Gurbanguly Berdimuhamedow

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Gurbanguly Berdimuhamedow
Illustration.
Gurbanguly Berdimuhamedow en 2017.
Fonctions
Président de la République du Turkménistan
En fonction depuis le [N 1]
(14 ans, 4 mois et 21 jours)
Élection 11 février 2007
Réélection 12 février 2012
12 février 2017
Vice-président Raşit Meredow
Prédécesseur Saparmyrat Nyýazow
Biographie
Nom de naissance Gurbanguly Mälikgulyýewiç Berdimuhamedow
Surnom Arkadag
Date de naissance (63 ans)
Lieu de naissance Babarab, RSS du Turkménistan,
(URSS)
Nationalité turkmène
Parti politique Parti démocratique du Turkménistan (jusqu'en 2013)
Indépendant
Profession Dentiste
Religion Islam
Résidence palais du Türkmenbaşy, Achgabat, Turkménistan

Gurbanguly Berdimuhamedow
Présidents de la République du Turkménistan

Gurbanguly Mälikgulyýewiç Berdimuhamedow[1] (en russe : Гурбангулы Мяликгулыевич Бердымухамедов, transcrit en Gourbangouly Mialikgoulyïevitch Berdymoukhamedov, la forme la plus utilisée[2]), né le à Babarab, est un homme d'État turkmène, président de la République depuis 2006. Il prend officiellement le surnom d'« Arkadag » (protecteur) et instaure un culte de la personnalité[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Gourbangouly Berdimouhamedov est né le à Babarab (en), dans le district de Gökdepe de l'actuelle province d'Ahal.

Son père, Myalikgouly Berdimouhamedov (ru), travaillait comme officier supérieur du ministère des Affaires intérieures soviétique (en) dans un détachement de gardiens de prison. Il a pris sa retraite en 1982 avec le grade de lieutenant-colonel de police[4],[5].

Son grand-père, Berdimouhamed Annaïev, était enseignant. Il a servi dans l'Armée rouge pendant la Grande Guerre patriotique et son unité fut l'une des premières à traverser la rivière Dniepr en [6]. Il fut finalement tué lors du séisme qui frappa Achgabat en [7].

Gourbangouly est le seul fils d'une famille de six enfants, ses sœurs s'appellent Goulnabat, Dourdynabat, Gouljamal, Ogouljamal et Myahri.

Il appartient à la tribu des Tekkés.

Gourbangouly a reçu son diplôme de l'Institut de médecine d'Etat turkmène en 1979 et a entamé une carrière en dentisterie. Il a également obtenu un doctorat en sciences médicales à Moscou. En 1992, il était devenu membre de la faculté de médecine dentaire de l'Institut médical.

Le successeur de Saparmyrat Nyýazow[modifier | modifier le code]

À la mort de Saparmyrat Nyýazow, le , il est chargé de diriger la commission qui doit organiser les funérailles du président. À l’époque soviétique, celui à qui était confiée cette tâche était généralement le successeur officieux du défunt.

La Constitution turkmène prévoit qu’en cas de décès du président, c’est au président de l’Assemblée populaire (le Parlement) d’assurer l’intérim à la tête de l’État. Öwezgeldi Ataýew aurait dû assurer l’intérim mais la justice a, immédiatement après la mort de Nyýazow, ouvert une enquête sur ses éventuelles activités criminelles. Öwezgeldi Ataýew a donc vu sa prise de fonctions bloquée[réf. souhaitée], et le Conseil de sécurité a nommé Gurbanguly Berdimuhamedow président par intérim.

Selon l'alinéa 2 de l'article 60 de la Constitution turkmène, le président par intérim ne pouvait pas être candidat à l'élection présidentielle. Après une modification constitutionnelle, Gurbanguly Berdimuhamedow a pu se présenter avec cinq autres candidats désignés par le Conseil du peuple le .

Ayant obtenu 89,23 % des suffrages lors de l’élection présidentielle tenue le , face à cinq autres candidats, Gurbanguly Berdimuhamedow a prêté serment le et est officiellement entré dans ses fonctions de chef de l’État turkmène. Le nouveau président turkmène a promis de promouvoir l’entreprise privée[réf. souhaitée], de conserver les avantages sociaux pour le peuple et de créer de nouveaux emplois. Il est réélu en février 2012 avec 97,14 % des voix, puis en février 2017 avec 98 % des voix[8].

