (en-GB) BBC News, « Turkmenistan President Berdymukhamedov reappears after death rumours », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. (en-US) CBS News, « Turkmenistan president Gurbanguli Berdymukhamedov wins country's maiden race », sur www.cbsnews.com, (consulté le )
  15. a et b (en-US) Adam Taylor, « Turkmenistan’s leader, infamous for falling off a horse, unveils a giant statue of himself riding a horse », Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le )
  16. a et b (en) Shaun Walker, « Turkmenistan's singing dictator heralds upcoming elections », sur theguardian.com, (consulté le )
  17. (en-GB) Deutsche Welle, « Gurbanguly Berdymukhamedov re-elected as Turkmen president », sur dw.com, (consulté le )
  18. (en) « Turkmenistan's leader does doughnuts next to flaming crater to prove he's not dead », ABC,
  19. Robin Tutenges, « Le président du Turkménistan dévoile une statue géante en or de son chien préféré », sur Slate.fr, (consulté le )
  20. « Le président turkmène inaugure en grande pompe une statue de son chien favori », Courrier international, (consulté le )
  21. (en) « Turkmenistan: President’s son and presumed heir gets new top job », EurasiaNet,
  22. « Turkménistan : Serdar Berdimoukhamedov, le fils du dirigeant sortant, remporte l’élection présidentielle », Le Monde et AFP,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]