Autocratie[modifier | modifier le code]

Le régime de Gurbanguly Berdimuhamedow est considéré par plusieurs organismes indépendants comme une dictature : en effet, le culte de la personnalité, les scores aux élections, les projets pharaoniques comme le prétendu « Palais du bonheur » inauguré en grande pompe pour les 20 ans de l'indépendance pour des sommes sans commune mesure avec la richesse du pays sont autant d'indices qui convergent vers cette conclusion : à la fin du mois de , une statue de 21 mètres de haut, fondue en bronze et recouverte de feuilles d'or à Achgabat, rappelant le culte de la personnalité de son prédécesseur, fut dévoilée. Son prédécesseur, Saparmourat Niazov, avait fait ériger une statue en or de lui-même tournante pour toujours faire face au Soleil. Elle est aujourd'hui reléguée dans la banlieue d'Achgabat[9]. Les livres de son prédécesseur furent par ailleurs retirés des librairies, pour être plus tard remplacés par des pensums de Gurbanguly Berdimuhamedow, sur des sujets aussi divers que l'art de la tapisserie ou la philosophie turkmène[10].

En 2018, le Turkménistan occupe la 161e place sur une échelle de corruption de 180 pays testés par Transparency International. Pour l'ONG Human Rights Watch, « le Turkménistan reste l'un des pays les plus répressifs au monde, qui affiche un bilan désastreux sur les droits de l'homme »[10].

En est publiée une vidéo où il réaliserait des dérapages en voiture autour de la porte de l'Enfer pour prouver qu'il n'est pas mort[11].

Depuis le début de la pandémie du COVID19, vers la fin 2019, et depuis 2020, le régime Turkhmène affirme que le pays n'est pas touché par le virus, et qu'il n'aurait aucun cas, ce qui est considéré par d'éminents virologues, et autres spécialistes en médecine, dont à l'OMS comme impossible. Ce pays devient, comme la Corée du nord, l'un des rares pays du monde qui ne communique pas ses bilans à l'OMS et au reste du monde. Même l'Iran, pays frontalier, affirme que le Turkhménistan est touché par ce virus, l'Iran étant le pays du Moyen-Orient le plus touché.

Le 10 novembre 2020, il se fait remarquer en faisant inaugurer en grande pompe, dans un nouveau quartier résidentiel d'Achgabat, une statue en feuilles d'or de six mètres de haut censée représenter sa race de chiens préférée : le berger d'Asie Centrale[12],[13].

Succession[modifier | modifier le code]

Son fils Serdar, né en 1981, est aussi un homme politique. Membre du parlement, il est nommé vice-ministre des Affaires étrangères en . En , il est nommé vice-gouverneur de la province d'Ahal. Serdar est considéré comme un héritier potentiel de son père à la tête de l'État[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par intérim jusqu'au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Écrit avec deux m tant en turkmène (Berdimuhammedow) qu’en russe (Бердымухаммедов) jusqu’au (voir sur le site de Radio Free Europe la photo cliquable d’un panneau électoral de février 2007), son nom de famille est depuis cette date écrit avec un seul m dans les textes officiels et les journaux. Cette dépêche du site EurasiaNet.org le confirme pour la forme de son nom transcrite du russe, mais la même chose peut s’observer dans les textes en langue turkmène publiés après cette date sur internet, par exemple sur le site de l’agence Turkmen Press.
  2. D’autres formes fondées sur la transcription du russe se rencontrent : Berdymoukhammedov, Berdymukhamedov, Berdymouhammedov, entre autres.
  3. Courrier international, no 1 168 du 21 au 27 mars 2013, p. 44.
  4. (en) « US embassy cables: Turkmenistan president ‘not a very bright guy’ », (consulté le 13 novembre 2020)
  5. (ru) « В Туркмении поставили памятник отцу президента », sur Lenta.ru,‎ (consulté le 13 novembre 2020)
  6. (en) « EVENTS OF OCCASION OF THE 75TH ANNIVERSARY OF THE GREAT VICTORY ARE HELD WITH PARTICIPATION OF THE HEAD OF THE STATE », Service national des migrations du Turkménistan (en) (consulté le 13 novembre 2020)
  7. (en) « Turkmenistan marks Day of Remembrance », Service national des douanes du Turkménistan (en) (consulté le 13 novembre 2020)
  8. « Le président turkmène réélu par 98% des voix », Le Figaro, 13 février 2017.
  9. « Le président turkmène s'offre une statue en or de son vivant », Le Midi libre, 25 mai 2015.
  10. a et b Pierre Avril, « Le « Protecteur » des Turkmènes vers un nouveau sacre », Le Figaro, samedi 11 / dimanche 12 février 2017, page 7.
  11. (en) « Turkmenistan's leader does doughnuts next to flaming crater to prove he's not dead », ABC,
  12. Robin Tutenges, « Le président du Turkménistan dévoile une statue géante en or de son chien préféré », sur Slate.fr, (consulté le 13 novembre 2020)
  13. « Le président turkmène inaugure en grande pompe une statue de son chien favori », Courrier international, (consulté le 13 novembre 2020)
  14. (en) « Turkmenistan: President’s son and presumed heir gets new top job », EurasiaNet,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]